Jusqu’à ce que la haine nous réunisse

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Summary

Et si la haine la plus viscérale naissait toujours d’un amour total ? Pas un amour paisible. Un amour brut, irrévocable. De ceux qui dévorent tout… Et laissent des traces à vie. Ils se sont aimés. Ils se sont trahis. Ils se sont perdus. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’on ne sort jamais indemne d’un amour comme le leur. Bienvenue à Marseille. Une ville qui se vend au plus fort. Les Conti tiennent les rues. Les clubs. Le feu. Mais Gaëtan Conti, l’héritier, a été exilé. Par les Romano. Il n’est pas mort. Il attend. Il regarde de loin. Et il prépare sa vengeance. En haut de la chaîne alimentaire, ce sont les Romano. Glacés. Brillants. Sans pitié. À leur tête : Layann. On l’appelle le Diable. Il ne laisse rien au hasard. Pas même les morts. À ses côtés : Nina. Ex-danseuse. Aujourd’hui icône. Sa femme. Ou sa sœur, selon ce qu’on vous laisse croire. Elle séduit sans prévenir. Frappe quand on croit la comprendre. Et règne sans rien demander. Quand elle entre, tout le reste s’éteint. Entre eux ? Du sexe. Des pactes. Du sang. Des trahisons qui s’embrassent. Des morts qui s’alignent. Et un amour qui refuse de crever. Et maintenant, vous. Car cette fois, c’est vous qu’on envoie. Sans carte. Sans couverture. Juste vos yeux. Et votre instinct. Ici, le désir est une arme. La trahison, une langue maternelle. Et l’amour ? Un piège à retardement. Un regard de travers. Une émotion mal cachée… Et même le lecteur peut finir la cible.

Status
Ongoing
Chapters
68
Rating
5.0 4 reviews
Age Rating
18+

Votre couverture? Lecteur.Votre mission? Survivre

🔞AVERTISSEMENT – CONTENU SENSIBLE

Ce roman aborde des thèmes matures, parfois dérangeants, notamment :

• des scènes explicites (violence, sexualité),

• des relations complexes entre adultes liés par le sang,

• des choix moraux troublants et sans réponse simple.

C’est une fiction psychologique, sombre, écrite pour un public adulte et averti (+18).

Je ne cherche ni à choquer gratuitement, ni à justifier — simplement à explorer la part d’ombre humaine, ses tensions, ses tabous… à travers le prisme de la narration.

Découvrez une présentation rapide de cette histoire en vidéo en suivant :

https://youtube.com/shorts/zwkbHgBDSy4?si=JQ4ygeykp88qWlzO




"Ils ne parlent pas beaucoup. Ils tuent sans tarder.

Toi, t’es là pour les cerner.

Ou pour les livrer.

Et parfois… c’est exactement la même chose."

OCLO (Office central de lutte contre le crime organisé)—08:17—Salle de briefing, Niveau 2—Interne uniquement

Il caille.

Pas à cause de la clim.

À cause de ce qu’on lit dans les regards.

Onze chaises. Presque toutes occupées.

Des cafés froids. Des Glock planqués.

Et un silence. Le vrai. Celui qui tord le bide.

C’est l’équipe Alpha.

Pas des bleus. Que des revenants. Syrie. Tchétchénie. Rio. Naples.

Mais aujourd’hui, c’est pas la guerre qu’ils flairent.

C’est la chasse.

La porte grince.

Le chef entre.

Costume gris. Dossier blindé. Démarche de métronome.

Pas un mot. Pas un regard.

Juste trois pas secs.

Clac. Clac. Clac.

Puis les photos volent sur la table.

Chaque visage, un bruit sec.

L’écran s’allume.

LED froid. Noir de fond.

— « Dossier 731-OCLO. Cible : Conti. »

Première photo. Silhouette carrée. Costume noir. Regard d’hiver.

— « Gaëtan Conti. Surnom : Le Feu. 29 piges.

Cerveau de l’ancien réseau Conti.

Un empire souterrain : trafic, blanchiment, menaces.

213 gars sous ses ordres. Aucun ne bronche.

Marseille, c’est son fief.

Il construit sans bruit. Il règne par la peur. »

Deuxième photo. Mâchoire de ciment.

— « Marco Ortega. Le bras droit.

Ami d’enfance. Fidèle jusqu’à la tombe.

L’homme des basses œuvres. Nettoie sec et net.

Surnom : Le Chien. »

Troisième. Prêcheur glauque.

— « Fernando Galiano.

