ıllı 𝐌𝐞𝐭𝐫𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 ── ❝ᴹᴴᴬ ᴼˢ • ᴾʳᵉˢᵉᶰᵗ ᴹᶤᶜ ˣ ᴼᑦ❞

Summary

Il a toujours été le rayons de soleil du groupe. Criant, chantant, Hizashi n'est pas du genre à rester assis, sans bouger, encore moins à déprimer. Et surtout, il déteste le silence.

Status
Complete
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapitre 1

11.07.2116


Dans la grande académie U.A., il n’était pas une exception que lorsque la sonnerie retentissait, les élèves s’échappaient le plus vite possible des classes, après avoir reçu l’autorisation.

Bien heureusement, les couloirs de l’école étaient suffisamment larges pour tous.tes.x puissent se précipiter, ou non, vers la sortie.

Les classes s’étaient vidées des élèves qui les avaient envahis toute la journée. Éclairées par les rayons du soleil couchant, traversant les grandes fenêtres parfaitement alignées, les tables étaient impeccablement rangées, les unes à côté des autres, et aucun coin ne dépassait un autre.


Ce lieu qui avait été si vivant dans la journée, semblait à présent s’être figé dans le temps, d’un silence oppressant, dans lequel le tic-tac des horloges semblait bourdonner en dysharmonies avec rires et des bavardages lointains.

À l’étage de la filière héroïque, dans la salle 3-A, quelques élèves traînaient encore les pieds pour quitter leur salle, qui dégageait une forte odeur de jeune sortant tout droit d’un cours de sport.


— Le meilleur de tous ! Et en plus on aura la salle de réunion de mon père !


Le soleil avait déjà tracé son chemin vers son pieux lorsque la conversation avait débuté, et maintenant il commençait à s’épuiser que celle-ci s’éternise. Le petit groupe avait réussi à se motiver, malgré l’épuisement qui se faisait ressentir dans chacuns de leur muscles. Ces mêmes membres qu’iels connaissaient par cœur suite aux nombreux stages qu’ils avaient suivis.


Mais Monsieur soleil en avait marre, il voulait se coucher. Hizashi l’avait bien deviné lorsqu’en regardant dehors, les rayons oranges lui avaient brûlé les rétines. Il détourna bien vite vers son ami aux cheveux de nacre, toujours en train de frimer auprès des filles, puis vers la porte de la classe.


Et là il vit une frimousse qui ne lui était pas si familière, la tête penchée sur son téléphone, d’un désintérêt flagrant. Les cheveux d’un bleu presque blanc, coiffé comme une méduse, Hizashi l’avait déjà vu plusieurs fois.


Le jeune homme fronça les sourcils, tandis qu’une des élèves s’approcha de lui, déclarant à voix basse :


— Tiens tiens, regardez qui voilà.


Voyant Hizashi le regard ailleurs, l’une des deux filles se retourna, puis ajouta d’un air contrarié :


— Dites les Dumbigos, qui de vous trois à provoqué la furie du bahut ?


Soudain, cela lui revint à l’esprit. Il était impossible de le louper, même au milieu d’une foule d’élèves. L’un des seuls à vouloir défier l’autorité et les règles, il portait l’uniforme comme personne d’autre : trois fois trop large et hardi, avec des guêtres aux tibias recouvrant des plateformes, et un pansement sur la joue. Il n’y avait qu’un.e élève avec cette allure.


Et il faisait partie des délinquants de l’école.


Du moins, il en était le seul membre, d’après les rumeurs.


— Oh, Vendredi-kun, désolé je te fais attendre !


Mais ça n’empêchait pas Kawamura de faire copain-copain avec lui.

Poussé par un pic court d’énergie, Il s’était élancé vers lui, bondissant par-dessus la table, et finalement s’écrasant sur Vendredi. Ce dernier, fidèle à lui-même, resta impassible, alors que Kawamura se servait de lui comme un appui, enroulant ses bras autour de ses épaules pour se stabiliser.


Tout le groupe eut une sueur froide dans le dos, même Hizashi, voyant Kawamura se jeter sur lui, sans même hésiter une seconde. C’était connu que Vendredi soit du genre à frapper sans réfléchir. Et un silence de sa part, n’était jamais un bon présage.


Mais finalement, on l’entendit marmonner, à peine audible :


— Tu pues.


Hizashi soupira de soulagement, voyant que finalement, aucune bagarre n’avait été provoquée, devinant très vite que Tatsuya, qui faisait copain copine avec tout le monde, s’était probablement lié d’amitier, avec le mouton noir de U.A. Pourtant, il ne put s’empêcher de se demander comment il faisait. Les deux étaient définitivement deux parfaits opposés.


Et en regardant un peu plus le duo, il commençait à envier son ami, et à sa facilité d’être ami avec tout le monde.


— Ne vous inquiétez pas les ami.e.s ! Le fléaux est maîtrisé ! Il est venu en paix !


Tatsuya finit par lâcher Vendredi, dont les yeux étaient rivés dans le vide. Lui aussi était fatigué, et apparemment très peu ravi d’être ici.


La conversation reprit quand bien même l’arrivée de Vendredi avait laissé un certain malaise. Hizashi lui, n’avait quitté l’élève de son attention, gardant pendant un moment le silence.


Il avait envie de dire quelque chose de sympa, sans savoir comment s’y prendre. L’élève de générale avait peut-être une sale réputation, mais peut-être que ce n’était qu’un ramassis de rumeurs ? Après tout, il ne faut jamais juger quand on ne connaît pas. Seulement, il devait s’y prendre avec tact, il n’avait pas envie de provoquer un tonnerre.

Mais à force de voir ses pensées s’emmêler, il ne put se retenir.


— HEYYY ITO-KUN ! I LOVE YOUR OUTFIT !


Perplexe, le petit groupe se tut, se demandant quelle mouche l’avait piqué. Vendredi, qui avait sursauté juste avant, leva lentement le visage vers lui, dans le même état que les autres. Puis, un léger sourir se dessina du bout de ses lèvres, tandis qu’il leva doucement de pouce.


