L'alpha et la solitaire

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Summary

Rejetée par sa meute et marquée par une solitude profonde, Elaya est une Luna sans Alpha, une louve solitaire condamnée à errer entre les ombres de la forêt et les silences de son cœur. Jusqu’au jour où le destin l’entraîne sur le chemin de Kaël, l’Alpha le plus puissant et redouté du monde lycan. Lui, froid, dominateur, n’a jamais cru aux liens du destin. Elle, blessée mais farouche, ne veut plus se soumettre à personne. Pourtant, dès leur première rencontre, un lien ancien et irrésistible s’éveille entre eux. Mais s’unir ne suffira pas : ennemis, trahisons, et secrets enfouis menacent de tout détruire. Entre force et vulnérabilité, loyauté et passion, Elaya devra découvrir que parfois… il faut s’embraser pour renaître.

Status
Complete
Chapters
20
Rating
4.6 7 reviews
Age Rating
18+

Laya...


Je suis Laya, autrefois Luna du clan de la Marque Sombre.

Autrefois… car ce titre ne m’appartient plus.

J’ai été bannie. Rejetée par les miens, trahie par celui qui m’avait promis fidélité et meute.

Mon compagnon.

Celui qui jurait que j’étais son unique.

Mais il n’avait plus d’yeux pour moi. Une autre louve a pris ma place, dans son regard, dans sa couche, dans le cœur du clan.

Et moi… j’ai été jetée aux crocs de l’oubli.

À ce moment-là, quand il a détourné les yeux, quand son silence est devenu plus tranchant qu’un hurlement, j’ai compris.

La solitude m’a engloutie d’un seul coup, violente, brutale.

Une trahison qui m’a déchirée de l’intérieur.

Un vide si froid que j’ai cru que mon cœur allait s’arrêter.

La douleur était réelle. Crue. Dévastatrice.

Mais je n’ai plus le luxe d’y céder.

Pas ce soir.

Ce soir, je dois fuir.

S’ils me trouvent, ils m’abattront comme une bête blessée, sans une pensée, sans un regret.

Et pourtant…

C’est moi qui veillais sur eux.

Moi qui m’assurais, chaque nuit, que les frontières étaient sûres, que les plus jeunes dormaient sans peur, que la meute restait unie malgré les tensions.

Mais ça, ils ne le savent pas. Ou ne veulent plus s’en souvenir.

C’est terminé.

Je refuse de leur offrir ma fin.

Je ne leur laisserai pas la satisfaction de me voir brisée.

Ils m’ont déjà prise, volée, défaite.

Mais ce qu’il me reste, cette part de moi qu’ils n’ont pas pu tuer, je la protégerai jusqu’au bout.

Je suis forte. Déterminée.

Je serre les dents. Mon souffle est court, mon cœur bat à tout rompre, mais je tiens bon.

Je prends mon courage à deux mains.

Mes poignets saignent sous le frottement des chaînes. Ils ont enduit le métal d’aconit du loup, croyant que ça suffirait à m’abattre. Ils m’ont sous-estimée. Comme toujours.

Le poison brûle mes veines, ralentit mes muscles, engourdit mes sens. Mais je ne plie pas.

Parce que je ne suis pas qu’une Louve. Je suis aussi Luna, même déchue.

Et je ne suis pas vide.

En moi, il y a un feu. Un pouvoir ancien. Caché. Inavoué.

Ils ne savent pas ce que je suis vraiment.

Ils n’ont jamais su.

Je ferme les yeux. Je cherche cette chaleur au creux de moi, ce brasier que j’ai appris à taire pendant des années. Il frémit, timide d’abord, puis il répond à mon appel.

La flamme s’éveille.

Elle se glisse le long de mes bras, murmure contre le métal, danse au bout de mes doigts.

Je contrôle le feu.

Et le feu, ce soir, sera mon arme. Ma délivrance.

Qu’ils viennent.

