1. La Petite Âme Noire
« Je me perds dans mes songes, mes pensées me rongent. Je ne sais comment m’en libérer, à part peut-être me plonger dans cet océan d’Obscurité ».
On peut la voir arrivée, cette petite silhouette tant abîmée par les moqueries et les ennuis. Son regard rempli de tristesse, dévoilant sans le vouloir, une grande détresse.
Comment ce petit bout de femme ayant gardé son visage d’enfant peut errer comme ça, sans l’aide des passants ?
Aucun regard, aucun geste envers cette petite Âme Noire, cet être rongé par le désespoir. Vivant dans la solitude et enfermée, cette fille préfère être oubliée.
Elle traverse cette rue, désertée par les habitants, elle est abandonnée depuis bien longtemps. Elle seule continuer de l’habiter, car elle y est bien sans âme à côtoyer. Depuis longtemps ses paroles se sont éteintes, avec qui peut-elle bien parler ? À moins que des fantômes puissent discuter. Encore une fois, vers ses pensées qui ne cessent de répéter des mots coupables de tous ses maux.
« Brûler jusqu’à s’asphyxier, j’aimerais suffoquer dans tous mes souvenirs jusqu’à ce que je ne puisse plus respirer. »
Si la Vie vaut la peine d’être vécue, pourquoi donc s’y sent-elle exclue ?
« Tout cela, car j’ai manqué de vigilance, désormais je dois en payer les conséquences »
Cette petite Âme Noire torturée se demande si elle mérite vraiment ces épreuves qui lui sont imposées. Et ce depuis sa naissance sans arrêt. Ses seuls amis, vous l’avez sans doute compris, ne sont que les fantômes de son passé, revenus la hanter.
« En espérant que cela ne soit pas pour l’éternité »
Elle s’assit sur un banc, détérioré de par le temps. Admirant le paysage qui s’offre à elle, pensant qu’un jour elle découvrira cette fameuse lumière qui annonce la fin du tunnel dans lequel elle ne fait qu’errer en ayant cette impression de ne pas avancer.
Dans sa poitrine, son cœur ne bat plus, il est gelé, enveloppé par ce sentiment qu’elle aimerait dissiper.
« La noirceur de mon cœur ne peut laisser la place à une âme sœur »
Des larmes, elle en a tant versé, qu’aujourd’hui, elles ne peuvent plus couler.