— Merci… J’aime bien tes cheveux.


Tout le monde était bouche-bée, la mâchoire complètement tombante, mais Hizashi se sentait plutôt fier. Pour une fois, il ne mettait pas les pieds dans le plat. Encore mieux, il avait obtenu une réponse positive. Et face à cette risette, le jeune blond sentait ses joues chauffer légèrement, alors que son cœur avait oublié de battre correctement.


— M- Merci !!


Rompant le silence du groupe incrédule, Kawamura s’esclaffa soudainement, attrapant Vendredi par les épaules, qui était bien plus petit que lui, et lui donna quelque coup indolore sur l’épaule, au vu de la passivité du jeune.


— Wouha, ’Zashi à maîtriser la bête ! Du premier coup !


— J’suis pas un animal, putain.


— Roh, tu sais que je plaisante !


Voyant la différence d’attitude entre Vendredi et Kawamura, Hizashi ne put s’empêcher d’esquisser un sourire. Ses yeux furent tout de même interpellés par un ses autres ami.e.s, dont Shota qui semblait en avoir que faire de cette scène, et les trois autres à la mine quelque peu renfrognée. En particulier l’une des filles, Lysa, qui se rongeait l’ongle du pouce.


— Au fait, toujours okay pour m’aider à réviser demain ?


— J’vais pas dire non à des pâtisseries, surtout si c’est ta sœur qui les prépare...


Puis, en la voyant froncer des sourcils lorsque le plus petit évoqua sa sœur, il se souvient : Lysa à le béguin pour Kawamura, et ça fait plusieurs semaines qu’elle lui lance des signes. Les voir aussi proches, au point qu’Itô connaisse sa famille, s’énervait forcément.


De plus, contrairement au reste du groupe, Tatsuya à l’air plus familier avec lui. Et même s’il l’était avec tout le monde, cela se voyait qu’il l’était beaucoup plus avec Vendredi.


— Parfait ! Les copains viennent aussi.


— T’aurais pu me prévenir…


Voyant que l’élève n’était pas très ravi, Hizashi n’avait qu’une envie, le motiver.


— You’ll see ! It’s gonna be fun !


C’était une tentative un peu vaine, il l’avait bien senti. Vendredi avait simplement haussé les épaules, tandis que Kawamura l’embarquait pour quitter la salle.


Le blondinet attrapa son sac, croisant le regard impatient de Shota, tandis que Lysa et ses deux ami.e.s échangeaient des messes basses, visiblement mécontent.e.s.


— Kawamura pense vraiment que ce type va nous aider ?


— Il a redoublé, il va surtout nous ralentir pour les révisions.


Hizashi fronça les sourcils. Redoublé… ? Il est dans quelle classe ?




12.07.2116


Il était à peine neuf heures, mais le soleil, ironiquement matinal, éclairait déjà toute les rues de Naruhata, de toute sa puissance.

Il n’y avait presque personne dans les rues, plongé dans un silence morose, contrairement à Tokyo où tout était si effervescent. Ici, Hizashi avait presque l’impression de suffoquer dans un vide sans fond qui envahissait les lieux.

Chaque allée du quartier se ressemblait monotonement, les murs délavés et abîmés étaient tous les mêmes. Les rares maisons encore entretenues se ressemblaient toutes : des cubes entouré de haies impeccablement taillés, toutes identiques, qui faisaient presque tâche au milieu des vieux immeubles quasi à l’abandon.

Tout paraissait uniforme, et en même temps il avait l’impression que tout avait été disposé aléatoirement, comme s’il était sur une map d’un jeu vidéo, qui se générait peu à peu qu’il avançait.

Il devait retrouver Shota sur le chemin, mais plus il s’enfonçait cet ennuyeux labyrinthe de béton, plus il craignait de s’être perdu.


Hizashi était bel et bien seul au milieu de tous ces bâtiments, pourtant il avait une vague impression d’être observé. Peut-être que ce n’était que ses pensées qui vagabondaient sur chaque détail, ceux qu’il s’imaginait dangereux.


Quel idiot, il est un presque héros non ? Il saurait se défendre, non ?


Du moins, seulement si la menace est physique.


Peu convaincu par lui-même, le blond prit son téléphone, vérifiant une énième fois depuis son départ, l’adresse de son ami, et monta la son de son casque. Mais malgré cela, il sentait de plus en plus qu’il était observé, et même qu’il était suivi.


Et puis…


Une main se posa sur son épaule.


Et il cria à s’en déchirer les cordes vocales.


Un cris si strident qu’il en fit fuir les oiseaux.


Mais son cri ne fut que de courte durée.


En se retournant, il fit face à Shota, dont les yeux rouges et les cheveux en arrière signifiait qu’il avait utilisé son alter, très probablement pour éviter qu’il ne perdre l’ouïe.


— SHOTA ??


— C’était quoi ce cri ? T’as vu une araignée, ou quoi ?


Le pauvre blond avait eu la peur de sa vie, si bien qu’il pouvait entendre son cœur tambouriner aussi fort que possible jusqu’à ses tympans. Son ami lui, l’éternel blasé, semblait plus exaspéré qu’autre chose.


— Je croyais qu’on me traquait–


— On s’est croisé dans la rue juste avant, tu ne m’as même pas vu.


— Oh, my bad dude….


— Laisse tomber, faut juste qu’on se dépêche…


Shota n’en ajouta pas plus, et reprit le trajet, immédiatement suivit d’Hizashi qui ne pouvait s’empêcher de déblatérer sur les premiers sujets qui lui venait à l’esprit. Le pauvre Shota devait supporter la chaine de mot qu’enchaînait son meilleur ami. Un véritable brouhaha.


