Obsession 2

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Summary

Ils s’étaient observés pendant des mois sans un mot, fascinés l’un par l’autre sans même en avoir conscience. Quand leurs regards se sont enfin croisés, l’attirance est devenue inévitable, une collision entre deux âmes marquées. L’obsession silencieuse s’est transformée en quelque chose de plus profond, plus incontrôlable. Leur relation était une danse dangereuse entre passion et destruction, un équilibre instable où ils se comprenaient sans parler. Ils trouvaient une satisfaction malsaine dans le contrôle, manipulant les autres comme des pions dans leur jeu. Pourtant, au milieu de cette noirceur, il y avait un amour réel, brut et viscéral. Une alchimie troublante, mêlant désir et cruauté. Ils ne faisaient pas que s’aimer, ils se possédaient. Et ce n’était que le début.

Status
Complete
Chapters
36
Rating
n/a
Age Rating
18+

Playlist

Toxic - 2WEI

Thumbs - Sabrina Carpenter

Gimme more - Britney Spears

Girls never die - Triple S

P*rnstar - nessa barrett

Hung up - Madonna

frozen - Madonna , Sickick

toxic till the end - rosé

Touchdown - TWICE

Marshmallow - MISAMO

I did something bad - Taylor Swift

Vogue - madonna

Go hard - twice

Aimed to kill - Jade LeMac

Really like you - Gyubin

SOS ( Same old shit ) - dutch melrose

Bad dream - ruelle

Wuti want - saraunh0ly

Mama didn’t raise no B - aston

The heart wants what it wants - Selena gomez

Love you like a love song - selena gomez & the scene

butterfly - BTS

I need u - BTS

Blind eyes red - MINNIE

singularity - V

House of Cards - BTS

Make it right- Bts ft Lauv

I like me better - Lauv

Love looks pretty on you - nessa barrett

Bad Language ( 2025 remix) - Heidi Montag

Real men - beabadoobee

I wanna be yours - Arctic Monkeys

Fight Back - NEFFEX

The Cranberries - Zombie

My prerogative - Bobby brown

Drama - aespa

Tomboy - G-idle

Constellations - jade LeMac

Home - BTS

Hold me Tight - BTS

Ordinary - Alex Warren

Précédemment

03h30 – L’Arrivée

La route se transforme, devenant plus lisse, plus familière.

Mon cœur rate un battement.

Et puis, je le vois.

Le portail.

Grand.

Noir.

Froid comme les barreaux d’une cage dorée.

Il s’ouvre sans un bruit, dès que ma voiture est détectée.

Personne ne parle.

Les moteurs grondent doucement, chaque véhicule s’engouffrant dans l’allée bordée d’arbres imposants.

Les lumières du manoir se dessinent au loin, projecteurs blancs et dorés tranchant avec l’obscurité de la nuit.

Nous garons toutes les voitures, dans un silence presque irréel.

Et puis, nous sortons.

L’air est glacial, chargé d’une tension électrique.

Je referme ma portière, mes bottes crissent sur le gravier.

Et là…

Tout bascule.

Prologue

Amour Saint ou Simple Obsession ?

Telle est la question,

Un fil tendu entre passion et poison,

Sommes-nous l’ivresse qui consume,

Ou la braise qui éclaire l’obscurité ?

Es-tu mon souffle ou mon asphyxie ?

Mon salut ou ma damnation ?

Nous avons dansé aux portes de l’enfer,

Nos ombres mêlées dans un ballet dangereux,

Des cendres sur la peau, des serments venimeux,

Un jeu d’échecs où chaque coup était un adieu.

Mais l’amour n’est-il qu’une folie ?

Un poison dont on choisit la dose ?

Ou pouvons-nous apprendre à aimer autrement,

Sans chaînes, sans murs, sans vertiges étouffants ?

J’ai toujours aimé l’histoire de Robinson Crusoé,

Alors au pire, soyons des naufragés,

La mer nous engloutira,

Ou bien nous apprendrons à respirer sous l’eau.

Et si l’île est déserte,

Nous la bâtirons à notre image,

Peuplée de nuits fiévreuses et d’aubes apaisées.

L’amour n’est jamais un long fleuve tranquille,

Mais même s’il l’était, il faudrait le troubler,

Y jeter des cailloux, faire éclabousser l’eau,

Sentir le courant nous tirer, nous rappeler qu’on est vivants.

