Good boy gone bad

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Summary

Mélina vit dans une maison ancienne, où une présence semble veiller sur elle. Au lycée, Léo est ce garçon charmant que tout le monde connaît. Mais certains détails ne collent pas. Chez Mélina, des objets apparaissent, disparaissent, ils semblent pas de cette époque. Et Mélina commence à comprendre : Léo n’est peut-être pas celui qu’il semble être. Et ce qu’il fait pour elle… n’a rien d’innocent

Status
Ongoing
Chapters
12
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapitre 1

— Mélina c’est l’heure ! prévient ma mère.

Je descends les escaliers en trombe avant de mettre mes chaussures et de récupérer mon sac. Elle m’arrête pour vérifier mon uniforme. Elle remet ma cravate correctement puis on quitte la maison. Je m’installe dans la voiture, j’attache ma ceinture et on se rend au lycée.

Sur le trajet, elle me rappelle qu’il y a un nouvel élève qui arrive dans ma classe.

— Punaise, j’avais oublié ! m’exclamé-je.

Je la vois sourire, je me tape le front.

— En plus, en tant que déléguée, c’est toi qui dois t’en occuper, rappelle-t-elle.

— Pas faux…

On finit par arriver au lycée, on sort de la voiture avant qu’elle la verrouille. Je la salue avant d’aller jusqu’à mon casier. Dans le couloir, je vois un groupe de filles entourer une personne. Je jette un œil avant de voir un jeune homme que je n’avais jamais rencontré avant. Sûrement le nouveau. Je le détaille discrètement. Plutôt grand, les cheveux blond polaire coiffés à la samouraï. Je n’arrive pas à voir la couleur de ses yeux, mais grâce aux rayons du soleil, je peux déjà m’apercevoir qu’ils sont clairs. En tout cas, à peine arrivé, déjà harcelé par ces filles.

— Le pauvre, chuchoté-je.

J’arrive à mon casier, je l’ouvre afin de déposer les cahiers et livres des cours de cet après-midi puis je récupère ceux pour ce matin. Je le referme au moment où la sonnerie retentit et je me dirige vers la salle de classe. Première matière, celle que je hais, les mathématiques et le comble : C’est ma mère la professeure. L’inconvénient d’être l’élève de… Tout le monde pense que je suis favorisée, qu’elle m’aide à faire mes devoirs, mais non. Elle me laisse me débrouiller, comme les autres. Concernant les contrôles, je ne suis pas non plus privilégiée. Au contraire… Je ne fais même pas partie du top 10 des meilleurs élèves.

On s’installe tous à notre place, ma mère entre avec le nouveau que j’ai vu tout à l’heure. Je peux enfin apercevoir la couleur de ses yeux. Gris clair. L’une des couleurs les plus rares. Je pense que si je l’ai face à moi, je risque de ne pas réussir à quitter son regard. J’avoue.

— Bonjour, commence ma mère, je vous présente Léo Evenglade, il vient d’arriver dans la ville et il sera dans votre classe.

Je vois qu’elle se tourne vers moi avant de me pointer du doigt, je me lève.

— Léo, ça sera Mélina qui s’occupera de ton intégration.

Je le vois acquiescer avant que ma mère l’invite à s’installer à une table. Je regarde discrètement les filles qui ne le quittent pas des yeux quand il traverse une des rangées pour s’asseoir à la table derrière moi. Amen. J’entends les filles râler, je soupire, elles me désespèrent. Ma mère commence son cours en nous rendant d’abord nos copies du dernier contrôle. Elle ne fait jamais de remarques, elle déteste dénigrer les élèves et se baser sur de simples notes. Quand un élève n’a pas réussi, elle fait en sorte de reprendre cet exercice en classe pour expliquer d’une différente manière. Quand elle arrive devant moi et qu’elle me rend ma copie, à son regard, je sais que je n’ai pas la moyenne. J’ai un peu honte de ne pas être à la hauteur, de, peut-être la décevoir même; Je regarde ma note avant de me pincer la lèvre inférieure.

— Désolée, chuchoté-je.

Elle ne me répond pas puis elle part se placer sur la petite estrade avant de commencer le cours. J’ai battu mon record avec ma note. Deux et demi sur vingt… Là, elle peut me renier à ce niveau.

— C’est pas ton fort cette matière.

Je suis surprise d’entendre la voix de Léo. Une voix à la fois posée mais grave que ça m’en donne des frissons.

— Échec monumental, chuchoté-je sans me retourner.

— Je t’aiderai, si tu veux.

— Matheux ? demandé-je.

— Scientifique.

J’esquisse un sourire. Je me tourne légèrement, j’ai le malheur de croiser son regard. Putain, les yeux qu’il a. J’avais raison, je vais m’y perdre.

— Mélina, le cours c’est en face de toi, pas derrière, interpelle ma mère.

— Pardon mam…Madame.

Ce réflexe à la con à chaque fois. Ça fait rire les élèves et certains commencent à se moquer de moi. Je préfère ne rien dire. J’y ai droit à chaque fois de toute manière. Je me repenche sur mon cahier jusqu’à la fin du cours.

