Dog Tags

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Summary

Elle cherchait une histoire. Elle a trouvé l’homme parfait. Mais…personne ne lui a dit de se méfier des hommes parfaits. Lina Clark, une journaliste freelance débarque dans une ville-garnison du désert californien pour un reportage tranquille. Un soir, dans un bar miteux, elle rencontre Malcom Brown. Commandant dans l’armée de terre. Il a le regard clair, les mains larges, la voix basse. Le genre d’homme dont on ne se remet pas. Dès la première nuit, c’est un incendie. Mais quelque chose ne tourne pas rond dans cette ville. Des anciens militaires disparaissent. Des morts suspectes sont classées trop vite. Plus Lina creuse, plus le danger se rapproche. Et la vérité, quand elle éclatera, détruira tout. Certains hommes portent leurs dog tags pour se souvenir de qui ils sont. D’autres les portent pour oublier. ⚠️ Dark romance · Scènes explicites · Thriller psychologique 🔞

Genre
Romance
Author
Aïda
Status
Complete
Chapters
20
Rating
4.5 2 reviews
Age Rating
18+

Chapter 1

La climatisation du Coyote était morte depuis au moins deux jours.


Lina le sentit dès qu'elle poussa la porte cette chaleur moite, collante, qui vous tombait dessus comme une couverture mouillée.


Le genre de chaleur qui n'avait rien à faire dans un bar à onze heures du soir, même en plein désert californien.


L'endroit était exactement ce qu'elle avait imaginé. Un comptoir en bois sombre rayé par des années de verres posés trop fort.


Des tabourets en cuir craquelé. Un vieux jukebox dans un coin qui crachait du Johnny Cash à un volume juste assez fort pour couvrir les conversations sans les tuer.


Des néons Budweiser au mur, une tête de cerf empaillée au-dessus de la porte des toilettes, et cette odeur de bière tiède, de sueur, de cuir, de poussière. L'odeur de tous les bars paumés du monde.


Il y avait une dizaine de personnes. Des hommes, surtout. Quelques-uns en civil avec des coupes de cheveux trop courtes pour être honnêtes. C'était des militaires, à tous les coups. D'autres plus usés, plus vieux, probablement des locaux. Deux femmes au bout du comptoir qui rigolaient fort.


Lina s'installa sur un tabouret, posa son sac à ses pieds et fit signe au barman. Un type massif, crâne rasé, bras couverts de tatouages délavés.


— Qu'est-ce que je vous sers ?


— Tequila. Neat.


Il haussa un sourcil, comme si la commande l'amusait et attrapa une bouteille sans étiquette sous le comptoir. Il versa. Lina porta le verre à ses lèvres. La tequila était tiède et râpeuse.


Elle ne savait même pas pourquoi elle était là.Enfin si. Elle le savait. Son rédac chef chez Pacific Standard lui avait proposé un papier sur les villes fantômes autour des bases militaires . Ces communautés coincées entre le désert et les barbelés qui vivaient au rythme des déploiements et des retours.


Un sujet calme, humain. Le genre de truc qu'elle prenait quand elle avait besoin de respirer.


Et elle avait besoin de respirer.


Six mois plus tôt, un article qu'elle avait publié sur un réseau de corruption dans la police de Sacramento lui avait valu trois semaines de menaces de mort et un procès en diffamation qu'elle avait gagné mais qui l'avait vidée.


Financièrement, nerveusement, tout.


Ajoutez à cela une rupture avec un mec qui lui reprochait de « toujours mettre le boulot en premier » comme si c'était une insulte et vous obteniez une femme de vingt-six ans assise seule dans un bar du désert à boire de la tequila tiède un mardi soir.


Super tableau.


Elle but une deuxième gorgée et balaya la salle du regard. C'est là qu'elle le vit.


Il était assis trois tabourets plus loin. Seul. Une bière devant lui, à peine entamée. Et il la regardait.


Pas comme les autres. Pas ce regard en biais, rapide, un peu lâche, que les hommes jettent aux femmes dans les bars quand ils espèrent ne pas se faire griller.


Non. Lui la regardait directement . Calmement.


Comme s'il avait tout son temps.


La première chose qu'elle remarqua, ce fut la mâchoire. Carrée, large, couverte d'une barbe de trois jours qui rendait son visage à la fois dur et doux. Puis les cheveux bruns foncé, bouclés, un peu trop longs sur le dessus, le genre de boucles épaisses qui donnent envie d'y glisser les doigts. Il portait un t-shirt gris délavé tendu sur des épaules larges, des bras bronzés, des veines visibles sur les avant-bras. Pas le corps d'un mec qui va à la salle pour poster sur Instagram. Le corps de quelqu'un qui porte des choses lourdes pour de vrai.


