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Summary

La vie a parfois tendance à nous jouer des tours. Il y a quelques années encore, j'avais tout… Aujourd'hui, j'ai tout perdu — enfin, presque, car il me reste encore quelqu'un. À moitié mort, bien sûr. Suite à l'incident qui m'a fait perdre tout ce que j'avais de beau, j’ai dû déménager, changer de vie, et abandonner tout ce que j’étais autrefois. Aujourd'hui, je m’apprête à entamer un nouveau chapitre, une nouvelle vie. Du moins, je m’y prépare. Kelly a commencé un nouveau parcours. Elle tente de se reconstruire, de vivre autrement. Mais alors qu’elle ne pensait plus jamais le revoir, tout bascule. Les cauchemars reviennent, l’angoisse aussi. La peur de revivre ce qui l’a brisée autrefois ressurgit. Pourtant, dans les cendres encore chaudes de ses cicatrices, renaît un fantôme… ou plutôt, la doublure de son amour perdu. Alors qu’elle croyait être seule, il la soutient. Peu à peu, il parvient presque à la sortir de l’obscurité. Réussira-t-elle à vivre au lieu de survivre ? Trouvera-t-elle en lui l’écho de ses amours disparus ?* Ou restera-t-elle prisonnière du néant ? Suivez l’aventure de Kelly.

Genre
Romance
Author
Kelly
Status
Ongoing
Chapters
3
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapter 1

Si on m’avait dit un jour que je serais là aujourd’hui, j’aurais sans doute démenti, car tout est arrivé tellement vite que j’ai l’impression de n’avoir jamais vécu un événement tragique dans ma vie.

Bref, revenons à ma nouvelle vie. Aujourd’hui, je m’apprête à vivre ma toute première journée de cours. Oui, je prépare un voyage pour l’Allemagne et aussi pour aller rejoindre les dernières personnes qui me sont encore chères dans ce monde.

J’ai préparé cette première journée toute la nuit… du moins, tout le trimestre passé. J’aime être prête au moment venu, ne pas avoir à oublier quelque chose que j’aurais pu préparer à temps. Donc vous comprenez que c’est crucial pour moi de ne rien perdre de vue.

J’ai pu éviter les bouchons de Ndokoti, du coup je suis à l’heure en classe. Je dirais même la première à y être… Du moins, c’est ce que je croyais, jusqu’à ce que je voie en haut de la porte inscrit “B1”, tandis que moi, j’étais encore tout juste au niveau A1.

Confuse , je demande de l’aide à un élève du B1 afin qu’il me dise où je pouvais retrouver ma salle de classe.

Aussitôt demandé, aussitôt indiqué. J’entrai alors dans la salle de classe et vis une salle pleine.

« Non mais franchement », me dis-je intérieurement pour exprimer ma déception. Je n’arrive pas à croire qu’avec tous les efforts que j’avais fournis, je réussissais malgré tout à arriver en retard. Et de surcroît, la dernière.

J’entrai finalement dans la salle malgré ma déception et m’assis sur la chaise qui me semblait être la seule libre. À ma grande surprise, il y avait encore une place de libre : le banc à côté de moi. Chose qui suffit à me calmer un peu. Au moins, je n’étais pas la dernière à arriver.

À cette idée, je venais de me rendre compte que je vais devoir partager… Ça fait longtemps que je ne l’ai pas fait avec quelqu’un. J’ai toujours pris des dispositions pour être seule partout où j’allais. Je m’isolais… c’était la seule chose que son absence m’a appris à faire le mieux.

Quoi ? Est-ce mal ? Non, je ne crois pas. J’aime celle que je suis devenue. Ouais… elle serait fière de le savoir. Elle m’aurait sans doute dit :

« Waouh ma chérie, tu es passée de sociable à introvertie. N’est-ce pas toi qui te moquais d’eux ? Maintenant tu es devenue ce que tu méprisais le plus. »

À cette simple pensée, je me renferme encore plus. Je m’étais promis d’avancer malgré tout. Je dois m’y faire au fait qu’elle ne sera plus jamais là. Je suis devenue seule… Pas totalement, car je les ai eux…

Bref, pour me débarrasser de mes pensées, je reste figée sur la salle de classe et j’analyse chaque détail.

C’est une classe assez moderne : des chaises presque dorées, deux chaises par table, et il y en a six dans cette salle, ce qui nous donne un total de douze élèves. Assez pratique pour un apprentissage somptueux. Les murs sont colorés en blanc et nos chaises et tables en bleu, excepté celle du professeur qui est de couleur blanche.

Les cours seront diffusés par un projecteur. C’est vraiment beau, il faut le dire. Rien qu’à voir le tableau, on le comprend.

Quand je pense que j’aurais raté la beauté de cette magnifique école par un simple caprice de vouloir poursuivre des cours en ligne… Franchement, qu’est-ce que je peux être ennuyeuse.

Sans m’en rendre compte, un professeur venait d’entrer en classe. Il fait plutôt jeune. Je m’attendais à voir quelqu’un de plus âgé. Mais bon, ce n’est pas le physique qui compte, mais la tête.

— Hallo liebe Leute und willkommen. Ich bin Herr Loïc…

Il s’interrompt. Voyant que personne ne semble comprendre, il décide de continuer en français :

— Salut chers amis, je suis Monsieur Loïc, votre professeur du niveau A1. Je prierai chaque élève de se présenter.

Des élèves se mirent à se présenter, et c’est à ce moment que je me rendis compte que j’étais la plus jeune d’entre nous. Bonne nouvelle pour moi, car j’aimerais avoir du sérieux ici.

Arrivée à mon tour, je fis pareil.

Une heure passa, et le professeur nous avait déjà appris l’alphabet allemand et fait conjuguer deux verbes très essentiels : « sein » et « haben », autrement dit être et avoir. Deux auxiliaires qui sont la base de toute langue.

Alors qu’il nous faisait répéter l’alphabet, bien concentré sur les articulations, une silhouette apparut.

C’était un homme élancé, avec des yeux bleus et des cheveux métissés, un peu comme ceux de James.

Je n’écoutais plus le cours, trop concentrée sur cet homme qui entrait dans la salle. Carrure imposante… c’est fou comme il ressemble à James.

Et si c’était lui ?

Non… non, ce n’est pas possible. Il m’a assuré qu’il en avait encore pour quelques mois avant de revenir.

Le jeune homme vint jusqu’à ma hauteur. Son corps, trop proche du mien, me fit l’effet d’un électrochoc. Je n’ai jamais ressenti ça… avec personne.

— Mademoiselle…

Je réalisai alors que la seule place libre était celle à ma gauche. Voyant ma bêtise, je me levai pour lui laisser s’asseoir.

Une fois installé, je me tournai encore vers lui. Même assis, il dégageait toujours cette taille et cette aura imposantes… tout comme celle de… Non.

Je détournai le regard et secouai la tête.

Mais une question me vint à l’esprit :

Qui est-il ?

Le cours reprit, sans que le professeur ne dise un mot sur le retard de mon voisin.