Strings of fate

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Summary

Louis est un jeune homme de 27 ans qui élève seul sa fille de 3 ans, Jade. Lorsque Jade fait sa rentrée à la maternelle, le passé de Louis refait surface. Lucie est une jeune enseignante. Sa vie tourne autour de son quotidien avec son colocataire, son travail et ses amies. Mais un évènement va faire basculer son équilibre. Louis et Lucie se croisent lorsqu'ils se rencontrent au cours de guitare de leur ville. Leurs destins s'entremêlent alors, leur offrant une opportunité unique de surmonter leurs obstacles.

Genre
Romance
Author
Yuka
Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
4.0 1 review
Age Rating
16+

Chapitre 1


Les premiers rayons du soleil caressent doucement mon dos alors que je me tiens devant le portail de l’école maternelle, là même où il y a quelques années, j’ai rencontré la mère de ma chère Jade. La cour d’école bourdonne d’excitation, alors que des enfants courent dans tous les sens, leurs rires remplissent l’air.

Le cartable de Jade est plus grand qu’elle, et elle se cramponne à ma main, regardant partout autour d’elle, n’osant pas faire un pas. Elle lève les yeux vers moi, les larmes aux yeux. Les larmes qui embuent mes yeux aussi ne sont pas seulement celles de la séparation du premier jour d’école de ma fille.

– Papa…

Je la prends dans mes bras, caressant doucement son dos pour la réconforter. Je presse doucement ses cheveux châtains, cherchant à lui offrir un peu de réconfort dans ce moment délicat, puis je marche dans la cour de récréation, rassuré de voir d’autres enfants pleurer dans les bras de leurs parents. Je m’accroupis posant Jade et l’embrasse sur le front avant de remettre sa robe turquoise, sa couleur préférée, séchant ces larmes qui perlent sur ses joues et la servent contre moi.

— Regarde, Jade, tous les jeux, tu as vu : tu as même un toboggan plus grand qu’à la maison !

Son regard se lève timidement vers le toboggan qui trône au centre de la cour. Des enfants sont déjà en train de glisser, accompagnés de leur parent. Une lueur d’intérêt naissant dans son regard.

— On peut y aller ensemble, si tu veux, proposai-je, espérant transformer ces pleurs en rire.

Jade hoche timidement la tête, un sourire naissant sur son visage. Elle me donne son sac à dos dessus, puis elle se dirige lentement vers le toboggan, regardant derrière elle pour s’assurer que je la suis bien. La perspective de cette petite aventure semble apaiser ses inquiétudes, et je ne peux m’empêcher de sourire en la voyant s’engager courageusement vers le toboggan. Jade tenant ma main avec assurance. À chaque marche, son assurance grandit, et lorsque nous atteignons le sommet, ces yeux s’émerveillent de voir toute la cour de récréation, regardant chaque recoin de celle-ci.

– Regarde, Jade, tu peux voir toute la cour d’ici, je dis, partageant son émerveillement.

Elle hoche la tête avec enthousiasme, un instant où le simple plaisir de glisser sur le toboggan se transforme en une exploration de ce nouveau lieu qui s’ouvre à elle.

-Prête ?” Je demande, me penchant légèrement pour la laisser glisser en premier.

-Oui !

D’un geste décidé, elle s’assoit sur le toboggan et se laisse glisser, éclatant de rire tout au long de la descente. En bas, je l’attends avec un sourire radieux, ravi de voir la joie illuminer enfin son visage.

— Encore Papa ! Réclame-t-elle, déjà prête à remonter.

— Bien sûr, ma chérie ! Encore une fois ! Je réponds avec enthousiasme.

À chaque descente, l’appréhension de Jade semble se dissiper, laissant place à des rires de joie qui se mêlent au mien.

Après plusieurs glissades, Jade tire ma main avec énergie, attirée par le bruit des jeux et les éclats de rire des autres enfants. Nous découvrons un bac à sable où des petits architectes en herbe construisent des châteaux de sable avec concentration avec l’aide de leurs parents. Les futurs pilotes de Formule 1 font la course avec leur tricycle dans la cour.

Soudain, une sonnerie retentit. Je réalise que le temps a filé rapidement et qu’il est l’heure d’accompagner Jade à sa classe.

— On y va, Jade ? On va rencontrer ta maitresse !

Arrivé devant la porte du bâtiment, je prends une profonde inspiration, cherchant à dissimuler l’anxiété qui s’est discrètement installée. Jade regarde la porte avec curiosité, ses grands yeux cherchant à percer le mystère de l’inconnu qui l’attend. Je lui remets son sac à dos sur les épaules.

-Prête Jade ? En tout cas, Papa est prêt.

Elle hoche la tête, mais ces yeux la trahissent, montrant la nervosité montée en elle. Je sens la petite main de Jade se serrer un peu plus fort autour de la mienne, signe de son mélange d’excitation et d’appréhension. À mesure que nous approchons de la porte ouverte, je peux voir d’autres enfants qui, comme Jade, se tiennent nerveusement aux côtés de leurs parents, certains commençant déjà à pleurer.

À l’intérieur, l’institutrice accueille les enfants avec un sourire chaleureux. La salle est décorée de manière colorée, des dessins d’enfants ornant les murs. Des tables basses, des chaises colorées et une aire de jeux donnent à la pièce une atmosphère paisible. Une jeune femme se met devant nous avec un grand sourire aux lèvres.

– Bonjour, bienvenue en classe de petite section ! Comment tu t’appelles ? Demande la jeune femme, son regard se posant sur Jade avec un sourire rassurant. Jade me regarde, cherchant un peu de réconfort avant de répondre timidement à l’institutrice.

– Jade. Dit-elle doucement.

— Je suis Lucie, je serais ta maitresse cette année.

Lucie s’accroupit à la hauteur de Jade, établissant un contact chaleureux et rassurant avec la nouvelle venue.

— Wow, il est magnifique, ton sac rose avec des papillons !

Lucie sourit, captant l’attention de Jade avec une bienveillance évidente : ça me rassure. Jade me sourit en me serrant contre elle.

– Dans la classe, tu as un endroit spécial pour ranger ton sac. Viens, je vais te montrer

Jade curieuse lâche ma main pour suivre Lucie vers son espace dédié dans la classe.

Quant à moi, je reste là, planté devant l’entrée, regardant Jade qui se trouve déjà avec quelques enfants en train de jouer à la poupée. Un mélange d’émotions chaleureuses et mélancoliques dans le cœur me submerge en revivant la rentrée de ma fille sans elle, là où tout a commencé. Je quitte le bâtiment, lançant un dernier regard à Jade, la voyant arborer un grand sourire en conversant avec d’autres enfants par la fenêtre avant de me diriger vers ma voiture. Assis à l’intérieur, je m’accorde enfin le droit de laisser mes larmes couler. C’est ironique, je m’étais promis de ne pas pleurer, mais elle me manque tellement. J’attends avec impatience ce midi, le moment où Jade sera de retour. Cela faisait trois ans que je ne m’étais pas retrouvé seul. L’idée de retrouver la maison vide sans elle me pèse déjà sur le cœur.