Christmas stories

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Summary

Je vous présente deux nouvelles de Noël. Dans la première, vous rencontrerez Adam. Et si ce Noël changeait tout? Dans la seconde Léa pour qui tout se casse la figure. Tout? pas sure...

Genre
Romance
Author
MenaAK
Status
Complete
Chapters
2
Rating
5.0 1 review
Age Rating
16+

Et le temps s'arrêta à Noël.

Assis à la même place, comme tous les ans, j’écoute distraitement le prêtre. J’ai conscience que je devrais être bien plus présent que je ne le suis, mais voilà, elle est là, avec sa grand-mère, comme toujours depuis six ans.

Involontairement, j’envie leur relation. Les regards qu’elles échangent, l’amour véritable d’une petite-fille pour son ainée. Et, malgré moi, les observer me réchauffe un peu le cœur. Elle ne le sait pas, mais elle représente mon cadeau de Noël personnel. Idiot… Je ne lui ai jamais parlé, jamais tenté. Tout au plus un « Joyeux Noël » souhaité du bout des lèvres…

Pourtant, des scénarios, j’en ai inventé tellement…

Mon pote Edouard va encore me demander si j’ai osé l’aborder. Mais cette femme, elle, est dans la catégorie de celles qui vous impressionnent qu’avec un seul regard. Aucune phrase d’accroche banale ne fonctionnerait, et surtout, j’aimerais qu’elle ne voie pas l’idiot que je peux être…

Elle qui chérit sa grand-mère, et moi qui suis ici, dormant à moitié et n’écoutant ce qu’il se passe que d’une oreille distraite. Tout ça, c’était lui, pas moi.

Pourtant, lorsque je repère du mouvement, je me lève avec les autres, suivant la procession vers l’autel. Cette fois, j’essaie d’être présent, c’était sa partie préférée.Alors, me voilà, debout derrière des inconnus prêts à recevoir « la lumière de Dieu », et ça, ce sont ses mots.

La chorale entonne un chant que certains paroissiens reprennent doucement. La mélodie m’arrache un sourire, il aimait cette ambiance, le rapprochement avec les gens et surtout avec Dieu. Mon regard se perd dans l’église, j’observe ce qui m’entoure comme si je le découvrais. J’essaye de voir cette assemblée comme lui l’aurait fait. L’autel, la crèche, les vitraux, et… elle, qui sourit et chante avec sa grand-mère en lui tenant la main. Ce bonheur affiché me rappelle mon insouciance passée. Je détourne alors les yeux et avance doucement, en ne ressentant rien d’autre que le vide.

Je retourne à ma place en silence. Perdu dans mes souvenirs, je guette la fin, une fois le chant de sortie achevé, je récupère mes affaires.

En observant tous ces inconnus, je reste en retrait. Ils se souhaitent à tous le meilleur, pour moi, il n’existe plus.

Il aurait dû être parmi eux, son éternel sourire accroché à ses lèvres m’enjoignant de le rejoindre pour raconter des banalités à des personnes dont je me fiche. Mais non, je suis là, moi, juste moi et mon incapacité à me rapprocher des gens. Je soupire et m’avance vers l’allée centrale.

Tout le monde se dirige vers la sortie, pressé de se retrouver autour d’un bon repas. J’aperçois la demoiselle soutenir sa grand-mère qui a des difficultés à se déplacer. Au moment où je me décide à lui venir en aide, quelqu’un d’autre s’est proposé. Et je la vois, une fois encore, m’échapper. Je rentre, seul. J’observe les bâtiments autour de moi, certains décorés à outrance, malgré moi, je souris. C’est ce qu’il aimait à Noël.

Peut-être que mon inconnue me raccroche à ce souvenir, et que c’est pour cette raison que je ne l’aborde pas. Ne pas dénaturer ce qu’il reste…

C’est lui qui l’a vue la première fois, je me rappelle encore son sourire complice, lorsqu’il m’a taquiné sur le fait d’aller lui parler. Il ne le saura peut-être jamais, ou peut-être que si, je n’en sais rien, mais son attitude m’a amusé. Il avait la capacité de voir les gens. Une qualité que je ne possède malheureusement pas.

