Chapitre 1
Outrage !
« … la femme est une perle rare et un joyau précieux... » Maktaba Tawhid
(Un homme, vu de dos, urine sur un buisson, en fond de scène. Il est vêtu d’un blouson en cuir, jean, creepers pointues au pieds, et une coupe de cheveux à la rockabilly.)
La féministe : Ça te dérange pas trop de pisser dans les buissons, et de répandre les pesticides que tu ingurgites, dans la nature ! Le réchauffement climatique, ça te rappelle quelque chose ?
Putain !... C’est pas vrai !... ça me révolte ça !... Je ne supporte plus ces petits mâles dominateurs qui se croient tout permis avec leur truc là...
Je pense qu’il faudrait tous les prendre entre quatre yeux, et leur montrer qu’ils ne sont plus les maîtres dans ce pays. Faut qu’ils dégagent... DEGAGES !... T’entraves ce qu’on te dit, ducon !...
( Elle se saisit d’un paquet de cigarette, en retire une, nerveusement, et la met dans sa bouche quelques instants, avec un air provocateur. Puis, comme dégoûtée, elle la replace dans le paquet, qu’elle remet dans sa poche.)
Après cinq ans, piégée avec un type, je me retrouve confrontée à cette triste réalité autour de moi, de tous ces mecs de plus de quarante ans qui n’ont même pas pris le temps de se déconstruire pour être un peu vivable en couple.
Les plus jeunes au moins même si c’est passager, on sent qu’ils ont fait le travail sur eux-mêmes, pour nous plaire, et pour se remettre en question... ça fait plaisir... Évidemment, on les revoit plus après, mais l’intention y est...
Avec ma meilleure copine après le cinéma un jour, on est allé prendre un verre dans un bar... Ouaih !... je sais... mais j’avais la permission... Puis de toute façon j’avais prévenu... Lui aussi... il voyait ses copains … dehors ...
C’est là, que je l’ais rencontré … ce mec ... pas mal... dreadlocks et tout... Il parlait bien, et puis ... enfin vous voyez quoi... Il me plaisait … C’est là que j’ai adhéré à leur groupe... J’ai trouvé qu’ils avaient raison sur tout...
Comment je me suis fait oppresser par l’autre, là, avec ces copains... aussi machos que lui... J’y crois pas...
Mais depuis toute petite aussi … On nous interdit de vivre... Mon père... Non mais pour qui il se prenait lui, à m’interdire de voir mes copines le samedi... Encore un salop qui avait pris l’habitude de se croire le chef … Aujourd’hui... C’est nous « le chef »!
Je vis ma vie … Je jouis … à fond, et je vous emmerde les petits mecs... Putain les gonzesses, révoltez-vous !... Merde !... Ouahhh !... Vous laissez plus faire par ces porcs !...
( Elle pousse un cri aigu, accompagné d’une moue rebelle.)
Avec la communauté, c’est là que j’ai tout pigé... Eux, ils avaient tout compris... ça les fait bien chier, les sexistes, qu’on ait tout compris … ça les inquiète … Vraiment … Ils flippent maintenant, de perdre leur sale pouvoir patriarcal … Ces enculés...
De toute façon, ils sont impuissants à regarder notre valeur en face... les lâches !…
Mais laisses-moi parler toi !
( Elle crie en direction du public.)
Ouaih toi !...
(Elle vise quelque chose dans la salle, avec son index inquisiteur.)
T’as peut-être rien dit, mais t’as pensé , et ça !... ça suffit à ce que tu sois coupable ! … COUPABLE ! T’as compris ? Tous vous êtes coupable et condamnable !
Ma copine, elle est juge d’application, et elle les mate ces sales machos, piteux qu’ils sont, quand on leur annonce le prix de la pension, et la garde du week-end … C’est marrant de voir leurs tronches... ha !... Quoi ? … c’est normal ! … Ils nous le doivent bien !... Ils étaient bien content de nous exploiter, quand on avait pas encore compris... non ?... Bande de salops ! ... Quand j’y pense...
Aujourd’hui, c’est nous qui décidons !... Le rapport de force s’est inversé … La peur a changé de camp ! ... ah !... ah ! ... ah !... On vous entend plus les petits machos à petites bites... C’est bizarre... allez ... hop !... hop !... hop !...
