Flamme interdite

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Summary

Certaines flammes ne devraient jamais s’allumer… Pourtant, entre Ava et Evan, l’étincelle est immédiate et explosive. Ava arrive à Athens, prête à fuir les cicatrices de son passé et à se perdre dans ses rêves d’artiste. Mais un jour, Evan, un athlète charismatique et arrogant, la bouscule sans ménagement, et tout bascule. Avec son charme brut et ses yeux brûlants, il incarne un danger qu’elle ne peut ignorer. Provocateur, il fait naître des désirs qu’Ava n’ose nommer. Leur alchimie est torride, instantanée… et totalement défendue. Un lien inattendu, né des choix de leurs proches, rend chaque regard interdit, chaque frôlement un défi à la morale. Ava sait qu’elle devrait repousser Evan, échapper à cette attirance qui menace de la consumer. Mais son corps, lui, s’abandonne à cet homme qui est tout ce qu’elle désire et redoute. Entre passion déchaînée et limites infranchissables, Flamme interdite vous happe dans un tourbillon de désirs tabous. Succombera-t-elle à cet incendie… ou s’y brûlera-t-elle à jamais ?

Status
Ongoing
Chapters
12
Rating
4.0 1 review
Age Rating
18+

1- AVA

Atlanta disparaît peu à peu dans le miroir, ses gratte-ciels dévorés par la lueur orangée du crépuscule. L’université m’appelle, et je fonce droit vers elle, la tête pleine de rêves et d'incertitudes. Ce moment, je l’ai imaginé des centaines de fois : partir, quitter tout ce que je connais pour plonger dans l’inconnu, pour enfin, peut-être, devenir celle que je suis vraiment. L'excitation monte avec chaque kilomètre qui nous éloigne de la ville.

Le vent d’été fouette mon visage par la fenêtre ouverte, emportant avec lui les mèches blondes qui volent autour de moi. Mon cœur bat plus fort à chaque virage, à chaque ligne droite avalée par la route. Je respire cet air de liberté, encore étrangère mais enivrante, comme une première gorgée d’eau après une longue marche. L’université, l’art… c’est tout ce qui compte. Les fêtes, les garçons, tout ce que les autres trouvent excitant, n’ont jamais éveillé en moi autre chose qu’un profond ennui. Mes véritables évasions, je les vis la nuit, seule avec mes idées, dessinant des mondes qui n’appartiennent qu’à moi.

Je mordille le capuchon de mon stylo, mes pensées s’égarent entre la mélodie de Phoenix, que mon père fait jouer, et les champs qui défilent sous mes yeux. La musique glisse, se mêle à l'air chaud de l’été, remplissant l’habitacle d’une énergie vibrante, presque palpable. Mon père conduit en silence, un sourire paisible aux lèvres, tandis que moi, je scrute l’horizon, avide de capturer chaque détail de ce voyage. C’est ça, ma vraie vie qui commence.

— Alors, ma puce, tu n’es pas très bavarde aujourd’hui. Tu es prête pour ce nouveau départ ?

La voix douce de mon père me tire de mes pensées. Je lève les yeux de mon cahier et croise son regard bienveillant.

— Oui, excuse-moi, papa. Je suis un peu dans la lune... Je suis tellement impatiente de découvrir la ville. Depuis le temps que j’attends ça, je ne peux pas m'empêcher d’imaginer tout ce qui pourrait se passer. Mais... si je n’arrive pas à m’intégrer, si la ville ne me plaît pas... Ou pire, si tout ça se passe mal et que tu regrettes d’avoir quitté ton boulot pour moi.

Mon père tourne brièvement la tête vers moi, un sourire tendre sur les lèvres. Il lâche le volant une seconde pour attraper ma main, ses doigts serrant les miens avec une chaleur rassurante.

— Ma chérie, tu ne devrais surtout pas t’inquiéter pour ça. Je suis fier d'être ici avec toi, et il n’y a rien que je préfère à ça. Je n'aurais jamais pu me résoudre à te laisser partir seule, si loin de moi. Tu te souviens de ce qu’on dit toujours, hein ?

Je souris malgré moi, ma voix à peine audible.

— Pour toujours ensemble...

— Exactement. Pour toujours ensemble.