Un Sicilien. Nationalisé fissa grâce à un sénateur bien pourri.

Le genre à prier avant de trancher.

Messe privée. Exécution codée.

Une main sur la Bible. L’autre sur la lame. »

Quatrième. Blonde tirée au cordeau. Trop classe pour être clean.

— « Zara.

Ex-Quai d’Orsay. Maîtresse des dossiers fantômes.

Sur le papier : juriste internationale.

En coulisses : effaceuse de preuves, de témoins, d’identités.

Soupçonnée d’être Ghost. Dossier enterré l’an dernier. »

Cinquième. Paleur clinique. Cravate réglée.

— « Layann Romano.

Alias Le Diable.

Il tire les ficelles en France, Italie, Balkans.

Même le silence est facturé. Aucun témoin.

Toujours trois pas devant la mort. Et elle, elle recule. »

Dernier cliché. Une femme.

Trop belle pour ce décor.

Trop tranquille pour ne pas dissimuler une lame.

Cheveux châtains, longs, qui glissent comme une promesse qu’on brise toujours.

Peau couleur soleil, regard tempête.

Gris. Les mêmes que son mari.

Des yeux qu’on ne croise qu’une fois…

Juste avant de chuter.

— « Nina Romano.

Femme officielle de Layann.

Mais les rumeurs ? Frère et sœur, peut-être.

Ils vivent ensemble. Gouvernent ensemble.

Ancienne danseuse. Aujourd’hui à la tête de Romano Couture.

Influenceuse. Businesswoman.

Et au cœur d’un scandale d’État : rumeur d’aventure avec le Président.

Une tornade médiatique. Puis rideau.

Dossiers classés. Témoins éteints.

Elle a encaissé. Puis renversé la tempête.

Derrière les podiums ? C’est elle qui paie.

C’est elle qui ordonne. C’est elle qui tranche.

Douce à l’extérieur. Mortelle à l’intérieur.

Un poison en soie. »

Silence sur la pièce.

Un murmure finit par percer :

— « On va vraiment foutre les pieds là-dedans ? »

Le chef lève la tête. Tranquille.

— « Ce n’est pas une descente.

C’est de la microchirurgie.

Cible : Conti.

S’il tombe, l’édifice tremble.

On n’en ressortira peut-être pas.

Mais on ouvrira une brèche. »

Je scanne la pièce. Onze chaises.

Onze postes. Onze visages. Cadrés.

Martinez. Cyber. Cligne trop. Tape vite.

Fromentin. Médico-légal. Déjà en train de mesurer les angles.

Aïd. Analyste. Bouffe ses stylos comme des ennemis.

Moreau. Balistique. Silence de mort.

Djenna. Infiltrée. Serbie. Regard qui gèle.

Lopez. Explosifs. Cabossée. Mais toujours là.

Erwan. Télécoms. Ancien pirate. Trois brouilleurs minimum.

Solas. Capitaine. Statue. Respire à peine.

Galliano. Le petit. Profilage.

Trop jeune. Trop propre. Mais il mate les photos…

…comme s’il les avait déjà croisées.

Et moi ?

Position 11.

Identité floutée.

Je suis là pour m’infiltrer.

Je suis vous.

Vous êtes moi.

Le chef tape des mains, sec, comme un starter qui claque.

— « Allez, tous à vos postes. On a six moix. Pas plus. »

Il se tourne vers moi.

Moi, l’ombre dans la pièce.

Il me regarde comme s’il parlait au reste du monde, mais ses yeux me visent droit.

— « Toi… »

Il marque une pause.

— « Je compte sur toi pour penser comme eux. Pour sentir ce qu’ils sentent, flairer ce qu’ils planquent. Et me ramener chaque preuve. Chaque détail. »

Il approche d’un pas, pas trop près, mais juste assez.

— « Parce qu’ils ont des amis haut placés. Des juges, des flics, des élus, peut-être même des ministres. Alors si on veut tomber ce réseau, va falloir du béton. Pas des soupçons. »

Il baisse un peu la voix. Plus grave. Plus lent.

— « Tu sais ce qui a failli faire tomber le cartel de Cali ? Pas la drogue. Pas les meurtres. Pas les écoutes. Non. Ce qui les a fait vaciller, c’est une putain de facture d’électricité. »

Un silence.

— « 92 000 dollars. Payés en liquide. Par un gars qui prétendait vendre des vêtements. »

Il me fixe.

— « Alors trouve-moi cette facture. Celle qui fera tout péter. »

Il recule.