T’es pas mon père !...
( criant comme prise d’une hystérie soudaine, l’index toujours inquisiteur vers le public...)
Les porcs !... Ils polluent avec leurs voitures diesel. Rien à foutre du réchauffement climatique, comme l’autre demeuré là...
Mais aujourd’hui, la nature reprend ses droits avec nous les femmes en première ligne... C’est nous les nanas ! ... attention … on arrive !... on l’ouvre notre gueule désormais !... Ils vont payer le prix fort !... les porcs...
Avec les camarades de la communauté, on a formé un cercle « En avant « Gaïa » !
(Elle lève le poing et reste quelques instants figée, le regard vers le plafond.)
On fait de la « Wicca » en groupe … entre sœurs... dans des réunions non-mixtes... c’est cool... On est entre nous ... libre !... que des gonzesses bien burnées !... pour leur aplatir à tous !... avec des rituels et tout, toutes nues, et des os et des plumes, même des fois entre les fesses... ça donne de l’exotisme et du pouvoir... On se fait justice nous-mêmes !... Normal !... Ces minables de petits mecs !... Ils connaissent rien... Ils vont le payer !...
Vous croyez que je suis folle ?...
(L’index pointé vers le public.)
Si tu l’as cru !... je t’ai vu ! ... toi !... Sale petit coq ! avec ton noeud de cravate ridicule... là !... et ton truc !...Ha !...comme l’autre...
Mon « EX !» c’est un salop, comme les autres... Il m’a exploité... sexuellement … Tous les soirs pendant cinq ans... J’ai fini par le dénoncer à ma copine, celle qui est juge... Vous auriez fait pareil à ma place... ça suffit, toi !...
(L’index pointé vers le public.)
C’est quand je veux maintenant... OK ! … donc les mecs vous me cassez plus les couilles !...Tu regardes ma valeur intérieure … Please !... OK !... ou tu dégages... DEGAGES !...
( Elle hurle vers le vide de la salle, comme si elle avait vu un objet flottant au-dessus des spectateur, puis se reprend.)
Après cinq ans avec le même mec, je pense que j’avais le droit de vivre... d’être libre... non ?... Ouaih !
L’homme : Oui, de te faire « sauter » sur le canapé, payé avec la pension alimentaire de la CAF...
(Lumière sur l’homme qui semble toujours uriner contre un buisson, immobile.)
La féministe : Non mais, qui t’es toi ?... Pour qui tu te prends de me parler comme ça !
L’homme : C’est juste, que quand on m’interdit de pisser dans les buissons au nom d’un réchauffement climatique bidon, j’estime avoir le devoir de répondre.
La féministe : Non mais t’as vu ta gueule... Gros frustré !... avec tes pattes à la Dick Rivers... Dick ? ... Dick !... Dick ! ça va Dick !...
(Elle se met à tourner autour de lui, puis s’arrête brusquement en le fixant d’un air sérieux, la main sous le menton, comme si elle l’étudiait...)
Avec ta dégaine de chacal en rut, on voit tout de suite que t’es pas un mec sérieux, aucune nana voudrait de toi...
L’homme : Pauvre ignorante, les mecs sérieux, c’est souvent les désespérés prêts à tout, même à renier leur instinct masculin pour plaire aux pires raclures de ton espèce.
La féministe : Fermes-là !... Fermes ta gueule, sale macho !... Non mais ça suffit !... les vieux sexistes qu’en ont rien à foutre du réchauffement climatique. Salop ! Tu te prends pour qui, avec ta petite verge à la « Johnny » sur le retour... Dick !... Dick !... Dick !...
Les mecs, vous êtes tous des lâches et des hypocrites. Juste bon à nous faire des promesses pour coucher, puis après on se sauve comme des petits lapins blancs. Ha !... Ha !... Ha!... p’tits lapins, avec le p’tit truc, là... Dick... Dick !...
( Elle désigne le dessous de son nombril, en imitant ridiculement l’homme.)
Au moins avec les jeunes, ils ont la vigueur de bien nous prendre, et en plus, on sent qu’ils se sont remis en question sur leur rapport avec les femmes... Pas comme vous, endoctrinés par deux mille ans de christianisme.
