đŸŽ™ïž Obsession : FrĂ©quence interdite

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Summary

Je travaille pour une Ă©mission de radio un peu particuliĂšre. Chaque nuit, j'incarne des fantasmes anonymes, prĂȘtant ma voix aux dĂ©sirs secrets d'hommes et de femmes qui me partagent leurs pensĂ©es les plus intimes. Sans filtre et sans tabou, je les lis Ă  l'antenne, et, depuis quelques semaines, mon audience connaĂźt une vĂ©ritable explosion. Mon patron a eu une idĂ©e audacieuse : ouvrir la ligne aux appels en direct, offrant ainsi une voix Ă  mes auditeurs. J'ai acceptĂ©, motivĂ©e par le jeu, le dĂ©fi et peut-ĂȘtre un brin d'ennui. Mais je ne m'attendais pas Ă  lui. Il n'a pas rĂ©vĂ©lĂ© son nom, seulement sa voix : grave et maĂźtrisĂ©e. Au lieu de partager un fantasme, il a commencĂ© Ă  parler de moi, comme s'il m'avait Ă©coutĂ©e depuis longtemps, comme s'il me connaissait intimement, comme s'il dĂ©sirait... bien plus. Je devrais raccrocher, l'oublier. Mais sa voix me hante, et chaque nuit, il revient. Il ne me touche pas, il me parle. Et c'est bien pire.

Status
Complete
Chapters
26
Rating
4.6 7 reviews
Age Rating
18+

Voix inconnue



⚠ AVERTISSEMENT CONTENU POUR ADULTES (18+) Cette histoire contient des scĂšnes explicites, un langage cru, des fantasmes non censurĂ©s et une tension psychologique Ă©rotique. Elle s’adresse Ă  un public averti, majeur, capable d’apprĂ©cier des rĂ©cits oĂč le dĂ©sir se glisse entre les mots... et oĂč les voix peuvent sĂ©duire autant que les corps. Si ce genre de contenu vous dĂ©range, passez votre chemin. Sinon... approchez. Écoutez attentivement.

Je travaille de nuit. Pas dans un hîpital. Pas dans une usine. Moi, je parle. Et je fais frissonner. Chaque soir, à vingt-trois heures, je m’installe devant un micro, un casque sur les oreilles, une lumiùre rouge qui s’allume doucement. C’est mon moment.

Ma voix devient leur fantasme. Des lettres anonymes, envoyĂ©es Ă  la rĂ©daction, regorgeant de secrets, de corps, de peaux, de soupirs. Je les lis. Lentement. Sensuellement. Je deviens la voix dans leurs oreillers, la respiration au creux de leurs reins. Chaque nuit, ils sont de plus en plus nombreux Ă  m’écouter.

Je m’appelle Miraya Vaskez, et je suis la narratrice de leurs envies les plus inavouables. Mon Ă©mission s’appelle *Obsession*. Une heure chaque soir. Juste moi, leurs mots... et ce qu’ils imaginent quand je les prononce.

Mais hier, quelque chose a changĂ©. Pour la premiĂšre fois, ce n’était pas moi qui lisais un fantasme. C’est lui qui m’en a offert un. Sa voix, d’un ton grave, troublante et terriblement sĂ»re de ce qu’il faisait.

Il ne m’a pas demandĂ© de le lire. Il m’a parlĂ©. Comme s’il me connaissait. Comme s’il m’écoutait depuis des semaines, tapi derriĂšre ses Ă©couteurs. Et depuis, je n’arrive plus Ă  penser Ă  autre chose.

Depuis que je l’ai entendu, je ne parviens plus Ă  penser Ă  autre chose. Sa voix s’est inscrite dans ma mĂ©moire. Elle rĂ©sonnait, profonde, sereine. Pas le genre de voix qui cherche Ă  impressionner, mais plutĂŽt celle qui sait. Celle qui n’a besoin que de ses mots pour faire cĂ©der. Il n’a pas rĂ©vĂ©lĂ© son identitĂ©. Il s’est contentĂ© de parler de moi.

De la maniĂšre dont je prononce certains mots. De mon souffle lorsque je lis un passage un peu trop intime. De ce lĂ©ger soupir que je laisse Ă©chapper, parfois, entre deux phrases. Je n’aurais jamais pensĂ© que l’on puisse m’écouter de cette façon. Avec tant d’attention. Avec tant de... DĂ©sir contenu.

Je ne l’ai pas interrompu. Je n’ai pas raccrochĂ©. Je l’ai laissĂ© parler, longtemps... Bien trop longtemps. Et quand la ligne s’est coupĂ©e, je suis restĂ©e lĂ , immobile, le cƓur battant. Comme s’il avait rĂ©vĂ©lĂ© quelque chose sur moi.

Je ne sais pas qui il est. Mais il a franchi une limite. Et ce qui m’effraie le plus, c’est que j’en dĂ©sire encore. Je n’ai pas encore réécoutĂ© l’enregistrement. Mais je sais qu’il est lĂ , rangĂ© dans un dossier privĂ©, Ă©tiquetĂ© sous un nom anodin. Invisible aux yeux des autres. BrĂ»lant pour moi.

C’est ridicule. Je lis des histoires pleines de sensualitĂ© chaque nuit, je reçois des fantasmes de toutes sortes, des plus doux aux plus troublants. Mais rien ne m’a jamais bouleversĂ©e comme ça. Comme lui.

J’ai essayĂ© de me raisonner. De me dire que ce n’était qu’un auditeur parmi tant d’autres. Qu’un homme qui parle bien n’est pas forcĂ©ment dangereux. Mais ce n’était pas la façon dont il parlait. C’était ce qu’il disait. Ce qu’il devinait.

