La course sans fin
J’ouvre les yeux, je ne sais pas où je suis. Tout est noir autour de moi.
Je suis essoufflé, fatigué, on dirait que… Oui c’est ça, je suis en train de courir.
Pourquoi ?
Pendant ma course j’observe autour de moi. J’essaie de savoir où je me trouve, quelque chose qui me donnerait des indices. Je vois des arbres au loin, du Pin, c’est une forêt. Pourtant je suis plus haute que les arbres. Comment c’est possible ?
Je regarde droit devant. Je suis sur un pont, je cour sur une voie ferrer. Le vide m’entoure. Je ne peux dévier ma route.
Je suis si fatigué, le souffle commence à manquer.
Je m’arrête…
Je m’écroule sur la voie, j’essaie de reprendre mon souffle. J’entends du bruit. On dirait le grondement d’une locomotive.
NON…
⁂⁂⁂
Un sifflet retenti, je me retourne, le train me suis, il arrive, il approche.
Je relève en sursaut. Les yeux écarquillés par la stupéfaction. L’angoisse monte.
J’ai à peine le temps de reprendre mon souffle que je me retourne et commence à courir.
Je comprends maintenant l’enjeu de ma course. Je ne réfléchis pas et je fonce, aussi vite que je le peux. Plus je cours plus la distance entre moi et la fin de ce pont me semble interminable.
J’ai peur…
Par désespoir je regarde dans le vide de gauche à droite, en espérant y distinguer une rivière avec une assez bonne profondeur où je pourrai plonger pour m’échapper de ce cauchemar.
Hélas, il y en a bien une, mais elle est quasiment asséchée.
Je suis perdu…
Je continu de courir mais je ne vais pas tarder à être à bout de souffle et le bout du pont est encore très loin.
Je me retourne pour voir la distance qui me sépare de mon funeste destin. Il se rapproche de plus en plus.
J’accélère, je sens que ma fin est proche, j’espère un miracle…
Pourquoi ça m’arrive ?
Le bruit s’intensifie, il est assourdissant, je m’arrête pour me boucher les oreilles. J’ai mal !
Tout en gardant mes mains sur mes oreilles je me retourne et affronte l’inévitable. La lumière est aveuglante. Mes sens sont chamboulés.
La lumière se rapproche, elle tout près…
⁂⁂⁂
J’ouvre les yeux, je ne sais pas où je suis. Tout est noir autour de moi. Je suis essoufflé. Je regarde autour de moi. Je suis dans ma chambre près de ma porte la main appuyée sur l’interrupteur.
Je ne me rappel pas d’avoir marché jusque-là.
Devant moi il n’y a pas de train, mais mon lit, il est défait. Une fois mon souffle repris, je lève les yeux vers le vélux de ma chambre, il fait nuit.
C’était un cauchemar…
Je suis en vie, tout n’était qu’un rêve, enfin un cauchemar. Je ne suis pas somnambule pourtant. Comment je suis arrivé à l’autre bout de ma chambre si je dormais ?
Le rêve et la réalité se sont superposés.
Je courais pour échapper au train et sa lumière m’aveuglait.
Au même moment, mon corps, en vrai, a pu se lever et courir en reproduisant l’action de mon rêve. Ce qui explique mon essoufflement.
Impressionnant…