Mon père me regarde avec une intensité qui me transperce, ses yeux brumeux, prêts à déborder d’une émotion contenue. Il serre ma main un peu plus fort, puis la porte à ses lèvres avec une tendresse qui me serre le cœur.

— Tu sais, ta mère aurait été incroyablement fière de toi, murmure-t-il, la voix légèrement tremblante. De la personne que tu es devenue, si forte, si talentueuse. Elle aurait été là, à te soutenir à chaque instant, à t’encourager dans tout ce que tu fais. Tout comme je le fais. Elle aurait été émerveillée par la femme incroyable que tu es en train de devenir.

Ses mots vibrent dans l’air, résonnent dans chaque fibre de mon être. Je sens les larmes me monter aux yeux. Le simple fait d’évoquer ma mère… c’est toujours délicat, douloureux, comme une plaie qui ne guérit jamais vraiment. Mais en même temps, ces paroles me réchauffent. C’est comme si, en parlant d’elle, il la faisait vivre à travers moi, et je me souviens que j’ai hérité d’elle bien plus que son nom. Son amour pour l’art, pour la création, son esprit libre… tout ça coule dans mes veines.

Ma mère, Emily. Elle est morte en me donnant la vie, un sacrifice qui a laissé une cicatrice indélébile sur nos existences. Mon père a dû porter seul le poids de cette perte, m’élevant tout en essayant de ne pas se perdre dans le chagrin. J’ai grandi avec ses histoires, avec cette image d’un amour inconditionnel et profond qu’ils partageaient, un lien si fort que même la mort n’a pas réussi à briser. Leur bonheur a été arraché en un instant, bouleversant tout. Mais aujourd’hui, sur cette route vers un avenir incertain, je sens sa présence, comme un murmure apaisant qui me guide, qui me pousse à avancer. Une inspiration silencieuse qui vit à travers moi, dans chaque coup de crayon, chaque rêve que je poursuis.

Je prends une profonde inspiration, ravale mes larmes, et regarde la route devant nous, la tête pleine de souvenirs et de promesses à tenir.

Après quelques heures de route, mon père me jette un coup d'œil complice. Nos estomacs grognent à l’unisson, trahissant une faim que nous ne pouvons plus ignorer. Il décide de quitter l’autoroute, et bientôt, nous nous arrêtons devant un petit restaurant de bord de route. Un de ces endroits sans prétention, mais où l'odeur des grillades vous enveloppe dès que vous ouvrez la portière, vous promettant un réconfort instantané. Un sourire se dessine sur mon visage. Ce genre de pause est exactement ce dont nous avions besoin. Dès que nous entrons, l’odeur des burgers frais, des frites croustillantes et dorées, emplit l'air. Je commande un burger juteux, bien sûr avec une bonne dose de cheddar en supplément, parce que pourquoi pas ? C’est un de ces petits plaisirs qui apportent de la chaleur à l’intérieur, un peu comme ces moments de simplicité avec mon père, ces instants qui semblent suspendus dans le temps. Nous mangeons en riant, en plaisantant sur tout et rien, et je me surprends à me sentir plus légère, plus sereine qu'avant. Ce voyage, cette nouvelle vie qui nous attend, me paraît soudain moins effrayant. C’est comme si, pour un instant, le poids de mes inquiétudes s’était dissipé, laissant place à une bulle de bonheur éphémère mais précieuse.

Lorsque nous reprenons la route, le soleil commence à décliner, enveloppant tout le paysage dans une lumière douce, presque magique. Le ciel se pare de teintes roses et orangées, comme une toile peinte par un artiste invisible. À mesure que nous avançons, l’atmosphère devient paisible, presque intime. La musique qui résonne doucement dans l’habitacle, le ronronnement régulier du moteur… tout ça forme une sorte de mélodie apaisante. Je sens mes paupières s’alourdir. Je pose ma tête contre la vitre fraîche, observant d’un œil mi-clos les lampadaires qui commencent à s’allumer, un à un, le long de la route. Les lueurs dansent doucement dans l’obscurité naissante, et je me laisse glisser dans cette ambiance sereine. Les battements de mon cœur ralentissent, mes pensées se brouillent, et avant même que je ne m’en rende compte, le sommeil m’emporte, me laissant flotter dans un rêve silencieux, tandis que la route continue de défiler sous les roues de la voiture.