— « Tu sais quoi faire. Et surtout… tu sais pourquoi tu dois le faire. »

Puis il tourne les talons.

Et la guerre commence.

Tous se lèvent.

Les chaises raclent le sol.

Personne ne parle. Chacun retourne dans sa bulle. Son écran. Ses notes. Son flingue.

Moi, je reste assis une seconde de plus.

Le chef a quitté la pièce. La mission est enclenchée.

Mais moi, j’ai juste l’impression qu’elle vient de m’attraper à la gorge.

Je finis par me lever, direction la machine à café.

Pas pour le café. Juste pour faire quelque chose. Respirer.

Aïd me suit. L’analyste. Elle a ce regard qui voit au travers des gens. Une démarche discrète mais rapide.

Elle passe devant moi et tape sur la machine du bout des doigts.

— « Si on les attrape… ce sera historique. »

Je la regarde. Elle fixe l’écran de la machine comme si elle attendait une réponse.

Je réponds à sa place, tranquille :

— « On va les avoir. »

Elle tourne un peu la tête. Me dévisage. Pas de suspicion. De la curiosité.

Elle attrape son gobelet, le café coule.

— « Vous en êtes à combien ? Comme infiltré ? »

Je garde un ton neutre. Froid mais pas fermé.

— « Première fois. »

Elle hausse un sourcil. Méfiance, cette fois.

— « Et avant ? »

Je marque un temps.

— « Les Stups. Cellule financière.

Je traçais les virements, pas les balles. »

Elle hoche la tête. Elle croit avoir compris.

— « Et ça vous fait pas flipper ? Vous allez plonger dans un nid à serpents. »

Je souris. Pas trop.

— « Je lis pas mal. »

Elle fronce les sourcils.

Je précise :

— « Et quand tu lis beaucoup… tu développes une forme d’empathie. Tu peux rentrer dans la peau de n’importe qui. Même celle d’un monstre. »

Elle ne réagit pas. Elle garde ce calme d’analyste. Ce silence qui juge sans le dire.

Elle prend son café.

— « Espérons que dans vos lectures, les gentils s’en sortent. »

Elle s’éloigne.

Je reste une seconde de plus.

Devant cette machine qui fait plus de bruit qu’un silencieux en pleine nuit.

Puis je me détourne.

Il est temps d’entrer.

Préparer mes entrées.

M’immiscer dans leur monde sans qu’ils sentent l’odeur du flic.

Une voix me coupe. Calme. Précise. Trop bien posée pour être spontanée.

— « C’est vous, la nouvelle étoile de l’OCLO. »

Je pivote.

Galliano. Le profiler. Jeune, lisse, net.

On dirait un fichier Excel qui parle.

— « Nous, on sera au chaud. C’est vous qui allez les approcher.

Des bêtes… mais des figures. »

Je hausse les épaules. Pas de pose.

— « Je fais mon boulot. »

Je me remets en marche.

Il rajoute, voix posée :

— « Un conseil. »

Je m’arrête. Je le sens venir. Comme la pluie.

— « Si vous avez une femme, profitez d’elle ce soir.

Les monstres, ça va. Mais Nina et Zara…

L’une embrouille l’esprit. L’autre brouille les priorités.

Et dans leur monde, ça peut suffire à vous retourner. »

Un rire bref m’échappe. Sec, sans fond.

— « Technique de profiler ? Balancer les fantasmes ? »

Il reste droit.

— « Oui. J’ai bossé leurs profils.

Zara laisse des silences piégés. Nina, des regards armés.

Deux styles, une seule mission : séduire tout ce qui passe. »

Je soutiens son regard.

Je baisse les yeux. Ma bague.

— « Vous vous êtes planté.

Vous avez vu ça… »

Je montre l’alliance.

— « …mais je suis veuf. »

Il met une seconde. Puis :

— « Mes condoléances. »

Je hoche la tête.

— « Merci.

Mais concentrez-vous sur ceux qui poseront vraiment problème. »

Je repars.

Et cette fois, il ne dit rien.









Nina

Le portail se referme derrière moi dans un claquement métallique. Sourd. Presque étouffé par la nuit. Ou par la peur.

La maison du Diable se dresse devant moi, figée dans son orgueil et son silence. Majestueuse. Glaciale. Comme lui.

Les hommes alignés dans l’allée me saluent, un à un.

Têtes baissées. Regards fuyants.

— « Madame Romano. »

— « Madame Romano. »

Encore. Et encore.

