La Noces de Bois
J’étais l’abominable heureuse épouse de cet impitoyable bel homme qui me servait de mari. Notre mariage était arrangé et dont le but principal était de mettre fin à une rivalité entre les deux familles qui perdurait depuis je ne sais quel siècle, mais cette affaire m’importait peu. Malheureusement, cette histoire avait une entourloupe. L’effroyable vérité était que mes parents m’avaient déshéritée au profit de leur fils, mon frère aîné. Élevée par cette impitoyable famille de riche égoïste, je n’avais donc pas les moyens d’être pauvre; il me fallait absolument un plan. J’avais décidé de mettre en scène cette histoire de réconciliation.
Ma famille n’avait en aucun cas approuvé mon idée, et je n’en avais rien à foutre. J’avais donc décidé de la jouer solo. Je m’étais présenté sous une tout autre personne à la famille rivale, racontant comme quoi cette histoire de rivalité n’avait aucun sens de perdurer de nos jours. Après les avoir soudoyés comme un serpent cobra, ils étaient tous tombé sous mon charme aveugler par cette belle prestation que je leur avais faite mais tout cela n’était que du bluff. J’avais effacé les traces compromettantes qui pourraient me relier à ma pitoyable famille. J’avais donc choisi de jouer la comédie et plus tard j’avais réussi à gagner le cœur et la confiance de l’unique fils de la famille Lecomte.
« Bingo! »
Les choses s’étaient passées beaucoup plus facilement que prévu, le fils des Lecomte était complètement fou amoureux de moi, il avait mordu à l’hameçon comme un petit poisson. Il avait vite cru à cet amour illusoire et abracadabrante que je lui offrais. Cette histoire d’amour à l’eau de rose, je l’avais inventée de toutes pièces. Je prenais tellement bien mon rôle au sérieux cela paraissait réel. Très vite, nous nous décidons de nous fiancés puis plus tard mariés. Tout cela n’était que mascarade, je n’avais d’yeux que pour la fortune, quitte ma liberté en jeu en acceptant d’épouser cet homme en sachant que je courais gros en prenant ce risque. Mais qui ne tente rien, n’a rien…
Aujourd’hui, nous fêtons nos 5 ans de mariage.
5 ans et il n’avait vu que du feu.
J’avais joué les bonnes épouses afin de ne pas éveiller les soupçons sur quoi que ce soit. Mais ce soir, j’allais tirais mon tablier de bonne femme et tournais le dos à cette vie fictive.
Pour notre noce de bois, mon adorable mari avait donc décidé de nous embarquer pour un voyage magnifique pour les Seychelles, un magnifique archipel d’une quinzaine d’île situé dans l’Afrique de l’Est. Il avait donc choisi un hôtel de luxe à Anse Étoile au bord de la mer. La vue était magnifique et la mer était d’un bleu azure éclatant bordé par une sublime plage de sable blanc. L’hôtel en soi était luxueux et exotique, le service était impeccable et la nourriture était exquise. Nous étions coincés sur une île exotique et paradisiaque pour fêter les 5 ans d’un semblant de mariage qui n’avait aucune valeur à mes yeux. Je faisais donc ce que je savais le mieux faire : prestidigiter.
Aujourd’hui, je suis la parfaite charmante épouse ravie de passer un long et merveilleux week-end entre les bras de son chaleureux mari, le portrait parfait.
Malheureusement, ces vacances de noce allaient bientôt tourner en meurtre prémédité. Ce soir, nous serons unis jusqu’à ce que la mort sépare et que la liberté et l’opulence me délivrent de cette affreuse pièce de théâtre romantique. Le plan était simple, ce soir, je tuerais l’unique héritier Lecomte. Pour l’occasion de nos 5 ans de mariage, j’avais ma petite surprise pour mon humble et pitoyable époux. J’avais fait appel aux plus grands des chefs renommés de la région! Ce soir, nous aurons un dîner des plus romantiques sur la blanche plage près des vagues au coucher du soleil. Sachant manipuler les cartes en ma faveur, j’avais donc corrompu les chefs pour le dîner. Et pour ce soir, le dîner serait délicieusement mortel.
Le crépuscule était signe que le dîner serait bientôt servi. Ils avaient d’abord commencé par une entrée: des concombres ricotta basilic et cocktail old fashioned. Tout se passait bien. Tout avait l’air d’un dîner romantique au bord de la plage entre deux mariés fêtant leur cinquennat de mariage. Je portais pour cette grande occasion une jolie robe de satin vert émeraude avec un collier en or 18 carats que mon cher mari m’avait offert pour mon anniversaire. Pour la première fois de ma vie, j’étais véritablement heureuse.
Le dîner venait d’être servi. Nous étions tous les deux face à face, mon pied droit entrelacé aux siens. Son regard transmettait une joie infinie. Le piège s’ouvre et Il ne se doute donc de rien. Le massacre culinaire allait commencer et j’adorais être maître du jeu. Le chef venait de nous servir, mon cheval de Troie empoissonné. J’ai le goût de la mort de Lecomte dans la bouche et j’en salive d’avance. Pour le plat principal, les chefs nous ont servi un Paella de fruits de mer et verre de vin Barolo Cannubi. Ma victoire, j’en mourrais d’avance. J’étais à deux doigts de gagner et à moi la liberté.
Le soleil se couche déjà et l’appétit ou cette soif d’en finir avec ce mariage plastique me ronge l’estomac. Je regarde donc mon mari pour la dernière fois de sa vie. Dans son regard je pouvais y voir mes yeux brillaient comme des étoiles célébrant une réussite proche. C’était le parfait moment pour lui sortir un je t’aime. Ces 3 mots, 7 lettres qui d’habitude ne signifiait que du vent pour moi, aujourd’hui avait pris sens. Pour la première fois, je me sens agréable avec lui. Mon cœur s’emballe et je sens des nœuds dans l’estomac, à croire que sur le coup, j’en tombais progressivement réellement amoureuse.
Il lève son verre pour porter un toast.
-A nous, a l’amour et à la vie.
Nous buvons un coup de façon synchronisés.
-Bon appétit, lui dis-je avec un sourire des plus chaleureux.
Il lui suffisait d’une bouchée et il se serait écroulé à terre agonisant. Le cheval de Troie de la soirée était son somptueux repas, il était empoisonné. Il prend la première bouchée de son repas empoisonné et je sautais de joie de l’intérieur!
« Jackpot! »
J’avais gagné. Pour fêter ma victoire, je reprends donc un verre de vin.
Je lâche le verre à vin. Le verre se brise au contact de la table et son contenu se verse çà et là.
-Et merde!
Il sourit.
« A ta soif » me nargue-t-il.
Je ris. Je ris à l’éclat car je ne l’avais pas vu venir.
Je commence donc à me sentir bizarre, ma peau me donne une impression de brûlure et je me sens de plus en plus somnolente ainsi qu’une migraine atroce. Je n’arrive presque plus à parler, mes lèvres étaient lourdes. Plus les secondes passent, plus ma vision semble se troubler, je le distingue à peine, tout a l’air de danser autour de moi mais je pouvais discerner son sourire narquois de dessiner de victorieux.
-Qu’est-ce que… le…ve…
C’était la coupe empoisonnée qui l’emportait contre mon cheval de Troie culinaire. Il venait de m’avoir. L’empoisonneur empoisonné.
Je m’effondre sur la table presque sans vie. Je respire à peine. J’ai du mal à bouger mon corps. Mes paupières s’alourdissent. C’est donc ainsi, de mon dernier souffle, que je tire ma révérence pour cette fin tragique de spectacle.
La Noce de bois,
Zoë Amara.