Un Jeu Interdit

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Summary

L’interdit a toujours un goût plus intense. Plus dangereux. Plus addictif. Mais quand cet interdit, c’est ton beau-frère… 🥵🔥

Status
Complete
Chapters
29
Rating
4.8 111 reviews
Age Rating
18+

Chapitre 1

~ Cléa ~

Je crois que je suis en train de devenir complètement cinglée.

Ça fait dix ans que je suis avec Lucas. Dix putains d’années. Dix ans de missionnaire mollasson, de va-et-vient chronométrés, de « han han » faussement inspirés. Dix ans à espérer qu’il finisse vite pour que je puisse enfin dormir ou passer à autre chose.

De toute ma vie, je n'ai jamais joui. Jamais. Pas une seule fois. Même pas par accident, même pas en bidouillant moi-même en cachette. Rien.

Je commence à me dire que j’ai un bug quelque part, un vice de fabrication. Ça devrait être écrit en gros sur mon front, genre un tatouage invisible "Incapable de jouir". Super sexy.

Mais la nuit dernière, mon cerveau a décidé de foutre la merde. Un rêve. Pas un petit rêve gentillet où je vole au-dessus des champs de blé. Non. Un rêve à me faire suer comme une chienne en chaleur. Et pas avec Lucas. Ca aurait été trop beau.

Avec Liam.

Le frère aîné de Lucas.

Autant dire que mon inconscient veut ma perte.

Je l’avais pas vu depuis des années, il était parti on sait pas trop où, à l’étranger, faire je ne sais pas trop quoi. Sauf que maintenant il est revenu. Et c’est plus le même : Plus large, plus dur, plus sûr de lui. Une gueule à faire céder n’importe quelle culotte.

Dans mon rêve, il me plaquait contre un mur. Un truc brutal, sans blabla. Ses mains m'agrippaient, sa bouche me mordait, sa respiration était féroce contre ma peau. Rien à voir avec ce que je connais.

C'était Animal. Urgent. Sale. Et putain, je crois même que j'étais à deux doigts de jouir. Comme si mon corps venait enfin de comprendre à quoi il servait.

Je me suis réveillée collante, essoufflée, le cœur en vrac. J’ai jeté un coup d’œil à Lucas qui ronflait la bouche ouverte, la bave au coin des lèvres.

Et j’ai compris que j’étais foutue.



- Dimanche -

Comme régulièrement, on va manger chez les parents de Lucas le dimanche midi. En un mot : L’enfer.

Sauf que cette fois, Liam est là.

Je le revois pour la première fois depuis ce fameux rêve. Je croyais que ça passerait. Que le voir en vrai effacerait les images sales qui me tournent en boucle dans la tête. Mais non. C'est encore pire.

Il est là, adossé au plan de travail, une bière à la main. Sa barbe de quelques jours, ses cheveux en bataille, ce t-shirt noir qui épouse juste ce qu’il faut. Je sens la chaleur grimper dans mon ventre. Putain, c’est pas possible.

Julia est là. Évidemment. La petite sœur casse-couilles avec son faux sourire et ses piques à la con.

— Bah alors Cléa, t’as l’air fatiguée. La vie de femme au foyer, ça use ?

Je la fusille du regard. Petite merde. Elle adore ça, balancer des vacheries juste assez subtiles pour passer crème.

Elle ricane en reprenant une bouchée de gratin. Sa grande passion : faire chier son monde et manger la bouche ouverte.

Le repas traîne, tout comme les conversations sur le boulot, la politique et d’autres conneries sans intérêt.

Liam parle peu. Il écoute, observe. Moi, j’essaie de pas le mater, mais putain… c’est dur. Mon regard accroche tout seul, comme une conne en manque.

Et comme si c'était pas assez compliqué, il s’étire. Son t-shirt remonte, juste assez pour laisser voir un bout de peau. Rien d’extraordinaire. Même pas assez pour voir ses abdos, ni son V qui à l'air d'être ultra-dessiné. Juste un mini bout de peau. Et j’ai envie de crever.

Je veux y glisser ma main, sentir si c’est aussi chaud que dans ma tête. J’avale ma salive, détourne les yeux.

Il soupire, passe une main dans sa nuque.

— J’en peux plus de ce canapé. Je dors comme de la merde.

Ouais, je comprends. Ce vieux canapé pue l’angoisse et le renfermé. Un truc qui grince dès que tu bouges un orteil et qui doit te casser le dos en une nuit.

— T’as qu’à dormir dans ta chambre, lâche Lucas, sans même levé la tête de son assiette.

Liam éclate de rire.

— Ah mais ouais ! J'y avais pas pensé ! Tu parles de "ma" chambre qui a muté en centre de télétravail pour Papa ?

