Saga Soumise : Tome 1 : Initiation.

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Summary

10 ans de mariage. Zéro orgasme. Puis, il y a eu le divorce. Je croyais que c'était normal. Que certaines femmes n'étaient tout simplement pas faites pour ça. Et ma jouissance, car oui elle existait déjà, n'était que solitaire. Dans l'ombre, cachée à l'abri des regards. À attendre que mon ex, terriblement normal, quitte la pièce. Un goût bien trop vanillé sur les lèvres. Jusqu'au soir où j'ai franchi la porte d'un monde dont j'ignorais tout. Un cercle privé. Des règles strictes. Du BDSM soft, respectueux... et terriblement efficace. Mon premier orgasme, à 35 ans avec un inconnu. J'aurais dû m'arrêter là. Mais le plaisir, une fois goûté, ne se laisse pas si facilement oublier. Je ne cherchais rien d'autre. Pas de complications. Pas de sentiments, surtout pas. Juste cette sensation d'exister enfin dans mon propre corps. Quand le jeu devient dangereux. Quand deux personnes s'attachent malgré elles et découvrent qu'elles ont désormais tout à perdre, ils ne restent alors que deux corps et deux âmes qui s'enflamment. Et si la plus belle histoire d'amour, était d'abord celle que nous devrions tous construire avec nous même. Nb : Ce texte est une romance adulte érotique. Certaines scènes identifiées par ceci ⚠️ peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes Les scènes spicy sont identifiées par ceci 🔞 .

Status
Complete
Chapters
10
Rating
4.9 15 reviews
Age Rating
18+

1 - Nolan - Le Bloc

POV Nolan


J'aime le silence du bloc opératoire qui possède cette qualité particulière que je recherche dans tous les aspects de ma vie, une concentration où le monde se réduit à un contrôle absolu.

La lame du scalpel entame la peau avec précision. La première résistance est toujours la même : la fine tension de l'épiderme qui cède, puis la souplesse plus profonde des tissus. J'ai fait ce geste des milliers de fois, et à chaque fois, ce même satisfaction. Cette emprise totale sur la chair. Quelle qu'elle soit.

Mes doigts gantés maintiennent l'artère fémorale d'un nourrisson de six mois atteint d'une malformation artério-veineuse. Sous mes pouces, ce pouls qui bat, docile. Une cadence qui n'existe que parce que je l'autorise. Le cœur continue de battre, mais c'est ma volonté qui impose le rythme. Une responsabilité vertigineuse. Et pourtant, je ne ressens rien d'autre qu'une sérénité froide.

L'interne à ma droite respire fort. Trop fort.

Ça me vrille les nerfs immédiatement. Je vois dans mon champ de vision périphérique les gouttes de sueur qui perlent sur son front. L'incompétence, le manque de contrôle, ça déclenche en moi une rage que j'ai passé des années à dompter.

L'écarteur tremble entre ses mains. Autour de nous, l'équipe retient son souffle. Ils me connaissent. Ils savent ce qui va suivre. Sans lever les yeux de mon champ opératoire, je laisse tomber d'une voix de glace :

- Docteur Chen, si vous ne parvenez pas à contrôler votre respiration dans les dix secondes, vous quittez mon bloc. Définitivement.

Son corps se fige d'un coup. Cette peur qui la tétanise comme un animal pris au piège. L'infirmier instrumentiste à ma gauche a cessé de respirer lui aussi. Chen ne parvient pas à se contrôler et quitte la pièce en pleurs.

Je poursuis l'intervention sans un mot. Il y a quelque chose qui m'attire là-dedans : le contraste entre la vulnérabilité absolue du corps ouvert et la maîtrise glaciale qu'exige chaque geste. La moindre hésitation pourrait rompre l'équilibre précaire entre vie et chaos. Or je n'hésite jamais.

La suite de l'opération se déroule avec la fluidité d'une chorégraphie parfaite, mais mains savent où aller avant même que mon cerveau ne formule l'instruction, et cette fusion entre la pensée et le geste représente l'aboutissement de vingt années passées à sculpter mon corps et mon esprit pour atteindre l'excellence.

Vingt années. Combien j'ai sacrifié ? Je chasse cette pensé parasite et totalement inutile.

Quand je referme enfin la dernière suture, l'anesthésiste baisse les yeux vers moi sans oser croiser mon regard. Ce mélange de respect et de terreur que j'inspire, c'est juste un fait.

La peur maintient la distance. La distance préserve la perfection. La perfection chasse les faiblesses et la pire d'entre elle : l'attachement.

