Chapitre 1
Chapitre 1 : La cicatrice du passé.
Il y a des souvenirs qui ne disparaissent jamais, même quand le temps s’acharne à les effacer. Ils s’accrochent à nous comme une cicatrice profonde, invisible à l’œil nu, mais qui brûle dès qu’on y touche. Mon histoire commence là, dans cette douleur silencieuse qui refuse de mourir. Je me souviens du premier jour où tout a basculé. Le ciel paraissait lourd, comme s’il partageait ma peine. Chaque souffle de vent me rappelait l’absence, chaque rayon de lumière semblait ironiser sur mon obscurité intérieure. Je n’avais pas encore compris que la vie avait décidé de me briser, sans prévenir, sans pitié. Depuis, je marche avec ce poids au fond du cœur. Les gens disent que le temps guérit toutes les blessures, mais ils ignorent qu’il existe des plaies qui ne cicatrisent jamais vraiment. Elles se referment en surface, mais elles saignent encore dès qu’on les frôle. Mon amour perdu est devenu cette blessure, un gouffre qui avale mes nuits et assombrit mes jours. Chaque matin, je me lève avec l’impression de porter une armure faite de souvenirs. Des rires, des promesses, des regards — tout cela résonne encore dans mon esprit. Mais quand j’essaie de tendre la main, il ne reste rien, seulement le vide. Et ce vide est plus cruel que la douleur elle-même, car il me rappelle sans cesse que je n’ai plus rien à retenir. J’ai essayé d’oublier, de fuir, de me reconstruire. Mais comment reconstruire une maison quand les fondations ont été détruites ? Comment sourire quand chaque sourire rappelle celui que j’ai perdu ? Parfois, je ferme les yeux et je revois ce visage, cette chaleur, cette présence qui donnait un sens à mon existence. Puis je les rouvre, et je retrouve la froideur d’un monde qui ne m’attend plus. Les nuits sont les pires. Dans le silence, mes pensées se déchaînent comme une tempête. Les souvenirs reviennent avec violence, m’assaillent sans répit. Alors je parle au vide, je parle à l’absence, comme si elle pouvait encore m’entendre. « Tu me manques », murmure ma voix brisée. Mais seule l’ombre m’écoute. Pourtant, malgré la douleur, malgré les larmes, il y a au fond de moi une étincelle que je n’arrive pas à éteindre. Peut-être est-ce l’espoir, ou peut-être une malédiction. Cette petite lumière me rappelle qu’un jour, j’ai aimé, et que cet amour, même s’il m’a détruit, a aussi donné un sens à mon existence. C’est ainsi que je continue à avancer, pas après pas, sur ce chemin de solitude. Avec, dans ma poitrine, la cicatrice du passé. Elle ne disparaîtra jamais. Mais peut-être qu’un jour, elle cessera de saigner.