L'Homme et l'Angesse (La Belle Et L'exilé)

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Summary

Exilé pour son visage meurtri, Adams a toujours vécu loin du monde, jusqu'au jour où il découvre Éleïna, une créature céleste tombée du ciel, traquée et fragile. Entre eux naît un amour interdit, un lien impossible qui défie les frontières du ciel et de la terre. Quand des chasseurs menacent Éleïna, Adams révèle une force insoupçonnée et brise son destin de bête rejetée. Et lorsque la mort emporte Geima, son seul repère, il réalise que son cœur n'a plus qu'un refuge : elle. Dans une ultime déclaration, poétique et déchirante, Adams offre son âme. Éleïna, en retour, abandonne ses ailes et son passé pour choisir l'homme qu'elle aime. Une romance poétique et surnaturelle, où deux êtres brisés apprennent que l'amour véritable ne cherche pas la perfection... mais la lumière dans les cicatrices.

Genre
Romance
Author
Christian
Status
Complete
Chapters
7
Rating
5.0 1 review
Age Rating
13+

Chapitre 1 - Le Guerrier aux Cicatrices et l'Ange

Adams Augustin avait vingt-six ans lorsque la guerre l’arracha à son village.

Il en revint vivant… mais le visage brisé, taillé par les flammes, les lames et la violence du combat.

Ce n’était plus le même homme.

Son regard restait doux, mais sa peau marquée faisait détourner les yeux.

Dans son village, nul ne lui offrit de remerciements.

Nul ne reconnut sa bravoure.

Au contraire…

« Regardez-le… on dirait une bête ! » murmurait-on.

« Qu’il parte ! Qu’il disparaisse ! »

On le chassa.

On lui ferma les portes.

Nulle part il n’était souhaité.

Alors Adams s’enfonça dans la forêt, avec pour seule compagnie un vieux homme de quatre-vingt-neuf ans qui vivait dans une cabane délabrée.

Cet homme, silencieux et fatigué par les années, était le seul être qui n’avait pas détourné les yeux de lui.

La rencontre

Un matin, en allant puiser de l’eau près d’un ruisseau, Adams aperçut une lumière étrange.

Une silhouette.

Un être immobile.

Il plissa les yeux… et son cœur manqua un battement.

Une ange.

Une véritable ange, étendue au sol, l’aile blessée, l’épaule ouverte par une profonde déchirure.

Pris de panique et d’émerveillement, Adams se cacha derrière un arbre pour l’observer.

Mais l’ange tourna lentement la tête, fragile, et sa voix cristalline traversa l’air comme une clochette d’argent.

- Qui es-tu ? demanda-t-elle.

- Et que me veux-tu ?

Adams sortit de sa cachette.

Il tremblait.

Il n’avait jamais vu une créature d’une telle beauté, même blessée, même affaiblie.

- Je… je ne vous veux aucun mal, dit-il, la voix brisée.

- Pourquoi te caches-tu ? s’enquit l’ange.

Il hésita, puis demanda d’une voix tremblante :

- N’as-tu pas peur de moi ?

L’ange le fixa, sincèrement intriguée.

- Pourquoi aurais-je peur ?

- À cause de… de mon visage, souffla-t-il.

- Les gens… ils me regardent avec dégoût. Ils disent que je ressemble à une bête.

L’ange cligna lentement des yeux.

- Je ne vois aucune bête. Seulement un homme fatigué.

Ses mots étaient simples, sincères.

Adams sentit sa gorge se serrer.

Il fit un pas en arrière, puis deux.

Et, submergé par l’émotion, il s’enfuit dans la forêt.

Les jours suivants

Le lendemain, Adams revint au ruisseau.

L’ange y était encore.

Il l’observa de loin, puis repartit sans un mot.

Le jour d’après, il revint encore…

Et elle était toujours là.

Cette fois, il s’approcha.

- Pourquoi es-tu toujours ici ? demanda-t-il.

L’ange leva les yeux vers lui.

- Je suis blessée. Et… frappée d’une malédiction humaine.

Adams fronça les sourcils.

- Une malédiction ? Comment ?

L’ange soupira. Son regard se perdit dans l’eau claire.

- Il y a des années, dit-elle, une meute de loups poursuivait une petite fille.

Elle m’a vue… elle m’a suppliée de l’aider, en pleurant, en criant.

Mais j’ai continué ma route.

Et dans sa détresse, elle m’a maudite… avant de se faire dévorer par les loups.

Elle ouvrit légèrement ses ailes.

De longues fissures blanches les traversaient, laissant apparaître la chair blessée.

- Depuis, mes ailes se fissurent davantage chaque année. Et je perds mes plumes…

- Tu ne peux plus voler ? demanda Adams doucement.

- Non, répondit-elle tristement.

- L’eau fraîche apaise la douleur. Elle empêche ma chair de pourrir. Si je n’étais pas ici… mes ailes auraient péri depuis longtemps.

Adams l’écouta, le cœur serré.

- Comment t’appelles-tu ? demanda-t-il enfin.

- Eleïna.

- Et toi ?

- Adams.

Il hésita… puis demanda :

- Où t’abrites-tu ?

Eleïna détourna les yeux vers les montagnes, au loin.

- Là-bas. Juste en dessous du sommet… il y a une grotte. C’est mon refuge.

Un silence doux s’installa.

Le vent caressa les feuilles.

Eleïna posa son regard lumineux sur lui, sans aucune peur.

- Tu reviens chaque jour, remarqua-t-elle.

- Je… oui, avoua-t-il. Peut-être parce que… tu ne détournes pas les yeux.

- Et toi, dit-elle, tu ne me regardes pas comme un animal blessé.

Adams esquissa un rare sourire.

Les jours qui suivent

Les jours passèrent ainsi.

Adams venait chaque jour près du ruisseau, discutant avec l’ange pour tuer le temps, pour chasser la solitude… et sans comprendre lui-même pourquoi, pour se sentir vivant.

Parfois, ils restaient près de l’eau, regardant le ciel.

Parfois, ils partageaient leurs douleurs, leurs doutes, leurs silences.

Deux âmes perdues.

L’une marquée au visage, l’autre marquée aux ailes.

Sans le savoir encore…

Quelque chose de nouveau venait de naître entre eux.