Chapitre 1
Au Moyen Âge, l’accusation et le procès des nécromanciens étaient légion.
Les nécromanciens étaient principalement accusés d’invoquer les morts. Elles étaient souvent basées sur des rumeurs, des témoignages des habitants.
La torture était un moyen de faire parler les accusés. Les preuves incluaient des témoignages de personnes affirmant avoir vu de leurs propres yeux des nécromanciens réanimant des défunts.
Ils étaient condamnés à la peine de mort. Principalement le bûcher et la pendaison. La procès effectué en 1676 à Helsinki a condamné 158 personnes à la pendaison et au bûcher.
La salle est plongée dans l’obscurité avant que la lumière ne soit de nouveau allumée. Le professeur se positionne au milieu de l’amphithéâtre tout en observant ses élèves.
— Qu’en avez-vous pensé ? demande-t-il, avez-vous des questions ?
— Quelles preuves avaient-ils concernant la nécromancie ? demandé-je.
— Quelles preuves existaient-il pour le procès des sorcières ? rétorque le professeur
— Aucune, souffle-t-elle.
— Encore de la sorcellerie, je veux bien y croire mais de la nécromancie ? Sérieusement ? s’étonne un élève.
— Pourquoi pas ? demande le professeur.
— Personne ne peut faire revenir les morts et encore moins les utiliser ! Cette chasse n’était que le fruit d’une hallucination collective des villageois !
— Théo réfléchis ! La plupart des accusés sont enterrés dans la partie ouest du cimetière et personne n’y met les pieds ! raconte une autre élève.
— Et c’est ça ta preuve de la véracité des faits ? Juste parce que personne ne va dans ce secteur du cimetière ?
Le professeur semble s’amuser de ces échanges mais avant de pouvoir continuer, la sonnerie de fin de cours se met à retentir.
— J’aimerai que vous m’écrivez votre point de vue détaillé sur cette histoire ! dit-il, passez une bonne fin de journée !
Alors que tous les élèves sortent, je m’approche de son bureau.
— Alors Anahel, qu’en as-tu pensé ? demande-t-il en souriant.
— Tout comme le procès des sorcières, fausses accusations, des innocents tués et des vies brisées. Le reste, je le dirai par écrit.
Quand le professeur est assuré que plus aucun autre élève ne se trouve dans l’amphithéâtre, il pose sa main sur l’épaule d’Anahel et son regard vient fixer le sien.
— Écoute petite sœur, je sais que tu n’aime pas que le sujet soit remis sur la table, mais les parents aimeraient que tu sois là ce soir.
— Demande refusée, dis-je.
— Pourquoi ?
— Certains de leurs actes ne méritent pas le pardon. A demain !
Avant même qu’il ne puisse ajouter autre chose, je quitte l’amphithéâtre et rentre à mon studio. L’hiver s’est bien installé, le froid me pique et je me couvre le visage avec mon manteau. La nuit est déjà tombée, je me dépêche d’entrer dans la résidence des étudiants, je grimpe les étages et m’enferme dans mon appartement afin de commencer ma rédaction.
Écrire un point de vue détaillé sur cette histoire, en essayant d’être le plus neutre possible ? Cela s’avère compliqué. Il faudrait que je me mette à la place des ces personnes qui ont jugé les nécromanciens. Me remettre dans le contexte de l’époque et ne pas donner mon point de vue d’aujourd’hui. On ne peut pas réécrire l’histoire, donner son avis alors que le contexte n’est plus d’actualité, forcément, il ne sera pas neutre. Tout comme les sorcières, il n’y a pas vraiment de preuves avérées pour certifier l’usage de sorcellerie. Et puis, il faut avouer que ranimer des morts, c’est quand même fort. Et surtout, pourquoi auraient-ils fait ça ? Ça leur servait à quoi ? Trop de questions et peu ou pas de réponses. Je soupire en me passant les mains sur le visage. Cette rédaction va me prendre du temps, je regarde l’horloge en me disant que je ne suis pas couchée.