Le nouvel recru

Summary

Après trois ans d'une relation pleine de bonheur, Alec et Magnus mirent fin à leur histoire. Cela s'était terminé naturellement et à l'amiable, si bien que tout le monde se demandait s'ils avaient vraiment été aussi amoureux qu'ils le montraient. Tout était redevenu comme avant, jusqu'au jour où un nouveau Shadowhunter fut transféré à leur base suite à un incident ayant coûté l'intégrité de celle-ci. Son nom : Mira (branwell) Lightbell, un jeune homme à la longue chevelure ébène dont le corps ne portait aucune marque de rune, mais dont l'agilité et la puissance étaient incroyablement remarquables ; un jeune homme tout aussi beau que mystérieux qui bouleversera la vie bien rangée du jeune Alec.

Genre
Lgbtq
Author
Anika
Status
Ongoing
Chapters
2
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapter 1

Alec s'éveilla aux prises avec une migraine implacable, se jurant une fois de plus, comme à l'accoutumée, de ne plus s'abandonner aux excès de Bacchus. Il se hissa péniblement hors de sa couche et s'achemina vers la salle de bain lorsque son téléphone se mit à résonner. Grimaçant sous l'assaut sonore qui lui vrillait les tympans, il décrocha en maugréant, sans prêter attention au nom qui s'affichait à l'écran.




- Dieu soit loué, tu es enfin réveillé ! - résonna la voix mélodieuse à l'autre bout du fil.


   Alec ferma les paupières, se passant la main sur le visage.


- Bonjour, mon sucre d'orge. Bien dormi ? -


-Magnus... - exhala le jeune homme aux cheveux de jais, esquissant un sourire à cette voix toujours empreinte d'enthousiasme et de bonne humeur. Rares étaient les occasions où celui-ci se départait de sa jovialité, et franchement, le jeune chasseur d'ombres préférait quand il rayonnait ainsi, illuminant par sa seule présence l'endroit où ils se trouvaient, par son sourire éclatant ou sa voix chantante.


- J'ai cru que tu ne t'éveillerais point de sitôt, après le nombre de verres que tu as ingurgités hier soir. -


- À quoi dois-je l'honneur de ton appel en si bon matin ? - s'enquit ce dernier en s'installant sur son lit, déjà tenaillé par l'envie de s'y rallonger.


- Oh, eh bien... -


Alec plissa les yeux, percevant le changement dans sa voix, comme s'il était embarrassé par ce qu'il s'apprêtait à révéler.


- Eh bien, mon chou... tu vois... j'ai un petit service à te demander. -


Alec haussa les sourcils, feignant la surprise.


- Quoi ? Le grand Magnus Bane a un service à me demander ? -


- Eh bien, crois-le ou non, c'est quelque peu important pour moi -, avoua-t-il d'une voix soudain grave et inquiète.


- Mags, tu sais que tu peux tout me demander. Nous sommes amis, s'il y a quelque chose que je puisse faire pour t'aider, tu sais que je le ferai. Alors dis-moi ce qui te tracasse. -


- Eh bien, Alexander, te souviens-tu de mon ami Ragnor ? Celui qui a trépassé ? -


-Euh... oui, je m'en souviens bien. C'était l'année passée. Pourquoi ? -


- Eh bien, je suis le parrain de son fils. -


-Attends... depuis quand ? - s'exclama Alec, stupéfait, soudain parfaitement réveillé.


- Eh bien, depuis longtemps en fait... je dirais dix-huit ans ? Écoute, Alexander, c'est un peu long à expliquer, mais il... il se trouve que son fils fait partie des chasseurs d'ombres...

-Quoi ? Le fils de Ragnor ? - s'exclama Alec, relevant la tête, perdu.


- Euh... oui. C'est la raison de mon appel. Il va être transféré suite à un incident qui s'est produit, et comme tu es le directeur de votre institut... -


- Tu aimerais que je garde un œil sur lui, c'est cela ? -

- Oui, exactement... Je ne veux pas que tu le traites différemment de tes autres subordonnés. En plus, il n'aimerait pas cela, c'est un enfant têtu et crâneur. Sérieusement, tel père, tel fils ! - s'exclama Magnus de sa voix chantante.


   Alec l'imagina gesticulant avec ses mains, arborant un air exaspéré.


Il sourit de nouveau.


