before the STORM

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Summary

Nouvelle capitaine de police, Maya Lior arrive en ville avec la ferme intention de laisser son passé derrière elle. Déterminée à imposer son autorité et à reconstruire sa vie, elle se consacre entièrement à son nouveau poste. Mais certaines fautes ne s’effacent pas si facilement et certaines rencontres changent tout. Quelques semaines après avoir arrêté un homme aussi énigmatique que dérangeant, Maya se retrouve inexplicablement liée à lui. Ce qui aurait dû rester une simple affaire classée se transforme en une spirale d’événements sombres où la frontière entre justice et vérité devient dangereusement floue. Plus elle cherche à comprendre, plus elle réalise que cette affaire pourrait bien révéler ce qu’elle tente désespérément d’enfouir.

Genre
Romance
Author
moon
Status
Ongoing
Chapters
9
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapitre 1

La porte céda dans un fracas métallique et l’odeur épaisse de la poussière, de la sueur et de la peur se déversa dans le couloir.

Maya s’avança la première tenant son arme en main. Ses yeux fixaient devant elle malgré l’adrénaline brûlante qui traversait son corps. Sa respiration demeurait calme, presque trop calme, signe qu’elle connaissait cette danse par cœur.

Derrière elle, son équipe couvrait chaque angle. Les cris des suspects arrêtés résonnaient déjà dans le bâtiment abandonné.

« RAS à gauche ! »

« RAS à droite ! »

« Un suspect neutralisé ! »

La jeune femme avançait sans ralentir. Le gang qu’ils traquaient depuis des mois tombait enfin, pièce après pièce. Elle avait attendu ce moment, elle l’avait presque rêvé : ce silence électrique juste avant l’arrestation finale. L’instinct du chasseur.

Mais il restait un dernier couloir qui était plus sombre. Elle signala d’un geste à son équipe de rester en arrière. L’écho d’un pas, quelque chose comme un raclement, venait d’une porte entrouverte au bout du passage.

Elle poussa la porte du bout du canon.

L’intérieur était plongé dans une semi obscurité et éclairé seulement par une ampoule pendue au plafond, oscillant légèrement. La pièce était vide… sauf pour lui.

Un homme était assis sur une chaise renversée contre le mur, jambes étendues devant lui comme s’il attendait là depuis des heures. Il leva les yeux vers elle avec une lenteur étudiée, voir presque insolente.

Il n'eut pas un sursaut.

Ni une once de panique.

Il avait un calme provocateur.

Maya braqua son arme sur lui sans hésitation.

« Les mains en l’air. Maintenant ! »

Il cligna des yeux d'un air profondément blasé comme si elle venait de le réveiller d’une sieste désagréable.

« Ah! Enfin quelqu’un. » murmura-t-il. « J’ai failli croire que vous ne viendrez jamais. »

Sa voix était posée et paresseuse. Ses yeux étaient d’un gris profond. Il semblait la détailler sans vraiment se soucier du danger.

« Les mains. » répéta-t-elle plus fort. « Levez-les, lentement. »

Il obéit… en levant les bras comme si c’était la pire corvée du monde.

« Voilà, voilà, pas besoin de s’énerver. Je coopère. Vous voyez ? Je suis un modèle de bonne volonté. »

Elle s’avança d’un pas gardant cette distance réglementaire parfaite qu'elle avait appris. Son doigt était tendu sur la détente. Tout en lui criait le mépris du danger : sa posture nonchalante, son sourire en coin et la manière dont il la regardait comme si c’était elle la suspecte.

« Votre nom ? » lança-t-elle.

« Vous m’arrêtez d’abord ou vous préférez qu’on prenne un café avant ? » demanda-t-il calmement. « Personnellement, je suis ouvert au dialogue. »

Elle serra la mâchoire.

« J’ai dit : ton nom. »

Il haussa légèrement les épaules, les mains toujours levées.

« Noam. »

Un nom prononcé comme un secret qu’on offre sans y croire.

Il la fixait droit dans les yeux gardant cette lueur sarcastique qui donnait envie de lui passer les menottes plus fort que nécessaire.

« Contente ? » dit-il en penchant la tête. « Vous devriez sourire, ça éclaircira votre visage. »

La brune ne répondit pas. Elle avança et le força à se retourner pour l’immobiliser. Ses muscles se tendirent sous ses doigts.

