Ch1: La rencontre.
C’était un beau mois de mai, Fanny organisait enfin son enterrement de vie de jeune fille. J’avais tellement hâte de me retrouver avec les copines, une soirée entre filles, ça faisait si longtemps.
Pour commencer, début de soirée chez Fanny avec alcool, déguisement pour la future mariée, et quelques anecdotes salaces sur nos ex.
Bref tout ce qu’il faut pour passer une bonne soirée entre super copines.
Après quelques verres bien tassés, deux Mojitos et un soda pour ma part (oui le soda, c’est pour éliminer un peu l’alcool).
La future mariée avait une bonne descente, et les filles se faisaient plus timides sans doute pour avoir un œil sur cette dernière.
Pour ma part vu qu’elle était entre de bonnes mains j’en ai profité pour améliorer mon lever de coude.
Un peu plus tard dans la soirée nous sommes parties en quête de notre lieu de détente pour la suite de la soirée.
Arrivée devant le Queens Mama, notre excitation était à son comble, mais tout cela redescendu très vite quand le videur nous fit signe que la boite de nuit était à son max. Quelle déception, et quelle envie de faire pipi, que pouvions-nous bien faire !
Je glissais cette information sur ma vessie dans l’oreille de ma voisine qui, avec deux ou trois verres dans le nez s’empressa de le relayer à haute voix :
-«Grave moi aussi, j’ai envie de pisser.
-Fanny ! Chute, moins fort !»
Et oui ! on a en moyenne 24 ans, mais ça parle toujours comme des ados bourrées.
Après cette déclaration, un flot de grimaces pouvait se lire sur le visage de mes camarades indiquant qu’une envie pressante se faisait sentir pour chacune de nous.
Il fut voté par l’assemblée à l’unanimité que le petit resto-bar à l’angle de la rue serait très honorable pour continuer notre soirée. Je dirais même plus que parfait pour soulager nos vessies douloureuses après l’absorption de tant de liquide.
Une fois le pas de la porte passé nous nous asseyons au fond du bar dans un petit recoin à l’abri des regards. Car au vu de notre état, il était plus raisonnable de rester à l’écart du reste des clients pour plus de tranquillité.
A la table à coté de nous, se trouvait un petit groupe de gens, mais je n’y prêtais pas plus attention que ça, mon envie devenant de plus en plus pressante.
Afin d’accéder aux toilettes, nous commandons quatre cocktails bien costauds.
Eh oui ! Quand on aime on ne compte pas !
Une fois la commande passée, je me précipitai pour me soulager quand j’entendis :
-«Première pour les toilettes, future mariée en priorité.
-Deuxième, témoin de la mariée.
-Troisième, car je l’ai dit en troisième.»
Je n’en revenais pas, c’était mon idée et j’avais très envie moi, et je l’avais dit en premier, je tentai de défendre ma cause :
-«Non les filles vous abusez, j’ai méga envie de faire P-I-P-I. Fanny, je te jure que tu te grouilles où le jour de ton mariage je viens déguisée en poussin coquin pour te coller la honte de ta vie.»
Le tout sur un ton très menaçant pour plus de crédibilité.
-«C’est plus toi qui vas te prendre la honte de ta vie.
- Oui ce n’est pas faux, mais grouille quand même.»
Fanny laissa éclater un rire qui fut communicatif, car à la table à côté de nous, j’entendis un rire étouffé.
Mon regard se posa sur l’auteur de ce rire. C’était un jeune homme assis avec trois autres hommes qui se mit à me fixer avec un sourire en coin charmeur.
Ce jeune homme était troublant, non de par sa beauté, mais son look, chemise à carreaux en mode bûcheron, ses manches relevées qui laissaient entrevoir une nuée de tatouages qui parcouraient ses avant-bras.
Le plus intrigant était un gigantesque tatouage qui trônait sur sa glotte et cela faisait penser à un ange.
Bref pas du tout mon type d’homme !!