Aucun de nous ne restera immobile,

Ce sera une danse,

Une salsa sous la pluie,

Une valse aux rythmes effrénés,

Un combat où chaque pas est une promesse,

Un frisson, une morsure, un défi silencieux.

Mais pour en arriver là,

Nous devrons briser nos chaînes invisibles,

Que l’obsession cède sa place à l’adoration,

Que la dépendance s’efface pour l’abandon volontaire.

T’apprendre sans me perdre,

Me découvrir sans te fuir,

Être un tout, mais ne plus être un piège.

Nous construirons, pierre après pierre,

Un royaume qui ne craint ni l’orage ni la mer,

Un empire où les fondations sont solides,

Où l’amour n’est pas un carcan,

Mais une tempête apprivoisée.

Rien ne m’effraie, pas même cette métamorphose,

Car ce qui nous attend dépasse la simple fusion,

C’est un brasier qui danse sans ravager,

Un éclair qui frappe sans détruire,

Un amour aussi brûlant que libre,

Aussi féroce que doux,

Ce ne serait pas nous sans électricité,

Sans les décharges qui courent sous la peau,

Sans les regards qui brûlent plus que des mots.

Nous sommes faits d’orages et d’étincelles,

De pulsations incontrôlables,

D’un feu qui ne s’éteint pas,

Même sous la cendre,

Même sous la distance.

Possession ? Sans doute.

Mais pas une cage,

Plutôt un serment gravé dans la chair,

Une promesse qu’aucun souffle ne délave.

Toi et moi, c’est l’évidence,

Un territoire où l’un est l’écho de l’autre,

Où chaque absence est une guerre,

Chaque retrouvaille est une explosion.

Nous n’avons jamais été sages,

Jamais été mesurés,

Pourquoi changer quand c’est ainsi que nous respirons ?

Certains aiment en silence,

Nous, on aime en tempête,

Avec des cris, des rires,

Des griffures sur l’âme et des baisers en apnée.

Tout a commencé par une obsession,

Un poison devenu remède,

Une folie devenue équilibre.

Et aucun de nous ne ment,

Réciproque, elle est notre addiction.

Deux cœurs qui battent à l’unisson,

Deux esprits qui se défient et s’adorent,

Une seule ligne tracée sur la peau du destin.

Nous resterons toujours ainsi,

Indomptables, insatiables,

Mais nous allons upgrader,

Passer du chaos à la maîtrise,

Apprendre à aimer sans s’égorger,

À posséder sans emprisonner,

À tout prendre sans tout détruire.

Nous atteindrons le sommet, ensemble,

Sans crainte de la chute,

Car même en tombant, nous tomberons dans les bras de l’autre.

Peu importe que Mercure rétrograde,

Que les étoiles s’alignent ou s’effondrent,

Notre constellation est gravée dans l’infini.

Lui et moi, jusqu’à la fin,

Nous sommes un ensemble,

Un empire inébranlable,

Un amour qui danse sur le fil du rasoir,

Un amour sain,

Mais jamais illusoire .

Chapitre 1 - Poppy - A peine j’arrive que c’est le bordel !

Les phares de nos voitures découpent la nuit, projetant des ombres mouvantes sur la façade du domaine.

On vient à peine d’arriver.

La tension flotte dans l’air, invisible, sourde, mais présente.

Mon pied quitte à peine la voiture, l’air froid venant mordre ma peau encore chaude du trajet, quand tout bascule.

Un bruit assourdissant déchire le silence, un fracas métallique, suivi d’une onde de choc qui fait vibrer le sol sous mes pieds.

BOUM.

Mes tympans bourdonnent, ma vision se trouble une fraction de seconde sous la violence de l’explosion.

Les vitres de certaines voitures éclatent sous la pression.

— COUVERTURE !

Mon cri fuse avant même que je réalise ce qu’il se passe.

Mes hommes réagissent instantanément, la formation se resserre instinctivement autour de moi.

Les battements de mon cœur explosent dans ma poitrine, mais mon esprit ? Parfaitement lucide.

C’était proche. Trop proche.

Putain de mauvais timing.

Et puis, BOUM.

Un second impact, plus loin cette fois.

La confirmation que ce n’est pas un accident.

Quelqu’un a voulu envoyer un message.

Message reçu, enfoiré.

— DANS LA BARAQUE, MAINTENANT !