Qu’ils regardent leur prison s’effondrer.

Laya ne se soumet pas.

Laya brûle.

Le feu court le long de mes bras, léchant doucement mes poignets entravés. La douleur du métal empoisonné se mêle à celle du pouvoir qui pulse sous ma peau, sauvage, indompté. Je serre les mâchoires alors que la chaleur s'intensifie.

Craquement.

Le métal grince, se dilate. L’aconit crépite sous l’effet de la chaleur. Il se consume lentement, comme s’il comprenait qu’il avait perdu.

Je hurle, pas de souffrance, mais de volonté. Le feu obéit.

D’un coup sec, je tire. Les chaînes cèdent dans un grondement rauque, une gerbe d’étincelles jaillit, et je tombe à genoux, haletante, libre.

Mon corps tremble. L’aconit est encore là, sournois, tapi sous ma peau. Mais je suis debout.

Je me lève.

Autour de moi, la pièce est sombre – une vieille cabane en pierre, perdue quelque part entre les bois et l’oubli. Ils m’ont attachée loin du cœur du territoire, comme si mon bannissement ne leur suffisait pas.

Idiots.

Je tends la main vers la porte. Une flamme fine s’élève au bout de mes doigts, glisse le long du bois gorgé d’humidité. Elle hésite, puis s’engouffre dans les fissures. Les planches cèdent, noircissent, s’effondrent sous mon pas.

L’air frais me gifle le visage. La forêt m’attend.

Mais je sais que je n’ai pas beaucoup de temps. Les guetteurs reviendront avant l’aube. Ils croiront m’y trouver encore enchaînée, brisée.

Qu’ils viennent.

La lune perce entre les branches, blanche et haute. Mon ancienne alliée. Aujourd’hui, elle m’éclaire sans me bénir.

Je cours. Pieds nus, blessée, mais vivante.

Libre.

Le feu s’est replié en moi, tapi dans mes os, attendant mon prochain appel.

Et pendant que je fuis à travers les sous-bois, une promesse bat dans ma poitrine comme un second cœur :

> Ils regretteront de m’avoir laissée en vie.

Je suis fatiguée. Épuisée.

Chaque pas est un supplice. Mon souffle est court, ma vision vacille. L’aconit du loup est toujours dans mon sang, sournois, brûlant. Il affaiblit mes muscles, alourdit mes pensées.

Je vacille, m’appuie contre un arbre. L’écorce râpe mes paumes, mais je m’en fiche. Je dois tenir bon.

Je le sens — ce feu en moi, ce don, cette malédiction — il est là, mais affaibli lui aussi. Il pulse faiblement, comme une braise au bord de l’extinction.

Je dois me reposer. Je le sais.

Mais pas ici, pas maintenant.

Je ne suis pas encore sortie du territoire du clan. La Marque Sombre pourrait m’avoir traqué dès l’instant où les chaînes sont tombées. Leurs pistes sont partout. Ils connaissent cette forêt mieux que moi. Je suis chez eux, même si je n’en fais plus partie.

Je lève les yeux vers la lune, ma vieille complice silencieuse. Elle m’observe sans m’aider.

Je voudrais me transformer. Courir à quatre pattes, filer comme le vent entre les troncs, disparaître dans la nuit.

Mais je ne peux pas.

Mon corps est trop faible.

Ma louve est là, sous ma peau, gronde, réclame la fuite, mais je suis incapable de lui céder la place.

Alors je marche.

Un pas. Puis un autre.

La douleur est partout, mais je continue.

Je ne sais pas encore si j’ai franchi la frontière du clan. Je n’ai plus de repères, plus de balises, plus d’odeurs familières. Mais je dois y arriver. Je dois quitter ces terres avant qu’ils me retrouvent.

Je n’ai pas le choix.

— Allez, Laya…

Ma voix est rauque, à peine un murmure.

— Montre-leur ta force. Ne t’effondre pas maintenant.