Je dirais même quelle horreur autant de tatouages sur si peu de peau, que c’était de mauvais goût, et cette chemise, quel ringard !
Enfin ce fut mon tour, il était grand temps !!
En me dirigeant vers les toilettes, j’entendis :
-«À tout de suite mon poussin.»
Cela venait de la table des garçons, quel culot !!
Je me mis à piquer un fard en me dirigeant vers les petits coins.
J’entendis alors fanny qui se mit à glousser comme une dinde.
Je la fusillai du regard, ce qui la fit rire de plus belle.
Une fois de retour à la table et de nouveau prête, je m’empressais d’engloutir mon cocktail.
En buvant la première gorgée, je me mis à tout recracher en hurlant avec une grimace de dégoût sur le visage:
-«Ha, mais c’est salé. »
Julie et les autres éclatèrent de rire en me montrant la salière vide.
J’ai oublié de vous préciser les filles et moi, on s’adore, mais on ne peut pas s’empêcher de se taquiner, mais toujours gentiment.
Je me saisis en urgence du verre de ma voisine pour passer le gout infâme du sel.
-«Tu as si soif que ça Virginie !! » dit Manon.
Gloussement de dinde générale.
Une fois le goût passé, je m’exclamai :
-«Tu vas prendre chère Fanny à ton mariage.
-Mais ce n’est pas moi, c’est Juju !
-Juju… tu vas me le payer !! » Lui dis-je, avec un regard noir qui en disait long.
Dans le bar ce soir-là, il y a eu de l’ambiance grâce à nous quatre. Cela faisait penser plus à un endroit posé que festif. À bien y regarder avec son bar en bois massif et les vieux portraits de célébrités aux murs, j’aurais même dit un musé-bar. Je ne vous parlerais même pas de l’état du plafond avec ces toiles d’araignées en guise de déco.
Même la table des tatoués passait plus de temps à nous regarder et rire en nous voyant que de discuter entre eux.
La deuxième tournée arriva et en regardant le serveur pour le remercier, je m’aperçus que l’homme à la chemise à carreaux m’observait avec un sourire en coin toujours aussi charmeur.
Je ne saurais dire si c’était l’alcool qui me le rendit plus charmant, mais je lui rendis volontiers son sourire, puis retournais à la discussion avec mes amies.
On arrivait au moment de la soirée où on commence toujours à raconter les fameux « dossiers » de chacune, et bien sûr se fut mon tour. Sachez que les dossiers, j’en ai pas mal pour ma part ! A moi seul, je pourrais écrire un livre.
Cela commença par Julie qui raconta volontiers la première anecdote sur moi :
-«Tu te rappelles Virginie quand en 6ème tu as baissé le pantalon de ce pauvre Eric devant toute la classe !»
Un rire général se fit entendre même à la table voisine.
J’étais un peu gênée de déballer ma vie devant un parfait inconnu, qui de plus, riait à tout ça.
Je me tournai vers le jeune homme qui à présent se trouvait seul à sa table, comme s’il m’était poussé des ailes, je me justifiai et lui dit :
-«Non, non sorti de son contexte ça peut paraitre cruel, mais j’avais une très bonne raison.»
Il laissa entrevoir ses dents qui rendaient son sourire encore plus craquant et lâcha très sérieusement :
-«Quelle rebelle.»
Fanny survoltée après sa boisson se leva et cria en direction de l’homme :
-«Tu parles !! Il n’arrêtait pas de lui dire, veux-tu voir mon petit oiseau. Elle le prit au mot en lui baissant son pantalon et se mit à crier tout fort dans la salle de classe «montre ton petit oiseau.»
Rire général et couleur pivoine pour moi.
Manon excitée, qui comme pour réenchérir de plus belle rajouta :
-«Et le voyage en Grèce, quand le mec lui a demandé son numéro et qu’elle lui a dit OK, tu notes 06.07.08.09.10 et le mec lui a dit sérieux c’est ton numéro de téléphone, elle l’a regardé et lui a dit non et puis est partie.