Ma voix claque, tranchante, autoritaire.

Pas de place pour l’hésitation. Tu écoutes ou tu crèves.

Mes hommes réagissent au quart de tour, couvrant les angles, guettant le moindre mouvement suspect alors qu’on fonce vers l’entrée.

Le sol est jonché d’éclats de verre, la fumée d’une des voitures touchées flotte dans l’air, et la nuit semble nous avaler.

Et devant la porte, Connor.

Droit, impassible, mais ses yeux ?

Ses yeux me scrutent avec une intensité brûlante.

Il ne dit rien.

Il attend.

Je passe devant lui, poussée par l’adrénaline, mes muscles vibrant encore du choc.

— Bienvenue chez toi, j’imagine.

Sa voix est calme. Trop calme.

Je me stoppe à peine à quelques centimètres de lui.

Nos regards se croisent, une fraction de seconde figée dans le chaos.

Puis, je souris.

— C’est toujours le bordel quand j’arrive, ou c’est une tradition spéciale pour moi ?

Un éclat traverse ses yeux, un infime amusement, avant que son expression ne devienne à nouveau dure comme du marbre.

— À l’intérieur. Maintenant.

Je rentre, suivie de mes hommes, alors que Connor claque la porte derrière nous.

L’air est plus chaud ici, chargé d’odeurs familières : whisky, cuir, bois ancien.

Mais derrière ça, l’odeur de la fumée persiste.

Un rappel que tout peut basculer en une fraction de seconde.

Je me tourne vers lui, croisant les bras.

— T’expliques ?

Sa mâchoire se serre.

— Deux explosions.

— Ouais, ça j’avais capté.

Un tic nerveux agite sa tempe, mais il continue, pragmatique, méthodique.

— La première, à quelques mètres de vous. La deuxième, plus éloignée, probablement pour détourner l’attention.

Je hoche la tête.

— Aucun tir ?

— Aucun.

— Victimes ?

— Aucune.

Mon regard ne le lâche pas.

— Donc c’est un message.

Il me fixe d’une expression impénétrable.

— Probablement.

Mon cerveau tourne à mille à l’heure.

— Qui ?

Il soupire, croise les bras à son tour.

— On bosse dessus.

— Pas assez vite.

Il arque un sourcil, et cette fois, c’est moi qui sens l’irritation monter en lui.

Mais il sait.

Il sait que je ne vais pas attendre qu’il me serve des réponses sur un plateau.

Il sait que je vais les chercher moi-même.

Il passe une main sur sa nuque, un signe subtil qu’il est en train de peser toutes les options.

Puis il me regarde, droit dans les yeux.

— Ne fais rien de stupide.

Un sourire étire lentement mes lèvres.

— Je pensais plutôt à quelque chose de très, très intelligent.

Il pousse un soupir, mais cette fois, son regard s’adoucit à peine.

— Poppy…

Je me rapproche légèrement, juste assez pour sentir la tension entre nous.

— On va leur répondre. Mais à notre manière.

Un silence.

Puis il hoche lentement la tête.

— Tu as une idée ?

Je souris vraiment cette fois.

— Toujours.

Mon regard balaie la pièce, se posant instinctivement sur Kaïs, adossé contre le mur, les bras croisés. Il est resté implacable, comme toujours, une présence solide dans ce monde de chaos. Avant même que mon esprit ait le temps de réfléchir, je m’élance vers lui, un mouvement impulsif, rapide. Je lui colle une accolade, une tape sur l’épaule.

— T’as pas changé, toi.

Il me dévisage avec une lueur de défi dans le regard, un sourire en coin.

— Toi non plus. Toujours couverte de sang au mauvais moment.

Un rictus étire mes lèvres. Putain, ce type. Toujours aussi mordant. Je tourne ensuite mon regard vers Connor, ma concentration déjà pleinement absorbée par ce qui nous attend. Le poids de l’adrénaline, cette énergie brute qui fait pulser mes veines.

— Bon, monsieur Anderson, je doute que tu aies prévu un feu d’artifice pour mon arrivée. C’est quoi ce putain de bordel ?

Il lève un sourcil, l’ombre d’un sourire se dessinant sur ses lèvres.

— Moi aussi je suis ravi de te voir, Darling.

Je croise les bras, un éclat glacial dans mes yeux. C’est déjà trop. Cette situation est trop floue. Je veux des réponses maintenant.