Et enfin, ils arrivèrent face à un immense bâtiment, très ancien, qui s’était camouflé entre deux immeubles abandonnés. Une ancienne machiya, maison traditionnelle japonaise, qui semblait avoir survécu à l’expansion urbaine, sans pour autant s’en sortir indemne. Dans la pierre et dans le bois sombre, de la mousse avait commencé à pousser depuis un long moment, les tuiles étaient salies par l’humidité, et des lichens s’y étaient logés.


Hizashi eut un léger frisson dans le dos et déglutit légèrement : Naruhata était un quartier effrayant, mais la maison de Kawamura l’était encore plus. Il s’imaginait déjà là, un nombre incalculable de toutes sortes d’insectes grouillant dans les coins sombres.


La main tremblante, il s’apprêtait à appuyer sur l’interphone, qui semblait avoir vu de bien meilleurs jours, sous le regard dépité de Shota. Mais à son grand soulagement, juste avant qu’il n’appuie sur le bouton, une voix familière interpella le duo.


— Salut Yamada-Kun, salut Aizawa-Kun ! Prêt pour les révisions ?


Hizashi se tourna vivement pour croiser leurs regards de ses ami.e.s arrivant tout juste, sa peur s’évaporant comme par magie.


— Je suis CHAUD CHAUD CHAUD ! Shota aussi !


Contrairement à ses dires, Aizawa n’avait pas l’air très ravi, répondant d’un simple hochement de tête, étant donné qu’il n’avait pas besoin d’aide pour réviser. Il excellait dans toutes les matières théoriques, et avait même prit de l’avance.


— C’est bien qu’on soit dans cet état d’esprit, n’est-ce pas Iseï ?


Lysa semblait elle aussi plutôt motivée, comme si la nuit lui avait fait pousser des ailes, s’amusant à charrier leur ami, boudeur dès que matin. Lui n’était pas levé du bon pied.


— Eh ça va ! Juste ça m’énerve qu’on se traine le seconde avec nous. C’est un cancre, il va nous gêner dans les révisions.


— Et c’est reparti ! Il tourne le même disque en boucle depuis hier soir !


Le sourire de Hizashi s’effaça légèrement, surpris par le ton de son ami. Il fronça les sourcils, perplexe.


— T’aime vraiment pas Ito-kun ?


— C’est une racaille de gang, pourquoi je l’aimerais ?


Lysa ricana légèrement.


— Il s’est battu avec lui, et il est frustré parce qu’il a perdu.


— Bordel, Lysa, t’étais vraiment pas obligé.


— Boude dans ton coin. En tout cas, je préfère personnellement rester optimiste ! Je suis pas sûr que Kawamura soit content de voir des sales mines.


En tout cas, Hizashi remarqua que Lysa semblait prête à tout pour se rapprocher de son ami, romantiquement parlant. Mais ce n’était pas ce qui le froissait. Il avait déjà entendu parler de cette histoire de baston, au sein de U.A., d’autant plus qu’il s’agissait de son ami. En souhaitant se lier d’amitié avec Vendredi Itô, ignorant au passage les rumeurs à son sujet, il en avait oublié quelques détails importants.


Il préféra abandonner, au pire, il mènera son investigation lui-même, et plus tard.


— Vous avez fini avec vos idioties ? Si vous voulez éviter de prendre du retard, allons rejoindre Kawamura-kun pour réviser.


Se fichant complètement de ce que ses ami.e.s pourraient répondre, Aizawa sonna à l’interphone. Heureusement qu’il était là, sinon la discussion allait vraiment tarder.


Le groupe attendit en silence, les regards fuyant, et un léger grésillement rompit le silence, avant que la voix de Kawamura, un peu trop enjouée pour l’heure, ne se fasse entendre à travers, commençant par une blague qui ne fit rire qu’Hizashi. Et enfin, la porte s’ouvrit, sur une cour tout aussi défraîchie que la grande bâtisse. Les ishidōrō, ces étranges lanternes en pierre, étaient recouvertes de plantes grimpantes. Les lieux semblaient définitivement à l’abandon.


Mais ce n’était pas le plus perturbant chez leur ami. L’ambiance était un peu pesante, bien que l’intérieur de la machiya était rénové. Mais le manque flagrant de décors donnait l’impression que les lieux étaient vides, malgré la présence d’homme aux airs durs, posté dans chaque recoin, tout le long du chemin vers le temple, à l’entrée où ils furent accueillis par Kawamura et Ito, et même dans les couloirs.


Seul la dernière pièce, où leur hôte les avait conduit, était vraiment vide. Une salle immense, avec une table qui occupait le plus de place, et un tableau. Il y avait quelques plats cuisinés sur la table, qui donnaient un peu de vie à ces lieux sinistres.


Cela avait mis un sacré froid dans le groupe, et n’aimant pas cela, Hizashi fut le premier à prendre la parole.


— C’est IMMENSE chez toi, Kawamura-kun !


— C’est un vrai labyrinthe tu veux dire ! Je m’y perds tout le temps, alors que j’ai grandi ici !

Rigola le jeune, tandis que le groupe s’installait autour de la table, là où quelques affaires scolaires y étaient déjà. Hizashi devina très vite que certaine d’entre elle appartenaient à Vendredi, par leur couleur et leur accessoires, et s’y posa juste à côté, attrapant à la volé un cookie.


— Eh beh, les cookies te plaisent ?


Demanda Kawamura, avec un sourire qu’Hizashi ne sut interpréter.


— Yes ! Ils sont trop bons !


— Profite de la meilleure cuisine que je connaisse ! C’est Vendredi et mes soeurs qui l’ont fait ce matin, pour qu’on soit productif.


Le fameux cordon bleu était déjà dans sa bulle, un cahier ouvert sur ses genoux, et un casque de musique autour de son cou. Curieux, le blond se pencha pour regarder ce qu’il révisait.


— Ça va aller, pour tes révisions ? T’as le programme de seconde toi ?


—Ça va, merci. De toute façon, j’ai prit de l’avance, c’est juste une mise au point, aujourd’hui.


