Create New List
Share with your friends
Customize readability

Le Dernier Sang d'Azarann

All Rights Reserved ©

Summary

Le sang de sa famille royale a coulé sous ses yeux d'enfant. Cachée, brisée par le fouet d'un Régent sans pitié, elle a dû apprendre à survivre... et à se battre. Des années plus tard, le destin la ramène face au Prince qu'elle a connu jadis — devenu une marionnette décadente entre les mains du Vizir qui les a tous deux brisés. Il aurait dû les tuer. Ils vivront pour Azarann.

Status
Complete
Chapters
17
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1

Elle dégage doucement le panneau de bois ouvragé qui ferme sa cachette. Une odeur de sang et de tripes la prend à la gorge tandis que le silence l’assourdit.

Elle a peur de ce qui l’attend. Ses parents, sa cousine et toute leur escorte…

Elle a attendu des heures durant que tout son disparaisse. Les cris d’abord, de guerre, de rage, d’effroi et de douleur, les entrechocs des armes. Puis les exclamations de joie du pillage, les râles d’agonie, les disputes de trouvailles convoitées. Puis plus rien, s’était-elle assoupie, était-elle en transe ? Elle ne sait.

Par l’entrebâillement, elle distingue de riches tissus froissés et tachés de sang. Un pied : elle reconnaît celui, fin et délicat, de sa mère. Elle le touche : il est froid et la rigor mortis est déjà à l’œuvre. Un haut-le-cœur lui soulève la cage thoracique. Elle retire sa main, hésite, guette un mouvement, un bruit… Rien.

Alors elle se décide enfin à sortir de sa cachette. Elle tente de ne pas regarder les cadavres de sa famille, aperçoit du coin de l’œil la chevelure souillée de carmin de sa cousine, trébuche sur le corps de son père, mort l’épée à la main et s’arrête net devant le carnage qui entoure le carrosse. Ce n’est plus qu’un champ de mort empli de cadavres tailladés, de morceaux d’humains tranchés ou désarticulés.

Elle vomit, vomit encore, sous le choc et les odeurs, fait le tour du carrosse, perdue, lorsque soudain une main passe devant ses yeux pour se plaquer sur sa bouche. Une autre se pose lourdement sur ses épaules et la retourne brusquement.

Tétanisée, elle reconnaît un des palefreniers de l’escorte, celui qui souvent l’aidait à préparer son poney. L’homme est âgé mais encore alerte, les yeux hallucinés de l’enfer à peine achevé, et dépenaillé de s’être caché parmi les souillures de la mort.

— Princesse, fait-il de sa voix éraillée, Princesse, il faut partir d’ici. Il n’y a plus que la mort ici, que la mort pour nous deux. Partons, Princesse. Nous n’avons plus que nos vies et c’est déjà mieux que rien. Il faut vivre.

Elle s’en remet à lui. Il a un sac de vivres, rescapé des pillages. Côte à côte, ils quittent le champ de bataille au chant des corbeaux.


Le palefrenier était persuadé que cette attaque n’était pas celle de simples brigands. Il n’oubliait pas qu’une guerre avait eu lieu récemment entre deux pays voisins, il n’était donc pas improbable que des réfugiés et des déserteurs se soient lancés dans le banditisme pour survivre, mais cette bande-ci, observée de sa cachette, lui avaient semblé trop organisée et leurs armures trop bien entretenues.

Le vieux palefrenier avait autrefois été un soldat, il avait lui-même combattu contre des hors-la-loi ; dès que son service obligatoire à la nation s’était terminé, il s’était reconverti en palefrenier. Son excellent comportement durant son service et son amour des chevaux lui avait valu finalement d’entrer au service des écuries royales, où il avait pu prendre soin des plus belles montures, chevaux de race à la fière allure ou adorables mais têtus poneys pour les jeunes Princesses et autres enfants.

Mais il n’avait pas oublié : les bandits étaient généralement un rassemblement hétéroclite d’êtres humains : vauriens paresseux, endettés ou drogués, réfractaires au service obligatoire, paysans dont les terres, mal entretenues, étaient devenue stériles… Leur matériel était tout aussi varié que leurs personnes, et de qualités tout autant diverses.

D’anciens réflexes presque oubliés avaient permis au palefrenier de se cacher juste à temps lors de l’attaque ; il avait écarté tout sentiment pour se dissimuler derrière les corps de ses camarades, sous un chariot, et attendant sans bouger durant ce qu’il lui avait semblé des heures. Ce n’est que bien après que les attaquants soient partis qu’il osa enfin sortir de sa cachette, prudemment, et entreprit de parcourir les restes du convoi, rassemblant un sac de vivres et tentant d’ignorer les odeurs et les couleurs… Il avait espéré trouver d’autres survivants, il trouva la Princesse héritière.

