Prologue 1
Ciaran
La méchanceté est la caractéristique principale des personnes souffrant d’un sentiment d’infériorité, se sentant obligées de salir toutes personnes pouvant potentiellement paraître plus brillante à leurs yeux…
En tenant une bouteille d'alcool, je me trouve debout sur le rebord du toit de la faculté où je viens de débuter ma première année de droit.
Je marche le long du rebord, le vide en face de moi. Je souhaite mettre fin à ma vie, je veux mourir.
À la suite de plusieurs gorgées, ma tête commence à tourner en raison de l'alcool. Je marche maladroitement et je manque de tomber à plusieurs reprises.
Tout à coup, j’entends quelqu’un crier ce qui me fait sortir de mes pensées et je manque de tomber.
- Hey, qu'est-ce que tu fais là, descend immédiatement, tu me fais peur ? s’écrit une voix féminine.
Je me retourne et j'aperçois un regard bleu océan semblable à ceux des miens, avec des cheveux magnifiques bruns comme moi. Je suis stupéfait par sa beauté et mes yeux ne la quittent pas pendant un long moment.
- Je m'appelle Kaïra Rivera et je suis actuellement en première année de droit avec toi. J'aimerais que tu descendes.
- Moi, je m'appelle Ciaran Reyes.
Kaïra est la plus belle femme que j’ai jamais vue, ce n’est pas un mensonge. “Belle” est un euphémisme, mais le vocabulaire français manque de mots pour la décrire. Disons simplement que mon souffle se coupe à chaque fois qu’elle pose ses yeux sur moi et qu’il est difficile de détourner le regard d’elle.
- Qu'est-ce que tu fais là, debout au bord du vide, tu veux te suicider ou quoi ? me demande-t-elle.
- Ma vie est un enfer, j’ai vécu l’enfer depuis mon plus jeune âge.
- Qu'est-ce qui se passe, tu peux me raconter si tu le souhaites, même si nous ne nous connaissons pas très bien, cela pourrait t'aider à te sentir mieux.
- Je n’ai pas envie d’aller mieux, je veux en finir avec tout ça.
- Ne dis pas ça, tu as des gens qui t'aiment, non ?
- Je n'ai personne d'autre que mon meilleur ami Ayden.
- Maintenant, tu as moi, laisse-moi t'aider à te sentir mieux, s'il te plaît, me dit-elle en montant à côté de moi sur le bord de ce toit.
Mon cœur se brise dans ma poitrine, chaque fragment se déchire et j'en ressens, à chaque fois, la douleur lancinante.
Je la trouve splendide et encore le mot est faible. On dirait une déesse tout droit sortie de la mythologie.
Elle est somptueusement délicieuse. Elle me fait perdre la tête, j’arrive pas à détourner mes yeux de ses lèvres charnues.
Elle porte un jean moulant qui lui va à la perfection, ainsi qu’un pull qui lui colle à la peau et qui fait ressortir ses superbes courbes.
La fraîcheur agresse mes joues, le ciel est gorgé de nuages épais, le temps est moche comme s'il s'inquiétait pour moi.
Une main froide avec des doigts gelés se glisse sur mon visage. Je suis submergé par une vague de chaleur alors que la température doit être proche de zéro degré. Je déglutis, plus rien ne semble exister autour de moi, le temps s’est arrêté.
De nombreuses émotions remontent en moi et ça ne s’arrange pas.
- Descends de là, sinon je vais aussi sauter, annonce-t-elle en me faisant sortir de mes pensées.
- Kaïra, non ! C’est bon, regarde, je m’assois, d’accord.
Elle s'installe également à mes côtés, les pieds dans le vide.
Nous restons pendant un long moment silencieux à contempler la ville.
- Aujourd'hui, j'ai découvert que mes parents biologiques m'ont abandonné à ma naissance. Alors qu'on m'a toujours dit qu'ils étaient décédés dans un accident de voiture, lui ai-je dit en rompant le silence.
- Ciaran, je suis sincèrement désolé pour toi. Est-ce pour cela que tu souhaitais te suicider ? me demande-t-elle.
