Mommy ? Baby Girl. / 𝐕𝐈𝐂𝐓𝐎𝐑𝐈𝐀 (⚢)

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Summary

𝒞𝑜𝓁𝓁𝑒𝒸𝓉𝒾𝑜𝓃 𝓑𝓪𝓫𝔂 - 𝐼𝐼𝐼 Cassandre est une prof de danse sévère, détestée par la plupart de ses élèves. Ce n'est pas le cas de Victoria, qui voit en elle un idéal féminin. Souhaite-t-elle lui ressembler ou l'admire-t-elle sous un angle plus... intime ? La venue d'un célèbre producteur en quête de nouveaux talents pourrait bien les aider à découvrir leur sexualité plus en profondeur. À deux, elles partageront un secret, une histoire et des traumatismes. Mais elles seront là l'une pour l'autre et cela tissera des liens particuliers. Fiction Érotique. Scènes explicites. TW : viol, blessure.

Status
Complete
Chapters
26
Rating
3.0 1 review
Age Rating
18+

I

- Non mais franchement, je ne comprends pas Thomas. Un coup c’est oui, un coup c’est non. J’en ai marre. Et c’est comme ça depuis toujours. Je suis trop nulle, je devrais arrêter de penser à lui, mais dès qu’il revient vers moi, je cède. J’ai tout fait pour lui, pour qu’il me remarque... J’ai juste envie qu’on baise, putain ! A chaque fois, il me ressort son discours sur l’amitié blablabla... Mais je ne veux pas juste être une amie...

Je soupire et me penche vers elle en arrondissant mon bras comme demandé.

- Crois-moi : même vingt ans après, je ne le comprends pas non-plus. Il est comme ça : indécis. Et puis tu es ma meilleure amie, ça doit le gêner...

Elle m’imite et hausse les épaules.

- Je devrais faire quoi, d’après toi ?

- J’en sais rien.

- Depuis que Claire l’a dépucelé, il est distant. Il en a pris un coup dans sa virilité quand elle l’a largué.

- Elle ne l’a pas largué, je rectifie. Elle lui a avoué qu’elle était déjà en couple.

- C’est pareil.

Elle soupire et nous changeons de côté. Alyssa se penche vers moi et moi, vers la gauche.

- Silence ! Hurle la prof.

Agacée du bruit causé par notre discussion, la prof frappe son bâton en bois contre la barre, nous faisant sursauter. Elle nous jette un regard noir et reprend son chemin, observant les gestes de chacune. Alyssa se tortille dans tous les sens.

- Oh oui Cassandre, frappe-moi avec ton bâton..., chuchote-t-elle.

Je roule des yeux et fais abstraction de ses gestes abusifs. Elle lèche ses lèvres et imite un cunnilingus avec ses doigts. Je la pousse légèrement pour que la prof ne nous voit pas.

- Arrête !

- T’en rêves, Victoria. Fais pas genre.

J’agite la tête négativement.

- Ça n’arrivera pas, je déclare.

- Ça pourrait.

Alyssa a beau être ma meilleure amie, elle a le don de m’énerver. Elle dérive toujours sur des sujets sensibles pour me contrarier et me rappeler que mes fantasmes sont irréalisables. Je n’aurais jamais dû lui avouer mon coup de cœur pour Cassandre, notre prof de danse.

Personne n’aime cette prof. Elle n’est jamais satisfaite de nos prestations, se plaint que nous sommes désordonnées et distraites. De toutes les classes qu’elle a eues, aucun de ses élèves n’a jamais eu un avis positif à son égard. On dit qu’elle était une excellente danseuse avant son accident, et que ça a tellement brisé son rêve d’une grande carrière qu’elle est davantage sévère avec les futures étoiles. Elle serait jalouse de ceux qui ont la chance de réussir.

Personne ne connaît la nature de son accident. Pas même elle. Elle se serait fait renverser et au réveil, elle aurait tout oublié depuis sa disparition, qui avait été publié dans le journal local quelques jours avant qu’on ne la retrouve au bord d’une route, entre deux forêts. Son genou a été la principale victime et on peut voir par moment qu’elle en souffre. Mais elle fait mine de rien, gardant un air de dégoût pour chacun de ses élèves.

- Allez, rigole un peu !

