Voix inconnue
⚠️ AVERTISSEMENT CONTENU POUR ADULTES (18+) Cette histoire contient des scènes explicites, un langage cru, des fantasmes non censurés et une tension psychologique érotique. Elle s’adresse à un public averti, majeur, capable d’apprécier des récits où le désir se glisse entre les mots... et où les voix peuvent séduire autant que les corps. Si ce genre de contenu vous dérange, passez votre chemin. Sinon... approchez. Écoutez attentivement.
Je travaille de nuit. Pas dans un hôpital. Pas dans une usine. Moi, je parle. Et je fais frissonner. Chaque soir, à vingt-trois heures, je m’installe devant un micro, un casque sur les oreilles, une lumière rouge qui s’allume doucement. C’est mon moment.
Ma voix devient leur fantasme. Des lettres anonymes, envoyées à la rédaction, regorgeant de secrets, de corps, de peaux, de soupirs. Je les lis. Lentement. Sensuellement. Je deviens la voix dans leurs oreillers, la respiration au creux de leurs reins. Chaque nuit, ils sont de plus en plus nombreux à m’écouter.
Je m’appelle Miraya Vaskez, et je suis la narratrice de leurs envies les plus inavouables. Mon émission s’appelle *Obsession*. Une heure chaque soir. Juste moi, leurs mots... et ce qu’ils imaginent quand je les prononce.
Mais hier, quelque chose a changé. Pour la première fois, ce n’était pas moi qui lisais un fantasme. C’est lui qui m’en a offert un. Sa voix, d’un ton grave, troublante et terriblement sûre de ce qu’il faisait.
Il ne m’a pas demandé de le lire. Il m’a parlé. Comme s’il me connaissait. Comme s’il m’écoutait depuis des semaines, tapi derrière ses écouteurs. Et depuis, je n’arrive plus à penser à autre chose.
Depuis que je l’ai entendu, je ne parviens plus à penser à autre chose. Sa voix s’est inscrite dans ma mémoire. Elle résonnait, profonde, sereine. Pas le genre de voix qui cherche à impressionner, mais plutôt celle qui sait. Celle qui n’a besoin que de ses mots pour faire céder. Il n’a pas révélé son identité. Il s’est contenté de parler de moi.
De la manière dont je prononce certains mots. De mon souffle lorsque je lis un passage un peu trop intime. De ce léger soupir que je laisse échapper, parfois, entre deux phrases. Je n’aurais jamais pensé que l’on puisse m’écouter de cette façon. Avec tant d’attention. Avec tant de... Désir contenu.
Je ne l’ai pas interrompu. Je n’ai pas raccroché. Je l’ai laissé parler, longtemps... Bien trop longtemps. Et quand la ligne s’est coupée, je suis restée là, immobile, le cœur battant. Comme s’il avait révélé quelque chose sur moi.
Je ne sais pas qui il est. Mais il a franchi une limite. Et ce qui m’effraie le plus, c’est que j’en désire encore. Je n’ai pas encore réécouté l’enregistrement. Mais je sais qu’il est là, rangé dans un dossier privé, étiqueté sous un nom anodin. Invisible aux yeux des autres. Brûlant pour moi.
C’est ridicule. Je lis des histoires pleines de sensualité chaque nuit, je reçois des fantasmes de toutes sortes, des plus doux aux plus troublants. Mais rien ne m’a jamais bouleversée comme ça. Comme lui.
J’ai essayé de me raisonner. De me dire que ce n’était qu’un auditeur parmi tant d’autres. Qu’un homme qui parle bien n’est pas forcément dangereux. Mais ce n’était pas la façon dont il parlait. C’était ce qu’il disait. Ce qu’il devinait.
Il n’a jamais prononcé mon prénom. Il n’a posé aucune question. Mais ses mots m’ont mise à nu. Pas mon corps. Le reste.
Et maintenant, je me surprends à attendre. Je déteste ça. Moi, attendre. Moi, frissonner dans le noir à l’idée qu’il me rappelle. Moi, fantasmer sur une voix sans visage.
Je me dis que c’était un accident. Un appel unique. Une parenthèse.
Mais je sens que ce n’est pas vrai. Je sens qu’il va revenir. Et que la prochaine fois... je ne saurai peut-être pas raccrocher.