Il ne résista même pas une seconde. Il ne fit aucun geste brusque. Et pourtant…Elle sentit une tension étrange dans son dos.

Ce n'était pas de la peur ni de l’agressivité. C'était autre chose: du contrôle. Trop de contrôle.

Quand elle lui passa les menottes, il glissa d’une voix basse :

« Faites attention, capitaine. En général, quand vous arrêter quelqu’un comme moi… ça ne s’arrête jamais vraiment là. »

Elle ne sut pas pourquoi mais ses mots lui glacèrent l’échine. Elle le tira vers la sortie sans répondre.

Elle ne savait pas encore que ce serait le début d’une histoire qui allait lui coûter bien plus que du sommeil.

La jeune femme sortit finalement de la pièce en laissant deux de ses hommes prendre le relais. Noam fut saisi par les bras sans qu’il proteste. Il avait toujours ce même air indifférent vissé au visage comme si on le conduisait à un dîner ennuyeux plutôt qu’en garde à vue.

Elle inspira profondément en traversant le couloir dévasté. Le vacarme des interpellations s’était calmé. Le bâtiment reprenait une forme de silence oppressant comme si les murs attendaient déjà le retour du chaos.

À l’extérieur, la nuit apparaissait. Les gyrophares teintaient les façades abandonnées d’un bleu rouge intermittent. L’odeur du goudron mouillé se mêlait à celle de la tension retombée.

Son équipe l’attendait près des véhicules. Dès qu’ils la virent approcher, leurs postures se redressèrent légèrement. C’était une sorte de marque du respect ou peut-être simplement du soulagement.

« Capitaine, c’est bouclé. » annonça Martinez, son adjoint. « Tous les membres identifiés ont été arrêtés. Il n'y a aucun blessé de notre côté. »

Elle hocha la tête satisfaite d'entendre cela.

Cela faisait un mois à peine qu’elle avait pris son poste. Elle avait été mutée d’une autre grande ville où elle avait laissé derrière elle des fantômes. Un mois et déjà un gang entier mis hors d’état de nuire.

« Bon travail à tous. » dit-elle.

Sa voix restait calme, mais elle sentait une chaleur discrète dans la poitrine : le genre de fierté qu’elle se permettait rarement.

Un mouvement attira son attention.

Deux agents escortaient le fameux Noam menotté jusqu’au fourgon. Il marchait tranquillement, les épaules légèrement affaissées comme s’il craignait que quelqu’un lui demande un effort supplémentaire.

Il leva brièvement les yeux vers elle, juste un instant.

Un regard sans peur, sans défi… mais plein d’une ironie qui donnait l’impression qu’il savait quelque chose qu’elle ignorait.

Elle fronça les sourcils.

« Martinez. » dit-elle en restant à proximité du fourgon.

Elle désigna Noam d’un signe de tête.

« Tu le connais ? Il n’a pas l’air de faire partie du gang… »

Son adjoint lâcha un petit rire court et sans joie.

« En effet. Il ne fait pas parti du gang. Mais le connaître… c’est un grand mot. »

Il croisa les bras, le menton levé vers le suspect.

« Disons qu’on a pris l’habitude de le voir ici. Ou ailleurs. Dans des situations assez… variées. »

« Variées c’est-à-dire ? »

« Mauvaises. » répondit-il en haussant les épaules. « Toujours dans les mauvais coups, toujours au mauvais endroit. »

Un sourire fin étira sa bouche.

« Ou toujours au bon endroit, selon comment on regarde les choses. »

Elle arqua un sourcil.

« Tu sous-entends qu’il collabore avec nous ? »

Martinez soupira et lorgna vers Noam qui discutait tranquillement avec l’un des agents comme s’ils parlaient météo puis revint vers elle.

« Sous-entendre ? Non. Je dis juste qu’il sait tout ce qu’il ne devrait pas savoir. Et que parfois… ça nous arrange de l’écouter. »

Il marqua une pause.

« Parfois seulement. »

Elle observa Noam se hisser dans le fourgon avec un calme presque étudié. Ses mains menottées s’appuyaient contre le métal. Pas un mot de protestation. Pas d’énervement. Juste cette nonchalance dérangeante qui lui collait à la peau.

