Chapitre 1
C'est avec une immense joie que je vous présente ma nouvelle histoire. Chaque mot, chaque page a été écrit avec passion, et j'espère qu'elle saura vous captiver autant que j'ai pris plaisir à l'imaginer. J'ai hâte de partager ce voyage avec vous et de découvrir vos impressions.
Merci pour votre soutien et votre fidélité. Belle lecture à vous !
Angelina 😘
Le soleil tape comme s'il avait une revanche à prendre. Mon t-shirt me colle à la peau, mes cheveux font une danse d'électro-choc après 12 heures d'avion, et je traîne une valise si lourde qu'on dirait que j'ai déménagé ma bibliothèque entière. Bref, l'arrivée parfaite.
Une femme s'avance vers moi. Grande, cheveux courts, sourire aussi éclatant que le soleil - elle pourrait illuminer un stade à elle seule.
Zanele: Ava ?
Ava: En chair, en os et en transpiration.
Elle éclate de rire, m'attrape par les épaules et me serre dans une étreinte qui me coupe le souffle. Note à moi-même : ne pas plaisanter avec la force des Sud-Africains.
Zanele: Je suis Zanele, la responsable ici. On est tellement heureux de te voir ! Tu dois être épuisée.
Ava: Épuisée, c'est un euphémisme. Vous avez un coin où je peux m'effondrer en silence ?
Zanele: Pas question. D'abord, on te fait visiter !
Super. Pas de pause pour les guerrières.
Zanele me tire à travers une cour où des enfants courent dans tous les sens. L'un d'eux me fonce dessus avec un ballon en plastique.
Zanele: Attention à la nouvelle recrue, Zuko !
Zuko: Pardon, madame !
Ava: Pas de madame, s'il te plaît, juste Ava. Sinon je vais me sentir aussi vieille que ma mère.
Zuko me regarde avec des yeux ronds.
Zuko: Ok, Ava ! T'as vu mon but ? Je suis le futur Messi !
Ava: Si tu me fais un autre dribble comme ça, je te signe un contrat.
Zanele m'attrape le bras.
Zanele: Tu plaisantes, mais il est capable de te prendre au mot. Allez, viens !
Elle me pousse dans un bâtiment aux murs colorés, décorés de dessins d'enfants et de citations inspirantes du style "Believe in your dreams" ou "Chaque jour est une chance". Très Pinterest.
Zanele: Ici, c'est la salle commune.
Elle désigne une grande pièce pleine de canapés dépareillés, de jouets éparpillés et d'un vieux poste de radio qui grésille.
Ava: C'est... vivant.
Zanele: Ça, c'est un mot gentil pour dire bordélique.
Un homme entre, un plateau de gâteaux dans les mains. Grand, lunettes, sourire timide. On dirait un professeur de maths qui aurait décidé de devenir chef pâtissier.
Zanele: Ah, voilà Sam ! Il est notre cuisinier, infirmier, et parfois thérapeute. Sam, voici Ava.
Sam: Enchanté, Ava. Tu veux un muffin ?
Ava: Je veux tout ce qui contient des glucides.
Il me tend un muffin, que j'engloutis en deux bouchées. Sam me regarde, un sourcil levé.
Sam: Tu as l'air gourmande. On va bien s'entendre.
Zanele rit et continue la visite. Je rencontre le reste de l'équipe : Thandi, l'éducatrice qui me salue en lançant un " Bienvenue chez les fous ! ", et Sipho, le jardinier philosophe qui me sort une citation du genre " La vie est comme un arbre, il faut savoir où planter ses racines ".
Enfin, Zanele me montre ma chambre : petite, mais propre, avec un lit en bois, une moustiquaire et une fenêtre qui donne sur la cour.
Zanele: Voilà ton quartier général.
Ava: Parfait. Où est le bouton pause ?
Zanele: Pas de pause ici, ma belle. Demain à 6h, on attaque.
6 heures ? Mon cerveau fait une grève surprise. Mais en regardant la joie qui règne autour de moi, je me dis que ça vaut peut-être le coup.
Je m'effondre sur le lit, un sourire fatigué aux lèvres.
Ava: Je suis vraiment une grande malade. Dans quoi je me suis engagée.
Je n'ai pas le temps de savourer le calme de ma chambre que quelqu'un frappe déjà à la porte. Sérieusement ? À peine arrivée, je suis déjà en service ?
Zanele: Ava, viens !
Ava: Laissez-moi au moins mourir un peu en paix !
Zanele: Pas question ! Les enfants veulent te rencontrer. Et crois-moi, ils ne prennent pas non pour une réponse.
Je grogne, mais je finis par me relever. Un rapide coup d'œil dans le miroir m'informe que mes cheveux ressemblent à un nid d'oiseau, mais tant pis. Je ne suis pas ici pour un concours de beauté.
