The Roommates Pact

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Summary

Elisoa Ambrose pensait enfin s'épanouir dans sa nouvelle vie. Après des années en internat en Suisse, elle entame un chapitre décisif à l'Université Frasier, à Boston, espérant une année studieuse aux côtés de son cousin Marcus. Mais ses plans prennent une tournure inattendue lorsqu'elle doit rapidement trouver un logement. Marcus, fidèle à lui-même, a une solution toute trouvée : la faire héberger par son meilleur ami, Robby Montgomery. Un garçon généreux, mais enfermé dans un destin tout tracé par ses parents. Il voit d'abord cette cohabitation comme un simple service rendu, jusqu'à ce qu'une idée lui vienne : et si Elisoa faisait semblant d'être sa petite amie ? Pour lui, c'est le moyen parfait d'échapper à la pression familiale sur ses fréquentations. Pour elle, une façon d'expérimenter quelque chose de nouveau, de briser le cadre rigide dans lequel elle a toujours évolué. Un pacte sans conséquence. Du moins, en apparence. Mais entre leurs différences, une attirance grandissante et des moments de proximité troublants, le faux commence à se mêler au réel. Et quand les sentiments s'invitent dans l'équation, auront-ils le courage d'admettre que ce jeu n'en est plus un ?

Genre
Romance
Author
Alexia
Status
Ongoing
Chapters
5
Rating
n/a
Age Rating
18+

Épisode 1 - Face à l'imprévu

Elisoa

“The truth is I am a toy that people enjoy ’til all of the tricks don’t work anymore.” - Lorde, Liability

Je presse le pas dans le couloir désert du dortoir, mon sac battant contre ma hanche, mon manteau à moitié fermé. L’air frais d’octobre s’infiltre par les fenêtres mal isolées, soulevant un frisson sur ma peau.

Pourquoi faut-il toujours que j’oublie quelque chose ?

Je serre les dents en gravissant les dernières marches dans le bâtiment. Ce matin encore, j’étais persuadée d’avoir glissé mon livre de droit du contentieux international dans mon sac.

Et pourtant... rien.

J’ai beau fouiller, retourner mon sac, il n’y est pas. Avec tout ce que j’ai à faire cette semaine, hors de question de prendre du retard.


Ce semestre doit être parfait. Je l’ai planifié dans les moindres détails : emploi du temps millimétré, discipline stricte, pas de place pour l’imprévu.

Tout est sous contrôle. Du moins, c’est ce que je crois.

Jusqu’à ce que j’arrive dans le hall du dortoir et que mon regard tombe sur l’affiche placardée sur la porte des escaliers.

« À la suite d’un dégât des eaux, certaines chambres du dortoir féminin sont temporairement inutilisables. Veuillez contacter le bureau du logement pour des solutions alternatives. »

Je m’arrête net. Le silence autour de moi devient assourdissant.

Non.

Ma main se crispe sur la lanière de mon sac. Je relis une. Deux. Trois fois.

Comme si, à force d’insister, les mots allaient se réarranger d’eux-mêmes, révéler une erreur, une mauvaise blague. Mais ils restent là. Noirs sur blanc. Froids et définitifs. Un battement sourd pulse contre mes tempes. Mon souffle se bloque. Je veux réfléchir. Trouver une solution. Agir.

Mais mon cerveau refuse d’obéir, coincé entre l’incrédulité et l’angoisse. Un frisson glacé remonte le long de ma colonne vertébrale.

J’aurais pu appeler mes parents, mais à quoi bon ? Ils ne répondraient pas. Ou pire, ils me diraient de me débrouiller seule. Comme toujours.

Où est-ce que je vais dormir ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi moi ?!

Ma respiration se fait plus rapide. Un nœud se forme dans mon ventre, lourd et oppressant. Mes doigts se referment sur la lanière de mon sac, crispés à en faire trembler mes phalanges.


Un instant, mon esprit vacille entre le choc et la panique. Une chaleur monte en moi, envahissante, incontrôlable, alors que mon cœur cogne contre ma poitrine.

Juste une seconde de plus et... Non. Je ne peux pas me permettre de flancher.


Mais non.


Pas maintenant. Pas ici.


Je ferme les yeux, inspire lentement. Un. Deux. Trois.

Ma gorge brûle, mes doigts tremblent toujours, mais je resserre ma prise sur mon sac.Je ravale cette boule d’angoisse, la repousse dans un coin de mon esprit. Pleurer ne sert à rien.

- Putain, fais chier, c’est quoi cette merde ?

Je sursaute légèrement. Famke. Toujours aussi subtile. Son ton traînant, marqué par son accent néerlandais, me ramène brutalement à la réalité.