— OH ! Very Serious !! That’s the spirit ! Et dire que tout le monde pense que t’es un cancre –


Il se tut brusquement, réalisant qu’il venait de mettre les pieds en plein dans le plat, visant dans le mille l’énorme bourde qui aurait put être évité. La panique monta en lui, et il balbutia une excuse maladroite.


— Oh, my bad. Désolé, c’est pas ce que je voulais dire.


L’entièreté du groupe s’était figée, le regardant, avec une sueur sur le front, hormis Kawamura qui apparemment s’amusait de la situation.


— T’es doué pour te foutre dans la merde, toi.


Vendredi, avec un ton impassible mais légèrement ironique, scruta Hizashi. Le délinquant ne sembla pas en colère, malgré les paroles maladroites de ce dernier. Le blond, confus, se sentit encore plus mal à l’aise en voyant le sourire léger de Vendredi.


Puis Kawamura se mit à rire au éclat, mettant fin à cet instant désespéré, tandis que le reste du groupe put enfin reprendre sa respiration.


— Hizashi tu es incroyable !


— Well… LET’S GO EVERYONE !!! It’s time to WORK !!!


Sans plus attendre, le blond attrapa d’un geste vif ses fournitures, voulant au plus vite oublier cet événement délicat, qui lui avait provoqué une certaine gêne.

Qui plus est, il avait enfin l’occasion de réviser en présence des ami.e.s, ce qu’il préférait largement. Car seul, il peinait réellement à affronter les révisions, qu’il trouvait particulièrement pénibles. Un véritable parcours du combattant, le temps semblait traîner avec une lenteur exaspérante.


Cela était d’autant plus productif avec Vendredi, qui contrairement aux a priori, étaient un excellent professeur. Lysa avait même retrouvé sa motivation, tentant le tout pour le tout de solliciter le plus possible Kawamura. II y avait seulement Shota qui s’était mis un peu à l’écart, lui qui avait plutôt besoin de calme, bien que parfois il venait pour corriger, ou ajouter des détails supplémentaires. Il semblait même bien s’entendre avec le délinquant.


Après deux longues heures de révisions, la famille Kawamura apporta un repas, une pause bien méritée, avant de reprendre le travail. Le groupe se regagna vite, avec une légère fatigue affectant leur productivité. Vendredi avait reprit brièvement son rôle d’enseignant, avant que chacun ne décide de réviser de son côté.


Hizashi, ressentit immédiatement une différence dans son travail. Tout le monde s’était plongé dans leurs révisions respectives, quant une pression pesante le prit soudainement à la gorge.

Ses mains tremblaient légèrement quant il prenait son cahier en main, et il changeait sans cesse de position, incapable de trouver un confort. Il avait l’impression que les secondes étaient devenues des heures, relevant son nez à peine qu’il avait relu quelques lignes, guettant si quelqu’un avait, pour une quelconque raison, cessé de réviser.


Les heures passèrent, et ses pensées devenant trop envahissantes, et il n’arrivait plus à lire correctement les lignes de son cahier de géographie, la pire matière, qui semblaient indéchiffrable à présent.

Il finit par abandonner quelques instants, laissant son regard errer autour de lui. Tous semblaient absorbés, sauf Tatsuya, qui dormait bruyamment sur ses cours de japonais. Vendredi, quant à lui, était plongé dans son travail, un casque couvrant ses oreilles et un léger balancement de tête.

Il n’avait pas moyen d’attirer l’attention sans déranger, et la perspective de ne rien faire ne m’enchantait pas plus. Du mieux qu’il pouvait, il tenta alors désespérément de reprendre.


Mais seul face à ses révisions, il ne savait pas s’il allait s’en sortir.




17.07.2116


U.A. était à sa dernière session d’examen. L’entièreté du lycée était totalement silencieuse, les élèves étant complètement plongés sur leur copie. C’était si silencieux, que l’on pouvait entendre chaque coup de crayon, chaque respiration, et chaque cœur tambourinant dans leur cage thoracique.


Hizashi, assis à son bureau, fixait sans relâche sa feuille, alors que le poids au fond de son estomac ne cessait de grandir. Et pourtant, il avait tout fait pour être tranquille, jusqu’à même retirer son appareil auditif pour ne pas être dérangé par le moindre son.


L’épreuve de terminale A était, sans l’ombre d’un doute, la plus redoutée pour lui, puisqu’il s’agissait de la géographie. Cette matière qu’il maudissait au plus profond de son âme, après le jeu du roi du silence.

Et malgré cette pression, il donnait tout pour ne pas perdre le fils, si ce n’était pas la tête, mais il avait l’impression de patauger dans la semoule. Il savait qu’il avait manqué quelque chose, mais il ne savait pas quoi.


Il relisait encore et encore ses copies, vérifiant qu’il n’avait pas oublié un recto, ni un verso. Puis, il relut chaque question, minutieusement, s’assurant qu’il n’avait pas omis un détail crucial, ainsi que ses réponses, qui semblaient de plus en plus creuses à chaque relecture, tentant dans un dernier espoir de compléter avec du vent.


Il releva la tête, le regard perdu, fixant d’abord l’horloge, puis enfin le surveillant, qui tapa trois fois sur son bureau. Hizashi remet à temps son appareil, avant qu’il ne commence à parler.


— Une heure trente d’examen. Pour celles et ceux qui ont déjà fini, vous pouvez déposer votre copie sur le bureau, et sortir.


Hizashi attendit, espérant qu’un autre étudiant se lèverait avant lui, mais les minutes passèrent sans que personne ne se lève. Jamais aucun élève ne venait déposer sa copie avant la vraie fin des examens. Pourtant, il ne pouvait pas rester là, à ne rien faire, face à ses feuilles, dont il ne savait pas comment compléter plus.


