Mon ange descendu des enfers

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Summary

Dans un monde où les Anges sont les démons et où les Démons sont les anges, une guerre se dessine à l’horizon. Angélique, jeune Ange de 18 ans, voit son rêve se réaliser lorsqu’elle est admise à la garde royale des Anges. Elle a toujours souffert d’une différence physique problématique en raison de ses yeux et ses cheveux mais elle a toujours eu l’impression d’être plus puissante que tous les Anges et les Démons réunis. Dès la fin de son premier cycle d’entraînement, son roi l’a convoque pour lui annoncer qu’elle partira avec une patrouille sur le territoire des Démons. Désireuse de prouver sa loyauté, elle accepte directement. Mais les Démons étaient prévenus de cette attaque et ils attaquèrent les Anges qui ne les avaient pas vu venir. Angélique est la seule survivante et elle est ramenée chez les Démons où elle est faite prisonnière. Mais le roi Démon, d’abord horrible avec elle, finit par lui proposer un marché contre sa liberté. Elle accepte mais se jure de s’échapper dès qu’il aura le dos tourné pour retourner chez elle et prévenir les Anges. Seul souci : comment faire lorsque ce roi Démon est aussi mystérieux qu’il est séduisant ? Bientôt, une nouvelle dévastatrice vient bouleverser Angélique mais elle pourra compter sur des alliés qu’elle n’aurait jamais imaginé et sur le roi Démon lui-même.

Status
Ongoing
Chapters
5
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1 - Journée spéciale

Autour de moi, il n’y a que deux choses : des cadavres et du sang.

Nous, nous sommes les Anges. Normalement nous sommes les gentils, ceux qui protègent le paradis…

Mais pas ici.

Ici, nous sommes les monstres.

Et les Démons, eux, sont les gentils.

Difficile à croire, ok. Mais c’est la vérité. Je le sais aussi parce que dès que des humains arrivent au paradis, ils sont transformés en esclaves au lieu d’être transformé en « Anges de laboratoire ». À vrai dire, ce terme était encore utilisé il y a trente milliards d’années (ok les humains existaient pas. Mais c’est pas grave). Jusqu’à ce que le roi meurt sans héritier et que la nouvelle famille régnante instaure que toute créature dites « de laboratoire » soient transformées en esclaves.

En plus, nous n’avons pas le droit d’avoir des enfants quand on veut. Oui, oui. Quand une femme accouche, il faut que ce soit parmi les quatre dates où elles sont le droit. En fait, ça permet que les enfants naissent le même jours et que leurs ailes se déploient le même jour que les autres personnes de son « district » de classe.

Bon, je suis pas sensée savoir tout ça, mais avoir un père qui est bibliothécaire royale, ça a parfois du bon.

Et le pire, c’est que je suis la seule Ange à me dire que nous sommes les méchants. À l’école, on nous apprend à nous battre, au collège on nous apprend comment transformer les humains en esclaves et au lycée, on fait des études et on nous raconte des choses fausses sur les Démons, pour qu’on les déteste encore plus.

Mais moi, j’ai vu clair dans le système du roi. Je sais que son but c’est d’envahir l’Enfer et de tuer tous les Démons.

Et même si je sais que nous sommes les méchants, mon plus grand rêve c’est d’intégrer la garde royale de sa majesté, le roi Eryk IV des Anges.

Et même ici, dans les parcs publics, il y a toujours des combats. Même les gosses de 4ans n’ont plus peur quand ils voient des cadavres de Démons en décomposition.

Je serpente entre les corps et je me dirige vers chez moi.


Je me dépêche de brosser mes cheveux noirs trempés tout en sortant ma coloration blonde du placard. Je penche la tête en arrière et j’applique vite fait la coloration sur mes racines et ensuite sur mes longueurs. Comme je n’ai pas eu le temps d’acheter des gants, le produit me brûle les doigts mais je m’en fiche. J’ai déjà une dizaine de minutes de retard par rapport à d’habitude alors on s’en fiche si j’arrive avec avec des mains jaunes comme des bananes.

Après quarante minutes, je rince mes cheveux à présent aussi blond que du blé humain et j’enfile mon uniforme : une chemise bleu clair avec une jupe blanche courte, des basket blanches et une veste bleu marine avec le logo de l’Université Royale sur le côté droit.

Je sors mes lentilles bleu du tiroir et je les mets en vitesse. Je me brosse les dents, me brosse à nouveau les cheveux, mets du mascara, du rouge à lèvres, du fond de teint et descends les escaliers.

Mon père m’attend à la table du petit-déjeuner. Ma mère est certainement déjà partie au travail. C’est vrai qu’en tant que secrétaire personnelle du roi, elle se doit d’être à l’heure. En même temps, j’imagine bien qu’elle ne fait pas que lui indiquer ses rendez-vous… hum…

-Alors ma puce, tu es prête à voir les résultats ? Tu ne seras pas trop déçue si tu n’es pas prise à l’Ecole Impériale de la Cour d’Armement et d’Entraînement de la Garde Royale du roi ?

