5 - HORS TENSION

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Summary

Deux ans d’un amour passionné, évident, inébranlable. Deux ans à bâtir des rêves communs, à planifier un avenir à New York, à se promettre l’éternité. Jusqu’au jour où Ava a tout détruit. Sans explication, elle l’a quitté. Froide. Cruelle. Brisant Liam d’une façon dont personne ne se remet totalement. Lui, le futur prodige de la NBA, le garçon qui ne vivait que pour elle, s’est retrouvé seul, sans réponse, sans repère. Depuis, il a tout réussi. Sa carrière décolle, son nom est sur toutes les lèvres, son talent est indiscutable. Mais à l’intérieur, il n’est plus que cendres. Depuis Ava, il n’aime plus. Il collectionne les nuits sans lendemain, évite tout ce qui ressemble de près ou de loin à un attachement. Parce qu’aimer, c’est souffrir. Et il a déjà trop souffert. Puis elle revient. Journaliste sportive, assignée aux Knicks, son visage réapparaît sur son écran, dans les couloirs des stades, dans sa vie. Et d’un seul regard, toutes les plaies se rouvrent. Liam pensait l’avoir effacée. Mais Ava n’a jamais disparu. Pourquoi est-elle partie ? Pourquoi revient-elle maintenant ? Liam veut des réponses. Il veut la haïr. Mais plus il la croise, plus il se rend compte d’une chose terrifiante. Ava a menti ce jour-là. Et si elle l’avait quitté pour le protéger ? Et si derrière sa trahison, se cachait un secret capable de tout bouleverser ?

Genre
Romance/Other
Author
LUPIC
Status
Complete
Chapters
59
Rating
4.7 3 reviews
Age Rating
18+

Chapitre 1 - AVA

Si on devait illustrer le couple parfait, ce serait nous.

Moi, Ava Sinclair, vingt ans, capitaine des pom-pom girls de l’université de Columbia. Grande, blonde, les yeux bleus comme un ciel d’été, un sourire éternellement accroché à mes lèvres, et une énergie débordante qui me faisait vibrer à chaque instant.

Lui, Liam Chase, la star incontestée de l’équipe de basket des Raptors, beau comme un dieu sculpté par les mains d’un artiste, charismatique, avec ce regard qui pouvait faire chavirer n’importe quel cœur. Promis à une carrière fulgurante chez les Knicks de New York, il était l'incarnation même du rêve américain.

Le stéréotype absolu, n’est-ce pas ?

Et pourtant, ce cliché s’arrêtait là, à cette image que nous renvoyions au monde. Parce que derrière nos rôles de couple en vitrine, il y avait une histoire bien plus sincère, plus complexe, plus vibrante.

Liam n’était pas qu’un simple capitaine populaire, il était mon roc, mon phare dans la tempête, celui qui illuminait mes journées sombres. Un mec en or, attentionné, drôle, tendre… même si, comme tout homme, il avait cette fâcheuse tendance à passer un peu trop de temps sur ses jeux vidéo et ses soirées entre potes. Mais il était parfait pour moi, un fou rire partagé et une douceur réconfortante.

Et ma vie, elle était elle aussi parfaite.

J’avais toujours su que je voulais être avec lui. Dès le premier instant où je l’avais vu sur ce terrain, il y a deux ans, une étincelle s’était allumée en moi. C’était comme une révélation, une évidence criante que je ne pouvais ignorer. Mon avenir était lié au sien.

L’université de Columbia, c’était mon rêve depuis toujours, et j’y étais enfin, avec mes amies géniales, mes études de journalisme sportif qui me passionnaient au plus haut point, et un petit ami prêt à conquérir la NBA…

Que demander de plus ?

L’avenir ? Il était déjà tracé.

Après l’université, je partirai avec Liam à New York. J’abandonnerai la maison familiale, mes repères, mon cocon. Peu importe. Je suis prête à tout.

Parce que ma vie, je la veux avec Liam.

C’était une certitude.

Une évidence.

...

Aujourd’hui était une belle journée, une journée où le monde semblait baigner dans une lumière éclatante. Le genre de journée où tout prend une teinte dorée, où chaque sourire résonne comme une promesse d’avenir radieux.

J’avais passé l’après-midi à la plage avec ma cousine Emma, le sable collé à ma peau, le goût salé des vagues sur mes lèvres. Nous avions ri aux éclats, partagé des secrets, créé des souvenirs légers comme des bulles de savon, flottant dans l’air chaud. Si j’avais su que cette légèreté serait bientôt balayée…

Nous arrivâmes chez moi, et immédiatement, quelque chose sembla différent, quelque chose dans l’air, dans l’ambiance.

