AVANT-PROLOGUE
SCÈNE D’OUVERTURE : LE TROU NOIR
Ava
Tout commence par l’obscurité.
Le silence est lourd, oppressant. Trop lourd. Trop profond. Il n’y a pas d’échos, pas de bruits lointains, pas même le murmure rassurant du monde extérieur. Rien.
Ma tête tourne. Quelque chose ne va pas.
L’air est froid, sec. Une étrange odeur flotte dans l’atmosphère. Un parfum métallique. Le cuir ? Le bois ciré ? Mon ventre se contracte, une nausée monte. Mes souvenirs… ils sont flous.
Je voulais… sortir ? Boire un verre ? Je n’en suis plus sûre.
Ma gorge est sèche. Mes lèvres collent. J’essaie de bouger mais mes poignets ne suivent pas.
Un frisson me traverse.
Je suis attachée.
Le souffle me manque. Ma respiration s’accélère. Je tire sur mes bras, sur mes jambes. Les liens sont serrés. Trop serrés. La panique me broie le ventre.
Où suis-je ?
Le bruit d’une serrure.
Un cliquetis métallique.
L’angoisse explose dans mon corps. Je retiens ma respiration.
Un léger grincement… Une porte s’ouvre.
Et c’est là que je le vois.
Un homme. Silhouette sombre. Costume impeccable. Un masque. Il s’avance lentement, d’un pas mesuré, comme s’il ne voulait pas effrayer une bête sauvage.
Son parfum envahit l’espace. Boisé, intense.
Je veux parler. Je veux hurler. Rien ne sort.
Il s’arrête. Me contemple dans mon impuissance.
Puis, il murmure :
— Tu es mienne.