En sortant, je suis accueillie par une petite armée d'enfants. Ils sont partout, comme des fourmis, débordant d'énergie et de curiosité. L'un d'eux s'accroche immédiatement à ma jambe.
Thandi Junior: Tu es qui, toi ?
La fillette a des tresses colorées, les mains sur les hanches comme une mini-adulte.
Ava: Je suis Ava, la nouvelle recrue. Et toi, c'est quoi ton nom, petite patronne ?
Thandi Junior: Je m'appelle Thandi Junior. Parce que l'autre Thandi, elle crie tout le temps.
Zanele éclate de rire.
Zanele: Thandi va adorer entendre ça.
Un autre enfant me tend un dessin. Un soleil énorme, des montagnes et ce qui ressemble à... un dinosaure ?
Sibu: C'est toi !
Ava: Je suis un dinosaure ?
Sibu: Non, ça c'est toi avec ton sac. Le dinosaure, c'est Zanele.
Zanele hausse un sourcil.
Zanele: Pourquoi est-ce que je suis un dinosaure, Sibu ?
Sibu: Parce que tu es vieille.
Tout le monde éclate de rire, sauf Zanele qui feint l'indignation.
Zanele: Très vieille ? Je vais t'envoyer au lit sans dîner ce soir, espèce de petit monstre !
Un garçon plus âgé s'approche, les bras croisés. Il me fixe avec un mélange de défi et de curiosité.
Zuko: Tu sais jouer au foot ?
Ava: Bien sûr. Mais seulement si tu es prêt à perdre.
Zuko: C'est ce qu'on verra. Allez viens.
Avant que je puisse protester, je suis traînée dans la cour où un groupe d'enfants m'attend avec un ballon dégonflé. Les équipes sont rapidement formées. Évidemment, je me retrouve avec les plus petits.
Thandi Junior: On va les écraser, Ava !
Thandi Junior hurle, levant le poing comme une guerrière prête à conquérir le monde.
La partie commence. Ce n'est pas du foot, c'est une bataille. Les règles ? Il n'y en a pas. Ça court, ça hurle, ça triche sans vergogne. Un gamin tente de me tacler. Je riposte avec une feinte maladroite et, miracle, je marque un but.
Zanele: Woooooooh ! Ava est dans la place !
Finalement, le match se termine dans un chaos total, tout le monde riant et s'écroulant par terre. Je suis couverte de poussière, mais tellement heureuse.
Zanele: Tu as survécu à ton baptême du feu.
Ava: À peine. J'ai l'impression d'avoir couru un marathon.
Zanele: Bienvenue à la maison, Ava. Ici, c'est comme ça tous les jours.
Je souris, essoufflée mais touchée. Oui, je suis loin de chez moi, mais en cet instant, je sens que je suis exactement là où je dois être.
Alors que je m'apprête à retourner dans ma chambre, exténuée mais le cœur gonflé de joie, une silhouette attire mon attention à l'entrée de l'orphelinat. Un homme, grand, brun, appuyé nonchalamment contre un 4x4 poussiéreux. Il porte des lunettes de soleil qui cachent à peine son regard perçant. Tout dans son attitude hurle "j'ai l'habitude qu'on m'admire".
Zanele lève les yeux au ciel.
Zanele: Oh non...
Je plisse les yeux, intriguée.
Ava: C'est qui ?
Elle soupire comme si la simple évocation de son nom lui donnait une migraine.
Zanele: Marc. Le mannequin numéro un du moment. Monsieur " je-sauve-le-monde-avec-mon-charme".
Marc retire ses lunettes de soleil et dévoile un sourire éclatant, visiblement destiné à une publicité pour du dentifrice. Puis, son regard tombe sur moi. Pendant une fraction de seconde, je sens qu'il me jauge, m'analyse. Et soudain, il s'approche.
Marc: Alors c'est toi, Ava. La fameuse volontaire.
Je croise les bras, méfiante.
Ava: Fameuse, vraiment ?
Marc: Zanele parle toujours avec passion des gens qu'elle recrute. Mais toi, tu sembles... différente.
Je hausse un sourcil.
Ava: Différente comment ?
Marc: On verra bien.
Il me lance un sourire en coin avant de se tourner vers Zanele.
Marc: J'ai besoin de ton aide pour une collecte demain. On part à l'aube.
Zanele hoche la tête, mais son expression trahit son agacement. Je le regarde partir, intriguée mais agacée par son assurance.
Ava: Il est toujours comme ça ?
Zanele: Comme quoi ? Arrogant, insupportable et dangereusement charmant ? Oui, toujours. Et crois-moi, reste sur tes gardes. Marc a le don de chambouler la vie des gens... souvent pour le pire.
Je ne réponds pas, mais une drôle de sensation s'installe en moi. Comme si cet homme allait, d'une façon ou d'une autre, bouleverser mon séjour ici.