Les moins de trente-cinq ans, quand je discute avec eux, je sens qu’ils ont fait des efforts avec leur environnement pour se déconstruire de toute cette propagande masculiniste qui leur a été inculquée par des gros blaireaux comme vous, en plus qu’en ont rien à foutre de la nature, et qui cherchent uniquement le cul et la domination.
L’homme : T’es une ignorante... Tu t’es mélangé sans rien connaître...
La féministe : Quoi rien connaître ?... J’estime que j’ai mes envies, et qu’elles n’ont plus à être rabrouées par des petits machos qui se croient encore dans la France de « De Gaulle ». Aujourd’hui, j’ai envie d’être libre, et de vivre ma vie comme je l’entends, avec qui je veux, peu importe la couleur de peau et les orientations de genre … merde !... quoi ?... j’ai le droit !...Non ?... Ouaih !
(Elle se retourne vers le public, immobile.)
L’homme : Oui je vois le tableau, genrée par tous les bouts, et la partouze avec la nouvelle Marianne autogérée au milieu, qui se prend pour Madonna...
La féministe : Mais fermes ta gueule ! … Salop !.. On veut plus t’entendre ! T’as compris... Ton monde est fini, terminé ... On veut plus subir ton mépris de genre avec ton humour dominateur à la « Belmondo » des années quatre-vingt. Retournes danser comme un demeuré sur ton « Johnny ».
Tu vas torcher le cul de tes gamins tout seul, si il y en a une qui accepte de t’en faire, vu tes idées tout droit sorties du Moyen âge. On est plus au dix-neuvième siècle, gentil blaireau, réveilles-toi... C’est fini la femme à la cuisine, et elle écarte quand tu en as envie.
Tu va faire des efforts, toi aussi, comme les autres, t’es pas exempté de l’évolution. Allez au boulot ... Hop ! … Hop !... Hop !... Dick !... Dick !... Dick !
L’homme : Ah oui !... Et quand ton système dominant féministe aura besoin d’aller à la guerre, c’est ton prénom qu’on lira sur les monuments aux morts ?
La féministe : Ah ! les arguments bien misogynes de petit macho qui roule des pectoraux... comme l’orang-outan qu’il est resté toute sa vie.
Tous vous croyez que parce qu’on est une femme, on ne peut pas se défendre aussi bien que vous. Vous avez tellement entériné votre ascendance psychologique sur nous depuis des siècles, que vous êtes persuadé d’être au- dessus de la chaîne alimentaire pour l’éternité. Mais c’est fini mon petit, pour vous ! La tolérance et l’ouverture ont gagné sur vos carapaces de petits mâles dominateurs.
Désormais l’universalité des peuples et des religions aboutira à ce monde nouveau que vous détestez tant, parce qu’il met en berne votre système d’exploitation des femmes et des minorités.
( Elle se juche sur un podium, et brandit un haut parleur vers le public ...)
Nous sommes désormais légitime pour détruire ce système capitaliste et patriarcal qui est à l’origine de cette oppression de l’homme sur la femme. Le masculin doit être déconstruit afin de réparer cette infériorité subie par les femmes. Les frontières du sexe et du sang doivent être dépassées à tout jamais pour revenir à une société où la femme et ses besoins s’imposeront comme condition préalable à toute décision économique et politique. Le patriarcat et le capitalisme sont issus du même moule, qui vise à opprimer les sexualités. Nous devons revenir à une société entièrement sous contrôle des femmes, afin d’aboutir à un monde parfait, émancipé de toute oppression. A bas le patriarcat, et son outil d’oppression économique ; le capitalisme, dirigé par les hommes, afin de mettre en esclavage les femmes. A bas le réchauffement climatique, orchestré par les mêmes qui nous traitent comme des objets.
Assez du sexe non consenti ! Nous réclamons la fin des frontières entre les pays et entre les genres, par la contraception de masse, publique et obligatoire. Favorisons les rapports entre femmes, et obligeons l’homme à reconnaître enfin sa prédominance homosexuelle, afin de bâtir une société universelle, où chacun exprimera sa sexualité... Libérons-nous ! Libérons la nature !
