En attendant l’exécution (MxM)

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Summary

Dans un royaume ravagé par la famine, Caleb, commandant des chevaliers, ne croit plus en l’innocence. Derrière les barreaux du Donjon, les coupables se succèdent… jusqu’à Colin. Accusé pour avoir simplement voulu se nourrir, Colin ébranle les certitudes de Caleb. Trop sincère. Trop fragile. Trop humain. Dans un monde où survivre est un crime, tomber amoureux pourrait être le pire des péchés.

Status
Ongoing
Chapters
3
Rating
3.0 1 review
Age Rating
18+

Chapitre 1 : entrainement et pendaisons

Trigger Warning / Contenu sensible :

Cette histoire contient des scènes de violence, de punition, de famine, de prison et de situations moralement difficiles. Certaines scènes peuvent être éprouvantes pour les lecteurs sensibles. le texte peut changer en fonction des chapitres relisez le rapidement a chaque chapitre. ( je vous aurais prévenus )

Il est 10 heures et 26 minutes. Les futurs chevaliers s’entrainent devant le donjon des damnés. Derrière le mur de ce même donjon, des exécutions ont lieu. Aujourd’hui il n’y a que des pendaisons.

Demain il y a aura peut-être des décapitations ou quelques brûlés vifs.

Après tout, cela devient de plus en plus fréquent.

Les écuyers s’entraînent à un exercice connu, et détesté de tous :

L’exercice de la quintaine.

C’est un exercice qui demande : équilibre, précision, force, et agilité. Le but est de partir au galop avec son cheval, et sa lance, et de foncer sur un anneau assez petit, fixé sur une corde. Il faut l’attraper du bout de sa lance. Sans le faire tomber, ou le briser.

Je détestais ça quand j’étais écuyer. Je préférais être de corvée, pour cirer la vieille armure de mon maître de l’époque.

-Du nerf Christian ! lève ta lance plus haut. Godefroy nous avions dit uniquement la pointe de la lance pour recueillir l’anneau, je t’ai vu ! tu t’occuperas donc seul de nettoyer et polir mes armes, ainsi que mon armure ! vociférais-je. J’ai dit au galop, Augustin ! Pour la peine tu t’occuperas des chevaux de tes camarades après l’exercice.

Qu’est-ce qu’ils sont maladroits !

Moi, Caleb, 29 ans. Commandant des chevaliers de la cour. Responsable de la prison. Connu pour toutes mes batailles gagnées, et, accessoirement surnommé le chevalier au masque de fer blanc.

Je me retrouve à devoir entrainer des incompétents.

Le soleil me tape sur la peau.

« Ça c’est les matins d’été que j’aime. » me dis-je.

Si ses écuyers n’étaient pas là ce serait définitivement parfait.

-Alors ? demande une voix derrière moi. On ne regrette toujours pas d’avoir accepté d’entrainer mes écuyers ?

Oswin...

-Pourquoi diable as-tu choisi d’avoir 3 écuyers en même temps ?! J’ai déjà du mal avec un... alors 3…

-J’aime bien être accompagné. Avoue-t-il, Et puis ils s’occupent du sale boulot à ma place tout en me tenant compagnie. Le rêve.

-C’est un cauchemar. Gémis-je. Ils nous suivent partout, tout le temps.

-Ne fait pas ton rabat-joie Caleb, tu verras ils sont géniaux ! Dit-il en me tapant tellement fort dans le dos que je crus tomber. Bon, je dois te laisser je dois aller voir Ma Dame. Il est hors de question que je la fasse attendre plus longtemps !

Il partit l’air déterminé recoiffant ses quelques mèches blondes rebelles et parti a une vitesse ahurissante.

Décidément…Il prend son rôle de protecteur très au sérieux pour son jeune âge…

Oswin est un chevalier de 22 ans. Il a été adoubé à 19 ans, il n’a pas tardé à se battre, et se mettre sous une maison, la même que la mienne. Il a tellement d’entrain qu’il a réussi à faire de la fille du seigneur, sa Dame. Je ne comprends vraiment pas comment il fait pour aller si vite, et avoir autant d’écuyers.