Lucas hausse les épaules, genre "c’est pas mon problème". Et comme si c’était pas déjà assez la merde, il rajoute :

— Y’a toujours celle de Julia.

Elle explose.

— HORS DE QUESTION.

Le son de sa voix me coupe l’appétit.

— Pas moyen que tu squattes ma chambre, dégage.

Liam lève les mains.

— Ok, ok. Pas touche au temple de la princesse.

Le père relève la tête, et là, je vois son putain de cerveau en surchauffe. J’ai une seconde d’avance sur lui. Je sais ce qu’il va dire.

— Mais… Lucas, Cléa… vous avez une deuxième chambre, non ?

NON.

Je me fige. Lucas aussi. Un silence s’abat sur la table. Même Julia arrête de mâcher son putain de gratin.

Lucas serre sa fourchette.

— Même pas en rêve.

Sa voix claque. Il est tendu, et rajoute :

— Déjà que je vais me le coltiner au boulot, j’ai pas envie de l’avoir chez moi en plus.

"Le boulot". Traduction : l'entreprise de leur père. Là où Lucas bosse depuis des années, et où Liam vient juste de débarquer en l'envoyant dans le décor.

Liam pose sa fourchette lentement. Son regard se plante dans celui de Lucas.

— Si ça pose un problème, je vais à l’hôtel.

Leur mère tourne la tête. Pas vers Lucas. Vers MOI. Comme si c’était à moi de décider.

Et comme une conne, j’ouvre ma gueule.

— Euh… non mais… c’est pas un problème. Il peut venir chez nous.

Putain. PUTAIN.

Lucas me décapite du regard. Un truc noir, brûlant, violent. J’ose pas bouger.

Liam, lui, sourit. Juste un sourire au coin des lèvres. Suffisant pour que mon ventre fasse un looping.

Je pique ma fourchette dans mon assiette, genre je suis hyper absorbée par ma bouffe.

Reste normale, Cléa. Respire.

La tension pèse lourd sur la table. On mange sans parler. J’entends mon cœur battre, fort.

Après le dessert, Lucas balance :

— On y va.

J’attrape mon sac. Les chaises grincent. Liam attrape sa veste et balance :

— A ce soir du coup.

Un mur invisible m’éclate en pleine gueule. Il parle à Lucas. Mais ses yeux ? Ses yeux sont sur moi.

Le retour est silencieux. Lucas conduit en serrant le volant comme s’il voulait l’éclater. Moi, je fixe la route.

J’ouvre la bouche, juste pour crever l’abcès.

— T’es fâché ?

Putain, mais ferme-la, Cléa.

Lucas pile au stop, trop sec.

— Fâché ? Tu te fous de ma gueule ?

Il tourne la tête, ses yeux sont noirs. Il est pas juste en colère. Il est dégoûté.

— C’était quoi, ça ? Pourquoi t’as dit oui ? Tu veux impressionner ma mère ? Tu veux jouer les sauveuses ? Ou t’aimes juste foutre la merde toi aussi ?

Ses mots me claquent à la gueule. J’ai un pincement au cœur.

— J’ai juste voulu aider.

— Aider qui ? Cet abruti ?

Il souffle fort, secoue la tête.

— Tu sais très bien que ça a toujours été compliqué entre nous. Ce connard a toujours foutu la merde. Il se barre à l’autre bout du monde, et là il revient, me pique mon poste et en plus, je dois l’héberger ?

Il tape du poing sur le tableau de bord.

Je sursaute.

— Pendant que monsieur vivait sa vie, moi, je me suis plié en quatre. Pour la boîte, pour la famille, pour TOUT. Et lui, il était où pendant tout ce temps ?!

Il serre les dents, continue de conduire. La route défile en silence, tendue comme un élastique prêt à péter. J’ai l’impression que si je bouge un orteil, ça explose.

Il finit par s’arrêter devant l’appart, coupe le moteur d’un geste sec. Un silence lourd s’abat. Je devrais dire quelque chose, détendre l’atmosphère, mais franchement, j’ai zéro inspiration.

Lucas balance ses clés sur la commode et file direct sous la douche. Moi, je traîne dans le salon, je fais semblant de regarder mon téléphone. J’écoute l’eau couler. J’imagine le corps de Lucas sous le jet, et ça me fait… rien. Pas la moindre foutue étincelle. Juste une lassitude poisseuse qui colle à la peau.

Je me sers un café. Je pourrais en profiter pour ranger, appeler une pote. Mais non. Je fais que scroller, les yeux rivés sur l’écran, incapable de me concentrer sur autre chose que ce vide qui me bouffe de l’intérieur.

Lucas ressort, serviette autour de la taille, cheveux humides. Il me jette un regard.

— On fait quoi, maintenant ?

Je le fixe, incrédule. "On fait quoi ?". Comme si on en avait encore quelque chose à foutre de faire des choses ensemble.