(S’ensuit un parasitage sonore, mixant applaudissements et hurlements féminins hystériques accompagnés d’un chamboulement auditif, ressemblant à l’atterrissage d’un avion sur un pâtée d’immeubles. Un cri strident et continu envahit soudain toute la scène. Sur le podium où est juchée la femme, s’abat un mastodonte de deux mètres, arborant une perruque blonde, et une mini-jupe en cuir, sur des talons aiguilles, le visage outrageusement maquillé d’un rouge à lèvres qui fait penser aux personnages des films de Fellini.)
Le molosse : Ha ! ... Ha ! ...Ha ! ... Ha !...
( Le mastodonte en perruque enserre le cou de la féministe radicale.)
La féministe : Mais au secours !... Pourquoi ?...Tu te trompes d’ennemi camarade de lutte... Réfléchis bien avant d’agir, le système t’as menti sur ton genre pour te manipuler … Evinces les derniers scories de ce patriarcat mortifère qui cherche à te classer dans les catégories prédéfinies et oppressives de la folie... Ha !… Ha !... Ha !...
Le molosse : Ha !... Ha !... Ha !... Ha !....
( Le molosse semble ne rien entendre, et continue son étranglement, que le public voit en doublon, sur l’écran de cinéma au fond de la scène.)
La féministe : Réveilles-toi compagnon de lutte inter-différentielle, autonome et transversale, nous sommes tes camarades, et nous te libérerons malgré toi... Réveilles toi ! ... Au secours ! … Au secours ! ... Les sœurs !...
(Le molosse s’empare d’une branche de noisetier qui traîne sur le buisson. Il se précipite sur la « féministe », au corsage déchiré, seins nus et cheveux défaits, la retournant afin de mieux lui prodiguer une fessée avec la tige de noisetier, qu’il tient dans son poing, brandi vers le Ciel, comme un ultime châtiment, sous un grincement sonore insupportable, qui bientôt, inonde toute la salle.
La jupe en cuir de l’individu laisse apparaître une paire de burnes qui se balance brutalement de gauche à droite, à chaque soubresaut tenté par la jeune femme, pour se dégager de cette fessée non consentie. Peu à peu, le son diminue, puis disparaît totalement, pour ne laisser que la scène de la fessée, tel un film muet, défilant en boucle sur l’écran de cinéma. Noir.)
Partie 2
(Lumière vers l’homme qui court sur place en regardant ses creepers pointues. Derrière lui, le molosse et la femme sont immobilisées dans la posture de la fessée. L’homme brandit un mégaphone, et s’adresse au public, parlant en direction d’ une enceinte que l’on voit désormais en gros plan, sur l’écran, derrière lui, au fond de la scène)
L’homme : Voix de femme éraillée par « la clope et la pipe », sors de cette enceinte !... Tu n’as plus le choix. C’est l’homme blanc dominateur et sexiste de plus de cinquante ans qui te parle ! Rends-toi au patriarcat, et tout se passera bien. Sois raisonnable !... Rends-toi !...
(On entend des borborygmes sous la stature du molosse en mini-jupe. La femme parvient à se dégager un instant, et à articuler, en criant.)
La féministe : Le féminisme vaincra ! ... Gros balourd à pattes de « Johnny » ! Ton monde est terminé, et je suis la nouvelle princesse à qui tu devras le respect et la prostration servile... Ha ….Ha... Ha... Ha !...
(On ne sait plus si elle rie, ou crie contre le molosse.)
Lâches-moi ! Toi, imbécile dégénéré du système, à la solde de la dictature masculiniste.
L’homme : Rends-toi morue !... Tu n’as plus le choix. Le patriarcat a lâché ses troupes d’élite pour en finir avec tes cérémonies de basse fréquence qui détruisent la famille et les enfants. Le serpent se mord désormais la queue, et toi tu reçois la monnaie de ta pièce. La cuisine te sauvera, et tes enfants seront ton épanouissement !
Le molosse et la féministe : Ha... Ha... Ha !...
(Les deux crient à l’unisson, pour des raisons différentes, bien évidemment...)
L’homme : Ce haut-parleur doit être libéré !... Pour que tu la fermes à tout jamais ! Nous n’en pouvons plus... Liberté !... liberté chérie !...
( A ces mots, on voit la tête emperruquée du molosse esquisser un sourire béat, derrière ses lèvres maquillées de rouge vif. Il stoppe un instant sa fessée, et s’exclame.)
Le molosse : Oui... c’est ça ... liberté … liberté chérie...