L’EICAEGR. Un nom imprononçable mais mon rêve. Et aujourd’hui, comme tous les Anges de mon « district » de classe, c’est mon 18ème anniversaire. Ça veut donc dire qu’aujourd’hui, mes ailes vont se déployer pour la première fois et selon mes compétences acquises au cours de ma vie, je serai dirigée vers une section de travail.

-Oui papa. Tu me promets qu’on mange pizza ce soir, si je suis prise dans la section garde royal ?!

-Oui ma puce, c’est promis. Et si tu es dans les trois premiers et que tu pars à ton école de rêve, je t’offre euh… un chien ?

-Maman est déjà partie au travail que tu oublie qu’elle est allergique aux poils de chien ?!

-Oh saperlipatate ! Je suis vraiment une quiche. Du coup ce soir ta mère doit acheter un gâteau pour ton anniversaire

-Ok, cool alors.

Je tire un tabouret et je m’assoie en rigolant avec mon père. J’attrape une tasse et je la remplie de lait chaud. Je bois tranquillement mon chocolat chaud tout en réfléchissant aux choix qui s’offrent à moi si je ne suis pas prise là où je veux aller. En vrai, je peux être prise dans les Droits et aussi dans l’Éducation. Mais si je deviens prof, je pense que je vais utiliser un enfant pour taper sur un autre… après, je dis ça, mais ça veut rien dire… Hum…

-Au fait ma chérie, tu vas être en retard.

Je relève la tête vers l’horloge de la cuisine pour voir qu’il est affiché huit heures moins cinq. Je recrache à moitié ma gorgée de chocolat chaud et je me lève, ce qui fait tomber mon tabouret.

Je fonce dans l’entrée et je prend mon sac de cours avant d’ouvrir la porte.

-Au revoir papa, à ce soir pour les résultats !

-À ce soir ma puce ! Profites…

Je claque la porte sans attendre la fin de sa phrase. Je dévale les marches du perron et je fonce à l’arrêt de bus, quatre maisons plus loin.

Lucy et Margot, mes deux meilleures amies, m’attendent déjà et elles foncent vers moi dès qu’elles me voient.

-Angy, Angy ! Dépêche ! J’ai trop hâte de voir les résultats !, me crie Lucy en me prenant dans ses bras.

Margot, elle, reste en retrait en éclatant de rire. Le bus arrive et Lucy me lâche en sautillant vers lui. Le bus s’arrête et les portes s’ouvrent. Lucy se précipite dedans et Margot la suis de près. Je monte à mon tour, salue Joe, le chauffeur habituel et m’assoit derrière les filles. Le brouhaha des autres personnes m’empêche de me concentrer sur la route. En même temps, c’est quand même un jour spécial pour nous tous.

Je les écoute d’une oreille et je regarde le paysage défiler derrière la vitre. Dans quelques heures, mon destin sera fixé. Si j’intègre la garde royale, je serai super contente mais si je vais ailleurs, bah… je serai déçue, ok, mais c’est comme ça.

Je me demande si les Démons ont le même système . Mais à quoi je pense, moi ?! Les Démons, c’est nos ENNEMIS !

-Hé Angy, tu voulais faire quoi déjà comme boulot ?

-Oh euh… Garde roy…

-Ah oui c’est vrai !

Ce qui est génial – non c’est chiant, mais chut – avec Lucy, c’est qu’elle nous laisse jamais finir nos phrases. En soi c’est drôle, mais parfois c’est vraiment relou.

Le bus s’arrête dans un crissement de pneu mal graissés et nous descendons tous. Tout le monde se bouscule et je finis écrasée contre la porte du bus. Je réussi par miracle à sortir du bus et je rejoins les filles.

Nous fonçons dans notre salle de classe et le professeur arrive, un grand sourire éclairant son visage.

-Mes chers élèves. Comme vous le savez sans doute, aujourd’hui est un grand jour. Non seulement vous allez savoir où vous allez être orienté mais en plus de cela, vos ailes vont se déployer pour la première fois de votre vie. N’oubliez pas, lorsque vous pas ailes vont se déployer, votre magie se libérera. Toutefois, comme vous le savez, vous apprendrez à l’utiliser dès que vous aurez rejoins l’endroit où se passera l’apprentissage de votre futur métier. Cette année, vous commencerez par reployer vos ailes avant de regarder où vous serez envoyés.

Des murmures de désapprobation s’élève dans la classe et tout le monde se met à huer contre le professeur. Il se contente de lever les mains pour qu’on se taise.