« Et autre chose. » ajouta Martinez, son ton baissant d’un cran.

« Quoi ? »

Il la fixa droit dans les yeux.

« Méfiez-vous de lui, capitaine. Cet homme-là… »

Il fit claquer sa langue.

« Il a le génie du mensonge. Et il adore s’en servir. »

Maya ne répondit rien. Mais au fond d’elle-même, elle se surprit à penser que Noam n’avait pas seulement l’air dangereux.

Non. Il avait l’air inquiétant.

Comme quelqu’un qui pourrait soulever des ruines entières… juste pour voir ce qu’il y a dessous.


Le commissariat était encore animé lorsque Maya franchit les portes automatiques. Des agents circulaient dans les couloirs, des téléphones sonnaient et la rumeur de leur opération victorieuse parcourait déjà le bâtiment. Elle ignora les regards curieux et monta directement jusqu’au bureau du commissaire.

Elle frappa une fois puis se tourna vers Martinez qui l’avait suivi.

« Entrez ! »

Le commissaire Revelle était un homme massif à la moustache grisonnante. Il leva à peine les yeux de son dossier lorsqu’elle pénétra dans la pièce. Lorsqu’il les posa enfin sur elle, un sourire satisfait étira ses lèvres.

« Capitaine Lior, félicitations. »

Il referma son dossier d’un geste sec.

« Un mois seulement que vous êtes avec nous et vous faites tomber l’un des réseaux les plus retors de la ville. C’est… remarquable. »

Elle hocha la tête, le dos droit.

« Merci, monsieur. »

« J’aurais besoin de vous sur une autre affaire. » continua-t-il en fouillant dans une pile de dossiers. « Un trafic d’armes qui… »

« Je voudrais interroger le fameux Noam que j'ai arrêté. » l’interrompit-elle soudainement.

Un silence tomba.

Le commissaire releva entièrement le regard cette fois. Ses sourcils s'étaient légèrement froncés car il avait été surpris de son assurance.

À côté de lui, adossé au mur, Martinez qui assistait au débriefing, laissa échapper un éclat de rire discret mais parfaitement audible. Revelle le fusilla du regard.

« Quelque chose à dire, Martinez ? »

L’adjoint s’éclaircit la gorge mais tout en gardant son petit rictus.

« Capitaine Lior est… motivée. C’est normal, commissaire. Elle ne sait pas encore. »

Il se tourna vers Maya avec un sourire qui tenait presque du défi.

« Le premier interrogatoire avec Noam… c’est toujours un spectacle. »

« Martinez. » grogna le commissaire.

« Et puis. » reprit-il en haussant innocemment les épaules. « Noam a été trouvé sur les lieux. Elle a le droit de voir si ce qu’il sait peut servir. Et il sait toujours des choses. »

Le commissaire regarda Maya. Elle ne baissa pas les yeux et ne détourna pas le visage. Elle tenait parfaitement son rang.

Après quelques secondes, Revelle soupira.

« Très bien. »

Il referma son dossier d’un claquement.

« Capitaine Lior, vous avez le feu vert. Interrogez-le. Mais… ne perdez pas votre temps. Si cet homme décide de ne rien dire, il ne dira rien. »

Maya acquiesça.

« J’en suis consciente, monsieur. »

Elle sortit du bureau, suivie de Martinez. Une fois la porte refermée, elle tourna la tête vers lui.

« Merci. » dit-elle simplement.

L’adjoint sourit, un sourire amical mais teinté d’un amusement qu’elle ne comprenait pas encore.

« De rien, capitaine. »

Il coinça ses mains dans ses poches.

« J’ai hâte de voir votre réaction quand vous vous retrouverez face à lui en salle d’interrogatoire. »

Elle arqua un sourcil.

« Pourquoi ? »

Il rit doucement.

« Parce que Noam… »

Il secoua la tête, résigné.

« Cet homme peut faire perdre patience à un moine bouddhiste. Alors vous, avec votre sérieux… je suis curieux de voir qui craquera le premier. »

Maya ne répondit pas, mais au fond d’elle, une pensée s’alluma, nette :

Qu’il essaie.

Elle descendit les escaliers, déterminée. Et au sous-sol, derrière la vitre sans tain…Noam l’attendait déjà.