Une rencontre imprévue

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Summary

Lucille, une jeune fleuriste, travaille tranquillement dans sa boutique, lorsque deux clients singuliers y entrent. Une étrange rencontre qui va avoir des répercussions sur sa vie, même si depuis cinq ans la vie sur Terre a beaucoup changé...

Genre
Romance
Author
Cristeld
Status
Ongoing
Chapters
44
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1 : Des clients singuliers

Alors que je suis en train d’installer dehors les pieds de pensées, je les vois arriver.

La haute silhouette, l’allure féline, tous les deux aussi bruns l’un que l’autre, ils sont facilement repérables. Avec un soupir, je rentre dans la boutique pour me diriger vers le comptoir. J’adore ce comptoir. Il est en bois brut, très grand. Je peux travailler dessus mes compositions en ayant tout l’espace nécessaire. Autrefois, ce magasin était le magasin d’un tailleur, on pouvait y étaler au moins trois mètres de tissu tranquillement. Moi, maintenant, j’y mets des fleurs. Mon grand-père, quand il a racheté la boutique, n’a rien changé, il l’a gardé tel que. Il l’a juste poncé et verni.

Je reprends les roses et recommence à couper les épines. C’est à ce moment-là que j’entends le tintinnabule de la clochette. Et que je les vois entrer dans ma boutique.

Je lève les yeux de ma tâche, et la surprise m’étreint.

D’habitude, ils font des courses au primeur ou chez le boulanger. Jamais je n’en ai vu encore entrer dans mon magasin de fleurs.

La femme franchit le seuil et l’homme la suit.

Ils sont vêtus avec élégance, elle avec une longue robe manche courte en coton fluide perle qui valorise sa silhouette élancée, et lui avec une chemise bleu ciel et un jean noir de marque qui moule son corps athlétique. Ils dégagent tous deux énormément de charme. Alors, aussitôt. comme d’habitude, je greffe sur mes lèvres un sourire accueillant :

— Bonjour madame, bonjour monsieur.

La femme incline la tête et me salue à son tour avec une intonation agréable :

— Bonjour.

Elle regarde autour d’elle, puis me désigne une de mes compositions de fleurs blanches et d’épis de blé.

— C’est vous qui faites ça ?

Je la regarde, un peu surprise :

— Oui.

— Est-ce que vous pourriez en faire au moins une trentaine comme ça ?

— Pardon ?

— Nous organisons un repas, explique-t-elle, et je trouve que ça serait une très jolie façon de décorer la salle.

— Oui, je comprends tout à fait. Et c’est pour quand ?

— Dans trois jours.

Je déglutis, complètement abasourdie, la fixant du regard.

— Pour dans trois jours ? répété je.

— Oui.

Rapidement, je réfléchis et je compte. Si je vois avec mes collègues de la ville voisine, je peux arriver à réunir ce qu’il faut. Ce n’est pas la première fois qu’on s’entraide. Je peux y arriver. Par contre, mes nuits vont être très courtes, donc là, ma fille, il va falloir que tu demandes de l’aide. Mais c’est faisable.

— Et vous auriez besoin d’autre chose ? m’enquiers-je.

— Je cherche à garder le même type de décoration. Oui, je voudrais une atmosphère campagnarde… si vous voyez ce que je veux dire ?

J’acquiesce, et déjà dans ma tête se dessine un projet.

L’homme intervient alors :

— Nous voulons reproduire l’atmosphère de notre planète. Mais avec des fleurs d’ici.

Sa voix est profonde, elle me donne un frisson dans le dos. Et je ne parle pas du moment où je croise son regard ! Comment rester stoïque face à cela ! et je suis certaine qu’il ne loupe rien de mon émoi ! d’ailleurs il me semble même relever sur son expression de l’amusement, bien que ce soit fugace. Je me mords les lèvres, puis demande d’une voix que j’espère assurée, mais qui résonne très différemment à mes oreilles :

— Quelle est la salle ?

— J’ai acheté dernièrement le domaine des Eaux claires. Et nous avons transformé l’ancienne étable.