Le soir suivant, j’étais prête. Ou du moins, je m’efforçais de m’en persuader.
Sous la douche, l’eau brûlante glissait sur ma peau. J’ai fermé les yeux. Et malgré moi, j’ai pensé à sa voix. À sa manière de combler mes silences. À ce qu’il m’a fait ressentir... sans même me toucher.
J’ai pris plus de temps que d’habitude pour me préparer. Mes mains ont glissé lentement sur mes jambes encore humides, comme pour mieux les sentir exister. J’ai choisi une culotte fine, presque invisible. Un soutien-gorge en dentelle noire, que personne ne verrait. Sauf moi. Sauf lui... dans mon esprit.
Mes cheveux brun foncé tombent en cascade, légèrement ondulés, encore tièdes. J’ai mis un soupçon de parfum dans mon cou. Juste là, où quelqu’un pourrait poser ses lèvres.
Un maquillage léger, mais soigneusement appliqué. Une bouche à peine rosée. Des cils allongés, des pommettes rehaussées. Pas pour le monde, pour lui. Pour sa voix. Pour ce qu’elle réveillait en moi.
Je revêts un pull noir en maille souple, qui épouse élégamment ma peau nue. Le tissu, bien que dénué de tout soutien, me confère une allure assurée. Mon jean préféré, taille haute et ajusté, offre un confort inégalé tout en soulignant harmonieusement mes formes. Je suis prête à m'exprimer, à lire, à afficher un contrôle total. Je le sais avec certitude : je me prépare pour un homme que je ne connais pas.
J’ai pris ma voiture et je suis allée directement au travail. En arrivant, j’ai salué l’équipe et j’ai lancé l’émission comme d’habitude. Voix posée, lecture fluide. Trois fantasmes, trois soupirs. Même rituel, même chaise, même micro. Mais mon cœur battait plus vite que d’habitude. Mes doigts tremblaient légèrement lorsque j’ai ajusté le volume. Pourtant, rien ne me faisait vibrer. Au fond de moi, j’attendais cet homme mystérieux.
La lumière indiquant un appel s’est mise à clignoter, et j’espérais que ce soit lui... L’air s’est figé autour de moi. J’ai appuyé pour répondre et le silence m’a engloutie.
Puis, sa voix a résonné dans mes oreilles comme un doux ronronnement.
– Que portes-tu ce soir ?
Pas d’introduction, pas de détour.
– Tu veux que je devine ?
Je n’ai pas répondu. Mon souffle s’était suspendu.
– Un pull noir, trop fin. Je sais que tes pointes dures contre le tissu. Et ce parfum... intime. Presque animal. Tu l’as mis pour moi, n’est-ce pas ?
Mon ventre s’est contracté. Il ne décrivait pas un fantasme. Il me décrivait moi. Là, en direct.
– Tu t’humidifies les lèvres. Tes jambes sont croisées. Tu retiens ta respiration.
Chaque mot était une caresse. Ou un ordre.
J’ai fait exactement comme il l’a dit. Et j’ai senti une chaleur me dévorer de l’intérieur.
– Tu sens ce que ça fait... D’être nue sans être déshabillée. D’être exposée sans image.
Ma main tremblait sur le micro. Je n’étais pas seule. Je ne l’étais plus depuis qu’il avait parlé.
– Tu devrais raccrocher.
Je suis restée figée. Immobile et très humide.
– Tu veux que je continue ?
Toujours incapable de dire quoi que ce soit. J’aurais dû couper. Me lever et fuir.
Mais j’avais besoin de l’entendre.
– Parce que tu ne respires plus, Miraya.
Mon prénom ! Murmuré comme un secret qu’on ne devrait pas savoir. Je n’avais jamais prononcé mon nom à l’antenne...
Jamais !!!
Et pourtant, il le disait. Avec cette voix rauque et sensuelle. Avec cette autorité douce, presque cruelle. Puis... la ligne s’est coupée brusquement. Comme un orgasme volé.
Je suis restée là, seule avec le silence. Le souffle court et la peau tendue. Les cuisses contractées. Je me suis levée, les jambes faibles. Et une seule pensée m’a traversée, comme un frisson interdit. Il va rappeler, c’est certain.
Et cette fois... Je vais découvrir qui c’est, parce que cet homme me connaît...