Pour essayer de me faire réagir, Alyssa me donne un coup de hanche. Elle réussit son coup puisque je perds l’équilibre, me tords la cheville et finis au sol dans un cri de douleur.

- Putain, mais t’es complètement conne ! Je jure.

Alyssa porte sa main à sa bouche avec horreur.

- Oh non, Victoria... Je suis tellement désolée... Je ne pensais pas que j’allais te pousser si fort !

Elle s’accroupit et regarde ma cheville.

- Pardon ! S’excuse-t-elle.

- C’est bon.

Je serre ma cheville en soupirant lentement. La prof arrive rapidement vers moi avec un visage inquiet encore inconnu au bataillon. Tout le monde s’arrête dans leurs étirements et tourne la tête vers nous. Certaines sourient, se réjouissant de mon malheur, d’autres observent la prof.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Me demande-t-elle.

Je lance d’abord un regard noir à Alyssa, lui promettant de me venger mais me mets à bégayer quand je croise les iris sombres de Cassandre. Ses cheveux bruns sont serrés dans un chignon. Aucune mèche ne dépasse. Elle porte un juste au corps pourpre par-dessus un collant noir. Jamais elle ne montre ses jambes. Tout le monde dit que c’est pour cacher une horrible cicatrice sur son genou. Ses yeux sont maquillés d’un simple mascara noir mais sa peau est recouverte de fond de teint, qui lui fait de petites boules sur le visage. Elle est à peine plus âgée que moi, je dirais qu’elle a tout juste la trentaine, à cause de légères rides sous les yeux.

- Apportez-moi de la glace !

Elle ne se fait pas prier. Sa voix aiguë suffit à ce qu’un dévoué parte en courant. Je l’observe alors que la prof prend mon pied en main et le bouge. Je pousse un cri de surprise et de douleur. Par reflex, je pose ma main sur son épaule et resserre ma prise. Elle ne s’en occupe pas et tourne doucement mon pied pour ne pas l’endormir.

- Tu dois avoir une entorse. Ce n’est rien de grave.

Quand une des autres danseuses arrive avec la glace, la prof claque des doigts.

- On fait une pause.

Encore une fois, elle n’a pas besoin de se répéter. La troupe se déplace vers le fond de la salle pour s’éponger et s’hydrater. Et pendant ce temps, Cassandre effectue des pressions sur ma cheville avec son pouce. Elle prend la glace entourée d’une serviette et la pose sur mon pied. Pour m’aider à me relever, elle passe mon bras autour de son cou et attrape ma hanche opposée avec sa main. Je m’appuie sur elle et sur ma jambe gauche pour rejoindre le banc à quelques mètres.

- Tu resteras ici pour la fin du cours. Quelqu’un peut venir te chercher ?

Je nie d’un mouvement de tête.

- Ma mère travaille.

Elle jette un regard à Alyssa qui nous rejoint.

- Je prends le bus, madame, se défend-elle avant même qu’elle ne lui pose la question.

Cassandre soupire et fixe un instant le sol avant de se relever. Je lève la tête pour la regarder. Elle est mince, avec de grandes jambes.

- Je te ramènerai après le cours.

Elle fait demi-tour pour ordonner à ses élèves de la rejoindre et reprendre leur échauffement. Alyssa se relève en s’appuyant sur ma cuisse et me vise avec ses index, qui imitent des pistolets. Je rigole à ses mouvements de bassin. Cassandre va me ramener chez moi, ce qui veut dire que je serai seule avec elle, dans sa voiture. Je rougis à cette idée.

Pour passer le temps, je m’allonge et consulte mes réseaux sociaux. Je mets en story une photo de mon pied recouvert de glace en me plaignant d’une séance écourtée. Quelques amis me demandent ce que j’ai fait, je leur réponds. A la fin du cours, Cassandra salut nonchalamment les filles en juste-au-corps et range ses affaires pendant que mes camarades se ruent vers la sortie. Alyssa me rejoint pour enfiler un pantalon et un pull. Je la regarde silencieusement.

Alyssa est ma meilleure amie depuis presque toujours. Elle a le métissage des îles, des cheveux épais frisés et de magnifiques perles vertes. Sous son œil droit, elle a un petit grain de beauté qui fait tout son charme. Et lorsqu’elle sourit, on peut voir une dentition parfaite, due à l’appareil dentaire qu’elle a gardé tout son collège. A cette époque, je doutais de ma sexualité. Je n’avais pas encore conscience que j’étais amoureuse d’elle. Avec le temps, mes sentiments ont disparu et je suis même sortie avec un garçon. Mais ça n’a pas fonctionné entre nous. Je me sentais beaucoup plus attirée par les filles.