Et ses yeux. Même dans la lumière dégueulasse du bar, elle les voyait. Verts. Ou gris. Ou entre les deux . Cette couleur qui change selon la lumière, impossible à fixer.


Il leva sa bière dans sa direction. Pas un toast. Juste un geste. Tranquille.


Lina ne sourit pas. Elle soutint son regard, porta sa tequila à ses lèvres et but sans le quitter des yeux.


Quelque chose passa. Ce truc invisible, électrique, qu'aucun mot ne décrit correctement mais que tout le monde reconnaît.


Il se leva. Prit sa bière. Et vint s'asseoir sur le tabouret à côté d'elle. Pas celui d'à côté immédiat ,celui d'après. Assez près pour parler, assez loin pour ne pas envahir. Calculé. Ou naturel. Difficile à dire.


— T'es pas d'ici, dit-il.


Sa voix était basse, un peu rauque. Le genre de voix qui vibre dans la poitrine.


— Qu'est-ce qui m'a trahie ?


— Personne boit de la tequila neat au Coyote. C'est un bar à bière.


— C'est un crime ?


— Non. C'est juste que t'as pas lu le dress code.


Lina faillit sourire. Presque.


— Et toi ? T'es d'ici.


— Plus ou moins. Ça dépend de ce que tu appelles « ici ».


Il but une gorgée de sa bière. Ses mains étaient grandes. Des mains de travailleur, pas de bureau. Une cicatrice blanche courait le long de son pouce gauche.


— Malcom, dit-il en tendant la main.


Elle la serra. Sa paume était chaude, sèche, rugueuse.


— Lina.


— Lina comment ?


— Clark. Lina Clark.


— Et qu'est-ce que Lina Clark fait dans un bar du désert un mardi soir ?


— Elle cherche des histoires.


Il pencha la tête. Léger sourire. Le premier. Il creusa une fossette sur sa joue gauche et Lina sentit quelque chose bouger dans son ventre. Le genre de truc qu'elle détestait ressentir aussi vite.


— T'es journaliste ?


— En freelance.


— Quel genre ?


— Le genre qui pose trop de questions.


— J'ai remarqué.


Il y eut un silence. Pas gênant. Plein. Le jukebox passa sur Springsteen. Quelqu'un fit claquer une boule de billard dans le fond de la salle.


— Et toi Malcom sans nom de famille , tu fais quoi dans la vie ?


— Brown. Malcom Brown. Et je fais un truc très ennuyeux.


— Essaie quand même.


— Armée de terre.


Lina hocha la tête. Évidemment. La coupe pas tout à fait réglementaire, mais la posture, la carrure, cette façon de se tenir droit même assis sur un tabouret bancal — elle aurait dû deviner.


— Quel grade ?


— Commandant.


— Commandant. C'est pas ennuyeux, ça.


— Tu serais surprise.


Il commanda deux tequilas sans lui demander si elle en voulait une autre. Ce culot aurait dû l'agacer. Mais la façon dont il posa le verre devant elle sans insister, sans attendre de remerciement, juste un geste fluide transforma le culot en quelque chose d'autre. De la confiance. Le genre de confiance calme qui ne cherche pas à impressionner.


Ils parlèrent. Une heure. Peut-être deux.


Lina perdit le fil.


Il était drôle. Pas le drôle bruyant, pas le mec qui cherche la punchline. Un humour sec, pince sans rire, qui arrivait toujours une demi-seconde après ce qu'on attendait. Il la faisait rire et chaque fois, elle voyait ses yeux s'adoucir un peu, comme si son rire à elle déverrouillait quelque chose en lui.


Il lui parla de la base sans trop en dire. De la chaleur du désert qui rendait les gens dingues. D'un sergent sous ses ordres qui collectionnait les serpents à sonnette. Il ne parla pas de combats, pas de missions, pas de déploiements. Quand Lina glissa une question dans cette direction par réflexe professionnel il sourit, but une gorgée et dit :


— C'est le genre de truc qui se raconte pas entre deux tequilas.


Pas un mur. Pas un refus sec. Juste une limite posée avec une élégance tranquille. Et Lina qui passait sa vie à franchir les limites des gens pour gagner sa vie, respecta celle-là sans savoir pourquoi.