-Écoutez, s’il vous plaît. Nous allons donc sortir dans la cour et vous allez déployer vos ailes. Alors taisez-vous et suivez moi.

Il se lève et nous ouvre la porte. Nous nous jetons sur elle et nous fonçons dans le couloir. Les autres classes nous regardent sortir avec des yeux remplis de désir. En même temps, nous sommes la première classe à avoir nos ailes.

Bientôt, nous arrivons à la fin du couloir et nous fonçons dans la cour. Lucy fait de grands gestes à Margot et celle-ci rigole toutes les deux minutes.

Quatre professeurs nous attendent dans la cour. La cour est un grand terrain avec au bout, une falaise qui descend avec une cascade, à la salle des profs (c’est un petit château, en gros).

Mais aujourd’hui, des espèces de cabines sont installées en quatre groupes, tout autour de la cour.

Le premier professeur, M. Betrave, un gros prof qui à l’air d’exploser toutes les cinq minutes, s’approche de nous.

-Chers élèves, aujourd’hui vous allez être divisés en quatre groupes et vos ailes vont se déployer pour la première fois de votre vie. Pour éviter toute guerre avec vos parents, nous avons installés des vestiaires où vous revêtirez un t-shirt permettant de déployer vos ailes sans abîmer vos vêtements. Allez-y.

Lucy m’attrape moi et Margot par le bras et nous entraîne jusqu’à des cabines.

-Allez ! Plus vite !, nous ordonne-t-elle en rigolant à moitié.

Elle me pousse dans une cabine et tire le rideau. Dans la cabine, il y a un porte manteaux un petit banc et sur celui-ci, un t-shirt bien plié. Je le déplie et l’inspecte. Il est d’une très belle couleur bleu pâle et il y a deux grands trous dans le dos du t-shirt. J’e lève mon t-shirt et je revêtis le t-shirt spécial.

Au même moment, Lucy ouvre en grand ma cabine et me tire à l’extérieur. Elle porte un t-shirt comme le mien sauf qu’il est d’une couleur violette.

-Allez Angy, t’es vraiment trop lente !

-Oh toi arrête ! T’es relou là ! Imagine si j’étais en soutif !

-Ouais bah t’étais pas en soutif !

Je fais semblant de lui faire la tête et elle éclate de rire. Margot nous rejoint avec un t-shirt vert et elle lève les yeux au ciel.

Mme. Carpecahouète nous fait signe et nous sépare en quatre groupes. Les rouges, les verts, les bleus et les violets. Dommage, je suis pas avec les filles mais au moins, je suis dans le groupe de madame Poiro, la plus gentille de touts les profs.

Elle affiche un grand sourire et nous fait signe de la suivre jusqu’à un petit coin isolé de la falaise.

-Mes élèves, pour que vos ailes se déploient, il faut que vous soyez confrontés à une situation où elles seront obligées de sortir. Depuis votre naissance, on vous a strictement interdit de vous approcher des falaises ou des endroits où vous pourriez tomber. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, vous allez oublier tout ce qu’on vous a dit et vous allez sauter de la falaise. C’est compris ?

Nous disons tous un « oui madame » tout en sautillant à moitié sur place. Mme. Poiro se décale et nous montre la falaise du doigt.

Elle nous crie quelque chose mais personne ne l’écoute. En même temps, aujourd’hui est sans doute le jour le plus important de notre vie.

Je m’arrête au bord de la falaise. Le vent fouette mes cheveux et j’appréhende un peu ce moment. Deux élèves ont déjà sautés et ils « volent » à un mètre du sol. Un autre a les ailes déployées mais il est trempé et dans la cascade. Le plus horrible, c’est le sang qui tache leurs t-shirt et leurs ailes. Je sais qu’on nous a déjà expliqué que les ailes sortaient de la peau et qu’elles faisaient à part entière partie de nous, j’ai toujours peur de ressentir la douleur. Mais bon, il faut bien que je souffre un peu si je veux devenir garde royal.

Bientôt, je suis la seule à être toujours au bord de la falaise. Je souffle un bon coup, ferme les yeux et m’approche de plus en plus du bord. Je me laisse tomber dans le vide.

Le vent fouette mes cheveux pendant que je prends de plus en plus de vitesse en tombant. J’ouvre les yeux pour voir que je me rapproche dangereusement du sol. Mais une étrange douleur dans mon dos me fait de plus en plus mal. Je commence à avoir mal à la tête.

J’ai l’impression que mon dos se déchire en deux à deux endroits. Et j’ai l’impression de sentir mes veines se déchirer et des os apparaître de nulle part.

Je ne suis plus qu’à huit mètres du sol. Sept. Six. Cinq. Quatre. Trois. Deux…

Mon dos se déchire entièrement et j’écarquille les yeux en me stoppant à un mètre du sol.