Brisée pour renaître

All Rights Reserved ©

Summary

💌 Petite annonce avant de lire Après de longs mois d'écriture, cette histoire a trouvé une nouvelle vie : elle est désormais éditée et disponible sur Amazon ! Merci du fond du cœur à tous ceux qui ont suivi mon aventure ici. C'est grâce à vos lectures et vos mots que j'ai eu le courage d'aller jusqu'au bout 💕 Le texte complet n'est plus disponible ici, mais tu peux retrouver l'intégralité du roman ici : https://amzn.eu/d/5WidXkU ____________________________________________________ Quand Alba décroche un emploi dans un coffee shop niché au cœur de la Toscane, elle est loin d'imaginer qu'elle vient de mettre les pieds dans l'antre d'une des familles mafieuses les plus redoutées d'Italie. Fuir les dettes, offrir un peu d'air à sa famille : c'est tout ce qu'elle veut. Jusqu'à ce que le regard de Giordano Mancini se pose sur elle. Froid, charismatique, dangereux, Giordano ne vit que pour le pouvoir et le silence de ses nuits sans lendemain. Il pense ne rien vouloir d'autre. Mais Alba réveille en lui un désir qu'il croyait maîtriser. Une obsession. Un besoin viscéral. Elle, qui n'a jamais vraiment cru mériter qu'on la regarde. Lui, qui n'a jamais appris à aimer sans dominer. Entre eux, un lien brut, déroutant. Une attirance qui bouleverse les règles, les cœurs et les certitudes. Mais dans l'ombre, les secrets rôdent. Et l'amour fait d'elle son égale. Attention!!!!! Présence de scènes pouvant choquer les plus sensibles. 𝐃𝐚𝐫𝐤 𝐫𝐨𝐦𝐚𝐧𝐜𝐞, 𝐚̂𝐦𝐞 𝐬𝐞𝐧𝐬𝐢𝐬𝐛𝐥𝐞 : 𝐬'𝐚𝐛𝐬𝐭𝐞𝐧𝐢𝐫

Genre
Romance
Author
Ambre
Status
Complete
Chapters
66
Rating
5.0 8 reviews
Age Rating
18+

Chapitre 1

Quand Alba avait quitté Reggio, elle s’était promis de ne pas regarder en arrière. Mais à chaque pas dans cette station balnéaire, c’était comme si l’ombre des dettes de son père la suivait, invisible mais inéluctable.

Le vent marin fouettait son visage, mais ce n’était pas ce qui faisait trembler Alba. Marina di Grosseto avait tout d’une petite station balnéaire paisible, mais à ses yeux, la ville avait quelque chose de sournois, comme si chaque ruelle étroite dissimulait des secrets qu’elle n’était pas prête à découvrir.

Elle ajusta la lanière en cuir de son sac, tentant d’ignorer cette impression d’être observée. Depuis son arrivée, une étrange sensation d’oppression ne la quittait pas. Rien de visible, rien de tangible, juste cette tension dans l’air, ce frisson qui glissait le long de sa colonne vertébrale chaque fois qu’elle passait devant un inconnu.

Elle aurait préféré être chez elle, à Reggio, malgré tout. Malgré les dettes, malgré la honte, malgré les hommes aux mains baladeuses qui avaient transformé les hôtels de son père en repaires de danger. Mais la décision avait été prise, et pour sa famille, elle avait dû fuir.

Fuir une maison devenue prison. Fuir la ruine que Maurizio, son père, avait attirée sur eux avec ses mauvais choix.

Elle avait promis à sa mère et à son petit frère Gino, qu’elle reviendrait vite. Elle n’était pas naïve et savait très bien qu’un simple petit boulot dans un bar ou un hôtel ne suffirait jamais à effacer tout ce que la mafia calabraise leur réclamait. Mais elle n’avait pas d’autre choix. Pas de diplômes suffisamment intéressants et sa seule expérience professionnelle était les petits jobs dans les hôtels de son père pour se faire de l’argent de poche.

À 27 ans, elle était étudiante en psychologie et elle avait dû tout laisser tomber pour sa famille.

Pas d’amis pour l’aider. Juste ses bras, sa volonté, et ce foutu caractère qui l’avait sauvée tant de fois.

Elle longeait la mer et se délectait du soleil de juillet sur sa peau. Alba aimait la chaleur de l’été et les baignades tardives, même si elle n’était pas toujours très à l’aise avec son corps.

Consciente qu’elle ne rentrait pas dans les standards de la mode et du culte du corps parfait.

Elle avait longtemps essayé de faire des régimes et du sport.

Avec pour seul résultat quelques kilos de perdus, mais toujours des rondeurs bien trop présentes d’après les critiques qu’elle avait eues quand elle était encore au lycée.

En observant les façades des magasins en bord de mer, elle analysa d’un peu plus près un genre de coffee shop qui proposait des viennoiseries avec une jolie terrasse qui donnait très envie de s’installer et de déguster un cappuccino accompagné d’une belle part de castagnaccio, un gâteau typiquement de la région Toscane. Alba était une gourmande des pâtisseries traditionnelles.

Petite, sa mère lui servait toujours la plus grosse part de sa pitta, et son père rétorquait toujours d’un ton pas très gentil :

— Ne t’étonne pas si elle est aussi ronde, avec les parts que tu lui sers. Mange plutôt une pomme Alba, ça ne te fera pas de mal.