Ce projet m’enthousiasme aussitôt !

— Donc une dominante de pierre et de bois ?

Il acquiesce d’un signe de la tête.

— Je vois ce qu’il faut.

— Vous pouvez le faire ? demande la jeune femme.

— C’est possible.

Mon inflexion doit être hésitante, car elle déclare immédiatement :

— Il va sans dire que nous paierons le prix qu’il faut, n’y a pas de problème pour ça.

C’est clair qu’il n’y a pas de problème d’argent avec eux !

— Vous pensez que cela va coûter combien ? demande alors l’homme.

— Pour le moment, je peux vous donner une fourchette de prix.

Il incline la tête et timidement, je saisis ma calculette, un morceau de papier et un crayon et commence à faire mes calculs. Une trentaine de compositions. Il y a également ce que j’ai dans ma réserve. Le temps passé à décorer et à trouver des éléments, mon travail…

Lorsque j’arrive au bout, la somme me sidère, et je lâche dans un souffle :

— Grosso modo, entre mille cinq cents et deux mille euros. Je vends déjà les compositions, une vingtaine d’euros, donc...

Un grand sourire s’affiche sur les lèvres de la femme :

— Cela me convient. Et vous pensez que tout sera prêt pour le repas de midi ?

— Si j’arrive de très bonne heure, oui, c’est possible. Mais il faudra que quelqu’un puisse m’ouvrir la salle.

Ils se regardent. Et l’homme opine du chef.

— Si vous me dites à peu près vers quelle heure vous pensez arriver, je serai là pour ouvrir.

— Entre six et sept heures du matin. Je vais avoir le temps de tout faire et ainsi les plantes seront fraîches donc ça sera plus facile pour travailler. Si je m’abuse, normalement il y a une forêt pas très loin où je pense aller chercher quelques matières naturelles. Je vais arriver à me débrouiller.

— Vous aurez besoin d’aide ?

— Je connais des personnes qui pourront m’apporter leur assistance. Par contre, pourrez-vous m’envoyer des photos de la salle.

Et je lui tends une de mes cartes.

— Bien sûr, je vous envoie cela dès que nous rentrons. Alors c’est parfait.

Avec surprise, je la vois me tendre une de liasse de billets, qu’elle sort de son sac.

— Avec ceci, vous avez à peu près la moitié de la somme. Ça vous aidera peut-être pour acheter ce qu’il vous faut.

— Je…

Face à mon embarras évident, elle pose la liasse sur le comptoir, puis elle se cantonne à sourire gentiment :

— Alors on vous attendra donc samedi matin entre six heures et sept heures, il n’y a pas de souci. Vous n’aurez qu’à me donner à ce moment-là le reste de la facture et je vous paierai le reste.

— Je vais tout faire pour que ça soit prêt.

— Je n’en doute pas. On nous a dit que vous étiez très professionnelle, et que votre travail était très minutieux.

— On ?

— Oui, vous connaissez peut-être Madame Charvet ?

— Oui, je vois, c’est la voisine de mes grands-parents…

— Oui, elle effectue le ménage au domaine. Et au cours d’une discussion, je lui ai posé la question si elle connaissait quelqu’un qui pourrait s’occuper de ça, et elle m’a parlé de vous. Donc, nous nous sommes dit que puisque nous devions faire des courses dans le village, nous passerions vous voir pour en parler. Et je suis enchantée que nous ayons pu trouver une solution, car il est vrai, cela a été assez soudain à organiser. À samedi, madame.

Et sur une inclinaison de la tête, ils sortent tous les deux de ma boutique.

J’attends un peu qu’ils soient un peu loin pour m’effondrer sur ma chaise.

C’est le genre de choses que je n’aurais jamais imaginé. Oui, j’en ai rencontré. Mais je n’ai jamais eu l’occasion d’en voir dans ma boutique, en face à face, ou de parler avec eux, même si la conversation est surtout restée sur le plan professionnelle.

Deux asmariens. Capitreh