Les Aventures en Herbe du Milieu

Summary

Les aventures en herbe du milieu est une parodie fantasy inspirée du Hobbit, où la Terre du Milieu devient un monde animalier aussi drôle qu’épique. Bilbon, un lapin paisible vivant à Cul-de-Lapin dans le Clapier, voit sa vie bouleversée par l’arrivée de Gandalf, un vieux renard gris venu lui proposer une aventure inattendue. Aux côtés d’une compagnie de chats menée par Thorin, il traversera l’Herbe du Milieu, entre forêts obscures, villes de grenouilles, blaireaux querelleurs et dangers imprévus, jusqu’au Rocher Solitaire d’Eremior, gardé par Smaug, un redoutable furet géant. Entre humour, hommage et quête héroïque, une aventure pleine de poils, de croquettes et de courage.

Genre
Fantasy
Author
Nekaria
Status
Ongoing
Chapters
2
Rating
n/a
Age Rating
13+

Prologue

Dans un terrier du Clapier, bien loin des terres périlleuses, la lueur vacillante d’une bougie s’alluma à une fenêtre. Une silhouette passa devant, celle d’un vieux lapin au pelage blanchi par les années. Posant la bougie sur la table de chevet, il s’installa paisiblement sur une chaise de bois sculpté, déposée près du lit d’un jeune lapereau. Vif et encore éveillé, le petit attendait avec impatience son histoire du soir.

— Mon cher Frodon, dit alors le vieux lapin, tu m’as demandé un jour si je t’avais tout raconté à propos de mes… aventures.

— Tu vas me raconter, oncle Bilbon ? Le jeune lapin se redressa d’un bond en souriant.

— Ahah, patience, jeune lapin, car l’histoire que je vais te conter débute il y a fort longtemps, bien avant moi, et bien avant Cul-de-Lapin. Installe-toi confortablement dans tes couvertures et ouvre grand les oreilles.

Le jeune lapereau, les oreilles dressées, le fixait de ses grands yeux émerveillés. Sa couverture recouvrant son corps jusqu’aux moustaches.

— Tout commença dans une contrée éloignée, à l’est, reprit alors le vieux lapin, qui poursuivait son histoire sous l’ouïe attentive de son neveu.

Là se tenait la ville de Miardale, une cité prospère où grenouilles et chats commerçaient soieries et pierres précieuses. Les rires dans les rues pavées résonnaient jusqu’au cœur du Rocher Solitaire, tandis que les bateaux arrivaient à Escargoth, chargés de beautés en tout genre venues des quatre coins de l’Herbe du Milieu. Miardale se trouvait au pied du plus grand royaume chat de tout le continent : Eremior.

Il était gouverné par le roi chat sous le Rocher, Thrór. Ce dernier descendait d’une lignée ancienne, celle des premiers chats : la lignée de Durin, et sa succession était assurée en la personne de son fils Thráin II, et de son petit-fils, Thorin.

— Eremior… oh Frodon, si tu savais.

Le vieux lapin afficha un sourire en tenant sa pipe dans la main, puis il ferma les yeux un instant avant de rouvrir les paupières.

C’était une forteresse creusée dans la roche, où les filons d’or glissaient comme des veines dans les parois. Les croquettes, regorgeant de saveur, s’entassaient dans les grandes salles et les emplissaient de leur parfum savoureux, tandis que les coussins de soie et de velours brodés, où les chats aimaient s’apaiser, apportaient un confort royal.

Mais les chats n’étaient pas que de gros adorateurs de croquettes et de duvets. Ils minaient, forgeaient : c’étaient des maîtres en la matière, capables de concevoir les bijoux les plus délicats avec des rubis et des saphirs.

Ils creusaient toujours plus loin, plus profond, jusqu’au jour où ils le trouvèrent : le cœur du Rocher, le Grelot.

Il était en or fin, d’une brillance telle qu’il illuminait la nuit.