Le palefrenier hésita : que devait-il faire de la Princesse ? Devait-il la ramener au Palais Royal de Siarest ? Mais l’aspect des assaillants lui faisait penser à un coup monté : qui pouvait en être à l’origine ? Il ne croyait pas à une trahison du royaume de Ranest, les deux familles régnantes ayant toujours entretenu de bonnes relations.

Peut-être serait-elle plus en sécurité dans la famille de son fiancé ? Si leur lien de parenté remontait désormais à loin dans le temps, il restait les fiançailles pour légitimer que la Princesse se réfugie dans la famille royale de Ranest. Allons, c’était décidé, il l’amènerait là-bas. Mais secrètement. Si cette attaque était un meurtre déguisé en banditisme, il préférait préserver le secret afin de mieux protéger la fillette…

La pauvre était traumatisée : on le serait à moins ! Siaran était devenue apathique et presque muette, e répondant guère que par mono-syllabes. Le vieux palefrenier la réconfortait autant que possible, la traitant avec autant de douceur qu’il en montrait à un poulain nouveau-né. Il choisit de faire passer la petite Princesse pour sa petite nièce, muette et docile depuis la mort tragique de ses parents, qui vivaient à la frontière. Un bon mensonge, disait-il, doit comporter une grande part de vérité afin d’être le plus crédible et le plus simple à maintenir dans le temps. Cela permettait également à la Princesse de ne pas se trahir par un langage et une attitude supérieurs à sa nouvelle condition. Émus par cette histoire, les gens n’en demandaient pas plus et venaient en aide de bon cœur au vieil homme et à la petite fille, d’autant plus qu’ils ne demandaient presque rien : juste un endroit où passer la nuit, un peu de nourriture, afin qu’ils puissent parvenir à la capitale de Ranest, rejoindre un cousin qui y vivait fort modestement…

À pied, il leur fallut plus de deux semaines pour atteindre la capitale. Siaran devint progressivement Raran, apprenant plus rapidement que le palefrenier ne l’aurait cru sa nouvelle identité et les manières et l’attitude y afférant. En si peu temps, elle semblait avoir peu ou prou oublié la tragédie qu’elle avait vécu : conscient de la fragilité de son état mental, le palefrenier évitait pourtant de parler du passé, afin de ne pas la bousculer. Elle ne souriait toujours pas, mais elle était à nouveau capable de parler et de questionner.

Des années auparavant, lorsque qu’une délégation venue de Ranest pour négocier les fiançailles, le palefrenier avait noué amitié avec quelques-un des serviteurs qui suivaient leurs maîtres ; il espérait qu’ils étaient toujours en poste au palais… Il comptait sur eux pour l’aider à obtenir une audience auprès du Roi de Ranest et lui confier la Princesse.

Lorsqu’enfin ils pénétrèrent dans le Palais Royal de Ranest, le palefrenier se trouva confronté à un choix : on refusait que Siaran le suive dans ses déplacements dans les zones réservées à la domesticité… Ce ne fut pas sans réticence qu’il la laissa dans les Jardins Royaux, dont certaines parties étaient librement accessibles aux visiteurs de tout statut social.

Let Rahariel know what you thought about this chapter!
Love this

0

Love this

Funny

0

Funny

Spicy

0

Spicy

Suspenseful

0

Suspenseful

Emotional

0

Emotional

Profound

0

Profound

Heartwarming

0

Heartwarming

Shocking

0

Shocking

Good Writing

0

Good Writing

Compelling Plot

0

Compelling Plot

Great Character

0

Great Character

Strong Dialog

0

Strong Dialog

Further Recommendations

THE WOMAN HE BOUGHT

Jkind12: Great story but I didn’t like the gap of 4 years in the end! It’s like the writer quit.!

Read Now
Bloodlines

karenfancp: I have noticed a few typos, the story line is good. I can’t put this down.

Read Now
The zatorian

ktkirata: The story is really interesting. How the character described in the story is like you can see them and picture how they move, talk and feel in the every plots. Well done writer and keep it up.

Read Now
Broken Halos MC

Ashley Pierce: Touching story and great plot

Read Now
The Orc's Pet

JyotiRekha: Great plot Describe the life of orcos moe

Read Now
Going For The Goalie

NN: It got me from chapter 1. I’m sad it ended, but I loved the whole story. It was very emotional to read parts of it, and the dynamics, characters, and plot twists were amazing. I’d like to have an epilogue... 10years from now. What happened to Dewey? Even Jordan hahahaha

Read Now
An Irish Match

user-tS2KGSfVD3: Beautifully written. Excellent character development and a setting in Ireland, with all it's beauty, never hurts. With spice for those who like it.

Read Now
Ruthless Lord

Merrell Bunting: Beautiful story, a bit heavy on the spice for me but a really good read.

Read Now
The Luna He Threw Away

Petduck: There’s a lesson here that I’m not sure was intentional or not. Either way this is a really good story. I like the plot. I like the characters the author draws you in chapter by chapter.  you love the ending or at least I did. I think anyone who reads this book well, enjoy it.

Read Now