Repas avec une star, Arc narratif: Max & Evan

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Summary

Max et Evan ne devaient pas tomber amoureux. L’un est un ouragan, l’autre un lac calme. Et pourtant, dès leur rencontre, quelque chose se met en place — quelque chose qui ressemble dangereusement à une évidence.

Genre
Romance
Author
Genaydre
Status
Complete
Chapters
11
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapitre 1 : “Le soir où j’ai rencontré la Copie parfaite de Liam mieux que l'original”


Point de vue : Max

Je jure que, honnêtement, j’étais venu au mariage pour deux choses :

voir mon meilleur ami épouser la femme de sa vie,

et profiter du buffet.

Rien, absolument rien, ne m’avait préparé à… lui.

Ça a commencé comme ça :

Liam a levé les bras. Vous savez, ce geste qu’il fait quand il va annoncer une connerie monumentale ou un truc qui va bouleverser ma vie ? Eh bien voilà. Lui, tout sourire, innocent. Moi, méfiance niveau rouge.

Max, Mélina, je voudrais vous présenter quelqu’un.

Mélina s’est retournée. Moi aussi. Je m’attendais à un cousin lointain, un oncle bizarre, peut-être même un danseur engagé pour mettre l’ambiance.

Pas à ça.

Pas à lui.

Je crois que j’ai buggé instantanément. Genre, pas un petit bug. Non. Un écran bleu Windows XP.

Voici Evan, mon petit frère.

Pardon. Pardon. PARDON.

Le monde aurait pu s’écrouler derrière moi, je n’aurais pas réagi. Il aurait pu y avoir un feu d’artifice, une explosion, un tremblement de terre. Je restais là. À regarder cet homme sortir de nulle part comme si Dieu avait eu la flemme de créer un nouveau modèle et avait simplement cliqué sur “dupliquer Liam mais en plus jeune”.

Evan a souri.

Un sourire qui aurait dû être illégal.

Salut. On m’a beaucoup parlé de vous deux.

Je ne savais plus respirer. Je ne savais plus parler. J’avais oublié mon prénom, mon identité, le concept même de l’humanité.

— Mais… attends… T’as un frère toi ??

J’ai frappé l’épaule de Liam, parce que c’était la seule réaction neurologiquement possible.

TU M’AS CACHÉ ÇA ?!

Evan a ri. C’était pire que son sourire. Mon cœur a fait un salto arrière et une rupture de contrat de travail.

— On a la même mère, oui, a-t-il dit. Mais je suis la version moins dramatique. Et plus gay.

Pause.

Pardon.

Re-pardon.

PLUS GAY ?!

J’ai pivoté comme un robot défectueux.

— T’as un frère. Gay. Beau. Charmant. Je me tourne vers Evan. — Et tu me dis ça QUE MAINTENANT ??

Liam souriait comme un traître.

Le reste, honnêtement, je l’ai vécu en mode spectateur. Les mots sortaient, les pensées non. Je bugais, je m’empêtrais, je mélangeais tout.

Mais quand Evan a posé sa main sur mon avant-bras… Le monde s’est arrêté.

On dansera plus tard ? m’a-t-il soufflé.

J’ai répondu n’importe quoi. Je crois même avoir fait un bruit de dauphin en détresse. Ni humain, ni logique, ni digne.

Mais lui… il a juste souri.

Et il est parti.

Et moi ? J’ai attrapé Mélina comme si j’avais découvert l’existence de la vie extraterrestre.

MÉLINA. IL. M’A. DIT. QU’ON ALLAIT DAN-SER.

Je ne vais pas tout réexpliquer, tu connais la scène. Moi, hystérique. Elle, morte de rire. Liam, qui cherche un exorciste.

Puis la soirée a avancé. Les guirlandes se sont allumées. La musique est montée. Les invités étaient dans un état oscillant entre “champagne raisonnable” et “on va finir dans la fontaine”.

Moi ? Je buvais du champagne comme si ça allait m’aider à aligner deux phrases cohérentes devant Evan.

Spoiler : ça n’a pas aidé.

Et puis… il est revenu.

Evan. Avec deux coupes. L’air de rien, comme si j’avais pas littéralement fondu quinze fois en le regardant.

Pour toi. Il m’a tendu une coupe. — Alors, tu survis ?

— Hahahaha oui bien sûr absolument absolument je… euh…

J’ai avalé la moitié de la coupe. Direct. Sans respirer.