(Puis il continue sa besogne de plus belle, sur la féministe.)
L’homme : Tout ceci ne viendra que de haute lutte, en renaissant à une force vive et dynamique qui engloutira tous ces sécateurs psychiques qui nous ont transformés, telles des larves sans caractères… Oyez les garçons !... Oyez !... les petites bites rétrécies de la terre par cette dictature qui ne dit pas son nom, à coups de bien-pensance vaginale toute puissante. Arrêtez d’accepter ces turn-over poisseux, autour de cette chatte pubienne, et redevenez le sujet de vos projets. Transcendez l’amour maternel vers les hauteurs de votre mission divine sur cette terre, où seul Dieu peut nous guider...
Le molosse :
(Il s’arrête de nouveau avec un sourire béat en direction du public)
Oui ! Liberté ! ... liberté chérie...
(Puis il retourne à sa tâche, fessant de nouveau la féministe, avec une vigueur retrouvée.)
L’homme : Rends-moi la pension alimentaire qui t’a été octroyé par la juge d’application, ta copine, avec qui tu sortais en boite de nuit le week-end, pendant que je faisais la lessive. L’heure de la revanche et de la normalisation anti-gynocentrée a sonné ... il est temps … il est temps...
Le molosse : Liberté ! ... liberté ! ... chérie... je t’aime !....
L’homme : Rends le pognon de la CAF ! … T’as compris, rends le pognon... « girl »... Tout ça a assez duré ... merde... Révolution !....
Le molosse : Oui c’est ça, Révolution ! et fin de la tyrannie des genres... Liberté ! ... liberté... chérie...
L’homme : Je veux être le père de mes enfants... garce !... Rien à branler de ton canapé du week-end, payé par mon fric, pour que tu expérimentes toutes les bites du pays... Je veux être souverain chez moi !...
Le molosse : Oui, souverain chez soi !...
L’homme : C’est ça souverain ! Dans mon pays ! Et mon fils aussi !... Libérez tous les gamins de ce bourrage de crâne aux œstrogènes rassis. Faites du sport, et courrez le plus vite possible quand vous croiserez leurs discours de coupeuses de couilles.
(L’homme hurle, avec un mégaphone dans la main droite)
Tu n’es que la pionne idiote du programme économique de Davos, et du nouveau monde promis par le capitalisme financier, que tu fais semblant de dénoncer, tout en te faisant subventionner, pour déverser ta propagande mondialiste sur cette nature innocente, qui n’a rien demandé à personne...
Oyez !... Bande de sangliers couillus ! Foudroyez ces cabanes et ces tentes enfumées par ce « wokisme » mortifère. Déboulez sur toutes ces promesses d’un monde nouveau aseptisé. Évacuez de vos crocs toutes ces vieilles « boomeuses » prétentieuses à chaussures de randonnée, dans leurs stands aux couleurs « arc en ciel » délavés, vantant les mérites de l’éducation populaire et laïcarde. Faites pâlir tous ces faciès satisfaits d’eux-mêmes et de leur société ouverte, qu’on a dû subir quand nous étions tout petit, dans leurs « écoles sans Dieu ». Ces « éduc’ » et profs de gauche coalisés, qui aujourd’hui continuent de mettre en pratique le programme politique progressiste, hypocritement sponsorisé par les financements mondialistes.
Sangliers de tout pays !... Unissez vous, contre cette perversion, porte-parole d’un nouveau paysage idéologique à la solde des pouvoirs en place, donnant l’illusion de les combattre, mais qui n’a d’autre but que de valider de nouvelles barrières mentales, dans les cerveaux paumés de cette jeunesse, rejetée du marché du travail par les nouveaux arrivants, dont l’implantation est facilitée, organisée et financée par toutes ces associations, participant à cette « enculade » de leur race, comme l’ont si justement identifié, les jeunes des quartiers, en désignant le « français de souche », qui n’avait même plus la conscience et la dignité de défendre le sol de ses ancêtres.
(Il s’écroule au sol comme épuisé...)
La féministe : C’est sûr qu’avec des idées pareilles, et une mentalité de gros complotiste, sans but dans la vie, tu ne risques pas d’avoir de bonnes relations avec les étrangers, et tous tes semblables... ha !... ha !... ha !...