— J’sais pas. Une série ?

Il hausse les épaules. Va pour la série.

On s’affale sur le canapé. Une comédie policière, dialogues creux, acteurs beaux mais sans saveur. Il pose une main sur ma cuisse, absent. Moi, je sens mon corps qui se crispe. Je déteste ça. Ce contact automatique, ce foutu geste de couple qui veut plus rien dire mais qu’on fait quand même, par habitude, comme des cons.

Au bout d’un moment, il propose de commander à bouffer. Sushi ou pizza. Option 1 ou option 2. Ça résume bien notre vie : toujours les mêmes choix, sans surprise.

— Comme tu veux, je réponds.

— Dis-moi ce que t’as envie.

J’ai envie d’autre chose, d’un truc qui cogne, qui brûle, qui me prenne aux tripes. J’ai envie de sentir mon cœur taper comme un dingue, pas juste battre mollement en rythme avec la routine.

Mais au lieu de ça, je dis :

— Pizza.

Il commande, et le silence s’installe à nouveau.

Quand la bouffe arrive, on mange devant la télé, sans un mot.

L’heure tourne. Lucas s’endort sur le canapé devant une rediffusion de match, et moi, je regarde l’horloge. J’attends.

Je fini par aller dans la salle de bain, histoire de me donner une contenance. Mes mains sont moites, mon reflet me regarde avec un petit air de traînée coupable. Je réajuste mon haut, défroisse mon pantalon. Putain, pourquoi je fais ça ? Comme si j’avais besoin d’être présentable pour Liam.

Et puis un coup à la porte. Un seul. Sec.

J’inspire, je vais ouvrir.

Liam est là. Grand, un peu fatigué, le regard sombre. Il traîne une valise cabossée qui a sûrement plus voyagé que moi.

— Tu vie seule ici, ou Lucas est mort dans un coin ?

Sa voix est grave, même elle me donne chaud putain.

— Il dort.

— Évidemment.

Il entre sans attendre d’invitation, balance son sac dans un coin. Il scrute l’appart, hoche la tête.

— Sympa. Un peu trop propre, un peu trop bien rangé. Ça vous ressemble.

Je pince les lèvres.

Lucas grogne depuis le canapé, se redresse, l’air perdu.

— T’es là.

— Manifestement.

Liam claque des doigts devant ses yeux. Lucas soupire, se lève enfin.

L’ambiance est bizarre. Un mélange d’hostilité passive et d’un truc plus sourd, plus lourd. De la rancune. Des années de non-dits.

Lucas croise les bras.

— Tu veux boire un truc ?

— De l'eau.

Il file dans la cuisine. Silence entre nous. Je croise les bras aussi, comme pour me protéger de quelque chose d’invisible.

Liam s’étire un peu, fait rouler ses épaules.

— Alors, c’est quoi le programme ? Je suis censé faire comme chez moi ou je dois demander la permission avant de pisser ?

— Te gêne pas, fais comme chez toi.

Sa langue passe furtivement sur sa lèvre inférieure, et je me rends compte que je suis en train de le mater comme une conne.

Je me racle la gorge, mal à l’aise.

— Viens, je te montre ta chambre.

Liam me suit. On traverse le couloir, et j’ouvre la porte de la pièce qui, jusqu’ici, servait à entasser tout notre bordel. Un matelas a été balancé à la va-vite, y a encore des cartons contre le mur. Loin de l’hôtel de luxe, mais clairement mieux que le canapé de ses parents.

— Merci.

Je hoche la tête, genre "pas de souci", et me barre avant de dire une connerie.

Quand on va se coucher, Lucas est agité. Il tourne, se retourne. Comme un animal en cage. Je sais que c’est à cause de Liam.

Il finit par se coller à moi. Son torse brûlant contre mon dos, sa main qui glisse sur ma hanche.

Je ferme les yeux.

Pas envie.

Mais j’ai appris à faire semblant.

Alors je me laisse faire. Ses doigts qui remontent sur mes seins. Sa bouche qui cherche mon cou.

Je fais comme d’hab. Je respire, j’attends que ça passe.

Il sort le lubrifiant, s’enduit comme un mec qui met de la crème solaire à la plage, et me prend. Comme toujours, comme un besoin mécanique. Pas brutal. Pas violent. Juste… absent.

Je gémis quand il faut. Une chorégraphie bien huilée. Mais ce soir, dans ma tête, y a autre chose.

Liam.

Dans la pièce d’à côté.

Il dort peut-être. Ou peut-être qu’il entend. Peut-être qu’il écoute.

Et cette pensée me fait quelque chose de tordu.

Je cambre un peu plus. Juste pour que le lit grince. Juste au cas où.

— Hmm… Lia… Lucas !

MERDE.