Je m’arrache au tronc, me redresse, vacillante, et reprends ma marche.

Un pas après l’autre.

Vers la liberté.

Vers ce que je suis vraiment.

Et surtout… loin d’eux.

Scène – L’étrange Alpha

Le sol tangue sous mes pas. Mes jambes me portent à peine, mais je continue, obstinée, crasseuse, haletante… à moitié morte, mais toujours fière.

Et bien sûr, c’est exactement à ce moment-là que je le sens.

Quelque chose… ou plutôt quelqu’un m’observe.

Je me fige. Tous mes sens en alerte — autant qu’ils peuvent l’être avec de l’aconit dans les veines et une entorse à la cheville.

— Tu saignes, dit une voix, douce et grave. Presque amusée.

Je me retourne d’un coup sec.

Mauvaise idée. La tête me tourne et je manque de tomber sur les fesses.

Il est là, adossé à un arbre, comme s’il posait pour une fresque héroïque. Grand, calme, vêtu d’un manteau noir ouvert sur un torse nu parfaitement insolent. Ses yeux dorés brillent dans l’ombre.

— T’étais censée me faire peur en sortant des buissons ? je crache, le souffle court.

Il sourit, ce con. Un sourire lent, comme s’il goûtait ma réaction.

— Non. Je voulais juste voir combien de temps tu tiendrais avant de t’écrouler.

— Charmant. T’as une potion magique dans ta poche, ou t’es juste venu t’assurer que je meure dignement ?

Il penche la tête, son regard me détaille comme un prédateur analyse une proie — ou une bête curieuse échappée d’un cirque.

— T’es pas du coin. T’es blessée. Tu pues l’aconit. Et pourtant, tu respires encore.

Il marque une pause, puis ajoute :

— Tu es Laya. L’ex-Luna de la Marque Sombre.

Je plisse les yeux. Mes poils se hérissent. Comment sait-il qui je suis ? Et pourquoi son ton est-il si… moqueusement calme ?

— T’es qui, toi ? Le concierge de la forêt ? Ou juste un pervers avec un bon odorat ?

Il éclate de rire. Un vrai, franc, qui me prend de court.

— Je suis Kael. Alpha du clan de l’Ombre Silencieuse.

...Oh.

Silence. Mon cerveau met une seconde à enregistrer.

Puis je cligne des yeux.

— Pardon ?

— Tu sais, le "clan le plus dangereux du monde", "les loups sans trace", "les tueurs invisibles"… tout ça. C’est nous.

Je le dévisage. Il n’a pas l’air du tout terrifiant. Il a même une mèche rebelle qui lui tombe sur l’œil gauche. Et un air de mec qui s’ennuie en pleine guerre.

— Eh ben... j’imaginais un peu plus de… terreur. Moins de cheveux brillants.

Il hausse les épaules.

— On fait peur quand on veut. Mais là, tu m’amuses trop.

Je grogne. Littéralement.

— J’ai pas besoin de ton aide.

— Non. Mais tu vas quand même tomber dans trois… deux… un…

Je m’effondre. Juste à ses pieds. La tête contre un tapis de mousse moelleuse, mon ego dans la boue.

— …Conasse de prophétie, je murmure.

Kael s’accroupit, penche la tête vers moi, amusé et… curieusement attentif.

— Bon. Allez, Laya. Je te ramène chez moi avant que tu deviennes un casse-croûte pour renards.

Je veux protester, mais mes lèvres refusent de bouger. La forêt tourne.

Avant de sombrer, j’entends encore sa voix, basse et presque… douce.

— Toi et moi, on a des choses à se dire. Et tu vas me plaire. Je le sens.

À suivre… J’espère de tout cœur que ce premier chapitre vous a plu ! N’hésitez pas à partager vos impressions en commentaire, et si le cœur vous en dit, laissez un petit j’aime pour m’encourager. 💕