Ma furie (Tome 2)

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Summary

Camille a disparu. Arrachée à sa liberté, droguée jusqu’à perdre le fil du temps, séquestrée dans l’ombre par ceux qui n’obéissent qu’à la terreur. Elle n’est plus elle-même. Son corps ne répond plus. Son esprit s'effrite. Ses larmes sont devenues silencieuses. Son seul repère, c’est le vide. Pendant ce temps, Caïro se consume. Il sait où elle est. Il connaît chaque mètre carré de la planque ennemie. Il connaît les risques. Et pourtant, il est contraint d’attendre. Un mois. Un mois à se haïr de ne pas la sortir de là. Un mois où le silence entre eux devient aussi toxique que les drogues qu'on lui injecte. Mais quand il franchira enfin les portes de l’enfer pour la récupérer, rien ne sera comme avant. Pour elle. Pour lui. Pour eux. Car l’amour, quand il est brisé par la haine, le manque, les non-dits et les regrets, peut-il vraiment tout reconstruire ? Ou finira-t-il par s’effondrer sous le poids de ce qu’ils ont traversé ?

Genre
Romance
Author
LnCaLt
Status
Complete
Chapters
33
Rating
5.0 8 reviews
Age Rating
16+

Chapitre 1

Hello tout le monde !

Comme promis, voici le Tome 2 de mon livre Ma Furie. Publié un petit peu plus tôt que prévu...

⚠️ Si tu n’as pas lu le Tome 1, file le découvrir sur mon profil avant de te plonger dans celui-ci — sinon tu risques de ne rien comprendre !


Camille

Je ne savais plus depuis combien de temps j’étais ici. Mon cerveau, empoisonné par les drogues qu’ils m’administraient chaque jour, n’arrivait plus à compter. Le temps s’étirait, insaisissable, brumeux. Peut-être que ça faisait trois jours. Peut-être une semaine. Un mois, même. Chaque seconde était une torture. Chaque minute, un enfer silencieux.

Ils m’avaient tout pris.

Mon téléphone. Mes vêtements. Mes repères. Ma dignité.

Je n’étais plus qu’une ombre de moi-même, enfermée dans un corps engourdi. J’étais réduite à l’état d’objet — docile, silencieuse, presque morte. J’avais arrêté de me débattre, parce qu’à quoi bon ? Ils changeaient de lieu sans arrêt. Une pièce, puis une autre. Une cave, une chambre sans fenêtres, une voiture. Tout s’enchaînait. J’étais en cavale dans ma propre existence.

Et le pire dans tout ça ?

C’était la peur. Pas la peur de mourir. Non. J’aurais préféré. C’était la peur qu’ils profitent de moi pendant que j’étais inconsciente. Que je me réveille un matin sans savoir ce qu’on m’avait volé pendant mon sommeil.

J’étais devenue paranoïaque. J’essayais de me réveiller à chaque bruit. Chaque grincement. Chaque voix. Mais mes paupières étaient trop lourdes. Mon corps trop faible. Et ma conscience, à peine accrochée à la réalité.

Je pleurais. Sans arrêt. Même quand je dormais, je pleurais. Mes joues étaient des fleuves salés. Mes lèvres, fendues. Ma peau, tremblante. Ma dignité ? Éparpillée quelque part entre le sol glacé et mes souvenirs en lambeaux.

Et dans cette folie... une pensée unique, violente, cyclique, m’obsédait.

Tout ça, c’était la faute de Caïro.

Il m’avait laissée seule. Dans ce magasin. Même pas dix minutes. Il était revenu, trop tard. Toujours trop tard.

Ma faute.

Sa faute.

Ma faute.

Sa faute.

Je me répétais ça comme un mantra, comme une comptine sordide qui me berçait dans l’horreur. Je m’accrochais à cette douleur comme à une preuve que j’existais encore. Parce que tant que je souffrais, c’est que j’étais encore en vie, non ?

Mais parfois, je me demandais si j’étais vraiment encore vivante. Ou juste un corps abandonné que personne ne chercherait plus.

Et puis il y avait cette autre voix, plus profonde, plus sournoise, qui murmurait, entre deux silences :

Il ne viendra pas.

Il a déjà tourné la page.

Toi aussi, tu dois le faire.