Vers une heure du matin, le bar commença à se vider. Le barman essuyait des verres avec l'énergie d'un homme qui voulait fermer. Le jukebox s'était tu. Il ne restait plus qu'eux et un vieux au bout du comptoir qui dormait sur son bras.


Malcom se tourna vers elle. Pleinement. Ses genoux touchèrent les siens. La chaleur de son corps traversa le tissu de son jean. Ses yeux étaient plantés dans les siens et Lina sentit l'air changer devenir plus lourd, plus dense. Comme juste avant un orage dans le désert.


— Je devrais te proposer de te raccompagner, dit-il.


— Tu devrais.


— Mais c'est pas ce que j'ai envie de faire.


Lina sentit son pouls accélérer. Dans sa gorge. Dans ses poignets. Partout.


— Et t'as envie de faire quoi ?


Il ne répondit pas tout de suite. Il leva la main et repoussa une mèche de cheveux noirs derrière son oreille. Ses doigts effleurèrent sa joue. À peine. Juste assez pour que sa peau brûle à l'endroit exact du contact.


— Te ramener chez moi, dit-il. Très simplement. Sans détour.


Et c'est exactement pour ça que Lina dit oui.







Le pick-up de Malcom sentait le cuir et le pin. Un Ford noir, cabossé sur l'aile avant, le genre de véhicule qu'on ne lave pas parce que le désert le resalirait dans l'heure.


Lina monta côté passager. Il conduisait d'une main, l'autre posée sur sa cuisse à elle. Naturellement. Comme s'il l'avait toujours fait. Sa paume était chaude à travers le jean.


Son pouce bougeait lentement, un mouvement à peine perceptible, un va-et-vient sur sa cuisse qui envoyait des décharges le long de sa colonne vertébrale.


Ils ne parlèrent pas pendant le trajet. Pas besoin. Le silence entre eux était devenu une conversation à lui seul.


Sa maison était à dix minutes du bar. Un bungalow bas, simple, propre. Un jardin de gravier et de cactus. Pas de voisins visibles.


Le désert commençait juste derrière, immense et noir sous un ciel absurde d'étoiles.


Malcom coupa le moteur. Le silence du désert les avala. Ce silence particulier ,pas une absence de bruit, mais une présence.


Quelque chose de vivant, de vaste.

Il se tourna vers elle. Dans l'obscurité de l'habitacle, ses yeux captaient la lumière des étoiles.


— T'es sûre ? demanda-t-il.


Il lui laissait une porte de sortie et Lina comprit à cet instant précis que cet homme était dangereux. Pas au sens où elle l'entendrait plus tard. Dangereux parce qu'il faisait les choses bien. Parce qu'il était attentif, respectueux, intense et doux en même temps. Dangereux parce qu'un homme comme ça, on ne le quitte pas facilement.


— Sûre, dit-elle.


Il sortit, fit le tour du pick-up, ouvrit sa portière. Pas pour jouer au gentleman mais pour être plus près d'elle plus vite. Dès qu'elle posa le pied au sol, il fut sur elle.


Pas brutal. Pas brusque. Mais immédiat.

Sa main attrapa sa nuque, ses doigts plongèrent dans ses cheveux, et sa bouche trouva la sienne. Le baiser fut chaud, profond, affamé. Il avait le goût de la bière et de quelque chose de plus sombre en dessous. Lina agrippa son t-shirt, sentit les muscles de son torse rouler sous le tissu et tira. Plus près. Encore plus près.


Il la souleva. Sans effort, sans prévenir. Ses mains passèrent sous ses cuisses et elle enroula ses jambes autour de sa taille. Il la porta comme ça jusqu'à la porte d'entrée, l'ouvrit d'une main ,l'autre ne la lâcha pas et ils entrèrent dans le noir.


Lina n'eut pas le temps de voir la maison. Elle vit un couloir, une porte, une chambre baignée de lumière bleutée par la fenêtre. Un lit. Des draps blancs.


Il la posa sur le matelas. Se recula d'un pas. Et la regarda.Pas vite. Pas comme un homme pressé. Il la regarda comme on regarde quelque chose qu'on veut mémoriser. Ses yeux descendirent sur ses cheveux étalés sur l'oreiller, sur sa bouche gonflée par les baisers, sur le soulèvement de sa poitrine.


Et Lina, qui n'avait jamais eu peur du regard des hommes, sentit quelque chose de nouveau. Pas de la gêne. De la fièvre.

L'impression d'être nue alors qu'elle portait encore tous ses vêtements.