Je quitte le bloc sans un mot, laissant une équipe qui n'osera se détendre que lorsque la porte se refermera derrière moi. Dans le vestiaire des chirurgiens, je frotte mes mains sous l'eau chaude, longtemps. L'eau brûlante coule sur ma peau et emporte la tension de ces six heures à maintenir ce bébé en vie.

Mon téléphone vibre déjà sur le banc. Marcus, mon assistant depuis près de dix ans, a cette efficacité silencieuse des gens qui comprennent sans qu'on ait besoin de parler.

Son message est bref :

Trois profils à vous présenter. J'attends vos instructions.

J'attrape ma veste en cachemire et quitte l'hôpital en évitant comme toujours les couloirs où je pourrais tomber sur des collègues en quête d'une forme de reconnaissance que je ne donnerai pas. Dans les ascenseurs, les internes s'écartent instinctivement quand j'entre. Je suscite le respect...ou la peur. Sans doute un peu des deux.

Dehors, il fait beau mais froid en ce mois de décembre. Cette lumière voilée qui me rappelle toujours que le temps passe, même si je fais tout pour l'oublier. Je me glisse dans ma voiture et je laisse cette journée derrière moi.

Marcus m'attend dans le salon, comme toujours impeccablement vêtu de ce costume sombre qui fait de lui une ombre redoutablement efficace. Sur la table basse en verre, deux dossiers sont disposés avec soin. Je me sers un whisky avant de m'asseoir, c'est mon rituel.

Marcus ne dit rien. Il sait parfaitement que je déteste les préambules.

J'ouvre le premier dossier. Une brune de trente-huit ans, avocate, habituée des cercles privés depuis plusieurs années. Trop belle. Trop prévisible. J'ai pas envie de ça... pas en ce moment. Je referme le dossier sans un mot et passe au suivant.

Le deuxième profil. Une blonde cette fois, plus jeune, vingt-neuf ans, ingénieur. Son profil psychologique révèle un besoin de lâcher prise qui pourrait être intéressant, mais quelque chose dans son regard sur la photo me déplaît. Cette dureté calculée, artificielle. Comme si elle jouait un rôle, même dans cette quête de soumission. Elle attend trop, c'est non.

Le troisième dossier reste fermé entre les mains de Marcus quelques secondes. Il hésite.

Ce détail me suffit à comprendre que ce sera le seul qui mérite mon attention. Finalement, il glisse la couverture cartonnée devant moi.

- Solène, trente-cinq ans, commente Marcus d'une voix neutre. Divorcée, deux enfants. Diplômée. Cadre de la fonction publique. Elle a intégré le cercle il y a seulement quelques semaines, peu d'expériences, quelques séances d'initiation et toutes soft. Plusieurs limites très claires. Pas de jeux à plusieurs. Pas d'excès. Pas d'humiliation, pas de douleurs. Elle ne colle pas vraiment avec vos recherches, mais j'ai pensé qu'elle pourrait vous plaire. Elle semble très réceptive et je trouve son parcours ... singulier.

Une novice, je comprends l'hésitation initiale, mais là photo me déstabilise. Elle ne correspond vraiment à rien de ce que j'attends habituellement. Un sourire marqué et terriblement naturel, des cheveux roux qui tombent de façon désordonnée sur ses épaules, un visage à peine maquillé et des yeux qui regardent l'objectif sans aucun artifice ni provocation. Cette vulnérabilité me frappe en pleine gueule. Une impression étrange que je n'arrive pas à contrôler.

Putain, c'est quoi ce bordel. Marcus le savait. C'est pour ça qu'il hésitait. Je sens ma respiration qui change. Mon pouls qui s'accélère. Qu'est ce que ce dossier fout devant moi ?

Ridicule.

Je continue de fixer la photo sans répondre. Ce visage me trouble. Je cherche à comprendre. Peut-être à cause de cette absence totale de calcul, cette ouverture qui semble dire qu'elle n'a rien à cacher, rien à prouver.

- Elle ne correspond pas à mes critères, dis-je d'un ton sec en refermant le dossier.

Mais je n'arrive pas à lâcher la couverture cartonnée. Mes doigts restent posés dessus. Trop longtemps. Beaucoup trop longtemps.

Marcus ne dit plus rien et demeure immobile.

Une chaleur dans ma poitrine tente de s'imposer, là où tout devrait rester glacé, je la reconnais, des trucs de l'enfance. C'est exactement ce que je fuis depuis toujours. Et je la déteste déjà, cette sensation qui pourrait me faire perdre le contrôle.