D’habitude, en rentrant, nous étions accueillies par Gary et Ben, les deux gorilles qui surveillaient notre maison depuis toujours. Bien plus que de simples gardes du corps, ils étaient devenus des membres de la famille, des figures rassurantes dans notre quotidien.

Mais aujourd’hui…

Aujourd’hui, leurs visages étaient tendus, leurs sourires absents.

Je frissonnai, un frisson glacé me parcourut l’échine à la vue de leurs mâchoires crispées, de leurs regards fuyants, comme s’ils portaient un poids que je ne pouvais comprendre.

Je poussai la porte et appelai :

— Maman ? Papa ?

Aucune réponse.

Mon cœur rata un battement, un écho de crainte résonnant dans ma poitrine.

Je pénétrai plus loin dans la maison, Emma sur mes talons, ma tête tourbillonnant sous le poids d’une angoisse inexplicable. L’atmosphère était étrange, presque oppressante, comme si une ombre avait envahi notre refuge.

Puis je la vis.

Ma mère.

Assise sur le canapé du salon, les épaules secouées par des sanglots étouffés, le visage dissimulé entre ses mains tremblantes.

Mon estomac se tordit. Ma mère ne pleurait jamais. C’était une femme forte, une guerrière, celle qui nous avait toujours protégés.

J’accourus, paniquée, le sol semblant vaciller sous mes pieds.

— Maman ? Qu’est-ce qui se passe ?

Elle releva les yeux vers moi. Son regard, habituellement pétillant d’amour, était désormais vide, brisé, comme une vitre fissurée.

— C’est ton père… murmura-t-elle d’une voix tremblante, comme si chaque mot lui coûtait une souffrance incommensurable.

Un silence pesant s’installa.

Mon cœur s’emballa, frappant contre ma poitrine comme un oiseau prisonnier.

— Quoi, mon père ?

Elle inspira profondément, ses mains tremblantes cherchant refuge dans les miennes, comme pour me transmettre un peu de réconfort au milieu de la tempête.

Puis, d’une voix brisée, elle lâcha :

— Il est mort, ma chérie.

Le monde s’arrêta de tourner.

— … Quoi ?

J’avais murmuré, mais ma voix était étranglée, empreinte d’un irréalisme glaçant.

— Comment ça, il est mort ?! m’écriai je, ma voix résonnant dans le silence de la maison, désespérément. Elle ferma les yeux, une larme solitaire glissant le long de sa joue.

— Ils l’ont tué…

Mon souffle se coupa, comme si un froid glacial s’abattait sur moi, gelant chaque muscle, chaque nerf.

— Qui l’a tué, maman ?!

Elle ne répondit pas immédiatement. Son regard se perdit dans le vide, et elle m’attrapa les mains avant de me faire asseoir près d’elle, me plongeant dans un océan de confusion.

— Ma chérie… Il est temps que je te révèle la vérité sur notre famille.

Mon sang se glaça dans mes veines.

— Quelle vérité ?

Elle inspira profondément, comme si chaque mot à venir était un fardeau insupportable.

— Nous ne sommes pas une famille ordinaire.

Mon cœur battait à tout rompre, une mélodie de peur et d’inquiétude.

— Qu’est-ce que tu racontes ?

Ses doigts se crispèrent sur les miens, me plongeant dans un tourbillon d’angoisse.

— Ton père n’était pas un homme d’affaires comme tu l’as toujours cru.

Ma gorge se serra, un poids inattendu s’y installant.

— Alors il faisait quoi ?

Son regard me transperça comme une flèche, révélant une vérité que je n’étais pas prête à affronter.

— Nous sommes une famille mafieuse, Ava.

Un silence assourdissant tomba dans la pièce, chaque mot résonnant dans mon esprit comme un coup de tonnerre.

J’étais incapable de respirer.

Mafieuse.

Ce mot tournait en boucle dans ma tête, mais je refusais d’en comprendre les implications.

— Non… Non, ce n’est pas possible…

Elle hocha la tête, ses larmes coulant comme des rivières de désespoir le long de ses joues.

— Les affaires de ton père étaient dangereuses, ma chérie. Et s’il est mort, c’est parce qu’il a refusé d’honorer une promesse…

Je fronçai les sourcils, un mélange d’incrédulité et de colère montant en moi.

— Quelle promesse ?!

Son visage se décomposa, la douleur se peignant sur ses traits.

— Une promesse qu’il a faite à ta naissance…

Le malaise qui s’était insinué en moi se mua en une peur viscérale, une terreur sourde qui me saisissait.

— Maman, parle !

Elle inspira un grand coup, ferma les yeux… et lâcha la bombe, chaque mot résonnant comme un coup de feu.

— Nous avons promis ta main à Ethan Torneti, le fils de la famille Torneti.

Le sol se déroba sous mes pieds, comme si la terre elle-même me rejetait.

— QUOI ?!