J’ai envie de hurler.

Madame Marceau, bordel.

Pas son nom à lui. Pas celui qu’on m’a imposé.

Je traverse le salon, droite comme une lame.

Mes talons claquent sur le marbre. Ce n’est plus une démarche. C’est un avertissement.

Et dans le couloir privé, verrouillé la plupart du temps, je les entends.

Les gémissements. Les souffles. Les claquements.

Toujours en train de baiser, celui-là.

Toujours en train de se vider dans quelqu’un comme s’il cherchait à oublier ce qu’il est.

Deux gardes devant la porte. Droits. Trop raides pour être à l’aise.

— « Laissez-moi passer. »

Ils échangent un regard, nerveux.

— « Monsieur Romano a donné l’ordre de ne pas être dérangé. Même par vous. »

Je souris. Un sourire sans chaleur. Un de ceux qui annoncent les catastrophes.

Je sors mon arme. Calme. Tranquille.

— « Alors ? Lequel des deux je bute en premier ? »

Ils pâlissent. L’un baisse les yeux.

L’autre tente un sourire, maladroit.

— « Madame… »

— « Je suis sa femme. Ouvrez. La. Porte. »

Un silence.

Puis la poignée tourne.

Je range mon flingue.

La porte s’ouvre. Lentement. Comme si elle avait peur elle aussi.

Et ce que je vois…

ne me touche plus.

Pas vraiment.

Pas après tout ce qu’on a traversé.

Elle est penchée contre le lit, mains agrippées au matelas. Il la tient par les hanches, l’entraîne contre lui à un rythme sec. Animal.

Pas de baiser. Pas de tendresse.

Juste le bruit des corps et ses doigts qui marquent sa peau.

Elle gémit. Fort. Pour faire croire qu’elle existe.

Moi ?

Je ne bouge pas.

Je l’ai eu, moi aussi. Ce corps-là.Entres mes jambes.

Avec rage. Avec douceur. Avec cruauté.

Avec amour, peut-être. Ou ce qu’on pensait en être.

C’est ça, chez les Romano.

Des vérités trop sales pour rester enfouies.

Des liens de sang qui auraient dû tout interdire, mais sont arrivés trop tard.

Trop tard pour l’oublier.

Trop tard pour ne pas s’être déjà touchés.

Je le fixe. Il ne me regarde pas.

Trop occupé à arracher un dernier cri à cette pauvre fille.

Et moi…

Je suis sa femme.

Sa sœur.

Et la fin de ce foutu cirque.

La fille hurle en me voyant.

Elle tente de couvrir ce qu’elle peut. Y’a rien à attraper. Elle flippe. Elle voudrait s’évaporer.

Layann se retourne à moitié. Essoufflé. Mais pas une once de culpabilité. Jamais.

— « On a un problème. »

Je reste droite.

— « Fais-toi plaisir… Je suis pas du genre à jouer les prudes. »

Je jette un œil vers elle.

— « Et puis, mon frère a toujours eu ce truc bizarre : il bande mieux quand je suis là. »

Elle pâlit. Lui, il m’observe. Toujours égal à lui-même.

Je m’approche. Un pas. Deux.

— « Allez, Layann… Vas-y. Plus fort. Encore plus fort. »

Ma voix est douce. Presque sucrée.

Mais c’est du venin.

Il ferme les yeux. Juste une seconde. Peut-être pour ne pas vriller.

Puis il la relâche.

Elle détale, un coussin plaqué contre elle. Pitoyable jusqu’au bout.

Moi, je bouge pas.

Raide.

Le cœur vide.

Layann se redresse lentement. Il halète. Son sexe encore tendu, exposé. Pas une once de honte.

Un roi sans trône, mais toujours debout.

— « C’est quoi, le problème, ma sœur ? »

Je ne baisse pas les yeux.

Pas maintenant.

— « L’opération Oclo est lancée. »

Il se fige.

— « Un infiltré va débarquer. Chez nous, chez les Conti, ou ailleurs. Peu importe où. Leur but est clair… »

Je m’approche. Tout près. Assez pour sentir son souffle contre ma joue.

— « Nous foutre tous en taule. Un à un. »

Sa mâchoire se serre. Son corps aussi. Mais il ne sort rien.

Pas tout de suite.

Il plonge ses yeux dans les miens. Et il capte que je bluffe pas.

Jamais sur ce genre de merde.

"Que tu sois flic, infiltré, ou simple lecteur… notre boulot reste le même : te repérer. Et t’éliminer. "