Il n’a jamais prononcĂ© mon prĂ©nom. Il n’a posĂ© aucune question. Mais ses mots m’ont mise Ă  nu. Pas mon corps. Le reste.

Et maintenant, je me surprends Ă  attendre. Je dĂ©teste ça. Moi, attendre. Moi, frissonner dans le noir Ă  l’idĂ©e qu’il me rappelle. Moi, fantasmer sur une voix sans visage.

Je me dis que c’était un accident. Un appel unique. Une parenthĂšse.

Mais je sens que ce n’est pas vrai. Je sens qu’il va revenir. Et que la prochaine fois... je ne saurai peut-ĂȘtre pas raccrocher.

Le soir suivant, j’étais prĂȘte. Ou du moins, je m’efforçais de m’en persuader.

Sous la douche, l’eau brĂ»lante glissait sur ma peau. J’ai fermĂ© les yeux. Et malgrĂ© moi, j’ai pensĂ© Ă  sa voix. À sa maniĂšre de combler mes silences. À ce qu’il m’a fait ressentir... sans mĂȘme me toucher.

J’ai pris plus de temps que d’habitude pour me prĂ©parer. Mes mains ont glissĂ© lentement sur mes jambes encore humides, comme pour mieux les sentir exister. J’ai choisi une culotte fine, presque invisible. Un soutien-gorge en dentelle noire, que personne ne verrait. Sauf moi. Sauf lui... dans mon esprit.

Mes cheveux brun foncĂ© tombent en cascade, lĂ©gĂšrement ondulĂ©s, encore tiĂšdes. J’ai mis un soupçon de parfum dans mon cou. Juste lĂ , oĂč quelqu’un pourrait poser ses lĂšvres.

Un maquillage lĂ©ger, mais soigneusement appliquĂ©. Une bouche Ă  peine rosĂ©e. Des cils allongĂ©s, des pommettes rehaussĂ©es. Pas pour le monde, pour lui. Pour sa voix. Pour ce qu’elle rĂ©veillait en moi.

Je revĂȘts un pull noir en maille souple, qui Ă©pouse Ă©lĂ©gamment ma peau nue. Le tissu, bien que dĂ©nuĂ© de tout soutien, me confĂšre une allure assurĂ©e. Mon jean prĂ©fĂ©rĂ©, taille haute et ajustĂ©, offre un confort inĂ©galĂ© tout en soulignant harmonieusement mes formes. Je suis prĂȘte Ă  m'exprimer, Ă  lire, Ă  afficher un contrĂŽle total. Je le sais avec certitude : je me prĂ©pare pour un homme que je ne connais pas.

J’ai pris ma voiture et je suis allĂ©e directement au travail. En arrivant, j’ai saluĂ© l’équipe et j’ai lancĂ© l’émission comme d’habitude. Voix posĂ©e, lecture fluide. Trois fantasmes, trois soupirs. MĂȘme rituel, mĂȘme chaise, mĂȘme micro. Mais mon cƓur battait plus vite que d’habitude. Mes doigts tremblaient lĂ©gĂšrement lorsque j’ai ajustĂ© le volume. Pourtant, rien ne me faisait vibrer. Au fond de moi, j’attendais cet homme mystĂ©rieux.

La lumiĂšre indiquant un appel s’est mise Ă  clignoter, et j’espĂ©rais que ce soit lui... L’air s’est figĂ© autour de moi. J’ai appuyĂ© pour rĂ©pondre et le silence m’a engloutie.

Puis, sa voix a résonné dans mes oreilles comme un doux ronronnement.

– Que portes-tu ce soir ?

Pas d’introduction, pas de dĂ©tour.

– Tu veux que je devine ?

Je n’ai pas rĂ©pondu. Mon souffle s’était suspendu.

– Un pull noir, trop fin. Je sais que tes pointes dures contre le tissu. Et ce parfum... intime. Presque animal. Tu l’as mis pour moi, n’est-ce pas ?

Mon ventre s’est contractĂ©. Il ne dĂ©crivait pas un fantasme. Il me dĂ©crivait moi. LĂ , en direct.

– Tu t’humidifies les lĂšvres. Tes jambes sont croisĂ©es. Tu retiens ta respiration.

Chaque mot était une caresse. Ou un ordre.

J’ai fait exactement comme il l’a dit. Et j’ai senti une chaleur me dĂ©vorer de l’intĂ©rieur.

– Tu sens ce que ça fait... D’ĂȘtre nue sans ĂȘtre dĂ©shabillĂ©e. D’ĂȘtre exposĂ©e sans image.

Ma main tremblait sur le micro. Je n’étais pas seule. Je ne l’étais plus depuis qu’il avait parlĂ©.

– Tu devrais raccrocher.

Je suis restée figée. Immobile et trÚs humide.

– Tu veux que je continue ?

Toujours incapable de dire quoi que ce soit. J’aurais dĂ» couper. Me lever et fuir.

Mais j’avais besoin de l’entendre.

– Parce que tu ne respires plus, Miraya.

Mon prĂ©nom ! MurmurĂ© comme un secret qu’on ne devrait pas savoir. Je n’avais jamais prononcĂ© mon nom Ă  l’antenne...

Jamais !!!

Et pourtant, il le disait. Avec cette voix rauque et sensuelle. Avec cette autoritĂ© douce, presque cruelle. Puis... la ligne s’est coupĂ©e brusquement. Comme un orgasme volĂ©.

Je suis restĂ©e lĂ , seule avec le silence. Le souffle court et la peau tendue. Les cuisses contractĂ©es. Je me suis levĂ©e, les jambes faibles. Et une seule pensĂ©e m’a traversĂ©e, comme un frisson interdit. Il va rappeler, c’est certain.

Et cette fois... Je vais dĂ©couvrir qui c’est, parce que cet homme me connaĂźt...