Le matin arrive comme une caresse. La lumière douce de l’aube perce à travers la fenêtre, me réveillant en douceur. Je m’étire dans mon siège, mes muscles encore engourdis par les heures de sommeil. Mais il y a quelque chose dans l'air, une nouvelle énergie. Dehors, le paysage a changé. Je regarde par la vitre, et je vois les premières maisons d’Athens se dessiner à l’horizon. Les rues sont désertes, encore endormies sous cette lueur pâle du matin. Je sens un frisson d’excitation me parcourir. C’est ici. C’est cette ville qui va devenir mon quotidien, ma nouvelle aventure. Le mélange d'émotions est presque écrasant. D'un côté, il y a cette excitation palpable, l'idée de tout ce qui est à venir — les rencontres, les découvertes, les opportunités — mais de l'autre, il y a cette peur subtile, celle de l'inconnu, de ce qui m'attend vraiment ici.

Je me redresse un peu plus, mon cœur battant légèrement plus vite à chaque nouvelle rue que nous traversons. Athens. Un lieu encore étranger, mais qui, d'une certaine manière, semble déjà m'appeler.

Mon père ralentit encore à mesure que nous entrons dans un quartier qui semble presque irréel de tranquillité. Les arbres, grands et majestueux, se dressent de chaque côté de la route, leurs branches formant un tunnel naturel au-dessus de nous, laissant filtrer des rayons de soleil qui dansent sur le pavé. Le chant des oiseaux est le seul bruit que l’on entend, et pendant un instant, tout paraît suspendu, comme si ce quartier attendait notre arrivée. Puis, au détour d'un virage, je la vois enfin.

Elle se dresse là, fière et discrète, une petite résidence en briques rouges qui semble tout droit sortie d'une carte postale. Ses volets blancs immaculés, encadrant des fenêtres aux rideaux tirés, ajoutent une touche de pureté, de nouveauté. Mais ce qui capte vraiment mon regard, c’est le jardin. Un véritable éclat de couleurs. Des parterres de fleurs, soigneusement arrangés, bordent un chemin pavé qui mène à la porte d'entrée. Des fleurs rouges, roses, jaunes, comme des touches de peinture vibrantes sur une toile calme. Tout semble avoir été pensé avec amour, comme pour accueillir chaleureusement ses nouveaux habitants.

Mon père gare la voiture juste devant, et pendant un instant, aucun de nous ne bouge. Nous restons là, à contempler cette scène presque parfaite, cet endroit qui sera désormais notre maison. Je descends enfin du véhicule, et mes pieds touchent le sol avec une sensation étrange, comme si ce simple geste symbolisait un ancrage dans cette nouvelle vie. Je prends une profonde respiration. L'air ici est différent, plus frais, plus pur. Une brise légère fait bruire doucement les feuilles des arbres, et je sens un frisson d'émotion parcourir ma peau.

Je regarde la maison avec une étrange mixture de sentiments. Une partie de moi est excitée à l'idée de ce nouveau départ, mais une autre ressent déjà la nostalgie de notre ancienne vie à Atlanta. Les souvenirs défilent, mais la vue de cette maison apaisante me ramène doucement au présent.

— C’est vraiment là, papa, murmuré-je, presque comme si j'avais besoin de prononcer ces mots à voix haute pour rendre tout cela réel.

Mon père me lance un regard plein de tendresse et de fierté. Il sait combien ce moment compte pour moi.

— Oui, ma chérie, dit-il doucement, ses yeux brillants d’émotion. C’est ici. Notre nouvelle vie commence. Et je sais que tu vas t’y sentir chez toi.

Je hoche la tête, sentant les larmes monter mais refusant de les laisser couler. Il y a quelque chose de si doux dans ce moment, comme si cette maison, cette ville, portaient en elles toutes les promesses du futur. Et dans un coin de mon cœur, je sens la présence de ma mère. Pas dans les mots, ni même dans un souvenir précis, mais dans cette brise, dans cette lumière. J’aime à croire qu’elle est là, avec nous, prête à nous accompagner dans ce nouveau chapitre.