- En effet, mais pas seulement, depuis ma naissance, j'ai été transporté de foyer en foyer. Nous sommes victimes de maltraitance au sein de familles d'accueil qui ne font cela que pour obtenir de l'argent et qui nous méprisent. Ils cherchaient des gamins comme nous, car personne ne les réclame.
- Je suis triste pour toi, pour ce que tu as vécu. Tu ne méritais pas ça, me rassure-t-elle.
- Jusqu'au jour où, malheureusement, je me retrouve chez la famille Lopez, un couple de quarante ans, sans enfants.
- Qu'est-ce qui s'est passé là-bas ? me demande-t-elle inquiète.
Elle tient ma main dans la sienne et plonge son regard dans le mien.
- Depuis mes 13 ans, j'ai vécu dans cette famille d'accueil, jusqu'à ce que je fugue de chez eux à 18 ans.
Durant ces 5 longues années, j’ai vécu l’enfer. Monsieur Lopez se comportait de manière violente envers tous les enfants qui résidaient sous son toit. Il nous maltraitait et nous étions leurs esclaves.
Une larme coule sur ses joues, je l'essuie avec mon pouce pour essuyer ses larmes.
- Excuse-moi, je..., je n'aurais pas dû. On se connaît à peine.
- Ça va, ne t'en fais pas, ça ne me dérange pas du tout. À tes côtés, je me sens en sécurité, me répond-t-elle. Tu peux continuer ton histoire, mais si tu ne veux pas en parler, tu peux arrêter.
- C’est bon, je vais continuer, je sens que ça m'aide d’en parler.
Je ravale ma peur et reprends où j’en étais, tandis qu’elle a toujours ma main dans la sienne.
- Un jour, à l'âge de 15 ans, je suis parti de chez eux pendant deux jours, mais Monsieur Lopez m'a retrouvé et il s'est défoulé sur moi. Il n’a pas du tout apprécié que je m’enfuie alors il a passé ses nerfs sur moi plutôt que sur les autres. Je me suis retrouvé avec un bras cassé et quelques côtes endommagées. Un jour, il m’a obligé à le regarder violer une fille qui habitait sous le même toit, afin que je retienne la leçon. Il disait que s’il faisait cela, c’était pour me faire payer d’avoir fugué.
Il a continué à violer plusieurs filles sous mes yeux pendant une longue période afin que je puisse pleinement comprendre ce que j'ai fait et que tout cela était de ma faute. Après avoir passé un an à le regarder violer toutes ses pauvres filles, j'ai décidé de les aider à s'enfuir. Malheureusement, il m'a rattrapé avant que je ne puisse le faire également.
Il n'a pas apprécié que je lui enlève ses petits jouets, donc il a choisi de m'enfermer dans le sous-sol de leur maison pendant plusieurs mois. Il venait tous les jours me rendre visite pour me maltraiter et me violer, car il n'avait plus de filles pour le faire.
Jusqu'à ce qu'une autre jeune fille arrive au foyer, il a cessé de me violer pour se déchaîner sur elle.
Lorsque j'ai atteint mes 18 ans, j'ai réussi à m'échapper et il n'a pas tenté de me retrouver car j'étais adulte.
- Sa femme, elle..., était-elle au courant de ce que faisait son mari ? me demande-t-elle en larmes.
- Elle était au courant de tout, mais tenait le silence, car il l'a menacée également.
- Et où habites-tu depuis que tu t'es échappé de ce foyer de l'horreur.
- Après ma fugue, j'ai fait la connaissance de Ayden, qui m'a offert un logement. Au fil du temps, il est devenu mon meilleur ami, même si nous ne nous connaissons que depuis quelques mois. Il est devenu un frère à mes yeux.
- Est-ce que ton meilleur ami sait ce que tu as vécu ?
- Oui, j'en ai discuté avec lui quelques semaines après notre rencontre.
Kaïra me regarde avec des yeux tristes et remplis de larmes, puis elle me prend dans ses bras et m'enlace pour me calmer.
- Je suis là pour toi à présent, je souhaite t'apporter mon aide pour surmonter ton passé douloureux. Oublie ce qui t’a blessé dans le passé, mais n’oublie jamais ce que cela t’a appris.
Mon cœur bat violemment et ses paroles me réconfortent. Pendant un long moment, nous restons assis au bord du vide. Nous partageons notre vie afin de mieux faire connaissance.