L’homme : Pas du tout... J’ai étudié l’islam... et j’ai même failli devenir musulman... J’ai soutenu le peuple iranien et syrien contre l’ingérence US...
La féministe : L’ingérence US... Le pays de la liberté et de la démocratie !... Salop !...
L’homme : Et puis du rock’ n’ roll aussi !... Mais dis donc ?... C’est curieux ta petite morale culpabilisante à deux vitesses... Tu me prends pour un perdreau de l’année ?... Quand on décrit la réalité brute, on est un raciste... Et quand on soutient des peuples chez eux, on est un salop... C’est ça ?... Petite victime en quête de bites...
La féministe : Et la lutte des femmes, gros porc ! … Qu’est ce que t’en fait ? Gros demeuré utile du système ! ... Avec tes discours récités par toute ton idéologie de complotiste d’écran d’ordinateur...
L’homme : Ah oui !... Discrédité !... Effacé !... Pensées non conformes !... à Système autorisé !... Réinitialisation !... OK !... Validé !...
( Il se met à parler comme un robot, et fait quelques pas mécaniques en tournant sur lui-même, comme une toupie.)
C’est marrant, on t’entend pas beaucoup sur la lutte des femmes, quand il s’agit d’accueillir des milliers de migrants au caractère bien patriarcal et couillu !
La féministe : C’est pas pareil, imbécile, eux ce sont pas de gros misogynes, phallocrates et oppresseurs, comme toi... qui ont mis en esclavage une partie de la planète.
(Le molosse se relève vers le public, le poing levé, et articule avec un cheveu sur la langue)
Le molosse : A bas tous les exploiteurs !... Opprimés de tout pays !... Unissez vous !
(La scène de la fessée continue sur l’écran du fond, en cinéma muet Le molosse s’est dédoublé, et avance vers le public.)
Le molosse :
Je te désigne aujourd’hui comme le spécimen à déconstruire !...
Quelqu’un m’a dit qu’il fallait séparer l’homme de la nature. J’avais le sentiment de n’être plus rien dans cette société nouvelle écolo-féministe, avec tous ces ravages de basse intensité, planqués derrière les faux sourires des parterres d’herbes hautes, citadines, échoués entre les voitures et les pistes cyclables envahissantes des villes. L’insécurité et les endroits à éviter pour échapper aux embrouilles, rendaient les rues semblables aux labyrinthes que j’avais connu autrefois, quand je traînais avec mes potes dans les souterrains. La « toute puissance » des « bobos » en vélo avec leur progéniture casquée sur leur extension de side-car, rendait la ville encore plus impétueuse pour les êtres comme moi.
Les « ramblas » et les espaces verts, semés dans toute cette municipalité écolo-socialiste, avait rapidement été monopolisé par des bandes de migrants africains. Les ballons de foot et les packs de bière éventrés étaient devenus la norme de cette nouvelle faune.
J’exécrais ce monde fantasmé par ces religieux du matérialisme historique, pour beaucoup issus de la petite bourgeoise progressiste, insatisfaite, dans son besoin de sensation forte, et rancunière, face à l’homme blanc au phallus encore conquérant, coupable de rester fidèle à son instinct de préservation.
La féministe : Mais fermes ta gueule ! Pauvre abruti manipulé !... Tu joues contre ton propre camp... avec tes vapes de gonzesses mal baisés... Cette décroissance enrobée de végétaux et de bicyclettes pour chasser les vraies classes populaires vers les zones rurales moins onéreuses... ça nous sauve des beaufs et des crétins machos de son espèce... On en veux plus ! … t’as compris !... Deviens femme !... Soumets - toi... et tout ira mieux...
(Le molosse continue son monologue comme s’il n’entendait pas la féministe.)
Le molosse : J’avais traversé cette France du vide, où il n’y avait plus de transport, ni d’activité pour les miens. Si on avait pas un moyen de locomotion, on moisissait, noyé dans des fréquentations étouffantes, entouré de ces nouveaux « cas sociaux » en survêt’ qui inondaient les locations des centre-ville.
Les arbres transportaient malgré eux, ces nuages de lourdeur crasse qui déversaient leurs inepties dans la bouche des gens, comme des vérités indépassables. Le poids de toutes ces paroles contre nature, téléguidées par la télé et la lâcheté, semblait leur peser comme des implants, qu’ils auraient voulus rejeter au loin, en vain...