— Enlève ça, dit-elle en tirant sur son t-shirt à lui.


Il obéit. Le tissu gris passa par-dessus sa tête et Lina serra les dents. Son torse était large, sculpté par autre chose que de la salle de sport. Des muscles durs, fonctionnels, dessinés sous une peau bronzée couverte de cicatrices. Une longue balafre courait le long de ses côtes. Une marque ronde sur l'épaule gauche .


Une brûlure ou une balle, impossible à dire. Et au milieu de tout ça, les dog tags. Deux plaques d'acier qui pendaient au bout d'une chaîne et captaient la lumière de la fenêtre.

Il revint vers elle. S'agenouilla sur le lit, entre ses jambes. Ses mains attrapèrent le bas de son haut et le firent glisser lentement par-dessus sa tête. Ses doigts effleurèrent ses côtes au passage et Lina frissonna.


Il se pencha, posa sa bouche sur son ventre. Juste en dessous du nombril. Un baiser chaud, ouvert, qui envoya une décharge droit entre ses cuisses.


— Malcom...


Sa bouche remonta. Baiser après baiser. Son ventre. Ses côtes. La naissance de ses seins. Elle sentait son souffle chaud traverser la dentelle noire de son soutien-gorge, et quand sa main passa dans son dos pour le défaire, elle cambra le dos pour l'aider. Le tissu glissa. Et la bouche de Malcom se referma sur son sein.


Lina ferma les yeux. Sa langue était chaude, lente, précise. Il prenait son temps. Il traçait des cercles, aspirait doucement, mordillait juste assez pour que la douleur se mélange au plaisir.


Sa main tenait son autre sein, le pouce caressait la pointe durcie et Lina sentit ses hanches bouger toutes seules ,un mouvement involontaire, animal, dont elle n'avait pas le contrôle.


Il le sentit. Bien sûr qu'il le sentit. Son autre main descendit. Déboutonna son jean. Fit glisser la fermeture. Ses doigts se faufilèrent sous la ceinture, sous le tissu de sa culotte, et trouvèrent sa peau. Lina expira fort. Tout son corps se tendit.


Il releva la tête. Ses yeux dans les siens. Verts, sombres, dilatés.


Et ses doigts commencèrent à bouger.

Lina le regarda. Elle n'avait pas le choix ,quelque chose dans ce regard la clouait. Il la touchait avec une précision qui n'avait rien de mécanique. Il lisait son corps. Chaque frisson, chaque souffle, chaque contraction de ses cuisses.


Quand elle gémit, il ralentit. Quand elle se mordit la lèvre, il accéléra. Comme s'il apprenait une langue en temps réel et qu'il la parlait déjà couramment.


Il sourit. Et il enfonça ses doigts plus profondément

.

Lina agrippa les draps. Son dos se cambra. La chaleur montait en elle par vagues, de plus en plus hautes, de plus en plus serrées.


Ses cuisses tremblaient. Elle sentait son souffle à lui contre sa joue, ses lèvres contre son oreille, et quand il murmura :


— Lâche-toi


Quelque chose en elle obéit.L'orgasme la traversa comme une décharge. Violent, long, profond. Elle serra les cuisses autour de sa main, planta ses ongles dans son avant-bras, et le son qui sortit de sa bouche n'était pas un mot. Juste un souffle brisé qui remplissait toute la chambre.


Malcom retira sa main lentement. Porta ses doigts à sa bouche. La regarda droit dans les yeux pendant qu'il les léchait.

Lina faillit mourir.


— Viens, dit-elle. Maintenant.


Il se leva. Retira son jean. Son boxer. Et Lina le vit entièrement pour la première fois. Grand. Partout. Sa silhouette découpée contre la lumière bleue de la fenêtre, les épaules larges, les hanches étroites, les cuisses épaisses et entre elles, l'évidence de ce qu'elle lui faisait.


Il attrapa un préservatif dans le tiroir de la table de nuit. Le déchira avec les dents. Le mit. Puis il revint sur elle. Au-dessus d'elle.


Son poids la plaqua dans le matelas et les dog tags, froids, tombèrent entre ses seins.


Le contraste avec sa peau brûlante, le métal glacé lui arracha un gémissement.


Il prit son visage entre ses mains. La regarda. Intensément. Comme s'il demandait une dernière fois. Et il entra en elle.D'un coup. Profond. Total.


Lina ouvrit la bouche. Aucun son. Juste le choc. La plénitude. Cette sensation d'être remplie entièrement, d'un seul mouvement, par un homme qui savait exactement ce qu'il faisait.