Je m’arrête, lève les yeux vers cette baraque devant moi. La seule maison qui ne porte aucune décoration. Je devrais entrer. Mais, comme à mon habitude, je ne le ferai pas.

Alors j’avance dans le froid et regagne ma voiture, une boule au ventre. Demain, je ne saurai pas où j’aurai passé la soirée, ni même avec qui.


Une année s’est écoulée, une nouvelle année où je n’ai fait que du surplace. Ma vie me semble vide, dénuée de sens. Parfois, je me raccroche à ma foi, mais ce n’est plus suffisant, et ce, depuis longtemps. Ma tasse à café entre mes doigts, le regard perdu dans le liquide sombre, je soupire.

— Cette année, je n’irai pas.

Mon amie m’observe, étonnée. Elle sait de quoi je parle.

Elle et moi, on se connait depuis toujours. En passant sa main sur son ventre rebondi, réflexe de future maman, elle Pose ses coudes sur la table et me questionne silencieusement, surprise par ma déclaration.

— Tu n’ajouteras rien ?

— Il n’y a rien à dire de plus. Tu me dis que je dois avancer, voilà, je fais un pas dans la bonne direction. J’arrête.

Sophia soupire et secoue la tête.

— Tu fais semblant de ne pas comprendre ce que j’essaie de te dire. Aller à la messe de Noël n’est pas le fond du problème, et tu le sais. Adam, as-tu appelé ta mère ?

Je bois une gorgée de café et ignore la question posée. Elle connait la réponse. Sophia lève les yeux au ciel et se met à ranger les quelques babioles qui trainent dans sa cuisine. Lorsque j’observe mon amie, elle est ce que je ne serai jamais. Elle sait ce qu’elle veut, elle avance malgré l’adversité, elle est là, elle tient bon. Moi… ma vie se résume à des occasions manquées. Sophia en est une. Je n’ai jamais su si elle a eu connaissance de mes sentiments. Mais aujourd’hui, cela n’a aucune importance.

— Adam, je t’aime de tout mon cœur, mais il va falloir que tu grandisses. Tes parents ne sont pas éternels, personne ne l’est.

— Et tu crois que ça m’a échappé ? Je n’y arrive pas, ok ? Bref, je te laisse.

Je m’apprête à me lever quand mon amie me prend dans ses bras. Là où je pensais qu’elle s’emporterait, non, elle me console et m’entoure.

— Adam, ne fuis plus. Tu vas finir par réellement te perdre et ça me fait peur. Je n’ai rien à répondre. A-t-elle raison ? Peut-être.

Noël est dans quelques jours…


Devant l’église. Un énième soir de Noël, je suis encore là. Je n’ai pas pu me résoudre à abandonner. J’observe l’édifice. J’hésite à y entrer. Cette année, en quoi ma présence changerait-elle quoi que ce soit ? Pourquoi aimait-il tant venir ici précisément ? Ai-je au moins essayé de trouver les réponses à ces questions ? Non, je me suis contenté de prendre les choses de façon superficielle. Alors, devant ce bâtiment, qui, pour moi, n’a rien de chaleureux, pire encore en hiver, je me mets à parler seul.

— Que dois-je faire pour que cela cesse ? Si tu es là, toi qui nous observes et à qui on chante des louanges, cette année, donne-moi un signe, s’il te plait…

Ces mots murmurés, se perdent dans le froid de l’hiver et n’obtiennent aucune réponse, alourdissant un peu plus mon cœur déjà bien meurtri.

D’instinct, j’entre. Même place, même siège. Des yeux, je la cherche. Mon cœur s’arrête : elle n’est pas là…Pourtant, elle n’est jamais en retard. Où est-elle ? Égoïstement, elle est mon seul réconfort à Noël.

