Chapitre 1
Rita : Laisse-moi y aller papa ! Ignacio et Victoria m’accompagneront et maman m’a déjà dit oui !
S’il y avait bien une seule personne qui pouvait faire céder Juan Genovesi, c’était bien sa fille et cette dernière l’avait bien compris. La cadette de la famille commençait a prendre conscience du manque de discernement de son père quand il s’agissait de son enfant préféré. Ce n’était d’ailleurs un secret pour personne que des trois, Rita profitait d’un certain privilège dont n’avait jamais eu droit les autres. Sa chance fut d’être entourée d’un grand frère protecteur et d’une grande sœur qui jouait plus le rôle d’amie que d’aînée de cette fratrie.
Juan : Très bien, mais rentrez avant minuit c’est compris ?
Rita : Merci papa !
La jeune fille prit dans ses bras le vieux mafieux qui grimaça légèrement face à cette étreinte trop brusque pour un homme qui venait de sortir de l’hôpital. Sa précédente mission lui valut une belle blessure par balle de la part d’un agent de la DEA et il ne s’en était pas complétement remit. En se détachant d’elle, il ne laissa rien paraître et lui souris avant de se rasseoir sur le fauteuil de son bureau.
Rita : Je te promets de rentrer tôt !
Dès cette déclaration dites, Rita sortit en courant de la pièce pour rejoindre sa chambre à l’étage. Cette dernière était immense afin d’accueillir son instrument favoris : un piano à queue qui prit une grande place dans le cœur de la jeune Genovesi au fil du temps. Elle le contourna pour accéder à son dressing et y choisir la tenue qu’elle portera ce soir, soit une de ces habituelles courtes robes fleuries aux tons colorés qu’elle adorait tant et des talons hauts à lacets. Un dernier regard en direction du miroir à pied lui montra à quoi elle ressemblait : une courte brune à la peau mâte et aux cheveux longs et ondulés décorés d’une barrette en forme de Dahlia impérial. Une fois prête, elle dévala les escaliers pour atteindre le salon où se trouvait déjà sa sœur Victoria qui avait fait un effort pour cette soirée en retenant sa longueur dans un chignon haut par lequel quelques boucles dépassaient. Cela devait bien être la première fois qu’elle mettait une robe aussi courte mais son collant la rassura quelque peu, et ses talons hauts ne la changeait pas vraiment de se qu’elle portait habituellement. Seuls ses boucles d’oreilles en diamants la faisait hésitée.
Rita : Tu es magnifique !
Victoria : Et toi alors ! Mais, mes boucles d’oreilles ne font pas un peu trop pour ce genre de soirée ?
Rita : Non, au Ĝojo il y a de tout tu sais, une amie m’a dit que certaines personnes s’apprêtent toujours plus que d’autres, mais dis-moi...pourquoi est-ce que tu as attachée tes cheveux ? Je croyais que tu ne les supportais pas comme ça !
La grande sœur sourit timidement avant de répondre presque en chuchotant.
Victoria : Rafael y sera.
La plus jeune des deux fut surprise mais surtout effrayée.
Rita : Tu parles bien de Rafael Espe...
Ignacio : Bon ! On y vas ou quoi ? Je vous attends depuis tout à l’heure !
L’entrée inattendue de leur frère, les arrêta dans leur discussion. Le nom de famille que Rita allait prononcé était prohibé dans cette maison pour une raison qu’ils connaissaient tous...
Le trajet en voiture se fit court, l’endroit où se rendait la fratrie Genovesi était proche de chez eux. C’était une boîte de nuit qui servait de restaurant la journée et où tous les jeunes se rendaient depuis son ouverture. Elle appartenait justement à leur famille se qui expliqua aussi la facilité à laquelle Juan a accepté de les laisser y aller.
En entrant dans le night-club, le gérant vint directement à leur rencontre afin de les placés dans l’espace VIP qui était déjà occupé.
Adolfo : Vous voulez que je les fasse partir ?
Ignacio : Non, c’est bon, place juste quelques gardes à l’entrée, je vais dans les bureaux.
Ce que le seul fils de Milla et Juan Genovesi appelait “les bureaux”, se trouvait être des chambres privées dans lesquelles travaillaient des prostituées. Ignacio était un grand amateur de ce genre d’activité, tout ce qu’il obtenait avec facilité suffisait à le combler.
Les deux sœurs, une fois seules, se confièrent l’une à l’autre en continuant la conversation que leur frère avait précédemment interrompue.
Rita : Ne me dis pas que c’est le Rafael auquel je pense Victoria !
Victoria : Je sais très bien que je ne peux pas mais...il me plaît vraiment.
Le regard triste que son visage arbora, rendit le brun de ses iris bien terne.
Rita : Et bien...si c’est sérieux tu devrais peut-être en parler à maman.
Victoria : Tu rigoles ? Elle me tuerais ! Il en est hors de question ! Et je compte sur toi pour garder ce que je viens de te dire secret d’accord ?
Le sourire de sa petite sœur lui fit comprendre que c’était une évidence pour elle.
Rita : Je n’en parlerais à personne mais comment allez-vous...
Elle ne pu finir sa phrase, couper par le soudain brouhaha devenu plus dense en direction du bar. Il y avait une énorme foule qui s’y était agglutiner afin d’apercevoir le principal sujet de conversation des sœurs Genovesi : Rafael Esperanza...
Le troisième fils de Luis et Julia Esperanza avait une vingtaine d’années, la couleur des yeux étaient identique à ceux de ses cheveux : un brun foncé. Sa mâchoire marquée donnait plus de caractère à son visage contrastant avec son regard taquin et jovial. Le jeune célibataire était accompagné de son aîné :Joaquim Esperanza