The Cross Promise

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Summary

Sébastien veut l'épouser. Elisa veut y croire. Mais peut-on construire un avenir avec un homme qui associe l'amour au danger ? Qui donne son corps avec intensité, mais garde son âme en retrait ? Entre désir, doutes et vérités enfouies, le "oui" d'Elisa pourrait bien être le début d'une épreuve plus grande encore.

Genre
Romance
Author
QueenB
Status
Complete
Chapters
15
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapter 1

Merde.

Merde.

Merde.

Je fixe l’écran de mon téléphone. Toujours rien.

Tara ne me répond pas. Bien sûr qu’elle ne me répond pas. Elle vit le grand amour avec Nathan et je l’ai à peine au téléphone ces derniers jours. Je ne peux pas lui en vouloir.

Mais là… j’ai besoin d’elle. J’ai besoin de dire les mots à voix haute.

Demande en mariage. Je relis le message que j’ai tapé. Je l’efface. Je le réécris.

Je l’efface encore.

— Il m’a demandé de l’épouser.

Même à l’écrit, ça semble irréel. J’efface. Je verrouille l’écran. Le pose sur le siège passager. Le reprends aussitôt, comme si une vibration pouvait me sauver à la dernière seconde.

Rien.

Le silence de la voiture est assourdissant.

Je regarde mes mains posées sur le volant. Elles tremblent légèrement. Pas de peur. Juste… trop de choses à la fois.

Trois jours.

Trois jours sans le voir. Trois jours sans qu’on parle de cette phrase. Je ferme les yeux une seconde. Si je démarre, je ne peux plus reculer. Je pourrais encore inventer une excuse. Dire que je ne me sens pas bien. Que je suis fatiguée. Que je dois rester avec mes parents.

Mais je sais que ce serait un mensonge. Je prends une inspiration lente.

Je démarre.

Myriam et Daniel ont débarqué comme une parenthèse salvatrice. On n’a même pas eu le temps d’en reparler. Trois jours où il s’est consacré à son oncle, aux réunions, aux discussions. Trois jours où je me suis réfugiée auprès de mes parents, comme si je pouvais encore me cacher dans une vie plus simple.

Ils sont repartis ce soir, plus heureux que jamais de leur séjour. Ma mère m’a serrée fort avant de monter dans la voiture.

— Reviens nous voir avec Sebastian, d’accord ?

Elle a déjà décidé qu’il faisait partie du tableau.

Mon père, lui, est resté en retrait. Il m’a regardée comme il le fait depuis toujours quand il sent que quelque chose m’échappe. Il n’a rien dit. Mais il a vu. Il a vu que je suis stressée. J’ai essayée de lui faire croire que c’était dû à un nouveau client dont je vais devoir m’occuper personnellement mais il a vu que ce n’était pas ça.

Et maintenant…Maintenant je vais revoir Sebastian. Rien que d’y penser, mes mains deviennent moites.

Comment va-t-il ?

Est-ce qu’il regrette ?

Est-ce qu’il est aussi tendu que moi ?

Qu’est-ce qui lui a pris, vraiment ?

Non.

La vraie question est : est-ce qu’il était sérieux ?

Ce soir, la bijouterie de l’hôtel présente sa collection automne dans l’un des salons privés. Mme Delcourt a profité de la présence de Daniel pour organiser l’événement. Tout le monde important sera là. Les lumières seront tamisées. Les vitrines éclairées. Les pierres scintilleront comme des promesses.

Et moi, je vais devoir soutenir son regard. C’est la première fois que je vais le revoir depuis sa demande. Et je sais qu’il va me demander une réponse.

Une réponse que je n’ai pas. Enfin… si je l’ai.

Je la connais.

Je la sens.

Mais la prononcer, c’est autre chose.

Je jette un œil à l’heure sur le tableau de bord. Chaque minute semble se dilater. Le moteur ronronne doucement. Les lumières de la ville défilent, floues, comme si tout avançait sans moi.

Et pourtant, je roule vers lui.

Une fois sur le parking, je coupe le moteur et enfiles mes escarpins bordeaux. Je descends du véhicule et traverse un chemin pavé.

Je rentre et pars directement vers l’ascenseur et monte au denier étage où il y a un salon privé. Je traverse le couloir lentement entendant déjà une légère musique de jazz.

Un homme en costume sombre se tient devant la porte en bois, une oreillette discrète, tablette en main.

Je souris, mal à l’aise. C’est la première fois que je participe à ce genre d’événement. C’est étrange. Comme si je marchais dans un monde qui n’est pas tout à fait le mien.

— Votre invitation, s’il vous plaît.

Je sors l’enveloppe de mon sac. Mon nom est écrit en fines lettres dorées.

Il incline légèrement la tête.

— Mademoiselle Rowan… parfait. Bonne soirée.

Il ouvre la porte.

Un couloir décoré de compositions automnales mène au salon privé. Le tapis absorbe mes pas. La rumeur d’un cocktail me parvient déjà, feutrée, contrôlée. Pas une fête bruyante. Plutôt un murmure continu de conversations bien habillées.

Deux hôtesses vêtues de noir me sourient en silence. Une arche de rideaux poudrés encadre l’entrée du salon.

Je franchis le seuil.

Le sol est recouvert d’un tapis rosé très pâle. Des bougies cylindriques, protégées dans des verres transparents, longent les murs. Au centre, une table carrée et minimaliste présente la nouvelle collection : des pièces automnales aux reflets champagne et ambre, éclairées par des spots invisibles qui font scintiller chaque pierre.

Au fond, de larges baies vitrées donnent sur la ville. Les lumières nocturnes se mêlent aux reflets des coupes de champagne disposées en pyramide.

C’est l’une des choses les plus élégantes que j’ai pu voir.

Un serveur s’approche, plateau en main, et me propose une coupe. Je décline d’un signe discret et continue d’avancer. Mon cœur bat à toute vitesse. Je commence à croire que je vais me figer. Que je vais perdre mes moyens. Que je risque même le malaise.

Et puis…

Je le vois.

Au milieu du salon, près de la table centrale où reposent de petits sacs cadeaux siglés.

Sebastian.

Costume noir parfaitement ajusté. Chemise blanche ouverte d’un bouton. Pas de cravate. Les manches tombent juste comme il faut sur ses poignets.

Il parle à un investisseur. Son visage est sérieux. Maîtrisé.

Puis il lève les yeux. Et il me voit.

Il s’arrête.

Pas longtemps. À peine une seconde. Mais je le vois. Son regard change. Il est intense et plus personnel. Mon cœur lui devient soudainement léger. Dire que j’ai stressé toute la journée… Maintenant, je n’ai plus qu’une envie.

Traverser la pièce.

Me jeter contre lui.

Respirer enfin.