— Ne l’écoute pas, ma fille, vous êtes les plus belles, toi et ta sœur, de toute la Calabre, répondait systématiquement sa mère.

L’art et la manière de donner à une jeune fille une confiance aussi proche de zéro.

Alba sortit de ses souvenirs, pas toujours agréables, et elle eut la sensation qu’un regard était posé sur elle.

En se retournant, elle vit une voiture de luxe, noire aux vitres teintées. À l’arrière, elle entraperçut une silhouette d’homme qui semblait vouloir se cacher. La vitre remonta et la voiture démarra.

Cela lui semblait bizarre, créant un curieux sentiment d’inconfort, mais elle secoua la tête pour se sortir l’idée que cette personne la regardait, se concentrant sur la recherche d’un travail.

Le coffee shop qu’elle avait repéré pour ses pâtisseries avait une pancarte sur la vitrine avec écrit ” Recherche vendeuse/barista”.

Sans perdre de temps, elle franchit la porte qui émet un tintement pour prévenir d’un nouveau client. Elle se sentit rougir face aux regards qui se tournaient vers elle.

Avec une pointe d’hésitation, elle avança vers le comptoir et s’apprêta à parler au jeune qui préparait un café.

— Bonjour, je suis à la recherche d’un emploi et j’ai vu votre pancarte sur votre vitrine, commença-t-elle par dire.

Le jeune homme la regarda du coin de l’œil et mit un petit temps de pause avant de lui répondre.

— Bonjour, vous savez que c’est pour servir des cafés et des pâtisseries, pas pour les manger ? lui répondit-il sur un ton pas très agréable.

Et bim, encore une remarque sur son poids.

Elle sentit une chaleur familière monter en elle, mélange de colère et d’humiliation. Elle serra les poings. Pas cette fois-ci.

Allez Alba, respire et ne te décourage pas, souviens-toi :” plus personne ne doit te manquer de respect”, se répéta-t-elle comme un mantra pour booster sa confiance.

— Et toi, tu t’es trompé, ce n’est pas dans un coffee shop que tu devrais travailler, mais au port, vu tes spots, tu leur ferais faire l’économie d’un phare pour guider les bateaux. Rétorqua-t-elle.

Le jeune homme resta bouche bée et la regarda sans trop savoir quoi dire.

Quand d’un coup, un rire fort et gras parvient jusqu’à eux. C’était un homme grand, fort et d’une soixantaine d’années avec les cheveux poivre et sel.

Il s’avança vers eux et regarda le jeune homme.

— Mon pauvre Tonio, tu te fais moucher par une femme.

Il rigola à nouveau et tourna la tête vers Alba, la regarda tout en continuant de parler au fameux Tonio.

— Je crois que rien que pour ça, elle mérite de faire un essai, tu ne crois pas, Tonio ? dit-il en gardant le regard sur Alba.

— Euh, si, si, bien sûr, si vous voulez, monsieur Mancini, je m’excuse et je m’occupe tout de suite de la mettre à un poste. dit-il en bafouillant.

— Très bien, et à l’avenir, parle un peu mieux aux femmes, peu importe leur statut, ta mère est une femme et tu ne lui manquerais pas de respect, que je sache.

Tonio hoche la tête sans savoir quoi répondre à part une soumission plus qu’évidente.

Cet homme, qui n’a rien à envier aux plus belles statues grecques, se tourna à nouveau vers Alba et la jaugea.

— Veuillez excuser cet idiot de Tonio, il a eu sa place grâce à sa mère, qui est une très bonne amie de ma famille, et il croit que tout lui est dû, alors que loin de là. Je me présente, Léonardo Mancini, propriétaire de ce coffee shop. Veuillez excuser à nouveau notre accueil pas vraiment à l’image de notre entreprise. Pouvez-vous m’en dire plus sur vous ?

Un peu hébétée par la situation, elle mit quelques instants pour assimiler ce qu’il venait de se passer.

En revenant à elle, elle prit enfin la parole.

— Ne vous excusez pas, j’ai l’habitude de ce genre de remarque. Je m’appelle Alba Greco, je viens de Reggio et, comme vous l’avez compris, je cherche un emploi. répondit-elle.

— Bien, et vous avez de l’expérience dans la restauration ? lui demande-t-il ?

— Pas dans la restauration, l’hôtellerie. Je suis motivée et j’apprends vite, j’ai besoin du travail au plus vite. dit-elle.

Une fois le poste obtenu, elle passa vite de l’autre côté du comptoir et enfila la tenue donnée par Tonio qui bizarrement, était beaucoup plus gentil avec elle.

La première journée de travail était chargée en informations à ingurgiter. Mais Alba était fière d’elle, elle avait réussi à servir tous les clients sans faire de dégâts et à gérer les machines de barista sans se brûler.

Tonio explique à Alba qu’elle devait revenir dès le lendemain matin à 7 h pour l’ouverture du coffee shop.

En sortant du café, alors qu’elle faisait demi-tour pour se diriger vers la rue principale, la même voiture noire était là, garée à l’angle de la rue. Elle tenta de se convaincre que c’était juste une impression sortie tout droit de son imagination, qu’elle n’avait aucune raison d’avoir peur.