Je jaugeais ainsi la marche à suivre suivant mes contradictions internes, mêlant lectures de Engels, Foucault ou Deleuze... plus d’autres citations que je lisais sur des tracts tombés au sol, pendant des manifs féministes, où j’entendais vociférer des bribes de mots incompréhensibles, la gorge serrée...
J’avais recherché ma voiture vainement durant une demi-heure à travers un parking souterrain, où je percevais encore les discours répétitifs qui sortaient des enceintes, disséminés un peu partout, dans mon sous-sol intérieur, qui me promettait enfin la liberté.
C’est ainsi que je décidais d’accepter ce projet politique lumineux, brillamment érigé par mes paluches de bûcheron, réinitialisant cette nouvelle identité de créature à coupe blonde, sur le modèle d’ Annie Cordy...
( Applaudissements, sortant des haut-parleurs.)
( Sur l’écran qui repasse la scène de la fessée en boucle, la féministe fait soudain volte face, dans un magnifique mouvement chorégraphique de libération, et assène un coup de pieds retourné dans la face du molosse qui s’écroule au sol. Elle accompagne son geste olympien d’une clef de bras qui arrache au molosse un hurlement, telle une déflagration dans la salle.
Sur l’écran, on voit la féministe brandissant le bras du molosse comme un trophée, dans la posture de la Marianne républicaine, les seins nus.)
La féministe : Je suis l’insurrection qui vient, et je dénie à quiconque le droit de s’opposer à cette vision renaissante du cataclysme des temps anciens. Nous sommes la génération spontanée qui enterrera ce vieux monde oppresseur dans les abîmes du patriarcat. Nous sommes l’avenir sans compromis... sans enfants... et dominatrices décomplexées...
Désormais, ne viendront vers nous que ceux capables de distinguer notre intériorité jaillissante. Quant à ta pension alimentaire, on s’en fout de ce que les hommes pensent... Ils ne paieront jamais assez individuellement cette oppression de plusieurs siècles. Les hommes sont tous des abrutis comme toi qui n’ont rien compris à notre valeur.
(Le molosse semble se réveiller quelques secondes.)
Le molosse : Rien compris !...
(Puis il se rendort...).
La féministe : Vous serez tous déconstruits de gré ou de force !...
Le molosse : De gré ou de force !...
(L’homme réapparaît alors que tout devient immobile autour de lui, et sur l’écran.)
L’homme : Mais, pourquoi veux-tu que je m’engage avec toi ? Quelle drogue pourrait me pousser à faire couple avec une femme, divorcée !... féministe de surcroît … et qui déteste qui je suis au plus profond de moi !...
La féministe : La juge d’application... On s’en fout de ce tu penses !...
L’homme : Un homme ne connaît que le désir... Il en va de la survie de l’humanité...
La féministe : (...)
L’homme : Dis plutôt que t’en as rien à foutre de la survie de l’humanité ! ... C’est ça ... hein ?... T’en à rien à péter ?...
Le molosse : Rien à péter !...
L’homme : Mais tes enfants, tu y as pensé ?...
La féministe : Classique, on manipule la pensée de l’autre en le culpabilisant … trop facile... bien essayé... Gros balourd !...
L’homme : Mais c’est la nature !... L’homme désire, puis s’engage... Si la femme en vaut la peine...
La féministe : Gros raciste !...
L’homme : Mais quel rapport ?
La féministe : Ceux avec tes idées sont tous des phallocrates racistes … C’est bien connu … Et puis maintenant ça suffit ! … Ou je te fais valser comme l’autre débilos... là !...
Le molosse : ho !... hé ! .. .hé !... (comme offusqué.)
La féministe : (en direction de l’homme) Je te le dis et redis devant témoin, l’homme est un abruti qui n’a jamais rien compris aux femmes, qu’il a toujours utilisées pour ses intérêts personnels.
L’homme : Pas de politique ici !... T’as compris !... Liberté ! … Liberté d’opinion pour toutes et tous !
La féministe : (intriguée) Tu vois … ça vient...
(L’homme commence à se déplacer sur scène en zigzaguant, comme s’il était pris d’un malaise.)