— Réponds-moi.

Connor pousse un léger soupir, passe une main dans ses cheveux avant de répondre d’un ton presque désinvolte, comme si la situation ne venait pas de déraper complètement.

— Il semblerait que l’idiot qui me sert de frère ait décidé qu’il était temps pour lui de nous attaquer.

Un rire amer m’échappe. Putain, ce mec est un enculé. La douleur et la colère déforment mes traits un instant. Il est là, vivant, et son frère nous attaque. J’ai le sentiment d’être entraînée dans une spirale infernale qu’il a voulu créer.

Je croise les bras, le détaillant de bas en haut, mon regard incisif. Il a l’air fatigué, mais pas affaibli. Il n’a pas changé. Il porte ce poids avec l’air d’un roi qui attendait ce combat, avec cette calme prémonition d’un conflit inévitable.

— Alors, c’est quoi le plan ?

Il prend une profonde inspiration avant de répondre. Son regard se fixe sur un point invisible, lointain, comme s’il réfléchissait à la meilleure façon de formuler ses pensées dans cette situation.

— On sait qu’il n’a qu’une cinquantaine d’hommes. Il marque une pause, ses yeux se plissant légèrement, comme pour analyser toutes les possibilité. Nous sommes largement plus nombreux, et nos renforts arrivent d’ici cinq minutes.

Je secoue la tête, l’idée qu’il faille sous-estimer qui que ce soit me hérisse. J’ai trop vu ce genre de conneries pour y croire.

— Ouais, faut pas le sous-estimer non plus. On se protège, on prend les AK-47 et on tire dans le tas ?

Un sourire en coin étire les lèvres de Connor. Il connaît ce jeu. Il sait exactement ce que ça signifie.

— T’as tout compris, Darling.

Je m’approche de lui, sans réfléchir, ma main se posant sur sa nuque. Je l’embrasse, rapidement, efficacement. La guerre est là, mais ça n’efface rien. Pas tout.

Je me redresse, le regard déjà porté sur l’avenir immédiat.

— Je vais m’occuper de mes hommes. Toi, tu prends le côté Est, nous, l’Ouest.

Il hoche la tête, déjà concentré sur ce qui va suivre, comme une machine bien huilée prête à se lancer dans le chaos.

Je me détourne de lui et me dirige vers mes hommes. Certains ont encore l’air sous le choc, mais d’autres sont déjà en mode survie. Certains n’ont peut-être jamais vécu un tel assaut. Certains n’ont peut-être pas le stomach pour ce genre de merdier.

Je croise les bras et hausse la voix, suffisamment fort pour les faire sortir de leurs pensées.

— Bon, les loulous. Je ne sais même pas si vous avez les compétences pour ça, ni si vous avez déjà été dans ce genre de merdier. Mais écoutez-moi bien.

Le silence s’installe instantanément. C’est comme si le temps ralentissait, chacun attendant la suite.

— Je vous force à rien. Si vous ne voulez pas vous battre, vous pouvez rester ici. Personne ne vous jugera.

Pedro s’avance. Il est grand, imposant, et il a ce regard déterminé, un éclat d’honneur dans ses yeux.

— Tu nous as sauvés, alors on se battra à tes côtés.

Un sourire sincère s’étire sur mes lèvres. Ok, ils en ont dans le ventre. Ça va le faire.

— Bien. Alors équipez-vous. Casques, pare-balles, armes. Pas de place pour l’hésitation.

L’air pue la poudre avant même que le premier coup de feu ne parte. La tension est électrique, les hommes s’équipent en silence. L’odeur métallique des armes, des munitions, l’adrénaline qui nous coule dans les veines.

Nous avançons en rangs serrés vers une des entrées latérales du domaine. La porte massive en métal noir nous attend, prête à s’ouvrir sur la guerre.

Avant de l’ouvrir, je me retourne une dernière fois vers eux. C’est ma dernière chance pour qu’ils reculent.

— Bon, tout le monde, j’espère que vous savez tous vous servir de ce type d’armes. Sinon, levez la main tout de suite pour que je vous explique.

Je balaie le groupe du regard. Personne ne bouge. Leurs visages sont figés, prêts à affronter ce qui va arriver.

Un silence lourd.

Puis un rictus s’échappe de mes lèvres.

— Bon, au final, il n’aura pas été si inutile, ce bâtard.

