Nos Âmes Retrouvées

All Rights Reserved ©

Summary

Après la trahison de Finn, son frère, et de Hannah, la fille qu'il aimait, Jack décide de tout quitter pour repartir de zéro à l’université. Il espère y trouver un nouveau départ, loin du chaos familial et des souvenirs douloureux. Mais il découvre vite que ce ne sera pas si simple, car Shana, la meilleure amie d'Hannah, fréquente la même université. Shana est tout ce que Jack n’est pas : spontanée, extravertie, sans filtre et un peu folle dans son genre. Là où Jack cherche à se reconstruire dans le calme et la discrétion, Shana l’entraîne dans ses délires et bouleverse son quotidien. Peu à peu, Jack découvre une autre facette de la vie, loin de ce qu’il avait imaginé, et apprend à connaître cette fille si différente de lui. Mais avec Shana, les surprises ne manquent pas, et Jack devra décider s’il est prêt à laisser le passé derrière lui pour ouvrir son cœur à l’inattendu. Entre rires, confrontations et découvertes, Jack va découvrir que parfois, la meilleure façon de repartir de zéro est de se laisser emporter par l’imprévisible.

Genre
Romance
Author
dbjessica
Status
Complete
Chapters
37
Rating
5.0 3 reviews
Age Rating
18+

ღ On oublie et on recommence ღ

Jack

J’avais imaginé cet endroit comme une échappatoire, un endroit où je pourrais enfin me perdre parmi la foule, devenir invisible. Mais à peine franchi les grilles du campus, je réalise à quel point j’étais naïf. Ce campus respire l’agitation, l’énergie. Des étudiants traversent les allées en groupe, d’autres seuls, les regards rivés sur leurs téléphones ou sur un bouquin qu’ils tentent d’ingérer entre deux pas. Tout autour de moi, c’est une symphonie de bruits : des rires, des conversations bruyantes, le bruit métallique des casiers qu’on claque. Une vraie fourmilière.

Je m’arrête un instant, juste pour observer. Les bâtiments sont imposants, anciens, sûrement historiques, avec cette architecture en briques rouges qui leur donne un air prestigieux. C’est beau, dans un sens, mais un peu oppressant aussi. La verdure qui borde les chemins adoucit l’ensemble, offrant des coins d’ombre sous les grands arbres où certains étudiants se sont déjà installés, à moitié allongés sur l’herbe, comme s’ils avaient tout le temps du monde.

Je passe une main dans mes cheveux, plus par nervosité qu’autre chose. Je ne suis pas sûr de ce que je fais ici. J’ai voulu croire que l’université serait le point de départ d’une nouvelle vie, un endroit où je pourrais effacer les erreurs du passé. Mais maintenant que j’y suis, tout me semble... plus difficile que prévu.

Je serre les dents et avance, tirant ma valise derrière moi, en tentant d’ignorer ce malaise qui me serre la poitrine. Tout va bien se passer. Il faut juste que je garde la tête basse, que je fasse ce pour quoi je suis venu : oublier.

Quand je pousse la porte de ma nouvelle chambre, l’air est lourd, presque stagnant. C’est un petit espace, avec juste ce qu’il faut : deux lits, deux bureaux, une armoire à moitié cassée. Rien de bien exceptionnel, juste fonctionnel. Pourtant, c’est ici que je vais passer une année entière. Une chambre impersonnelle, qui ne porte encore aucune marque de mon existence. Ça me va.

Je laisse tomber ma valise près du lit, celui qui est encore vierge, sans draps, ni traces d’une quelconque présence. L’autre lit, lui, est déjà pris. Les draps sont froissés, des vêtements traînent sur une chaise, et je peux entendre la douche couler dans la pièce adjacente. Mon colocataire est là, quelque part.

Je me laisse tomber sur le matelas, le regard fixé sur le plafond jauni par le temps. Une part de moi espère que ce type sera du genre discret, pas du genre à poser trop de questions. J’ai besoin de calme. D’anonymat.

La porte de la salle de bain grince, et je tourne la tête juste à temps pour voir apparaître mon colocataire.

Il est grand, plus costaud que moi, du genre à passer des heures à la salle de sport. Ses cheveux bruns sont encore mouillés, collés en arrière, et une serviette pend à sa taille. Il me jette un coup d’œil, un sourire facile sur le visage.

— T’es le nouveau, j’imagine ? Moi, c’est Ethan.

Ethan. Le genre de gars qui a probablement déjà tout ce qu’il faut ici. Il a l’air à l’aise, comme s’il avait déjà pris ses marques, comme s’il était chez lui. Il s’essuie négligemment avec la serviette, sans se soucier de l’impression qu’il pourrait me donner.

Je hoche la tête, en gardant mes distances.

— Jack, je dis simplement, sans entrer dans les détails.

Il s’arrête un instant, me regardant de haut en bas, avant de hausser les épaules, comme si cela n’avait aucune importance. Parfait. Peut-être que ce ne sera pas si compliqué.