Finalement, avec une appréhension faisant exploser son pauvre cœur, Hizashi se leva. Il déposa sa copie sur le bureau de l’examinateur, signa sur la feuille d’appel et sortit de la salle. En passant, il prit son téléphone dans le bac. Il ne savait pas s’il était soulagé ou s’il ressentait un malaise.


À peine fut-il dehors, qu’il réalisa une chose pourtant évidente : il était le premier à avoir terminé l’épreuve.


Sans perdre de temps, il s’enfonça dans les couloirs bleutés de l’école, traçant jusqu’à l’extérieur. D’un pas vif, presque fuyant, comme s’il était suivi d’une entité non identifiée, ou que la sortie serait un secours de sa solitude. L’idée de quitter ces lieux devenait une obsession. Là-bas, il pourrait probablement trouver une occupation, espérant qu’une fois dehors, il pourrait croiser quelqu’un, n’importe qui.


Ses espoirs furent vite écrasés, alors qu’il venait enfin de poser un pied hors des grandes murailles de U.A..


Il était définitivement seul.


Il prit son téléphone, les mains agitées, se plongeant précipitamment dans des distractions futiles, de quoi occuper son esprit sens dessus dessous. Il parcourait les réseaux sociaux, faisant défiler des images de ses ami.e.s, cherchant aussi de nouvelles musiques pour sa radio.


Quelques minutes passèrent, et Hizashi ne sentit pas mieux pour autant. En fait, c’était même l’inverse, sortir de la salle d’examen avait empiré son état, puisqu’il était totalement seul. Même les oiseaux ne semblaient vouloir faire un brin de causette avec lui. Et il ne comprenait pas, il était pourtant libéré des épreuves ? Peut-être que c’était les résultats qui lui faisaient peur, finalement ?


Il serra sa tête entre ses mains, essayant de contrôler ses pensées, mais c’était une pure perte de temps, puisqu’elles brouillaient dans tous les sens. Que faire maintenant ? Essayer de se calmer. Mais comment ? En réfléchissant. D’accord, mais à quoi ? Ces pensées pourraient facilement dévier sur de lourds souvenirs. La soirée de ce soir... Peut-être ? Tatsuya avait prévu quelque chose pour marquer la fin des examens. Il devait être DJ, c’était certain, mais que jouerait-il ? Est-ce que ça plairait à tout le monde ?


— Hey.


Hizashi sursauta. Il n’avait pas entendu arriver Vendredi, qui maintenant se tenait derrière lui.

En un bref instant, l’orage qui hurlait dans sa tête s’était tu, lui donnant l’impression qu’un silence sourd bourdonnait.


— T’as pas l’air en forme. Tu veux qu’on marche ?


Les sourcils de Hizashi se froncèrent. Lui, pas en forme ? Jamais de la vie. Il se redressa d’un geste brusque, un grand sourire masquant parfaitement son état précédent, bien qu’il restait encore pâle.


— HEEEEEEEEY ITŌ-KUN ! Je vais très bien ! Et toi ? Soulagé d’avoir fini ?


Le regard de Vendredi s’assombrit légèrement, et Hizashi, de son côté, se crispa, déformant son sourire. Ses yeux cherchaient désespérément à éviter l’expression désapprobatrice de son interlocuteur. Néanmoins, à son grand soulagement, il n’y ajouta rien. Il se contenta de s’appuyer contre le mur de la grande barrière du U.A..


— J’ai jamais stressé. C’était juste chiant. Ça c’est bien passé ?


— J’ai complètement raté l’épreuve de Géographie. But no problem ! J’ai compensé sur les autres matières ! Et toi ?


— Ça va, c’était facile. Ce ne sont pas les mêmes sujets que l’année dernière, mais c’est les mêmes thèmes, c’était facile. On pourrait dire que je triche un peu, à ce stade.


— Au moins t’es tranquille ! D’ailleurs, pourquoi ils ne t’ont pas fait passer en première, directement ?


Comme à chaque fois, Hizashi ne se rendit compte que très tard, qu’il avait sûrement abordé un sujet glissant. Il commençait déjà à se liquéfier sur place, même si Vendredi n’avait pas réagi.

Comment savoir ce se qu’il pense, avec ce même regard inexpressif ? Si peu de réaction était si compliqué à interpréter, qu’il préféra s’excuser immédiatement.


— MY BAD ! C’était intrusif !


Vendredi mit encore un certain temps à répondre, puis haussa simplement les épaules.


— Ça va, ça se voit que tu ne poses pas la question dans le but de nuire.


Encore une fois, le blond avait de peu éviter une grossière erreur, ne sachant guère comment il faisait pour éviter à chaque fois de provoquer la colère du soi-disant délinquant.


— C’tait juste une punition, pour ma faute. Vu que j’ai pas trouvé de lycée après mon renvoie. Je devais juste promettre de faire preuve de sagesse, donc réviser, trouver un travail, et ne plus me battre.


Il s’arrêta quelques instants, souriant bêtement, puis ajouta après un léger ricanement.


— J’ai pas tenu la dernière promesse, j’avoue. Je me suis battu contre Isseï, hors de l’école.


A cet instant, le blondinet fut confus. Isseï, se battre avec Vendredi, hors des cours ? Ce n’était certes pas une surprise pour Vendredi, mais Isseï ? Lysa l’avait déjà mentionné, mais il avait prit ça comme une blague. Et dans quel contexte ?


On dirait tout très bien qu’on ne devrait pas se lier d’amitié avec celleux qui cassait la gueule de ses ami.e.s, mais Isseï était-il vraiment défendable ? Ou même Vendredi ? En apprenant à connaître ce dernier, il avait découvert une facette du premier, qu’il avait probablement plus ignorée jusqu’à présent.


Qui était le bon entre les deux ? Tout le monde dirait que c’était le futur héros, pas la racaille du quartier.


Et jamais il n’aurait pensé qu’un jour il remettrait en question ses principes.


— Je t’ai perdu ?


— No no no, erf… Vous vous êtes battus ? Pour quelle raison ?