La messe démarre, mais je ne suis pas là. Mon inconnue a déserté l’église et je ne sais pas comment la contacter. Les battements de mon cœur s’accélèrent, je la cherche encore dans l’immense salle, quand je l’aperçois. Son sourire a disparu, elle est seule…

Elle semble absente, ailleurs. Et ce regard si pétillant a perdu sa lumière…Où est sa grand-mère ? Où est sa famille ?

Pour la première fois, je me rends compte qu’il m’importe de comprendre pourquoi.

Elle se frotte les bras et les mains comme si elle avait froid, elle jette de légers regards sur le siège près d’elle.

Alors, avant même que je ne saisisse pleinement ce que je fais, je me retrouve assis à côté d’elle.

Une larme coule le long de sa joue, et elle renifle. Cette image me touche. Mon cadeau de Noël pleurant devant moi…

Idiot, incapable de sortir un mot, je lui tends un mouchoir qu’elle prend dans un merci silencieux.

Elle se mouche, et étrangement ce son disgracieux me parait mignon. Je suis distrait par la demoiselle, j’aimerais l’aider, mais soyons honnêtes, c’était son point fort à lui, parler. Moi… moi, je ne sais jamais quoi dire ou faire. Je me sens gauche, et sincèrement inutile.

La lecture de l’Évangile commence. Elle se lève ; je la suis. Je reste là, comme un piquet faisant semblant d’écouter.

C’est seulement lorsque je l’entends pleurer à nouveau à chaudes larmes que je prête attention aux paroles du prêtre.

— Et voici que l’ange du Seigneur se tint devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière… Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.

Je me retrouve là, debout à côté d’elle, démunie…

Alors, je fais ce qu’il aurait sûrement fait s’il avait été à ma place. Je glisse ma main dans la sienne et la serre un peu.

Lorsque je réalise que je me tiens à ses côtés, mon cœur s’emballe. Je n’écoute plus ou peu. Seule la chaleur qu’elle m’apporte compte. Égoïstement, je l’utilise pour réchauffer ce qu’il reste de moi à l’intérieur. Cet Adam, perdu depuis cinq ans, qui ne sait plus réellement où il doit aller.

Sans vraiment en prendre conscience, je me mets à prier, pour la première fois en cinq ans, je m’adresse à lui, à Dieu. L’émotion me prend à la gorge, et la douleur, cette douleur que je souhaitais étouffer se répand dans mon cœur comme un poison. Pour une raison que j’ignore, là où j’aurais dû m’effondrer, je suis toujours debout. La chaleur gagne mon cœur et ma douleur devient enfin supportable.

Les larmes me montent aux yeux, ma main se détache de l’inconnue qui la rattrape et la sert plus fort dans la sienne. Sans un regard, elle pose son autre main sur mon bras, et m’oblige à faire face à l’évidence : sa mort. Il n’est plus, et je n’y peux rien. Malgré tout, mon cœur résonnera toujours pour lui.

La messe prend fin, sans que nous nous soyons séparés. Nous devrions bouger, prendre nos affaires, mais ni l’un ni l’autre ne semble vouloir rompre… cette union ? Je n’ai même pas de mots pour décrire ce que nous venons de vivre.

Mon frère m’aurait certainement balancé un « eh eh, Jésus te fait sûrement un clin d’œil ! »

L’église s’est vidée et nous sommes toujours là, je lève un regard vers la jeune femme. Elle semble troublée de la situation, mais ne se détache pas pour autant.

— Hum hum… mes enfants… puis-je vous aider ? nous demande le prêtre, un peu gêné de devoir nous interrompre.

Je jette un rapide coup d’œil autour de moi, pour confirmer ce que je sais déjà : tout le monde est parti…

Voyant mon désarroi, il sourit.

— Si vous n’avez pas d’endroit où vous rendre ce soir, il y a un repas organisé à deux rues d’ici. C’est une des paroissiennes qui s’en occupe, d’ailleurs j’y suis attendu. Peut-être voudriez-vous que nous y allions ensemble ?

— Merci pour votre gentille proposition, mais..

Elle laisse sa phrase en suspens comme si elle avait déjà une réponse, mais qui n’avait plus de sens aujourd’hui.

