Pitié Alpha!

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Summary

Ils l’ont brisée. Traquée. Empoisonnée. Abandonnée. Dans la meute du Dernier Croissant, Morgan Garden n’était rien d’autre qu’une erreur de la nature… une louve sans loup, faible, inutile, indigne de vivre. Alors, une nuit, elle fuit. Blessée. Condamnée. Guidée par un appel étrange, profond… presque irréel. Mais dans l’obscurité de la forêt, elle ne trouve pas la liberté. Elle le trouve lui. Bayern. Alpha de la Lune Écorchée. Un nom qui inspire la peur. Un monstre que même les autres Alphas évitent. Et lorsqu’elle implore son aide… il ne la sauve pas. Il la réclame. Car Morgan n’est pas celle qu’elle croit être. Fille du roi des vampires, descendante du légendaire Dracula… et héritière d’une lignée lycan bénie par la déesse de la lune. Un pouvoir trop grand. Trop instable. Scellé depuis son enfance par un mystérieux collier. En elle, deux natures s’affrontent. Et si elles s’éveillent… elles pourraient tout détruire. Ou tout unifier. Entre un Alpha prêt à tout pour la contrôler… et un destin prêt à tout pour la révéler… Morgan devra faire un choix : Fuir ce qu’elle est… ou devenir la clé d’un monde sur le point de sombrer. 🖤 Il est son pire danger. 🔥 Elle est sa seule faiblesse. 🐺 Et ensemble… ils pourraient être la fin… ou le renouveau.

Genre
Other
Author
Moon
Status
Ongoing
Chapters
5
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapter 1 L'appel de Ia forêt


Je savais que j’allais mourir.

Pas aujourd’hui.

Pas forcément demain.

Mais bientôt.

Cette certitude s’était glissée en moi comme un poison… non, pas comme.

C’était un poison.

L’aconit brûlait encore dans mes veines.

Chaque pas que je faisais était une trahison contre mon propre corps.

Chaque respiration arrachait un peu plus de chaleur à mes poumons.

Chaque battement de mon cœur semblait hésiter, comme s’il ne savait plus s’il devait continuer… ou abandonner.

Ils avaient fait fort, cette fois.

Un sourire amer étira mes lèvres.

— Toujours plus créatifs…

Ma voix n’était qu’un souffle brisé.

Je trébuchai.

Mes genoux heurtèrent violemment le sol humide. La douleur remonta le long de mes jambes comme une onde brûlante, mais je n’eus même pas la force de crier.

À quoi bon ?

La douleur faisait partie de moi.

Elle était devenue une vieille compagne fidèle.

Je restai là quelques secondes… ou quelques minutes. Le temps n’avait plus vraiment de sens.

Puis—

Un frisson.

Pas de peur.

Autre chose.

Quelque chose de… profond.

Je relevai lentement la tête.

La forêt.

Elle était là.

Devant moi.

Sombre. Dense. Vivante.

Et elle m’appelait.

Je n’avais jamais ressenti ça.

Pas comme ça.

D’habitude, la forêt était un refuge silencieux, un endroit où je pouvais me cacher, respirer, exister sans leurs regards.

Mais ce soir…

Ce n’était pas un refuge.

C’était un appel.

Un murmure ancien qui glissait sous ma peau, contournait la douleur, ignorait le poison.

Viens.

Je frissonnai.

— Pourquoi… maintenant… ?

Ma question se perdit dans la nuit.

Mais mon corps, lui, avait déjà décidé.

Je me relevai.

Difficilement.

Mes jambes tremblaient. Ma vision se troublait. Le monde tanguait légèrement autour de moi, comme si la réalité elle-même se déformait.

Mais je marchai.

Un pas.

Puis un autre.

Puis encore un.

Chaque mouvement était une victoire.

Chaque pas me rapprochait de la forêt… et m’éloignait d’eux.

Eux.

Mon estomac se noua.

Ma famille.

Ce mot me donna presque envie de rire.

Presque.

Mon père, l’Alpha.

Ma mère, sa parfaite compagne.

Les Bêtas.

Les Gammas.

Toute la meute.

Tous.

Sans exception.

Ils m’avaient brisée.

Pas en une fois.

Non.

Ça aurait été trop simple.

Trop rapide.

Ils avaient pris leur temps.

Chaque jour, une nouvelle blessure.

Chaque semaine, une nouvelle humiliation.

Chaque mois, une nouvelle tentative de me… corriger.

— La plus faible…

Je murmurai ces mots avec un dégoût profond.

C’était leur vérité.

Leur justification.

Leur excuse.

Je n’étais pas comme eux.

Mon loup ne s’était jamais manifesté.

Jamais.

Pas une seule fois.

Pas un frisson.

Pas une transformation.

Pas une trace.

Rien.

Alors pour eux, j’étais quoi ?

Une erreur.

Une anomalie.

Une honte.

Je pénétrai dans la forêt.

Et immédiatement…

L’air changea.

Plus froid.

Plus pur.

Plus vivant.

Je m’arrêtai.

Mes poumons se remplirent profondément, malgré la douleur. Malgré le poison.

Et pour la première fois depuis… je ne sais même plus quand…

Je me sentis… légère.

Pas guérie.

Pas en sécurité.

Mais…

Moins enfermée.