Quelques rires nerveux s’élèvent, comme un dernier souffle avant la tempête.

— Très bien, alors écoutez-moi bien. Vous ne tirez que sur ceux qui vous tirent dessus, pas sur les autres. Et surtout… évitez de crever. Vous venez à peine d’avoir un nouveau départ. Ce serait con de tout foutre en l’air si vite.

Un rire collectif, court, mais puissant, s’élève, marquant cette transition entre l’angoisse et l’acceptation.

Mon regard trouve Gab et Angelo. Je vois les muscles de Gab se tendre, sa concentration aiguisée. Angelo, plus stoïque, est prêt, déjà dans l’action.

— Dernière chose. Si jamais vous ne savez plus quoi faire, adressez-vous à eux. Gab et Angelo sont mes bras droits officiels.

Gab sourit de manière complice, son regard brillant d’un éclat amusé. Angelo, lui, reste impassible, son regard acéré comme une lame de couteau. Parfait.

— Ils ont été formés par moi, donc en théorie, nous prendrons les mêmes décisions.

Je prends une profonde inspiration. Le temps ralentit alors que je pousse la porte.

L’air extérieur est glacé, une morsure brutale contre ma peau brûlante, en contraste violent avec la chaleur suffocante qui régnait à l’intérieur. Mais surtout, il est saturé de bruit. Un chaos de tirs, de cris, de métal qui s’entrechoquent et d’ordres hurlés dans la nuit.

Les balles fusent, lacérant l’obscurité de leurs éclats orangés. L’air sent la poudre, le fer, la mort imminente. Des silhouettes s’agitent dans l’ombre, courant, se plaquant contre des couvertures de fortune, ripostant avec une rage animale. L’adrénaline pulse dans mes veines, affûtant chacun de mes gestes, de mes décisions.

Pas de place pour l’hésitation.

Première cible. Un homme en armure partielle, abrité derrière une voiture criblée d’impacts. Il pense être à l’abri. Je vise. Expiration. BANG. Son corps bascule en arrière, heurte violemment le capot avant de s’effondrer, une mare sombre s’étalant sous lui.

Deuxième cible. Un tir siffle près de mon oreille. Merde. Je me jette au sol, roule sur le côté et remonte mon arme dans la même impulsion. BANG. Mon assaillant s’effondre, le torse troué.

Troisième cible.

Pas le temps de compter.

Gab se faufile entre les balles avec une agilité impressionnante, tirant en rafales, chaque mouvement précis et chirurgical. Il abat deux ennemis avant que le troisième n’ait le temps de réagir. Angelo, lui, est méthodique. Il ne gaspille aucune munition, chaque tir trouve sa cible. Je vois un homme s’effondrer sous sa rafale, un autre tenter de fuir avant de recevoir une balle entre les omoplates.

Je recharge mon AK-47 d’un geste rapide, les mains tremblantes d’excitation et de tension.

Derrière moi, Connor et ses hommes couvrent nos arrières. Une présence rassurante au milieu de ce carnage.

Pedro, un peu plus loin, est touché. Une balle dans le bras. Mais il serre les dents, refuse de s’effondrer.

— Reste en mouvement ! hurlé-je.

Il me lance un regard féroce avant d’hocher la tête et de continuer à tirer, le bras ensanglanté.

Le sol est glissant sous mes bottes. Je ne sais pas si c’est la pluie ou le sang.

Les tirs crépitent encore. Une grenade explose non loin, projetant des débris et une onde de choc qui me secoue de l’intérieur.

Les minutes deviennent des heures. Les secondes sont des siècles.

Puis, d’un coup, le silence.

Un silence brutal. Comme si la nuit elle-même retenait son souffle.

Plus de tirs. Plus de cris.

Seul le vent, sifflant entre les murs criblés d’impacts. Et nos respirations précipitées.

Mon doigt reste crispé sur la détente.

Attente.

Puis, lentement, la réalité s’impose.

On a gagné.

Le silence après une fusillade n’est jamais paisible. Il est chargé d’incertitude, de tension. Une attente lourde, pesante. Y a-t-il encore un ennemi vivant, un dernier souffle dissimulé dans l’ombre, un doigt tremblant qui pourrait encore presser une détente ?

Nous avançons, pas après pas, scrutant les cadavres éparpillés sur le bitume imbibé de sang. L’odeur est écœurante, mélange de poudre et de chair brûlée. Nous marchons parmi eux comme des fantômes, entre la poussière et la mort.