— Ça, t’as pas besoin de savoir. Et puis j’ai pas envie de potentiellement mettre du poivre dans votre amitié.


Le blondinet n’en ajouta pas, cette fois-ci, il avait bien compris qu’il avait atteint la limite du jeune.


— En tout cas t’es beaucoup plus cool qu’on le raconte !!! You’re a nice guy !


Vendredi sembla être étonné, un léger sourire se dessina sur ses lèvres.


— J’avoue que je ne sais pas trop comment prendre le début de ta phrase, mais merci, Shiawase-kun¹.


— Oh my god, sorry man.


Pris par son propre manque de tact, il n’avait pas vraiment réalisé sur le moment, que le jeune lui avait donné un surnom. C’est quant il entreprit de quitter les lieux, que l’information lui vint au cerveau.


— Tu m’as appelé Shiawase?


Vendredi s’arrêta, se retournant brièvement. Un sourire moqueur sur le coin des lèvres, même si ses yeux tombaient de fatigue. Sans un mot de plus, il hocha légèrement la tête, et lui fit signe de le suivre.




23h


La musique battait dans tout l’appartement, les vibrations pulsant à travers les murs. Tatsuya, qui était un grand adepte des soirées à l’américaine, avait invité tous.tes.s ces ami.e.s, et même celleux qu’il venait à peine de rencontrer. Il y avait bien plus de monde que ce qu’Hizashi aurait imaginé. L’espace paraissait à la fois trop grand et trop petit pour les accueillir tous.

Il s’était demandé si la musique n’allait pas déranger les voisins (se demandant au passage pourquoi, et surtout comment ça se fait qu’il a un appartement, mais ça, il préférait éviter, c’était plutôt malpolis.). Mais Tatsuya, avec beaucoup de nonchalance, lui avait assuré que non : il était le seul habitant. Il trouvait ça assez étrange, mais connaissant Naruhata comme le quartier oublié que tout le monde fuyait, il n’avait pas insisté.


Très vite, Present Mic avait prit son rôle de disque jockey, vivant à fond l’instant, ne manquant pas de faire vibrer ses “auditeurices”, avec des mixage créé par lui-même, et sélectionné avec beaucoup de soin.


Depuis la petite scène improvisée où il s’était installé, placé légèrement en hauteur pour éviter de malheureux coup de danseur un peu trop agité, il pouvait voir tout le monde, qui dansait déjà depuis deux bonnes heures. De quoi bien décompresser après une semaine d’épreuve intensive.


Entre deux gestes pour ajuster son mix, Hizashi releva la tête. Et pendant un instant, un sentiment étrange, indescriptible, commençait à envahir son corps, s’échappant progressivement de sa cage thoracique.

Sa tête tournait un peu, et lorsqu’il regardait les gens danser, il avait l’impression que tout tournait au ralenti, mais qu’en même temps leur mouvement était en accéléré. Les ombres étaient devenues solides, et semblaient avoir prit vie, comme si elles étaient soudainement devenues conscientes.


Il supposa que ce n’était que l’épuisement, après tout, il avait beaucoup tirer sur la corde, ses derniers temps. Il mit alors une playlist qu’il avait près-fait, retira son casque, et pour une raison qu’il ignorait, il chercha des yeux Vendredi.


D’abord, Hizashi balaya la foule du regard. Ce n’était pas très difficile de le repérer, avec son style et ses cheveux blanc, il se détachait complètement des autres. Il l’aperçut assez rapidement, dans un coin sombre, caché derrière toute cette agitation, en train d’entamer un onigiri.

Il lui fit un petit signe de main, auquel Vendredi répondit brièvement, avant que Tatsuya n’apparaisse soudainement à ses côtés. insistant pour faire danser l’introverti. Après une série de grimaces hésitantes, il finit par se laisser entraîner, une moue boudeuse collé au visage.


Il le regarda danser un petit temps, avant de se redresser, ayant soudainement envie lui aussi de danser, avec lui. Il s’avança à travers l’océan agité de corps en mouvement, cherchant à le rejoindre, mais lorsqu’il arriva là où il était censé danser, il ne le vit plus. Tatsuya ne l’ayant même pas remarqué, vu comment il était parti pour une danse, ressemblant plus à un robot détraqué en pleine transe.


Dans un bref mouvement, il le repéra à nouveau, se glissant parmi les invités, comme une petite méduse au milieu d’un banc, en direction du buffet. Hizashi ne perdit pas de temps et tenta de le rejoindre, mais à chaque pas, il semblait que Vendredi s’éloignait davantage, sa silhouette devenant floue, presque inatteignable.


Un peu perdu, Hizashi tourna sur lui-même, scrutant l’espace qui paraissait étrangement déformé. Puis, à l’entrée du couloir, il aperçut Vendredi à nouveau, juste avant qu’il ne s’engage dans le passage sombre. Sans réfléchir, le blond se lança à sa poursuite, luttant contre la marée humaine.


Lorsqu’il arriva enfin devant le couloir, le blond eut la sensation d’être prit dans un froid soudain. Vendredi avait totalement disparu. Il avait entendu un bruit de porte qui se refermait doucement, mais impossible de déterminer laquelle. Deux des quatre portes laissaient légèrement passer un mince trait de lumière sous elles.


Ses mains tremblaient, et l’une, dans sa poche, triturait nerveusement une boîte, qu’il ne reconnus qu’après l’avoir sortie : c’était ses appareils auditifs, expliquant ainsi le lourd silence autour de lui, probablement.


Il resta immobile, hésitant, ou plutôt gelé sur place. Éloigné de la foule, il avait l’impression d’avoir été rattrapé par un silence assourdissant, comme si le bruit de la fête s’était fait remplacé par un bourdonnement sourd, presque douloureux, résonnant dans ses oreilles, probablement.


Il ouvrit la boîte, sortant le dispositif, mais une main se posa soudainement sur son épaule, ce qui le fit sursauter violemment, et laissant échapper un petit cris.