— Je connais un endroit sympa. Merci d’avoir pensé à nous, déclaré-je sur un coup de tête.

Le prêtre sourit de façon énigmatique en acquiesçant.

Nous rassemblons nos affaires et nous voilà dehors.

Étrange, je devrais être mal à l’aise, gêné, mais non. Nous marchons tous les deux dans les rues enneigées et décorées sans prononcer un mot. Enfin, jusqu’à ce que la patience de ma partenaire soit arrivée à bout.

— Elly.

Je la regarde étonné.

— Elly, c’est mon prénom. Je pense que, si nous dînons réellement ensemble, ça sera plus facile, non ?

Je hoche simplement la tête, surpris qu’il lui aille si bien. Et puis, n’ai-je pas sollicité un signe à Dieu ? Son prénom signifie littéralement « mon Dieu », à priori j’avais besoin d’une évidence, pas d’un signe.

Elly me dévisage, et s’arrête. Elle paraît attendre quelque chose, comme si je n’avais pas répondu à une question capitale.

Elle me sourit, secoue la tête et attrape mon bras.

— Et toi, du coup ? demande-t-elle, amusée.

Je fais de grands yeux. Perdu dans mes réflexions, j’avais oublié de lui donner le mien… mais quel imbécile je fais.

— Adam. Pardonne-moi, j’ai un peu l’esprit ailleurs ce soir.

Elle glousse légèrement et nous reprenons notre route, machinalement, je l’ai menée devant cette maison. Je ne peux m’empêcher de m’arrêter. Les lumières sont allumées, aucune décoration n’est exposée.

Je soupire… Mes pas me conduisent inexorablement vers cette bicoque.

— C’est ici que nous mangeons ?

La voix d’Elly me sort de mes pensées.

— Non… Je me tourne vers Elly, en réalité, je n’ai nulle part où aller. Mes Noëls se finissent dans un club de striptease en général.

Lorsque je me rends compte de l’énormité que je viens de débiter, je porte ma main à ma bouche. Ce qui déclenche un rire franc de ma camarade du soir.

— Bon… alors, je t’avoue que je n’ai rien contre ce genre d’endroit, mais, un fastfood, ça te dit ? propose-t-elle.

J’accepte, et nous nous dirigeons vers l’enseigne la plus proche.

En mangeant, je lui pose des questions sur sa vie, et j’ose aborder l’absence de sa grand-mère. Avec elle, tout semble facile, un mot, une phrase, elle me comprend. Elle ne juge pas mes maladresses et je me sens enfin en confiance.

— Elle est décédée il y a trois mois. C’est elle qui m’a élevée. La messe de Noël était sa préférée, elle tenait beaucoup à ce que je sois présente. C’était notre moment à toutes les deux. Et puis, nous avions aussi un rituel. En réalisant une pause dans son récit, Elly sourit, nostalgique. Tous les soirs, nous ouvrions une page de l’Évangile au hasard. Quelquefois, c’était troublant de voir à quel point cela faisait écho à ce que l’une de nous deux vivait. Et d’autre… c’était proprement incompréhensible. Une partie de moi s’en est allée avec elle… finit-elle les larmes aux yeux.

Je ne réponds pas, mais je sais. Je ne connais que trop bien cette sensation qu’une partie de soi nous a quittés. Que le monde avance et pourtant, on voudrait l’arrêter juste un peu, pour garder ceux que l’on chérit au plus proche de nous…

Elly se racle doucement la gorge, me ramenant à la réalité. Je me suis égarée, encore…

— Et toi ? me questionne-t-elle prudemment. Pourquoi viens-tu tous les ans à la messe de Noël ?

Je pourrais botter en touche, c’est vrai, mais, avec elle, je n’en ai pas envie.

— Mon frère.

Elly m’observe et attend la suite sans se douter que je n’en parle jamais. Je pose mon burger pour me donner une contenance.