Puis, la confirmation.

Ils ne sont plus. Mon regard est attiré par un corps, affalé contre un mur perforé de balles. Une intuition me pousse à m’approcher.

Le sang imbibe sa chemise sombre. Mon regard suit la trajectoire de ma balle. Droit dans le cœur. Aucun doute, je ne l’ai pas raté.

Derrière moi, Connor s’approche, son aura toujours aussi brûlante.

— Que se passe-t-il, mon amour ?

Sa voix est douce, presque curieuse.

— C’est toi qui l’as tué, Darling ?

Un instant d’arrêt.

Puis, je réalise enfin qui est l’homme au sol.

Son frère.

Je reste figée. Ce n’est pas la première fois que je prends une vie, loin de là. Mais cette fois, c’est différent.

Je lève les yeux vers Connor. Son expression est impassible. Ni rage, ni tristesse. Juste une lassitude teintée de satisfaction.

— Ouais. Pourquoi ?

Il observe le corps quelques secondes, son regard aussi calme que glacé. Puis un sourire en coin étire ses lèvres.

— T’as buté mon frère, Darling. Et je pense que tu n’aurais pas pu mieux viser. Bon, quoique… une balle dans la tête aurait été pas mal aussi. Vu que c’est celui qui t’a tiré dessus quand je t’ai sauvée de ton mariage arrangé !

Je reste figée.

Un putain de courant glacé me remonte le long de la nuque. Mon souffle se bloque dans ma gorge. Je baisse à nouveau les yeux vers le corps, comme si je pouvais y lire une réponse plus claire. Son visage est à moitié dissimulé par l’ombre, mais maintenant que Connor l’a dit… je le reconnais. L’arrogance dans les traits, ce petit air de suffisance reste même dans la mort. Je l’avais oublié. Ou plutôt, je l’avais enfermé quelque part dans un coin de ma mémoire, derrière tout le reste.

Un goût métallique me monte dans la bouche. Mon cœur tape plus fort, pas de peur, non. C’est autre chose. De la rage sourde, peut-être. Ou cette vieille douleur que je croyais digérée.

— Tu te fous de ma gueule… C’était lui ? LUI ?

Ma voix tremble un peu, mais je me redresse. Droite. Le regard fixé sur ce cadavre qui, soudain, me paraît encore plus pathétique.

— C’est lui qui a essayé de me buter mais toi aussi indirectement, Connor. Tu t’en souviens ?

Il s’approche, pose une main sur ma nuque. La pression est douce mais ferme.

— Je m’en souviens. Et j’ai jamais cessé de regretter de l’avoir laissé en vie ce jour-là.

Il te voulait brisée. Moi, je t’ai préférée en feu.

Je détourne brièvement les yeux, avale ma salive avec difficulté. Tout remonte. La robe trop serrée, le parfum des roses fanées, la voix de ma mère, froide comme le marbre, et ce regard — celui du frère de Connor, posé sur moi comme sur une marchandise.

Je reviens à lui. À ce cadavre.

Et puis, je souris. Lentement. Un sourire qui me fend les lèvres comme une lame.

— Finalement, j’ai eu ma revanche. Et ce n’était pas prémédité. C’est ça le plus beau.

Connor lâche un rire bref, sec, aussi amer que le mien. Puis il me lance ce regard — celui qu’il garde juste pour moi. Un mélange de tendresse et de folie, comme une promesse silencieuse.

— Tu l’as eu sans même savoir que c’était lui. Instinct pur. C’est pour ça que je t’aime, Poppy.

Un silence s’installe entre nous, dense, épais. Puis, contre toute attente, on éclate de rire. Un vrai. Nerveux, abîmé, tordu. Mais sincère.

Un rire qui ne soigne rien, mais qui expulse la tension. Un rire qu’on partage au milieu des cadavres, entre le sang et les murs criblés de balles.

C’est fini.

Enfin.

Et quelque part, dans ce chaos… j’ai gagné une bataille que je ne pensais même pas livrer aujourd’hui.

Derrière nous, les hommes de Connor commencent à ramasser les corps, à effacer les traces, à évaluer les dégâts.

On a gagné. Mais à quel prix ?

Les pavés sont rouges de sang. Les murs criblés de balles témoignent du chaos de cette nuit.

