Chapitre 1
Hello tout le monde !
Comme promis, voici le Tome 2 de mon livre Ma Furie. Publié un petit peu plus tôt que prévu...
⚠️ Si tu n’as pas lu le Tome 1, file le découvrir sur mon profil avant de te plonger dans celui-ci — sinon tu risques de ne rien comprendre !
Camille
Je ne savais plus depuis combien de temps j’étais ici. Mon cerveau, empoisonné par les drogues qu’ils m’administraient chaque jour, n’arrivait plus à compter. Le temps s’étirait, insaisissable, brumeux. Peut-être que ça faisait trois jours. Peut-être une semaine. Un mois, même. Chaque seconde était une torture. Chaque minute, un enfer silencieux.
Ils m’avaient tout pris.
Mon téléphone. Mes vêtements. Mes repères. Ma dignité.
Je n’étais plus qu’une ombre de moi-même, enfermée dans un corps engourdi. J’étais réduite à l’état d’objet — docile, silencieuse, presque morte. J’avais arrêté de me débattre, parce qu’à quoi bon ? Ils changeaient de lieu sans arrêt. Une pièce, puis une autre. Une cave, une chambre sans fenêtres, une voiture. Tout s’enchaînait. J’étais en cavale dans ma propre existence.
Et le pire dans tout ça ?
C’était la peur. Pas la peur de mourir. Non. J’aurais préféré. C’était la peur qu’ils profitent de moi pendant que j’étais inconsciente. Que je me réveille un matin sans savoir ce qu’on m’avait volé pendant mon sommeil.
J’étais devenue paranoïaque. J’essayais de me réveiller à chaque bruit. Chaque grincement. Chaque voix. Mais mes paupières étaient trop lourdes. Mon corps trop faible. Et ma conscience, à peine accrochée à la réalité.
Je pleurais. Sans arrêt. Même quand je dormais, je pleurais. Mes joues étaient des fleuves salés. Mes lèvres, fendues. Ma peau, tremblante. Ma dignité ? Éparpillée quelque part entre le sol glacé et mes souvenirs en lambeaux.
Et dans cette folie... une pensée unique, violente, cyclique, m’obsédait.
Tout ça, c’était la faute de Caïro.
Il m’avait laissée seule. Dans ce magasin. Même pas dix minutes. Il était revenu, trop tard. Toujours trop tard.
Ma faute.
Sa faute.
Ma faute.
Sa faute.
Je me répétais ça comme un mantra, comme une comptine sordide qui me berçait dans l’horreur. Je m’accrochais à cette douleur comme à une preuve que j’existais encore. Parce que tant que je souffrais, c’est que j’étais encore en vie, non ?
Mais parfois, je me demandais si j’étais vraiment encore vivante. Ou juste un corps abandonné que personne ne chercherait plus.
Et puis il y avait cette autre voix, plus profonde, plus sournoise, qui murmurait, entre deux silences :
Il ne viendra pas.
Il a déjà tourné la page.
Toi aussi, tu dois le faire.