— Mon frère jumeau, c’est lui qui aimait aller à l’église, se rendre utile. Trouver une raison à tout ce qui nous entoure. Bref, c’est pour lui que je venais et que je viens encore. En ce qui me concerne, je n’ai jamais été attiré par tout ça. La religion, Dieu, tout ça me paraissait tellement loin de moi. Mais, c’était important pour lui. Depuis que j’ai mon permis, nous y allions tous les deux. Il y a cinq ans… j’ai préféré un date avec une fille plutôt que mon frère. La neige… Il a eu un accident, il est mort sur le coup.

Je ne continue pas plus. Me remémorer ces souvenirs me plonge à nouveau dans ma détresse. Je n’étais pas là où j’aurais dû être. Je l’ai abandonné, pour un rencard à la con.

Elly m’observe avec compassion, elle ne me juge pas. Elle partage seulement ma souffrance.

— Il est évident que je ne connais pas les détails, mais j’ai foi en Dieu et si j’ai bien compris ton frère aussi. Tu sais… j’ai constaté une chose ces derniers mois, c’est qu’aucun mot n’est assez fort pour consoler ma peine. Je pourrais te dire des banalités, mais tu les as sûrement toutes entendues… et moi pareil, la vie… tout simplement.

Elly caresse doucement ma main dans un geste de réconfort. Ses yeux perdus dans le vague. Je ressens à nouveau de la chaleur dans mon cœur, et une sorte d’apaisement, un sentiment qui ne cherchait qu’à retrouver sa place.

Je ne réponds rien. Que dire de plus ?

— Et… enfin, si j’abuse, dis-le-moi, je ne veux pas te mettre mal à l’aise. La maison ? Tu sais… celle sur le chemin.

— C’est celle de mes parents, depuis le décès de mon frère, je n’y suis plus allé. Ma mère… elle a eu des mots très durs à mon égard et je n’ai pas supporté son regard accusateur. Emmanuel aimait venir dans l’église de notre enfance pour les fêtes, il y tenait. Comme une tradition. Notre appartement se trouve à trente minutes d’ici. C’est pour ça qu’il a pris la voiture.

Je me rends bien compte que mon récit est décousu, et que je ne suis pas précis, mais parler de tout ça… me touche bien trop.

Pourtant, Elly ne semble pas perdue, au contraire, elle m’écoute avec attention.

— Cela fait cinq ans que je n’adresse plus la parole à mes parents. Ils ont laissé leur foi de côté le jour du décès d’Emmanuel. Et quelque part, même si je ne suis pas parfait, je leur en veux d’avoir abandonné ce qui comptait tellement pour mon frère. Plutôt que de me rendre responsable, ils auraient dû tenir bon, et s’accrocher à ce qui remplissait sa vie de joie.

Je réalise que la colère est toujours présente, ils n’ont pas agi en parents. J’ai perdu la moitié de mon être, et ils ont fait de moi un coupable. Ils l’ont martelé comme si je n’en avais pas suffisamment conscience moi-même.

— Je n’aimerais pas que mes mots te blessent, donc, pardonne-moi d’avance si c’est le cas. Mais, si tu ne leur parles plus pour ton frère, alors arrête. Car il est loin de tout cela, je crois, sans trop me tromper, qu’il est temps que tu laisses place à autre chose que la colère. Je vais t’épargner le sermon sur la vie, tu le connais. Accepter que le temps avance sans eux est en soi une souffrance et un apaisement.

Elly me fixe, je vois sa peine dans ses yeux, elle fait écho à la mienne. Sa main toujours dans la mienne me console, me réconforte malgré moi. D’ailleurs, ces mots sont pertinents, je me rends compte que j’avais juste besoin de les entendre de quelqu’un qui comprend ce que je ressens.

Et pour la première fois en cinq ans, j’envisage de rendre visite à mes parents.

Je souris malgré moi à Elly, et elle, me bouscule délicatement avec le bras.

Notre conversation paraît si naturelle que, par moments j’oublie que nous venons de nous rencontrer. Elly est drôle et je me surprends à la taquiner gentiment.

Ce Noël aura finalement été différent, j’aperçois du changement en moi, et une lueur d’espoir pour mon avenir.