Ma meilleure amie est complètement différente de mon fantasme actuel – qui a une peau terne et de petites taches de rousseur sur le nez – mais je continue de loucher sur son cul bombé, qui met en valeur la courbe de son dos cambré. C’est plus de la jalousie que de l’admiration, mais je garde cela pour moi. J’ai déjà eu du mal à avouer mes sentiments à Alyssa, qui m’a rit au nez et m’a promis d’être là si mon frère ne veut définitivement pas d’elle. C’était de l’ironie, mais ça m’a fait plaisir qu’elle m’accepte comme je suis, malgré ce que je ressentais pour elle. Aujourd’hui, je ne suis plus amoureuse d’elle. J’ai un faible pour Cassandre, qui l’ignore complètement. Nous n’avons jamais eu de discussion plus profonde que « Et 1,2,3,4... On garde le dos bien droit et les jambes tendues. Les bras sont arrondis et... silence dans le fond ! »

- Tu me raconteras, murmure mon amie avant de me faire la bise et m’abandonner dans cette salle presque vide.

Je me retrouve seule avec notre prof. Elle enfile un jogging vert et la veste de la même marque, attrape son sac et s’approche de moi pour me relever du banc. Jusqu’à la voiture, nous sommes plutôt silencieuses. Elle me jette de temps à autre des regards inquiets, s’assurant que je suis en mesure de rejoindre le véhicule, où elle me dépose doucement. Je m’attache le temps qu’elle prenne place devant le volant et tapote mes cuisses en observant le parking qui se vide au fur et à mesure que les danseurs quittent l’établissement. La plupart ont le permis, leur propre voiture et leur appartement, au contraire de moi. Je me suis tellement plongée dans mes études au lycée pour aller dans cette école de danse que je n’ai jamais pensé à autre chose. Ma mère me loge et mon frère m’emmène où je veux.

En me rappelant le lycée et mon frère, je fais un rapprochement intéressant. En philosophie, nous avions appris la théorie des « actes manqués », qui colle parfaitement à ce moment gênant où je me souviens que Thomas pouvait venir me chercher. Il ne travaille pas et ne va plus à l’école. Mais selon la théorie, je n’y ai pas pensé car instinctivement, j’avais envie que Cassandre ma ramène. J’envoie alors un message à mon frère en vérifiant que ma prof ne puisse pas lire.

On me ramène. Range la maison. Je t’aime.

Dans notre relation, un service n’est pas gratuit. Je devrai sûrement lui donner de l’argent ou un peu de mon temps en retour mais je trouve que ça en vaut le coup. Thomas est au courant pour Cassandre, et même s’il peut se montrer terrible, il respecte tout ce qui touche aux sentiments. Depuis que Claire, la fille dont il était mortellement amoureux, lui a fait un sale coup, il refuse de s’attacher et me protège, afin que je ne vive pas la même chose que lui. C’est pourquoi l’appartement est rangé en un rien de temps et Thomas m’attend devant la porte.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? S’étonne-t-il en ouvrant la porte.

Je lui fais un clin d’œil. En réalité, je n’ai plus mal depuis un moment. Je ne voulais pas gâcher une telle occasion alors je n’ai rien dit. Il me tient de l’autre côté et m’aide à m’installer sur le canapé avec Cassandre.

- Elle devrait aller mieux d’ici demain. Si ça ne s’arrange pas, emmenez-la tout de suite à l’hôpital.

Mon frère acquiesce et raccompagne Cassandre, qui me jette un étrange regard inquiet avant de partir. Elle n’a pas échangé un mot depuis notre départ mais n’a cessé de me regarder. Elle semble vraiment inquiète, je ne l’ai jamais vue ainsi. Est-ce à cause de son accident ? Elle a peur qu’il m’arrive la même chose ? En tout cas, j’ai pu partager un moment avec elle dans une Peugeot qui sent les agrumes, à cause du sent-bon qui pendait sur son rétroviseur. C’était finalement une journée ordinaire, loin de ce que j’imagine dans mes rêves les plus fous.