1. Racines Délaissées
J’ai revu les miens un matin d’été
Aux abords de ce vaste océan bleuté.
Ua here vau ia oe,
Mon île, que mon coeur a déserté…
J’ai retenu ma respiration,
Lorsque l’avion à la tiare
Sur la piste s’est posé.
J’ai cherché des fabulations,
Quand l’air humide de cet éternel été
S’est insufflé dans mon corps ensommeillé
Mais je n’avais pas d’illusions
Pas d’espérances, pas d’émotions.
Rien…
En ce mois de juillet qui m’avait amenée
Sur les rives de ce que j’avais laissé,
Je n’avais rien.
Rien d’autre que ma chevelure pour me rappeler
Que c’est ici que tout a commencé
Que c’est ici que je suis née
Que c’est ici, que j’ai tant vécue.
Que j’ai tant vécue cette vie
Qui me paraissait pourtant si triste
Sous un soleil turpide
Et pourtant, malgré tout, je suis revenue.
Et c’est avec toutes ses pensées entêtées
Tambourinant sans pitié
Dans mon esprit embué
Que finalement, je les ai entendu.
Ce fut d’abord les ukulele,
Doux et rythmés
Puis les voix, chantonnant cet air léger
De bonheurs et de bienvenues.
Mais ce fut surtout leurs voix,
Celles de ceux que j’avais abandonné
Il y avait maintenant des années
Et qui aujourd’hui, étaient venus.
Alors j’ai foncé, j’ai crié, j’ai couru
Vers ces exclamations heureuses
Et je suis arrivée face à ces silhouette joyeuses
Que j’ai toujours connu.
Et on s’est pris dans les bras,
On s'est embrassé,
On s'est aimé.
Et pour tout cela
Je voulais te dire,
À toi que j’ai délaissée :
J’ai revu les miens un matin d’été
Aux abords de ce vaste océan bleuté.
Alors, ua here vau ia oe,
Mon île, que mon coeur a déserté.
Et tandis que s’envolaient ces derniers rires
Que j'avais oublié,
Sur ma joue comme un secret,
Une larme venait de s’échouer…