PROLOGUE
*“Un nom est une promesse. Un serment gravé dans le sang et la mémoire.”* C’est ce que disait la toute première des épéistes Val d’Aosta, lors de la fondation du pacte ancestral. Nul ne se souvient vraiment de son visage, ni de la couleur de ses yeux. Mais son épée, elle, repose toujours dans la crypte scellée, là où seuls les héritiers du nom peuvent entendre son chant silencieux. On raconte qu’à chaque génération, lorsque la première fille voit le jour, l’acier murmure. Et que si elle écoute attentivement, elle entendra les voix de celles qui l’ont précédée. Des voix de femmes fières, brisées ou glorifiées, portées par un même devoir. Mais parfois… parfois, une voix naît différente. Pas forgée dans le métal, ni liée à la lame. Une voix faite d’encre, de mots, de souffle fragile. Une voix qui ne veut pas répéter. Mais écrire. Et lorsque cette voix s’élève, alors le destin tout entier retient son souffle.