Ethan finit de s’habiller rapidement, un tee-shirt moulant qui laisse voir ses muscles, et enfile un jogging. Il a ce genre d’énergie extravertie qui m’épuise déjà. Mais pour l’instant, il se contente de s’étirer avant de se tourner vers moi.

— Bienvenue dans l’enfer, mec. Tu vas adorer. Ou pas. De toute façon, on est coincés ici pour un an, alors autant faire avec.

Je m’agenouille près de ma valise et commence à sortir mes affaires. Une par une, je les range dans l’armoire bancale, comme si ce simple geste pouvait remettre de l’ordre dans mon esprit. Des tee-shirts, des jeans, des livres. Tout y passe, mais ça ne suffit pas à m’empêcher de penser à eux.

Hannah et Finn. Ils ont choisi une autre université, à l’autre bout du pays. Parfait pour eux. Ça leur laisse tout l’espace nécessaire pour vivre leur petite romance idyllique, loin de moi, loin du chaos qu’ils ont laissé derrière eux. Je devrais être soulagé. Peut-être que c’est mieux ainsi, que je ne les voie pas. Mais cette distance ne change rien. Ils sont là, tous les deux, dans ma tête, et ça me bouffe de l’intérieur.

Hannah... C’était elle, la première. La première à me faire ressentir des choses que je n’avais jamais ressenties avant. La première à briser les barrières que je m’étais toujours imposées. La première à m’avoir fait homme. Et maintenant, elle est avec Finn. Mon propre frère. Merde.

Je pousse un soupir, froissant un tee-shirt entre mes mains avant de le jeter dans un tiroir. Comment ça a pu arriver ? Finn, mon jumeau, celui qui était censé être de mon côté, m’a pris la seule chose qui comptait vraiment pour moi. Comment a-t-il pu faire ça ? À quel moment tout est parti en vrille ?

Mes doigts s’arrêtent, suspendus au-dessus de ma valise. Rien n’a de sens. J’aurais dû le voir venir. Peut-être qu’il y avait des signes, des regards échangés quand je ne faisais pas attention. Ou peut-être que j’ai toujours su que ça finirait comme ça, mais je ne voulais pas l’admettre.

Je secoue la tête. Assez. Arrête de ressasser. Aujourd’hui, j’ai promis que je passerais à autre chose. C’est pour ça que je suis ici, non ? Nouveau départ, nouvelle vie. On oublie et on recommence.

Je ferme le dernier tiroir, me redresse, et laisse échapper un petit rire amer. Mon cœur en lambeaux, c’est tout ce qu’il me reste. Et la vérité, c’est que je n’ai aucune idée de comment le réparer.

Une fois mes affaires rangées, l’envie de rester enfermé dans cette petite chambre me semble insupportable. Alors, je prends la porte. Le campus est immense, bien plus que je ne l’avais imaginé. Les bâtiments se succèdent, chacun avec leur style, mélange de modernité et d’histoire. Je marche lentement, comme pour m’imprégner de cet endroit. Chaque allée, chaque chemin, je les enregistre dans ma tête. Il faut que je sache où tout mène, que je me repère. Si je suis ici pour un an, autant connaître le terrain.

Les couloirs sont pleins de visages nouveaux, de rires, d’agitation. Je passe devant quelques salles de cours, jetant un œil à travers les portes vitrées. Quelques étudiants sont déjà installés, plongés dans leurs livres ou dans des discussions animées. Je me demande où seront mes propres cours. Ce campus, c’est un nouveau labyrinthe à déchiffrer, mais je prends le temps. Ça me vide l’esprit.

Les minutes s’étirent et je continue de marcher, mémorisant chaque recoin, chaque coin de verdure, chaque banc. Je passe devant la bibliothèque, immense, ses grandes fenêtres illuminées dans la lumière déclinante de la fin de journée. Elle semble calme, presque intimidante. Parfait. Je sens que je passerai beaucoup de temps ici.

Quand le ciel commence à se teinter d’orange, je fais demi-tour, mes pas résonnant dans les allées qui se vident peu à peu. La tombée de la nuit apporte avec elle une étrange sérénité, une pause dans le brouhaha constant de la journée. Les bâtiments prennent une allure presque mystique sous cette lumière tamisée, et pendant un instant, je me dis que peut-être, juste peut-être, je pourrais m’habituer à tout ça.

De retour dans ma chambre, je pousse un soupir. Le silence est lourd, mais apaisant après cette première journée de découverte. J’attrape une serviette et me dirige vers la salle de bain. L’eau chaude coule sur ma peau, emportant avec elle les tensions accumulées. J’essaie de ne plus penser à rien, juste à cette sensation, ce moment.

Une fois la douche terminée, je me laisse tomber sur mon lit, les draps froids contre ma peau. Demain sera un autre jour. Une autre chance de tout recommencer. Pour l’instant, je ferme les yeux et laisse la fatigue m’envahir, priant que, cette nuit au moins, mes rêves me laissent en paix.

Next Chapter