L’homme : Mais qu’est ce qu’il m’arrive ? … Je me sens bizarre...
La féministe : Eh oui gros balourd … ça vient...
( Elle l'observe, toujours intriguée...)
L’homme : Sorcière ! ... qu’est ce que tu m’as fait ? … Je me sens bizarre... comme si je n’y croyais plus...
La féministe : Nous les femmes, nous avons des armes que vous n’imaginez même pas... Ha !... Ha !... Ha !...
(L’homme se roule par terre, près du molosse, et se met à crier sur le même rythme que la femme.)
L’homme : Ha... Ha... Ha !...
La féministe : Alors, gros con insignifiant !...Tu comprends le pouvoir de la femme à présent ! … Pas besoin de te faire un dessin... Oh si, s’il te plaît, dessines-moi une paire de couilles... Ha... Ha... Ha !... ( rire maléfique de la féministe)
L’homme : Espèce de sorcière !... qu’est ce que t’as fait ?...
La féministe : T’es comme l’autre tantouze à présent, tu feras plus rien de ta vie...
L’homme : Sorcière !...
(Lumière sur la femme qui est debout sur le podium, un mégaphone dans la main, s’adressant au public. A ses pieds, on voit le molosse assommé, étalé sur le sol.)
La féministe : La violence créatrice, aboutira à la grande fusion des genres, universelle et garantie. Notre art contemporain subventionné par les mairies socialistes écolos, sera le fer de lance de ce mouvement agressif et non genré, transcendant toutes ces vieilleries capitalistes et nauséabondes. Notre look disco à cheveux teint irriguera la terre entière pour en faire un vaste réseau connecté par nos pensées, désormais tranquillisées par cette supériorité irréversible, dont l’éclat et la brillance interdiront toute contestation, en la ridiculisant sur le champ, la terrassant ainsi, pour des siècles, sous ce sol cosmopolite et sans frontière. Nous préférons ce vernis brillant dépouillé de son âme ancestrale, plutôt que de favoriser l’oppression idéologique du patriarcat et de tous ses stéréotypes de genre.
Cet homme... en portant sa jupe en cuir, vient signifier l’assaut final contre ce monde périmé. Il devient par ce triste spectacle, le symbole de ralliement à la promesse du monde nouveau, libéré de tous ces archétypes, bâtis par des siècles d’obscurantisme genré.
(Dans un mouvement surprenant et majestueux à la fois, le molosse se lève, et se jette sur la femme, avec un seul bras. Noir total dans la salle.)
(Lumière sur le molosse debout, seul, face au public, toujours en mini jupe et perruque blonde. Il tient dans sa main le cou d’une poupée gonflable, habillée avec les vêtements de la féministe. Un bruit de sirène, lointain, retentit, puis s’atténue progressivement.
Il reste quelques instants face public, balançant la poupée tel un trophée, puis d’un ton solennel, il articule avec une voix grave )
Le molosse : Les sirènes hurlèrent dans cette ville, teintée d’une mélasse grise permanente, qui imbibait les rues et les murs. Les étranges soldats d’une armée qui n’en finissait plus de défiler, se positionnèrent partout dans les allées et dans tous les bâtiments administratifs...
Je regardais ce spectacle comme si tout se déroulait en dehors de ma conscience, voletant au-dessus des immeubles et de ces avenues désertes, où flottaient un air de fin de règne.
Plus rien n’existait de toutes ces certitudes qu’on avait déposées dans nos cerveaux, encore quelques heures auparavant, drogués sans interruption par les informations et les émissions télé.
Dans la campagne environnante, où les nuages avaient définitivement disparus, les enfants souriaient de nouveau, leurs yeux bercés par le bleu du ciel, dans les bras de leurs mères, sous le regard protecteur de leurs pères, qui observaient ce spectacle, en bêchant agressivement la terre de leurs ancêtres.
Tous avait déjà oublié l’époque qu’ils venaient de traverser. La réalité brute avait libéré toutes nos perceptions.
Nous étions enfin libre !... Liberté !... liberté... chérie...
Je demandais alors pardon à Dieu d’avoir offensé ma nature profonde, et je rétablis immédiatement mon pouvoir personnel sur tous les actes de ma vie, afin de redevenir ce que j’avais toujours été... un HOMME !...
Rideau