Je n’en ai jamais voulu. Et je n’en voudrais jamais. Je n’ai pas envie d’avoir un boulet dans les pattes.

Godefroy tente d’attraper l’anneau au galop, mais se ramasse par terre. Puis repart de plus belle.

La fougue de la jeunesse… Je dis ça mais je n’ai que 29 ans après tout. Et déjà des maux de têtes.

Mais ça s’est surement dû aux bruits infernaux de la ville.

En parlant de fougue de la jeunesse. Un jeune homme tente de se dégager de l’emprise de deux gardes qui l’emmènent vers le donjon. Il hurle qu’il n’a rien fait. Classique. Et franchement, ça me casse les oreilles.

-Godefroy, Augustin ! restez concentrés ! vous n’aurez pas votre pause du midi tant que vous n’aurez pas réussi à faire l’exercice ! si j’étais vous je ne perdrais pas une seconde.

J’ai l’habitude de ce genre de scénario :

Encore une personne qui se clame innocente alors qu’elle a peut-être tuée sa propre mère pour avoir un peu de nourriture à se mettre sous la dent. Ses écuyers ne comprennent pas la chance qu’ils ont d’être protégés de la famine du tiers-état.

Pendant qu’eux mangent à leurs faims, avec un bon avenir de promis, les gens du peuple meurent de faim, et n’ont à peine de quoi subvenir à leurs besoins.

Le futur prisonnier se bat furieusement contre les gardes, qui ont du mal à le contenir. J’imagine déjà tout le chemin qu’ils ont dût traverser pour le ramener jusqu’ici.

Il a d’énormes cernes, une figure très maigre, illustrant la famine qu’il subit lui et ses semblables. Il a une couette assez longue qui fouette le premier dès qu’il bouge la tête, et tente de frapper au tibia le second. Ses yeux percent les deux hommes d’une colère noire. Mais la façon dont il agit montre clairement qu’il est totalement paniqué.

Finalement après une longue bataille acharnée entre lui et ses deux guerriers. Ils finirent par gagner et réussir à l’emmener jusque dans le donjon.

Une journée normale en somme.

L’exercice se termina. Godefroy fut le dernier à réussir l’exercice d’aujourd’hui. Nous nous installons sur l’herbe dans la cour. Un petit coin à l’ombre pour manger un morceau avant de continuer leurs entrainements.

Le pain et la viande séchée sont de sortie. Ainsi que nos gourdes pour se désaltérer.

-La prochaine fois vous essayerez avec un plus petit anneau et au lieu d’être maintenu par une grosse corde, la corde sera plus fine. Donc elle bougera plus en fonction du vent. Vous verrez vous deviendrez plus précis grâce à cet exercice.

Comme ils se fichent totalement de l’exercice du jour, ils décident de changer de sujet.

-Une personne c’est fait emmener dans le donjon…commence Christian. Mais on dirait que ça ne vous a même pas atteint.

-C’est l’habitude. Des personnes comme lui il en arrive presque tous les jours. Pareil pour les exécutions.

-Il y a des exécutions ici ?! Demande Augustin. J’ai toujours voulu en voir une !!

-Tu n’en as jamais vue ? vraiment ? Le questionne Godefroy. C’est vraiment impressionnant surtout les bûchers on voit tout prendre feu comme un brasier !

-Il n’y a qu’en ville qu’on peut voir ça sur la place publique !! S’exclame Christian.

-Nous devrions aller voir un de ces jours ! Dit-Augustin

-Bonne idée !! S’exclame Godefroy.

Au loin je vois arriver Oswin d’un pas léger heureux et en paix. Le calvaire est enfin fini !

-Moi je dois y aller ! pour aller voir une exécution, il faudra d’abord demander à votre maitre s’il est d’accord avec ceci.

Ils n’avaient pas l’air d’apprécier mon commentaire.

Je pars le plus vite possible essayant de trouver un petit coin sympa ou me reposer un peu avant de devoir aller m’occuper de la prison.