Mais ce n’est plus mon problème.

Je me tourne vers mon équipe. Les blessés doivent être soignés.

Il est temps de partir.

L’Infirmerie – Pedro et son Nouveau Destin

L’infirmerie de Connor est rudimentaire, mais fonctionnelle. Une pièce exiguë aux murs délavés, éclairée par une seule ampoule vacillante qui projette des ombres tremblantes sur le sol carrelé. L’odeur âcre du désinfectant imprègne l’air, se mêlant aux relents de sang séché et de sueur. Un parfum familier, presque rassurant dans ce monde où la douleur est une compagne de route.

Au centre de la pièce, deux brancards métalliques aux matelas usés. Contre le mur, une armoire en métal, ses portes légèrement entrebâillées laissant entrevoir des flacons d’alcool, des seringues, et des rouleaux de bandages jaunis par le temps. Une table recouverte d’un linge taché de rouge accueille un chaos organisé de scalpels, compresses et fils de suture.

Pedro est assis sur l’un des brancards, torse nu, son bras gauche enroulé dans un bandage de fortune. La peau autour de la plaie est poisseuse de sang séché, marbrée de bleus violacés. Malgré la douleur qui crispe ses traits, il tient bon, droit, le regard fixé sur un point invisible devant lui.

Je m’approche, accroupie face à lui, et saisis délicatement son bras blessé. La chair est enflée autour de l’impact, mais la balle a traversé. Un coup de chance.

— Bon, il semblerait que la balle soit ressortie. Mon ton est neutre, presque détaché, mais à l’intérieur, je sens encore l’adrénaline vibrer dans mes veines. Il ne te faudra que des points de suture et un peu de repos.

Il hoche la tête, les mâchoires serrées.

— Merci, Poppy.

Je souris légèrement. Un vrai dur à cuire.

— De rien, Pedro. Mais merci à toi de ne pas m’avoir abandonnée.

Nos regards se croisent, et l’instant s’étire. Il sait que je ne dis pas ça à la légère. Je ne distribue pas ma reconnaissance facilement.

Puis, un sourire carnassier étire mes lèvres.

— D’ailleurs, je n’ai pas oublié ce que je t’ai dit. Une fois que le médecin aura fait ses petits points de suture, toi et moi, on va choper Kaïs.

Un éclat de malice traverse son regard. Un rire lui échappe, fatigué mais sincère. Il m’attrape avec son bras valide et me serre contre lui dans une étreinte brève, brutale.

— T’as une putain de mémoire, boss.

Je me redresse et plante mon regard dans le sien.

— Je n’oublie jamais rien, Pedro.

Un raclement de gorge interrompt notre échange.

Le médecin vient d’arriver.

Un homme maigre, usé par le temps, son visage marqué par des cernes profonds et une barbe de trois jours. Sa blouse est froissée, tachée d’auréoles de sueur et de traces de sang séché, mais il n’en a rien à faire. Ce type n’a pas dormi depuis des heures, peut-être même des jours, et pourtant, son regard acéré balaie la blessure de Pedro avec une expertise froide et méthodique.

Sans un mot, il s’installe sur un tabouret bringuebalant et sort une aiguille de suture. Son mouvement est précis, son efficacité brute, sans gestes superflus.

— T’as eu de la chance, marmonne-t-il en préparant son matériel. Une balle plus bas et ton bras était foutu.

Pedro ne répond rien, mais je vois ses jointures blanchir quand il serre le rebord du brancard sous la première piqûre. L’aiguille perce sa peau avec une lenteur cruelle, tirant les bords de la plaie dans un mouvement mécanique.

Je l’observe en silence, les bras croisés.

L’adrénaline redescend lentement, me laissant dans cet état paradoxal où mon corps est à bout de forces, mais mon esprit continue de tourner à plein régime. Je sens la fatigue s’accrocher à mes muscles, peser sur mes paupières, et pourtant, je suis incapable de me détendre.

Les minutes passent, rythmées par le son métallique de l’aiguille qui glisse à travers la chair et le léger grognement de Pedro chaque fois qu’un point est tiré trop fort.

Finalement, le médecin coupe le fil et pose ses instruments.

— C’est bon. Pas d’effort pendant quelques jours.

Pedro souffle, les traits crispés par la douleur contenue.

— Trop aimable, Doc.