— Et le son… Frodon…

Le son de son tintement revigorait quiconque l’entendait. Il était si précieux que Thrór en fit le Grelot du Roi, le joyau le plus important de tout ce que le Rocher pouvait offrir. Tous reconnurent alors la grandeur de la lignée des Chats de Durin, et sous l’emblème de ce Grelot, chaque chat de l’Herbe du Milieu devait s’unir pour défendre le royaume. Même Thranduil, le grand roi pie, dans toute son arrogance, vint faire allégeance au roi chat et reconnaître sa couronne.

Cependant les temps de paix et d’abondance tournèrent à l’orage, et les jours devinrent lugubres. Un mal s’était emparé du roi sous le Rocher, un mal de l’esprit. Les richesses de la montagne, et plus encore le Grelot, étaient devenues pour lui une passion dévorante qui le mena à la folie. Il fut renommé le Chat Cupide.

Puis quelque chose arriva, tout d’abord comme un souffle, faisant plier les arbres comme la bourrasque d’un ouragan. Les craquements des troncs sous le poids agile d’une créature des fourrés annonçaient le malheur qui s’abattait sur eux. C’était un pilleur du Nord.

Smaug, le furet, était venu.

Si gros, si grand, plus que n’importe quel autre. Il avait été attiré par l’odeur alléchante des croquettes, les coussins de soie, l’or brillant, mais surtout par le tintement envoûtant du Grelot du Roi.

Miardale n’était rien pour lui, et tomba sous ses griffes et ses crocs. Cette cité autrefois vivante ne devint qu’un champ de ruines et de désolation. Le seigneur Girion, fière grenouille de Miardale, tenta avec acharnement d’abattre la bête, mais ne put percer son épaisse fourrure.

Lorsqu’il arriva aux portes d’Eremior, les princes chats et leurs soldats se tenaient prêts derrière elles, armes en main. Le jeune prince Thorin hurlait de tenir bon ; il savait déjà que l’ennemi percerait leur défense. Mais avec tout son courage, il resta droit. Les coups puissants de Smaug résonnaient comme des échos de tonnerre à leurs oreilles et, de sa force, il brisa le rempart qui le tenait à l’extérieur. Rien ne put l’empêcher d’entrer ; sa tête se faufila entre les portes de pierre, et le reste suivit avec une agilité déconcertante.

Thrór, dans un dernier geste de désespoir, avait bien essayé de sauver son joyau, malgré l’intervention de son petit-fils qui le tirait de toutes ses forces vers la sortie. Le Grelot tomba et fut perdu au milieu de l’or et des autres trésors. Smaug le garda sous sa couche, et rien ne pourrait le déloger, car un furet veille sur son butin aussi longtemps qu’il vit.

Le peuple chat d’Eremior dut fuir. Ils furent chassés de leur foyer et perdirent la protection ainsi que la chaleur de ce qu’ils avaient toujours connu, pendant que Smaug le Pilleur prenait place dans les tas de richesses qu’il venait de leur dérober.

Thorin repéra sur les hauteurs les pies qui observaient l’attaque et la fuite du grand peuple chat. Il leur fit de grands gestes, les supplia de leur venir en aide, mais Thranduil ne mettrait pas la vie des siens en danger face à la colère du furet. Aucune aide ne vint des pies ce jour-là, ni aucun autre jour depuis.

Après ce jour, le jeune prince offrit ses services comme un simple forgeron dans les villes des grenouilles. Mais jamais il n’oublia, jamais il ne pardonna. Il se souvenait toujours de la lune qui brillait sur le Rocher, des craquements et des grognements des crocs de la bête, car il avait vu la rage du furet déferler sur les siens sans que rien ne puisse l’arrêter.

— Tu dois te demander maintenant, mon cher neveu, où étais-tu donc dans toute cette histoire.

— Oui, oncle Bilbon.

— Eh bien moi, ahah, pour moi l’histoire commence il y a soixante ans. J’étais encore un jeune lapin à l’époque, aux oreilles vives, et Cul-de-Lapin était déjà aussi douillet qu’aujourd’hui, avec un bon feu dans l’âtre et un garde-manger bien rempli.

Je dégustais ma carotte comme tous les matins, assis sur le banc de mon jardin, lorsqu’une ombre vint me priver de soleil. En relevant la tête, c’est là que je le vis.

— Quoi donc, oncle Bilbon ?

— Le renard…