- D'accord, Mags, j'ai compris... -


- Ah, c'est vrai ? - l'interrompit-il, de nouveau tout excité

Merci, Alexander. Tu verras, c'est un garçon... mmm... singulier, mais très respectueux des règles. Il ne posera pas de problème... enfin, je l'espère -, murmura-t-il sur cette dernière phrase, comme se parlant à lui-même.


- Alors... - soupira le brun, - peux-tu me dire pourquoi il a été transféré ? -


- En fait... je ne sais pas. Il n'a pas voulu me le dire, et je n'ai aucun pouvoir dans son siège, donc... -


- Je vois... - souffla Alec, curieux, se pinçant les lèvres.


- Tout ce que je peux dire, c'est que la demande de transfert vient de lui-même... -


- Oh... d'accord... Bien, Mags, il faut que je te laisse. J'ai une réunion avec l'une de mes équipes dans... dans une demi-heure... -


- Alors je ne te retiens pas plus longtemps. Au revoir, Alexander, et encore merci beaucoup... -


- De rien, Magnus. Les amis sont là pour cela. Salue Imasu de ma part. -


- Je n'y manquerai pas -, ronronna Magnus en raccrochant.


Alec soupira, jetant son portable sur le lit avant de se lever pour se diriger vers la salle de bain.


L'eau tiède qui se déversait sur lui, ruisselant jusqu'à la plante de ses pieds, lui procura un bien-être immédiat. C'était comme si toute la fatigue et les méfaits de l'ivresse de la veille s'évacuaient avec l'eau.


Il sortit quelques minutes plus tard, avala d'abord trois cachets d'aspirine pour sa gueule de bois avant de se préparer pour se rendre à la salle de rassemblement.

- Un filleul... - Jamais il n'aurait cru que Magnus aurait pu lui cacher une chose pareille. Ce n'était pas capital en soi, mais tout de même... après toutes les adversités et toutes les confidences qu'ils avaient partagées, il n'arrivait pas à croire qu'il lui avait tu cette information.


Il s'arrêta net au pas de la porte, jurant et se frappant le front de sa main.


Il avait oublié de demander le nom du jeune homme.


Soupirant, il haussa les épaules en sortant de sa chambre. Il l'apprendrait bien assez tôt.


____ Institut de Londres___


Les mains étendues vers le ciel, exécutant une pirouette, Mira bondit en décrivant des cercles dans les airs avant de retomber au sol, accroupi. Il se releva d'un geste vif, lançant des coups de poing qui fendaient l'air. Il courut, effectua un saut, un plongeon, puis retomba au sol, assénant un coup de toute sa puissance dans le sol qui se fendit, créant des cercles de fissures béantes.


Satisfait, il se releva, tout sourire.


- Dieu merci, tu t'en vas ! - s'écria une voix désespérée.

- Je n'aurai plus à dépenser des sommes folles pour la réparation des salles d'entraînement que tu détruis. -


Descendant les escaliers avec élégance, la jeune femme qui se trouvait être la directrice de la base lui adressa un sourire réjoui, ravie de se débarrasser enfin du jeune homme.


- Par l'Ange... Mira, je suis lasse de retrouver mes salles d'entraînement dans un état piteux. On dirait qu'un tsunami y a fait escale. -


- Je suis un tsunami ! - affirma Mira, tout sourire, ramenant de sa main bandée ses cheveux noirs d'ébène.


Lydia Branwell, la directrice, le détailla une énième fois, n'en croyant pas ses yeux. Elle n'arrivait pas à comprendre comment un corps aussi fin pouvait contenir autant de puissance.


Mira était ce qu'on qualifierait de beauté unique, incomparable, et son apparence androgyne ne gâchait rien ; au contraire, elle faisait tourner bien des têtes, hommes ou femmes. Il possédait un corps à damner que toute femme lui envierait, doté de courbes voluptueuses aux bons endroits. Il avait la taille fine, les hanches un peu larges et ses jambes fuselées semblaient interminables. Malgré son mètre soixante-quinze, Mira en paraissait davantage grâce à sa morphologie, et avec sa chevelure abondante et légèrement ondulée venant se loger dans la cambrure de ses reins, il était à couper le souffle.


Et cela avait été l'élément déclencheur de son cauchemar sans fin, le forçant à demander un transfert.


- Ton arrogance ne me surprend même plus. -


   Mira éclata de rire, se dirigeant vers les vestiaires, suivi de Lydia sur ses talons.