Le médecin ne relève même pas, se contentant de ranger son matériel d’un geste las.

Je pose une main sur l’épaule de Pedro, un contact bref, mais ancré.

— Repose-toi un peu. Après, on passe aux choses sérieuses.

Un sourire tordu étire ses lèvres.

— T’inquiète pas pour moi, boss. Je serai prêt.

Je recule, jetant un dernier coup d’œil à la pièce. L’odeur du sang est toujours là, collante, étouffante. Mais ce n’est pas ça qui me dérange.

C’est cette sensation étrange qui grandit en moi.

Ce n’est pas encore fini.

Pas tant que Kaïs respire encore.

L’air est plus lourd que jamais. Même si tout est redevenu silencieux, l’odeur du métal et de la poudre continue de flotter dans les couloirs, imprégnant chaque recoin de ce bâtiment. Un vestige invisible du chaos qui s’est joué ici il y a seulement quelques heures.

Pedro et moi avançons d’un pas mesuré. Lui, encore un peu raide à cause des points de suture, mais refusant de ralentir. Moi, concentrée, les sens en alerte, parce que l’instinct me souffle que la nuit ne soit pas encore terminée.

Nos pas résonnent contre le sol froid. L’écho de notre marche est le seul son qui trouble le calme pesant du repaire. Jusqu’à ce qu’on tourne au détour d’un couloir…

Et qu’on tombe sur eux.

Gab et Angelo.

Je m’arrête net, la gorge soudain serrée. Ils sont vivants.

Gab, ses cheveux en bataille, toujours ce sourire en coin, comme s’il venait de sortir d’une bagarre et qu’il en était fier. Il a un bandage serré autour de l’avant-bras, son sweat imprégné d’une tache sombre et sèche sur le col, vestige d’un affrontement dont je ne connais pas encore tous les détails.

Angelo, lui, est toujours aussi droit, aussi calme. Pas une égratignure apparente, mais ses vêtements sont froissés et je peux lire la fatigue dans son regard perçant.

Un poids quitte instantanément ma poitrine.

Ils sont là. Ils vont bien.

Gab ouvre grand les bras, son sourire s’agrandissant d’un air faussement dramatique.

— Cupcake ! T’as survécu à ta propre connerie, je suis fier de toi.

Je roule des yeux, mais l’éclat amusé dans mon regard trahit mon soulagement.

— T’as vu ça ? J’suis une warrior.

Il ne résiste pas et passe un bras autour de mes épaules, me secouant légèrement avant de me relâcher avec un rire. Je ne peux pas m’empêcher de sourire. C’est con, mais ces petites conneries me rappellent qu’on est encore là, que malgré le carnage, on tient bon.

Angelo s’approche à son tour, plus sobre, plus posé. Il m’attire dans une accolade brève mais ferme, un simple geste qui en dit plus que des mots.

— Connor nous a donné les clés de notre maison, ainsi que celles des autres. On va s’occuper de tout.

Sa voix est toujours aussi maîtrisée, aussi tranchante qu’un ordre. Mais je vois bien qu’il est à bout.

Je hoche simplement la tête, un soulagement sincère s’ancre dans ma poitrine.

— Merci.

Gab hausse les épaules, faussement désinvolte.

— C’est normal. Tu crois qu’on va laisser des gamins paumés sans toi ?

J’inspire profondément, passant une main dans mes cheveux pour me donner une contenance.

— Ça fait du bien de vous voir.

Les mots sortent plus bas, plus vrais que prévu.

Gab échange un regard rapide avec Angelo, un sourire fatigué étirant à peine ses lèvres.

— On est toujours là, Cupcake.

Une accolade sincère. Une tape sur mon dos. Un dernier regard.

Puis, comme des ombres, ils disparaissent dans les couloirs sombres.

Ils ont une mission à accomplir. Offrir un foyer à ceux qui n’en ont jamais eu.

Et Pedro et moi, nous avons la nôtre.

Je tourne la tête vers lui.

— On y va ?

Il hoche la tête, et nous reprenons notre route.

Vers le bureau de Connor.

Parce que Kaïs nous attend.

Enfin…

C’est plutôt nous qui allons le trouver.

Lorsque nous franchissons la porte du bureau, Connor est déjà là, accoudé à son bureau, une cigarette entre les doigts.

Et face à lui, Kaïs.

Les retrouvailles risquent d’être intéressantes.