-Moi, moi », cria Fanny.
-«Vous vous souvenez la fois où elle avait chaud à 4h du mat en Espagne et qu’elle a piqué une tête dans la piscine de l’hôtel ?
Mais il n’y avait même pas 1 mètre de profondeur, elle s’est éclatée la tête dans le fond de la piscine. Et le pire c’est qu’elle s’est couchée comme ça après avec une bosse énorme.»
De nouveau un rire général, et un rire plus présent pour notre nouvel ami.
Je pris une bonne gorgée et m’adressa directement à ce dernier :
-«Quand j’appuie là ça me fait encore mal des fois.»
Il se frotta les lèvres et ria à nouveau de bon cœur.
De toutes mes copines, je suis la seule qui est célibataire, rassurez-vous ce n’est pas par choix c’est plutôt un choix imposé.
En temps normal je suis plutôt timide, mais avec mes copines, je le suis beaucoup moins.
Voyant que notre interlocuteur riait beaucoup de nos bêtises, Fanny s’adressa à lui :
-«Bah! Tu es tout seul, viens on va se serrer. »
Elle se tourna vers moi et me fit un gros clin d’œil, je me mis à secouer la tête d’un non énergique.
Il posa sa main sur sa poitrine, inclina légèrement la tête et dit :
-«Je suis très flatté mesdames, mais c’est votre soirée et puis j’ai une meilleure vue de là.»
Il se mit à me fixer en faisant son petit sourire pincé accompagné d’un clin d’œil.
Fanny qui avait capté le petit jeu de ce dernier, se mit à dire à haute voix :
-«Au fait Virginie toujours célibataire ?
-…………. »
Je fis des grands signes à cette dernière pour lui signifier que je n’étais pas intéressée.
Elle se pencha vers moi et me chuchota dans le creux de l’oreille :
-«Il est pas mal, ça te changera de ces coincés que tu as d’habitude.»
Et encore, je vous ai censuré les gros mots qui accompagnaient le reste de sa phrase.
Je m’empresse de lui répondre :
-«Non merci, ce n’est pas mon type
-On ne te demande pas si c’est ton type, c’est juste pour s’amuser.
-C’est pareil.»
Julie regarda son téléphone et lâcha :
-«Bon bah, les girls c’est l’heure pour moi.»
À mon grand regret, le reste du troupeau suivit alors que l’on commençait tout juste à s’amuser.
La future mariée qui avait toujours son idée derrière la tête, se leva puis se tourna vers le jeune homme et lui dit :
-«Bon on vous laisse le numéro de la demoiselle ?»
En entendant cette bombe, je partis dare-dare sans demander mon reste en direction de la sortie.
Julie et Manon me suivirent, quant à la traitresse, elle finit par s’assoir à la table de l’homme quelques instants se leva, le salua de la main et finit par nous rejoindre sur le trottoir et nous dit :
-«Les filles merci pour cette soirée c’était génial.
-Et ?» Dis-je.
-«J’ai hâte d’être au mariage ça va être merveilleux.
-Et ?» Dis-je de nouveau.
-«On devrait se faire ça plus souvent.
-Et ?» Dis-je encore.
-«Je t’aime ma poule.
-Non, mais tu te moques de moi tu as filé mon numéro à ce zozo ?
-Absolument pas ! Sans que tu sois d’accord, jamais de la vie ! De toute façon, tu n’es pas son genre de nana.
-ah bon ! C’est quoi son genre de nana ?
-Tu veux que j’y retourne ?
-Non surtout pas ! C’est juste qu’il me fixait pas mal du regard et du coup je suis un peu surprise.
-Ho ! Tu es déçue ?
-Déçue, moi ? Ça ne va pas ! Je suis sûre que son style c’est, une mini-jupe, talons et deux neurones.»
Les filles se mirent à rire, est une embrassade générale s’organisa Manon et Julie partirent de leur côté et Fanny et moi de l’autre.