Elle hocha doucement la tête, incapable de me regarder en face, se cachant derrière le poids de ses regrets.

— Tu dois l’épouser, Ava… Sinon, ils nous tueront tous.

Un rire nerveux, incontrôlable, m’échappa, une réaction instinctive à l’absurde.

C’était une blague, n’est-ce pas ?

Une putain de blague.

— Mais je ne peux pas ! Je ne l’aime pas ! J’aime Liam !

Ma mère hoqueta de douleur, un cri silencieux échappé de ses lèvres tremblantes.

— Je sais, ma chérie… Mais si tu ne le fais pas, ils feront du mal à Liam. À Emma. À tous ceux qu’on aime.

Un voile rouge passa devant mes yeux, la rage et la frayeur s’entremêlant dans un tourbillon dévastateur.

— Pourquoi ?! hurlai-je, enragée, mon cœur battant à tout rompre.

Elle secoua la tête, pleurant de plus belle, son visage se tordant sous le poids de l’impuissance.

— Je suis tellement désolée…

Et moi ?

Moi, je n’avais plus d’air.

Ma vie venait d’exploser en mille morceaux, chaque fragment me renvoyant à la réalité cruelle qui s’était abattue sur moi.

Je suis là, debout devant le miroir de ma chambre, une boule dans l’estomac. Mon reflet me renvoie une image que je ne reconnais pas. La fille qui se tient là, avec ses cheveux blonds soigneusement coiffés et son maquillage impeccable, a l’air confiante, mais à l’intérieur, c’est tout le contraire. Une tempête de pensées m’assaille, mêlant peur et détermination.

Je prends une profonde inspiration, le cœur battant à tout rompre. Ce moment, je le sais, va changer ma vie. Liam mérite de savoir pourquoi je dois le lâcher, pourquoi je ne peux plus continuer à vivre dans l’illusion d’un bonheur parfait. Mais chaque fois que j’imagine les mots sortir de ma bouche, un frisson s’empare de moi. Comment dire à celui qui a été mon étoile, celui qui m’a fait rire et rêver, que je ne l’aime plus ?

La vérité est bien plus complexe. Je l’aime plus que tout. Chaque sourire, chaque regard échangé, chaque rire partagé est gravé dans mon cœur. Mais je sais qu’il ne peut pas être en sécurité avec moi. Les ombres de ma famille, les promesses que mon père a faites, le pacte avec la famille Torneti pèsent sur mes épaules. Mon père est mort, mais son héritage de secrets et de dettes continue de me hanter. J’ai été promise à Ethan Torneti dès ma naissance, et je sais que si je ne respecte pas cette promesse, je mettrai en danger ceux que j’aime, y compris Liam.

Je me concentre sur ma respiration, cherchant à calmer cette angoisse qui m’étreint. Les jours passés à la plage, nos rires mêlés à la brise marine, les promesses que nous nous étions faites me semblent lointains. Je dois les oublier pour le bien de Liam. Je veux qu’il ait la chance de vivre sa vie, d’atteindre ses rêves, sans le poids de ma réalité.

Mon téléphone vibre sur le bureau, et je vois son nom s’afficher.Liam. Mon cœur s’emballe, mais je sais que je ne peux pas le laisser entrer dans ce qu’il ne comprend pas. Je ferme les yeux un instant, m’imaginant dans ses bras, perdue dans son étreinte. Ça me fait mal, mais je sais que je dois le faire. Je dois le protéger de moi-même, de ce que je représente.

Les larmes menacent de couler, mais je les retiens. Je ne peux pas me laisser aller maintenant. Je veux être forte. Je veux qu’il comprenne que cette décision n’est pas une trahison, mais un acte d’amour envers nous deux. Il mérite quelqu’un qui sera à ses côtés sans réserve, sans peur de devenir une autre personne.

Je me regarde une dernière fois dans le miroir.Tu peux le faire, Ava.Tu dois le faire. Mais je ne peux m’empêcher de ressentir un immense vide à l’idée de lui dire adieu. Je prends mon téléphone, les doigts tremblants, et commence à taper :

« Il faut qu’on parle. Retrouve-moi au parc. »

Chaque lettre est une douleur, chaque mot un coup de poignard. Je sais que je dois lui dire la vérité, mais je crains la façon dont il va réagir. Je le fais pour lui, pour sa sécurité, mais cela me brise le cœur de l’écrire.

Je me redresse, et avec un dernier regard vers le miroir, je décide de sortir. Le parc est tout proche, et avec lui, la promesse d’une conversation difficile mais nécessaire. C’est un sacrifice que je fais, un acte d’amour que je rends tangible, même si cela me détruit.

Mon cœur se serre à l’idée de ce qui va suivre, mais je suis déterminée. Parce que parfois, aimer, c’est aussi laisser partir, même quand cela vous déchire.