Elle est là, bras croisés, regard féroce braqué sur l’affiche. Avec sa silhouette longiligne, son allure de mannequin scandinave et son style garçon manqué, elle ne passe jamais inaperçue. Une tornade blonde au vocabulaire aussi tranchant que son humour.

Elle relie l’annonce, les sourcils froncés, puis souffle en secouant la tête.

- Schatje patatje, on va trouver une solution.


Sa main s’abaisse sur mon épaule avec une tape sonore. Typique chez elle.

- Imogen et Raquel arrivent. On va s’organiser. Regarde, ils disent de contacter le bureau du logement.

Je hoche la tête. Mais l’envie de rire me prend. Une vaste blague. Quelques minutes plus tard, nous sommes entassées devant le bureau de l’administration.

L’atmosphère est lourde, électrique. Derrière son écran, l’employée affiche un sourire crispé, l’air de quelqu’un qui a déjà reçu trop de plaintes aujourd’hui.

- Que voulez-vous dire par “on ne peut pas vous reloger pour l’instant” ?

Ma voix se veut posée, maîtrisée. Surtout, ne pas s’énerver. Garde ton calme.

Raquel, elle, n’a pas cette retenue.

- Ma belle, tu vas regarder sur ton petit écran et trouver une solution, lance-t-elle en s’appuyant négligemment contre le comptoir.


Son ton est chantant, rythmé par cet accent dominicain qui lui donne une assurance naturelle. Elle ne fait pas semblant.

- Je n’ai pas payé un loyer annuel pour finir sans abri du jour au lendemain. Alors. Cherche.


L’employée garde son sourire figé. Mauvais signe.

- Nous n’avons plus de chambres disponibles. Vous serez remboursées, bien entendu, mais nous vous conseillons de vous rapprocher des sororités hors campus ou de chercher une location entre vous.


Je sens Raquel bouillir à côté de moi.

- Vous travaillez ici, oui ou non ?  Elle tape du doigt sur le comptoir.On dort où, exactement ?

L’employée garde son ton poli, mécanique.

- Comme je l’ai dit, c’est une situation exceptionnelle. Vous serez remboursées, mais il faudra avancer les frais. Nous faisons notre possible pour rétablir la situation rapidement.

Raquel ouvre déjà la bouche, prête à balancer une réplique qui va probablement nous interdire l’accès à tout logement du campus à vie.

Mais avant qu’elle ne puisse parler, Imogen lève la main.

- Merci pour vos conseils, on va réfléchir.

Elle ne hausse pas la voix, ne s’agace pas. Juste calme et posée, comme si tout était sous contrôle. Raquel la fusille du regard, du genre, «Pourquoi tu sabotes mon plan ?»

Mais Imogen ne cille pas. Avec sa silhouette athlétique, ses longs cheveux bruns attachés en tresse et son air impassible, elle impose le respect sans avoir besoin de crier. Une fois dehors, elle se tourne vers nous avec un haussement d’épaules.

- Je ne vois pas pourquoi vous paniquez, on a toutes une solution. Ça va durer un mois, maximum.

Elle compte sur ses doigts, comme si tout était déjà résolu.

- Famke a sa copine sur le campus. Raquel peut aller chez sa tante. Elisoa, tu as Marcus. Et moi... Elle affiche un sourire en coin.

- Je vais me trouver un mec généreux.

Famke éclate de rire. Un vrai éclat, franc et bruyant.

- Tu sais quoi, Imo ? Je t’admire.

Malgré moi, un sourire me monte aux lèvres.

- Donc, pas besoin de crises d’angoisse,continue Imogen.On récupère nos affaires et on s’organise.


Elle a raison.Je vais me calmer.

Je sors mon téléphone et compose le numéro de Marcus. J’éclaircis ma voix. Il me connaît trop bien. Rien qu’en m’entendant, il sait exactement ce que je ressens.

Et ça m’effraie autant que ça me rassure.




Schatje patatje : nom affectueux néerlandais qui signifie littéralement quand quelqu’un est si mignon qu’on a envie de le contenir sous la forme d’une pomme de terre frite et de le manger tout entier.



💬Note de l’auteure :

Merci d’avoir lu ce premier épisode ! 💛 J’espère que vous avez apprécié cette introduction à l’univers d’Elisoa.

🎵 “La vérité, c’est que je suis un jouet dont on profite... jusqu’à ce que mes tours ne fonctionnent plus.”


Et vous ?Avez-vous déjà vécu un moment où tout semblait s’écrouler sans prévenir ? Comment réagiriez-vous à la place d’Elisoa ? Dites-moi tout en commentaire !

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