Il m’a regardé comme si j’étais à la fois adorable et irrécupérable.

— Tu es toujours aussi nerveux ? Son ton était doux, presque taquin.

— Moi ? Non. Pas du tout. Je suis un roc. Je suis la sérénité incarnée. Je suis…

J’ai éternué. De stress.

Evan éclata de rire. J’aurais voulu mourir. Ou l’épouser directement. Les deux options étaient valables.

— Viens, a-t-il dit en m’attrapant par la main.

— Où on va ?

— Danser.

J’ai failli perdre mes genoux.

La main d’Evan… CHALEUREUSE. FERME. Un peu trop à ma vie sociale.

Il m’a entraîné sur la piste. La musique vibrait, les lumières flottaient, les gens tournaient… et d’un coup, il n’y avait que lui.

Evan dansait incroyablement bien. Moi ? Je suis un mélange entre une lamproie sous MDMA et un spaghetti trop cuit.

Mais il s’en foutait. Il riait, encore. Il me guidait.

— Relax, Max.

— JE SUIS TRÈS RELAX, OUI.

— Tu hurles.

— Je suis TRÈS relax.

Il s’est approché, tout près.

— Tu sais que t’es mignon quand tu paniques ?

J’ai stoppé net.

— Je… euh… merci ? Je crois ?

— C’est un compliment.

Et il a posé sa main sur ma hanche.

Je pense que mon âme a quitté mon corps, fait un tour au buffet, puis est revenue.

On a dansé longtemps. J’ai dit des conneries. Il a ri. On s’est rapprochés, puis éloignés, puis rapprochés encore.

À un moment, il a glissé sa bouche près de mon oreille :

— Tu sais… j’avais un peu peur de venir au mariage.

— Pourquoi ? ai-je demandé.

— Je connaissais personne.

Il a passé son pouce sur ma main.

— Mais maintenant… je suis content d’être venu.

Fin de transmission. J’étais mort. Fini. On pouvait m’enterrer sous la piste.

Il a passé sa soirée avec moi. On a parlé de tout. Sa vie, la mienne, ses études, mes galères, Liam petit (il a vendu du dossier). On riait. On vibrait. On flirtait.

Mais surtout… il me regardait comme si j’étais quelqu’un d’intéressant. De charmant. De… vrai.

Et putain, ça faisait longtemps que je ne m’étais pas senti comme ça.

La soirée a continué, glissée, flottée. À minuit, il a posé sa tête sur mon épaule. À 1h, il m’a pris la main. À 2h, on était affalés sur un canapé extérieur à parler de rêves et de trucs totalement débiles. À 3h, il a ri si fort qu’il a failli renverser sa coupe sur moi. il m’a regardé comme si…

Comme si j’étais quelqu’un qui comptait déjà.

Je me suis retrouvé seul deux minutes. Juste deux. Le temps qu’il aille répondre à un appel.

Je pensais que le destin avait fini de me marcher dessus avec des talons aiguilles, mais non. Alors que j’étais encore affalé sur le canapé extérieur, les lumières féeriques au-dessus de moi, quelque chose a bougé dans mon champ de vision.

Une silhouette. Qui s’approchait. Avec une grâce… insultante.

Evan.

Il revenait vers moi, les mains dans les poches, la cravate un peu desserrée, les cheveux légèrement défaits par l’humidité de la nuit. Et oui, je l’avoue : j’ai eu un micro-moment WTF.

Parce que là, sous les lampions, il avait l’air encore plus beau. Et j’étais PAS d’accord. Y a un moment où ça devient de la provocation pure et simple.

Tu vas bien ? demanda-t-il en arrivant près de moi.

— Absolument. Je suis très bien. Je suis… euh… posé. Très posé. Comme une… chaise.

Une chaise. J’ai dit ça. De ma bouche. Avec conviction.

Evan a souri. Tu sais, CE sourire. Celui qui dit : “je t’aime bien, mais je vais me moquer de toi pour toujours”.

Une chaise ?

— Oui. Stable. Très stable. Je suis la stabilité incarnée. La… chaise humaine.

Il s’est assis à côté de moi, trop près, beaucoup trop près, au point où mon cerveau a commencé à chauffer comme un PC sans système de refroidissement.

— Tu me fais trop rire, Max.

Cette phrase, c’était pire qu’un compliment. C’était un missile.