— Tu cherches Vendredi ?


La voix résonnait faiblement, étouffée par le bourdonnement dans ses oreilles. Sans ses appareils, Hizashi ne percevait qu’un murmure indistinct, mais il savait parfaitement lire sur les lèvres. Le cœur battant encore à tout rompre, il s’empressa de positionner les écouteurs dans ses oreilles, maladroitement.


— Euh…


— Dans la salle de bain, deuxième porte à gauche.


— Ah... merci.


Sur ces mots, Tatsuya le laissa pour retourner s’amuser, laissant Hizashi seul avec son angoisse. Ce dernier prit un moment pour calmer sa respiration, qui restait désordonnée. Une fois apaisé, il se dirigea vers la porte indiquée, l’ouvrit doucement, ne passant que sa tête.


À l’intérieur, la lumière semblait plus pâle, presque artificielle, éclairant à peine la salle au couleur bleu grisâtre. Et là, dans la baignoire, il aperçut Vendredi, la tête dépassant à peine du bord, les joues pleines de nourriture.


Enfin un peu de douceur dans ce bas-monde.


— Oui… ?


— Je peux entrer ?


— Vas-y, viens.


Hizashi ferma délicatement la porte derrière lui, le clic résonnant doucement dans le silence de la salle de bain. Vendredi se décala légèrement dans la baignoire, son regard fatigué mais serein. Il n’avait pas l’air ivre, comme il l’avait d’abord pensé, au vu du grand nombre de bière que Kawamura avait ramené (comment ? Il n’avait pas envie de savoir.). Et bien heureusement, il semblait beaucoup plus fatigué, qu’alcoolisé. Ils ont beau avoir un an de différence, il reste mineur.


— Bah alors man, qu’est-ce que tu fous ici ?!


Demanda, probablement un peu trop fort Hizashi, au vu de la grimace que le jeune fit.


— Eeeh, doucement. Ici, c’est le calme, le silence, et la méditation.


Lui répondit-il, en tapotant à côté de lui. Mic s’approcha, prenant place dans la baignoire à la perpendiculaire, ses pieds reposant hors du bassin, imitant la posture de Vendredi.


— Sorry...


— Il y avait trop de bruit, trop de gens... trop de tout, je suppose. Mon cerveau a besoin de faire une pause, je vais probablement m’endormir.


— Tu n’aimes pas les soirées ?


— Si, mais à petite dose. Ce soir, c’était trop intense, trop de stimulations...


Hizashi observa Vendredi de plus près, remarquant pour la première fois à quel point il avait l’air fatigué. Ses cernes, plus marquées que d’habitude. Comment quelqu’un pouvait-il être épuisé par des sensations, par le simple fait de ressentir ? Lui c’était le contraire, ne rien faire s’épuisait.


— J’ai quelque chose sur le visage ?


Vendredi brisa le silence, sentant le regard insistant de Hizashi. Ce dernier rougit vivement, pris de court.


— Euh… non, c’est juste que tu as l’air vraiment fatigué.


— Ça ne change pas vraiment de d’habitude.


Répondit-il, un léger sourire au coin des lèvres.


— Right... tu pourrais faire une compétition avec Shouta...


Vendredi fronça légèrement les sourcils à cette remarque, tandis que Hizashi sentait la chaleur monter à ses joues, conscient d’avoir peut-être dit quelque chose de maladroit. Mais contre toute attente, Vendredi se mit à rire doucement. Son rire était doux, presque fragile, mais il avait un rythme étrange, apaisant et légèrement décalé.


— Tu fais pas les choses dans la dentelle toi.


— Désolé…


— Ça ne fait rien, c’est mignon.


Les joues du blond s’empourprèrent bien plus, sous le regard amusé de l’autre. Depuis qu’il l’avait rencontré, il avait directement intrigué par lui, et sans vraiment s’en rendre compte, une sorte de fascination, légère, s’était créée autour de lui. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi.


Mais là, c’était différent, presque déstabilisant. Il se sentait chavirer, une sensation à la fois douce et douloureuse à accepter.


Un silence léger s’installa, mais pour une fois, Hizashi le trouva presque apaisant, du moins durant les premières minutes seulement. Il ferma les yeux, tentant de se calmer comme Vendredi, mais son esprit agité reprit vite le dessus.


Un silence léger s’installa, mais pour une fois, Hizashi le trouva presque apaisant, du moins, seulement pendant quelques minutes. Il ferma quelques instant les yeux, tentant de se calmer comme Vendredi, mais son esprit s’embrouillait, une fois de plus. Ses doigts se mirent à jouer nerveusement entre eux, avant de venir tapoter l’intérieur de la baignoire, avant de laisser vagabonder son regard dans toute la pièce la pièce à la recherche d’une distraction.


Vendredi tourna la tête vers lui, ayant remarqué immédiatement que quelque chose n’allait pas. Son regard se posa brièvement sur les mains d’Hizashi, avant de la serrer doucement dans la sienne, le faisant rougir de plus belle.


— Ça va ?


Hizashi sursauta légèrement, ramené brusquement à la réalité par la voix de Vendredi.


— Hm… je sais pas… c’est juste que… rester là à ne rien faire, c’est un peu ennuyeux, non ?


Vendredi haussa un sourcil, un sourire amusé au coin des lèvres.


— C’est si terrible que ça ?


— Désolé…


— Ce n’est rien. Si tu veux, on peut trouver quelque chose de plus… amusant à faire ?


Hizashi avait très vite remarqué le changement de ton de son ami, qui était toujours apaisant, mais il y avait une pointe de taquinerie, et ne savait pas comment l’interpréter.


— S’amuser ? Genre, tu veux qu’on joue à un jeu ?


Il ne le regardait pas dans les yeux, en fait jamais il ne l’avait regardé dans les yeux, et c’était quelque chose qu’il venait de constater. Mais son regard semblait tout de même s’ancrer dans son âme.