Un bruit.

Je me figeai.

Des branches craquèrent derrière moi.

Puis des voix.

Mon sang se glaça.

— Elle est partie par là !

— Elle ne peut pas être loin !

— Avec ce qu’on lui a donné, elle ne tiendra pas longtemps !

Un rire.

Un rire que je connaissais trop bien.

Je fermai les yeux.

Bien sûr.

Ils n’allaient pas me laisser partir.

Pas comme ça.

Pas après tout ce qu’ils avaient fait pour me “corriger”.

— Toujours… jusqu’au bout…

Je rouvris les yeux.

Et je courus.

Courir.

C’était une illusion.

Mon corps refusait.

Chaque pas était une torture. Chaque mouvement déchirait mes muscles, brûlait mes nerfs, faisait pulser le poison plus vite dans mes veines.

Mais je courais quand même.

Parce que derrière moi…

Ils arrivaient.

Je les entendais.

Leurs pas.

Leurs souffles.

Leur excitation.

Ils chassaient.

Et cette fois…

C’était moi la proie officielle.

Je trébuchai encore.

Ma main s’écrasa contre un tronc. L’écorce râpa ma peau déjà abîmée, arrachant un nouveau gémissement à ma gorge.

Du sang.

Encore.

Toujours.

Je n’avais même plus la force de m’en soucier.

— Plus loin…

Je murmurais ça comme une prière.

— Juste… un peu plus loin…

La forêt semblait répondre.

Les arbres se rapprochaient.

Les ombres s’épaississaient.

Et cet appel…

Il devenait plus fort.

Plus précis.

Comme s’il me guidait.

Mais eux aussi se rapprochaient.

— Là ! Elle est là !

— Attrape-la !

Je tournai brusquement.

Mauvaise idée.

Le monde bascula.

Ma vision devint floue, déformée.

Le poison.

Trop rapide.

Trop fort.

Mes jambes cédèrent.

Je tombai.

Encore.

Toujours.

Des mains m’attrapèrent.

Brutales.

Froides.

Connues.

— Tu pensais vraiment t’échapper ?

Je levai les yeux.

Un des Bêtas.

Son sourire.

Je le détestais.

— Pathétique…

Je voulus répondre.

Rien ne sortit.

Ma gorge était sèche. Ma voix morte.

— Tu n’as jamais été faite pour survivre, Morgan.

Un autre attrapa mes cheveux et tira ma tête en arrière.

Je grinçai des dents.

— Tu aurais dû mourir depuis longtemps.

Peut-être.

Peut-être qu’ils avaient raison.

Et pourtant…

Je tournai la tête.

Lentement.

Difficilement.

Vers la forêt.

Plus profondément.

Vers…

Lui.

Il était là.

Je ne savais pas comment je le savais.

Je ne voyais presque rien.

Juste une forme.

Immense.

Silencieuse.

Immobile.

Mais je le sentais.

Comme une pression.

Comme une présence qui écrasait tout le reste.

Mon cœur rata un battement.

Puis un autre.

Pas de peur.

Non.

Quelque chose d’autre.

Quelque chose que je n’avais jamais ressenti.

— Je… sais que vous êtes un Alpha…

Ma voix tremblait.

Faible.

Brisée.

Mais réelle.

— Je l’ai senti…

Ils rirent autour de moi.

Mais je m’en fichais.

Je ne les voyais plus.

Je ne voyais que lui.

— Je ne sais pas qui vous êtes…

Un pas.

Vers moi ?

Ou était-ce mon imagination ?

— Mais je vous en prie…

Mes yeux brûlaient.

Pas à cause du poison.

À cause de quelque chose de plus profond.

— Aidez-moi…

Le silence.

Total.

Même eux s’étaient tus.

Un instant suspendu.

Un souffle retenu.

Le monde attendait.

Puis—

Rien.

Un rire éclata.

— Tu implores le vide maintenant ?

— Elle devient folle.

— Ça doit être le poison.

Ils me tirèrent.

Brutalement.

Je ne résistai pas.

Pas cette fois.

Je n’en avais plus la force.

Alors c’était ça.

La fin.

Pas de miracle.

Pas de sauveur.

Juste…

Moi.

Et eux.

Comme toujours.

Je jetai un dernier regard.

Vers l’ombre.

Vers lui.

Toujours immobile.

Toujours silencieux.

Toujours…

Indifférent.

Une larme coula.

Silencieuse.

Inutile.

Puis—

Un hurlement.

Le monde explosa.

Ce n’était pas un simple cri.

C’était…

Ancien.

Sauvage.

Primordial.

Un son qui ne demandait pas la permission.

Qui ne négociait pas.

Qui imposait.

Les mains sur moi lâchèrent.

Instantanément.

Comme brûlées.

Les corps autour de moi reculèrent.

Je tombai au sol.

Libre.

Le silence revint.

Mais ce n’était plus le même.

Il était lourd.

Chargé.

Vivait.

Je relevai lentement la tête.

Mon cœur battait fort.

Trop fort.

Mes veines brûlaient.

Le poison… ou autre chose ?

Et là…

Je compris.

Il n’était pas parti.

Il n’avait jamais eu l’intention de partir.

Il avait attendu.

Moi.

Et pour la première fois de ma vie…

La peur changea de camp.