— Je suis drôle… ou ridicule ? ai-je demandé.

Il m’a regardé.

Regardé.

Longtemps.

Les deux. Et ça me plaît.

J’ai senti mon âme devenir un marshmallow fondu. Je lui aurais donné mes codes bancaires, mon numéro de sécurité sociale, ma dignité, tout.

Il a pris une grande inspiration, comme s’il allait dire un truc sérieux.

— Tu sais, Max… Il a tourné légèrement le torse vers moi.

— Je suis content que Liam m’ait présenté à toi.

J’ai buggé.

— Moi aussi, ai-je murmuré, sans oser le regarder.

— Et je n’avais pas prévu de rester aussi longtemps ce soir.

— Tu voulais partir ? dis-je, presque vexé.

— Pas voulu. Prévu. Il a haussé les épaules.

— Je ne connaissais presque personne. Je pensais juste faire acte de présence, féliciter Liam et Mélina, boire une coupe et rentrer.

Il m’a effleuré la main du bout des doigts.

— Puis je t’ai vu.

Je vais être honnête : j’ai failli arrêter de respirer. Littéralement. J’ai inspiré comme un aspirateur Dyson en surchauffe.

— Ah… tu… tu m’as vu ? ai-je réussi à dire malgré ma voix de poumon défaillant.

— Oui. Son regard est descendu vers nos mains, encore toutes proches.

— Et je me suis dit “tiens… j’ai peut-être envie de rester un peu plus longtemps”.

Je crois que dans ma tête, un orchestre entier a commencé à jouer “Also sprach Zarathustra”. J’avais l’impression d’être sur Saturne en train de flotter.

Et puis…

Il a déplacé sa main. Juste un centimètre. Mais assez pour laisser son petit doigt effleurer le mien.

J’ai eu une décharge. Genre une vraie. Un truc électrique.

Je me suis crispé comme un idiot.

— Ça va ? demanda Evan, amusé.

— Oui ! Oui oui oui ! Très bien ! Très stable ! Comme une chaise !

— Tu comptes vraiment continuer avec cette métaphore ?

— J’assume maintenant. J’ai plus le choix.

Il s’est mis à rire. Un rire sincère, clair, qui m’a donné envie d’encadrer le moment.

Puis, après quelques secondes de silence confortable, il a regardé les invités autour de nous.

— Les mariages, c’est beau, tu trouves pas ?

— Ça dépend.

— De quoi ?

— De qui on a en face de soi.

Je l’ai réalisé une seconde trop tard : ce que je venais de dire sonnait comme une réplique de film romantique. Et pourtant… il n’a pas ri cette fois. Il a juste… souri doucement.

— Tu sais que t’es surprenant, Max ?

— Dans le bon sens ?

— Dans tous les sens.

Et là, c’était fini. J’étais foutu. Détruit. LIQUIDE.

Il s’est levé.

— Tu viens ?

— Où ça ?

— Faire trois pas jusqu’à la piste. J’ai envie de danser encore un peu.

Je me suis levé si vite que j’ai failli perdre l’équilibre, mais Evan a attrapé mon poignet. Comme si c’était naturel. Comme s’il l’avait déjà fait cent fois.

On a dansé.

Encore. Lui, toujours parfait. Moi, toujours catastrophique. Mais cette fois… j’étais moins nerveux.

Parce qu’il était là.

Parce qu’il posait parfois sa main sur mon épaule. Ou riait quand je tentais un pas trop ambitieux. Ou s’approchait quand la musique devenait plus lente. Ou reculait pour me regarder en souriant, comme s’il me découvrait encore et encore.

La musique s’était faite plus lente.

Evan posa ses mains sur les hanches de Max. Max posa les siennes sur les épaules d’Evan.

Et soudain… tout se calma.

Plus de bruit, plus d’agitation, plus de lumières.

Juste eux. L’un contre l’autre. Le souffle d’Evan contre sa tempe. La chaleur de ses mains. Le balancement léger de leurs corps.

Max avait l’impression que la réalité devenait floue autour d’eux.

— Tu danses bien, dit Evan.

— J’suis littéralement debout et je bouge à peine, répondit Max.

— Justement. Tu danses bien comme ça.

Max se mordit la lèvre pour éviter de fondre.

— Je… je te plais ? murmura-t-il malgré lui.

Un silence. Puis la voix d’Evan, chaude, posée, claire :

— Oui. Tu me plais.