Il ne bougea pas tout de suite. Il resta là, en elle, son front contre le sien, sa respiration mêlée à la sienne. Puis il commença à bouger. Lentement d'abord. De longs mouvements profonds qui la faisaient glisser sur les draps. Chaque coup de reins envoyait les dog tags taper contre sa poitrine.


Clic. Clic. Clic. Ce petit bruit métallique, froid, rythmique, mêlé à la chaleur de leurs corps ,c'était obscène et hypnotique en même temps.


— Plus fort, murmura-t-elle.


Il obéit. Ses mains attrapèrent ses hanches, changèrent l'angle, et le mouvement suivant fut plus profond, plus dur. Lina cria. Pas fort. Un cri étranglé, animal, qu'elle ne se connaissait pas. Ses jambes s'enroulèrent autour de sa taille, ses talons se plantèrent dans le bas de son dos pour le tirer encore plus près, encore plus loin en elle.


Malcom grogna contre son cou. Un son grave, presque douloureux. Sa bouche trouva la sienne et ils s'embrassèrent comme on se noie sans respirer, sans réfléchir. Ses mains étaient partout. Sur ses seins, dans ses cheveux, autour de sa gorge.


Lina le sentit accélérer. Ses mouvements devenaient plus courts, plus urgents. Ses muscles roulaient sous ses doigts à elle. La sueur rendait leurs peaux glissantes.


Les draps étaient défaits. La chambre sentait le sexe, la sueur, le désir.


Elle jouit une deuxième fois plus fort que la première, plus profond, un orgasme qui partait de son ventre et irradiait dans tout son corps jusqu'au bout de ses doigts.


Elle se contracta autour de lui et Malcom la suivit presque immédiatement. Son corps se raidit, sa mâchoire se serra et il vint en elle avec un grognement sourd, le visage enfoui dans son cou, ses bras tremblant de chaque côté de sa tête.


Puis un silence.


Juste leurs souffles. Mêlés. Désynchronisés. Puis de plus en plus calmes.


Il roula sur le côté mais ne la lâcha pas. Son bras se referma autour de sa taille et l'attira contre lui. Dos contre torse. Sa bouche dans ses cheveux. Les dog tags, tièdes maintenant, pressés entre ses omoplates à elle.


— Reste, dit-il.


Lina resta.







Elle se réveilla à l'aube. La lumière du désert entrait par la fenêtre dorée, violente, sans filtre.


Elle était seule dans le lit.


Elle se leva, enfila son t-shirt à lui qui traînait sur la chaise . Il était trop grand, il tombait à mi-cuisse et suivit une odeur de café.


Malcom était dans la cuisine. Torse nu, avec un pantalon de jogging bas sur les hanches, pieds nus sur le carrelage. Il lui tournait le dos. Les muscles de son dos roulaient tandis qu'il versait du café dans deux tasses. Les dog tags pendaient entre ses omoplates.


Il se retourna en l'entendant. Et il sourit. Ce sourire avec la fossette à gauche, celui qui lui avait retourné l'estomac la veille. Sauf que ce matin, en pleine lumière, avec ses boucles en désordre et ce regard encore un peu ensommeillé, il était pire. Plus beau. Plus réel.


— Salut, dit-il.


— Salut.


Il posa une tasse devant elle. Noir, pas de sucre. Il n'avait pas demandé comment elle le prenait. Il avait deviné. Ou il s'en foutait.


Les deux options la faisaient sourire.


— Bien dormi ? demanda-t-il.


— Pas beaucoup dormi.


— C'est vrai. C'est de ma faute.


— Entièrement.


Il rit. Un rire bas, court, qui fit vibrer quelque chose dans la poitrine de Lina. Elle but son café en le regardant par-dessus la tasse et pensa : Je suis dans la merde.


Parce qu'elle connaissait ce sentiment. Cette chaleur-là, dans le ventre, quand on regarde quelqu'un et qu'on sait déjà trop tôt, beaucoup trop tôt que cette personne va compter. Que ce n'était pas juste un soir. Que ce type avec ses boucles, ses cicatrices et son café noir allait s'installer dans sa tête et ne plus en sortir.


Par la fenêtre de la cuisine, le désert s'étirait à perte de vue. Beige, brûlé, immense. Et quelque part derrière cette lumière aveuglante, la base militaire dormait encore.


Lina ne le savait pas encore. Elle ne pouvait pas le savoir.


Mais dans six mois, elle souhaiterait ne jamais avoir poussé la porte du Coyote.