Quand la pause de midi arrive, je pars à mon casier pour échanger mes manuels et cahiers. Quand je le referme, je sursaute en voyant Léo adossé contre les autres.

— Tu m’as fait peur, dis-je en posant ma main sur ma poitrine.

— Désolé, ce n’était pas ma première intention.

— Tu as besoin de quelque chose ?

— Savoir où se trouve le réfectoire, sourit-il.

— Oh putain, je suis bête désolée, j’y ai pas pensé…

Je l’invite à me suivre alors que les lycéennes me fusillent du regard. Je suis la déléguée, bon sang, normal que je m’occupe de Léo.

— Elles sont toujours comme ça avec toi ? demande-t-il.

— Plus ou moins, encore plus quand il y a un jeune homme qu’elles jugent trop beau pour moi.

— Qu’est-ce que ça peut leur faire ? s’étonne-t-il.

— Car, je cite : Je ne mérite pas d’avoir un beau gosse.

Je soupire en lui disant de laisser tomber, j’ai l’habitude.

— Elles vont devoir s’y faire, ajoute-t-il.

— Hein ? m’exclamé-je, je… Je t’aide juste les premiers jours, après, tu fais ce que tu veux. Tu n’es pas obl…

Il pose son index sur mes lèvres, ça me surprend et je le regarde.

— Je préfère traîner avec une fille naturelle que superficielle. Une fille qui ne dénigre pas les autres, qui ne prend pas les autres de haut.

Comment il peut savoir tout ça ? Il est là depuis seulement quatre heures.

— J’observe beaucoup, explique-t-il et je cerne rapidement les gens.

Il tapote doucement le haut de ma tête en souriant. Alors qu’il continue de marcher, je reste bouche bée. Il vient de me couper le sifflet.

— Je… Ok, dis-je dans le vide.

Je le rattrape avant qu’on arrive au réfectoire.

— Je pense qu’en observant, commencé-je avec une pointe de malice, que tu sais comment ça fonctionne.

Je le vois esquisser un sourire avant de me regarder.

— Effectivement, je comprends.

On s’avance au début de la rampe où l’on récupère le plateau et les couverts puis on prend une entrée, un plat et un dessert avant d’aller s’installer à une table vide.

— Du coup, tu habitais où avant ? questionné-je avant de commencer à manger.

— Une ville à 50 kilomètres. Ma mère a trouvé du travail ici, donc on a déménagé.

Je le regarde avant d’acquiescer, il n’a pas dit le nom de la ville, je retiens.

— Tu as des frères et sœurs ? continué-je.

— Non, fils unique. Et toi ?

— Fille unique aussi.

On marque une pause pour manger un peu. Je le regarde avant de m’essuyer la bouche.

— Même si ça ne fait que quatre heures, qu’est-ce que tu penses du lycée ?

Il lève les yeux vers moi avant de boire une gorgée d’eau.

— C’est grand, lumineux mais bruyant.

— C’est un lycée, rappelé-je.

— Certes, mais les lycéens ne savent pas parler doucement entre eux. A croire qu’on doit tous participer à leurs discussions.

Je pouffe de rire avant de m’excuser. Il n’a pas tort. Je note, il aime le calme.

— Tu comptes t’inscrire à une activité extra-scolaire ? demandé-je.

— Non, les activités en groupe ne m’intéressent pas. Et toi, tu es inscrit dans l’un d’eux ?

— J’évite…

Je le vois arquer un sourcil.

— On va dire que… Je ne suis pas la bienvenue. Quand il y a sport, je suis la dernière choisie, et je ne participe pas aux matchs. Je suis celle qu’on ne veut pas.

— Ce n’est pas cool… Tu en as parlé aux professeurs ?

— Non, j’ai pris l’habitude, plus rien ne m’atteint répondé-je en haussant les épaules.

— Joli mensonge, mais va falloir faire mieux, sourit-il.

— Mon regard m’a trahi…

— Bien comme il faut, s’amuse-t-il.

Je soupire en levant les yeux en l’air. On termine ensuite de manger avant d’aller déposer nos plateaux. On quitte le réfectoire puis je sens qu’on me tire en arrière. Quand je me retourne, je vois deux filles de ma classe, les bras croisés, le regard froid.

— Termine de l’aider et barre toi, dit l’une d’elles.

— Sinon quoi ? intervient Léo derrière moi.

Je les vois écarquiller les yeux et elles commencent à bégayer. En une question, il les a fait buguer. Elles ne répondent pas et se dépêchent de partir. J’ai jamais vu une confrontation se terminer aussi rapidement.

— Merci, fais-je en me retournant, tu n’étais pas obligé.

— Si. Le harcèlement, je déteste ça.

Il tapote de nouveau le haut de ma tête. Je commence à bien l’apprécier le petit nouveau mais je n’ai vraiment pas l’habitude qu’on prenne ma défense. Je préfère ne pas m’y habituer car ça peut vite changer. Je le regarde s’éloigner en remettant les anses de mon sac à dos correctement puis je pars le rejoindre pour les derniers cours de l’après-midi.