— Un jeu, ou... on peut faire autre chose ?


Le cœur du blond battait de plus en plus vite, semblant même louper des battements, tandis qu’à chaque mot, son esprit s’enflammait.


— Comme quoi ?


Vendredi réduisait encore une fois la distance qu’il y avait entre eux, rapprochant la main d’Hizashi vers lui. Même assis dans la baignoire, il était plus petit que le blond.


— Je pense à quelque chose... mais je ne sais pas si ça te plairait.


Hizashi cligna des yeux, son esprit tentant de deviner ce que Vendredi voulait dire. Il restait complètement subtile dans ses paroles, mais le blond sentait une certaine chaleur monter à ses joues.


— Qu’est-ce que tu veux dire ?


Vendredi hésita un instant, puis se pencha un peu plus près, son visage à quelques centimètres de celui d’Hizashi, qui sentait son cœur battre plus fort.

Il n’y avait aucune gêne, juste de la douceur.


— Tu m’autoriserais à faire quelque chose d’un peu fou ?


Pour la première fois, Vendredi avait levé les yeux, le regardant intensément.


— Comme quoi ? murmura-t-il.


Il ne répondit pas immédiatement, laissant un léger suspense. Puis, avec tendresse, il rapprocha son visage doucement, laissant leurs souffles se mêler.


— T’embrasser.


Un frisson parcourut la nuque d’Hizashi, mais il ne recula pas. Ce rapprochement lui plaisait.


— Ye-yeah…


Vendredi esquissa un sourire, puis, tout en douceur, il posa une main légère sur la joue d’Hizashi, comme pour s’assurer de sa réaction. Voyant que le blond ne reculait pas, il franchit la dernière distance qui les séparait et déposa un léger baisé sur ses lèvres.


Le contact fut tendre, délicat, comme une brise douce en été. Hizashi se sentit fondre, ses yeux se fermant instinctivement, laissait emporter. Il se serra un peu plus vers Vendredi, glissant ses bras autour de lui.







19.07.2116



Hizashi venait tout juste de se coucher. Il était encore fatigué de la dernière soirée, et des examens, bien que deux jours s’étaient écoulés. Il avait sentit son corps en pâtir tout le long de sa journée, qui avait été très chargé, malgré un premier jour de vacance.

Il avait passer la des heures et des heures à préparer ses prochains shows pour sa radio, scrutant des morceaux de musique, des classiques et des nouveautés, allant jusqu’à créer de nouveaux mixes.


Kawamura était passé dans la journée, pour lui tenir compagnie, mais après un appel de son père, il avait dû repartir. Ce fut court, mais ça l’avait bien motivé à garder le cape.


Allongé dans son lit, , il scrutait sans cesse son téléphone, et ça depuis son réveil, vérifiant si Vendredi répondait à ses messages. Il était très lent pour répondre, envoyant un message souvent plus d’une heure après que le blond l’ait fait. Mais Kawamura l’avait rassuré, il n’était pas du genre à répondre vite, et même qu’à lui, il pouvait le laisser en vue pendant une semaine. Soit il dormait, soit il dessinait, donc jamais il ne répondait dans les temps.


La soirée s’était étirée, et les heures avaient filé sans qu’il ne s’en rende compte, jusqu’à ce que la nuit tombe et que 23h sonne.

Ses parents étant absents, il avait dîné seul, assez rapidement, avant d’aller se mettre au lit, la tête pleine d’idée mais aussi plein de scénario. Hizashi était amoureux, cela l’avait emmené sur un petit nuage, c’était confortable, même si c’était du nouveau pour lui. Ce n’était pas la première fois qu’il sortait avec quelqu’un, une première avec un homme certes, mais il y avait quelque chose (autre que son genre) qui était différent. Peut-être parce qu’ils étaient tous deux plus âgés, et que c’était plus sérieux qu’une simple amourette d’adolescent ?


Les heures étaient passées vites, depuis qu’Hizashi avait fermer les yeux, mais le sommeil ne s’était pas pointé une seule fois. Il réfléchissait beaucoup et avait l’impression d’avoir plongé la tête la première dans un océan de réflexions, sans fond, lui tordant l’estomac, comme s’il était devenu soudainement thalassophobe.


Il voyait ses pensées défiler, le plongeant toujours plus profondément dans son esprit, comme emporté par un maëlstroms.

Les beaux scénario idéalisé, qu’il avait fait de lui et Vendredi, furent vite balayé, engloutit, se faisant remplacer par des histoires cauchemardesques. Il se voyait incapable de le soutenir, de l’aimer comme il le méritait, et comme si ce n’était pas assez pour le retourner,

c’était des image d’eux, plus âgés, avec Vendredi pris en otage par un vilain, l’utilisant pour faire souffrir le blond, si ce n’était de se venger.


Les images défilèrent devant ses yeux fermés : Il le voyait ensuite faire son deuil, parce que lui, Present Mic, n’avait pas été à la hauteur face à un vilain. Il serait peut-être finalement qu’une source de stress pour son bien aimé ?


Mais surtout, ce qui revenait le plus, c’est qu’il le voyait hurler de douleur, pleurer de peur, tentant désespérément de fuir quelqu’un ou quelque chose.


Il le voyait disparaître peu à peu.


Comme lui, Shirakumo.


Puis, brisant brutalement le flot abondant d’horreur suffocante, une vibration perça le bruit attroce de ses pensées, créant comme un silence sourd dans sa tête. Son cœur battant la chamade, alors qu’il s’était relevé en sursaute, tremblant, presque suant. Il attrapa son téléphone, ne s’attendant pas vraiment à quelques chose.


Il regarda son écran, un message de Vendredi venait de s’afficher sur son écran.


“Tu veux aller au ciné avec moi, demain ?”


Un soupir de soulagement échappa à Hizashi. Le coeur toujours battant, il répondit immédiatement.


“Yeah !!! Tu veux aller voir quoi ?”