Max faillit s’écrouler.

— Ah. Heu. Oookay. Oui. Bon. D’accord. C’est… wow.

Evan rit doucement, posa son front contre le sien.

— Respire, Max.

— J’essaye ! protes­ta Max d’une voix étranglée.

— C’est déjà un bon début.

Ils dansèrent encore. Longtemps. Jusqu’à ce que les gens commencent à partir. Jusqu’à ce que les lumières baissent. Jusqu’à ce que Max se sente ivre de tout sauf de l’alcool.

Et plus la soirée avançait, plus j’avais l’impression d’être… important. Visible. Intéressant. Aimé, peut-être ? Juste un peu.

On a fini par se retrouver dehors encore, assis dans l’herbe, nos chaussures abandonnées quelque part.

Evan s’est allongé, mains derrière la tête.

— T’aimes regarder les étoiles ? m’a-t-il demandé.

— Oui. Sauf quand je suis bourré, ça bouge trop.

— Regarde. Il a pointé une étoile.

— Celle-là, c’est la première que Liam et moi avons appris à repérer quand on était petits.

Je me suis tourné vers lui.

— Vous étiez proches, enfants ?

— Très. Il a esquissé un sourire un peu nostalgique.

— Liam me traînait partout. C’était mon héros.

— Je comprends, ai-je dit doucement.

— Ah oui ?

— Oui. C’est un bon héros. Même s’il est chiant.

— Très chiant.

— Et dramatique.

— Extrêmement dramatique.

— Mais loyal comme pas possible.

— Et trop gentil.

— Ouais… Je l’ai regardé.

— Et toi, t’es quoi dans la famille ?

— Moi ?

Il a haussé les épaules.

— Le petit frère qu’on protège. Celui qu’on pense fragile.

— T’as l’air tout sauf fragile.

— Merci.

Puis il a ajouté, comme une confession :

— Mais ça fait du bien de l’entendre.

Silence. Doux. Entre nous, juste le bruit de la musique lointaine et des rires.

Il a tourné la tête vers moi.

— Et toi, Max ?

— Moi ?

— T’es qui dans ta vie ?

J’ai réfléchi. Longtemps.

— Je suis…

J’ai soufflé.

— Je sais pas encore.

Je me suis allongé aussi, à ses côtés.

— Mais ce soir, j’ai l’impression de devenir quelqu’un.

— Grâce à moi ? demanda-t-il, presque chuchotant.

Je l’ai regardé. Ses yeux étaient sérieux. Il attendait vraiment une réponse.

— Grâce à toi, oui.

Il a souri. Pas un sourire joueur. Un sourire doux. Un sourire qui m’a touché profondément.

On est restés comme ça longtemps. Peut-être quinze minutes. Peut-être une heure. Qui sait ?

Puis il s’est levé.

— Je vais chercher de l’eau. Tu bouges pas.

— Promis.

Il est parti.

C’est là que l’alcool, la fatigue et le trop-plein d’émotions m’ont frappé de plein fouet. Je me suis levé. J’ai sorti mon téléphone. J’ai ouvert la conversation avec Liam. Et j’ai fait ce que toute personne saine d’esprit ne ferait jamais :

J’ai enregistré un vocal.

Liam… fr… frère… j’crois que je suis amoureux de ton frère. Voilà. Bonne nuit.

Bam. Le bruit du Max qui tombe. Fin de l’œuvre.

Ce qui est sûr, c’est que j’ai envoyé ça. À 4h12 du matin.

Et Evan, au même moment, a reçu un message de Liam :

“Ton futur mari a laissé un vocal.”

(Oui, Liam m’a trahi immédiatement. Je lui en veux encore. Il est sur ma liste noire. Je l’aime, mais il y restera à vie.)

Et Evan a souri.

Il m’a dit plus tard qu’il avait gardé ce message. Qu’il le trouvait adorable.

Adorable. Ce vocal catastrophique. ADORABLE.

Quand Evan est revenu, j’étais déjà en train de m’endormir dans une position qui défiait toutes les lois de l’anatomie. Il a ri doucement. Il a passé son bras sous mes épaules.

— Allez, viens la chaise, dit-il en murmurant. Je vais t’aider à rentrer.

J’ai grogné quelque chose qui ressemblait à “t’es trop beau pour exister”.

— Je prends ça pour un compliment, a-t-il répondu.

Et ce fut… la fin de la nuit.