- Je ne suis pas arrogant, je dis simplement la vérité -, annonça-t-il d'un air innocent en se déshabillant pour entrer dans l'une des douches.


   Lydia s'accouda au casier, ses yeux caressant le corps du jeune homme. Bien qu'il ne fût pas musclé, Mira était bien constitué : bras fins, ventre plat, fesses un peu rebondies... tout cela rendait le jeune homme terriblement séduisant.


La blonde se mordit la lèvre inférieure, terriblement excitée, admirant avec envie le corps de son subordonné et parabataï.


Avec un souffle frustré, elle s'assit sur un banc faisant face à la salle de bain, regardant son ami se doucher.


- Hmmm... tu vas terriblement me manquer. -


   Mira sourit, puis se tournant vers elle, feignit la surprise.


- Quoi ? Ai-je bien entendu ? Moi, le plus grand fauteur de troubles de l'institut, qui te rends le plus souvent hystérique ? -


La jeune directrice leva les yeux au ciel.


- Oui, tu as raison, mais c'est mieux que rien. L'institut va devenir terne sans toi. -


La mine triste, elle se leva, prit une serviette puis la jeta à son ami qui l'attrapa au vol.


- Quand je pense à tout ce que cette peste a pu te faire, j'ai juste envie de la tuer. -


Mira regarda son amie dont le visage était marqué par la rage et qui avait les poings serrés.


- Laisse tomber. Il n'y a pas eu mort d'homme. En y repensant bien, tout le monde y gagne. Cela fait quelque temps que je songeais à changer de ville, à voir de nouveaux visages. Cela n'aurait pas pu mieux tomber. Et puis... - S'approchant de son amie d'enfance, Mira lui caressa la joue, un sourire tendre au visage.


- S'il te plaît, fais attention, ma belle. Tu t'es tellement démenée pour obtenir ce poste, je ne voudrais pas que tu le perdes à cause de moi. -


- Tu sais bien que pour toi, je ferais n'importe quoi. Alors s'il te plaît, ne me mets plus de côté. Tu es mon parabataï, et le fait que tu me caches des choses me fait mal. Si l'histoire entre toi et ma cousine n'avait pas dérapé, je n'aurais rien su, et cela me met hors de moi, Mira. -


- Oui, je le sais, et j'en suis désolé. - Lui prenant les deux mains et les serrant très fort dans les siennes :


- Je crois que c'est ma nature rebelle de sorcier. -


   Lydia haussa les sourcils, amusée.


- Je crois plutôt que c'est ta nature de nymphe du côté de ta mère. À ce que je sache, Alona était connue pour sa fourberie et son insolence. -


- Je crois qu'elle et mon père faisaient bien la paire. -


   Sur ces mots, ils éclatèrent d'un fou rire.


Mira n'avait jamais connu son père. La première fois qu'il l'avait rencontré, le jeune mi-nymphe mi-sorcier l'avait trouvé arrogant, imbu de lui-même, mais aussi fier et rebelle. Cette rencontre eut lieu le jour de son entrée à l'académie des chasseurs d'ombres. Celui-ci était entré dans une colère noire, jurant de le déshériter et qu'il n'était plus son fils.


Sérieusement ? Mira, étant de nature rebelle et impolie – superbement impolie –, avait tenu tête à son père. Il se fichait éperdument que son père le déshérite ou le renie. En dix ans d'existence, il n'avait rencontré son paternel qu'une seule fois, et c'était ce jour-là. Alors pourquoi prendrait-il en compte ses désirs ? Pour toute réponse, il lui avait fait un doigt d'honneur en lui disant d'aller se faire foutre. Trois ans après, celui-ci mourrait.


Il lui avait laissé une lettre où il s'excusait d'avoir été un père absent et où il disait être fier de lui. Mira hérita du vieux Ragnor sa fortune et, malheureusement, son pouvoir qui se transmettait de père en fils après la mort de celui-ci.


Grâce à Magnus, il avait su le maîtriser, mais ne l'avait utilisé que très rarement.


Il devait avouer qu'il regrettait d'avoir tenu tête à son père. Ces années parmi les chasseurs d'ombres avaient été un enfer sans nom : les tortures, les mauvais traitements et la haine qu'on lui vouait en raison de ses origines...


Parfois, il se demandait comment il avait pu supporter tout cela. Et comment avait-il pu être ami, et surtout parabataï, avec la fille de l'homme qui lui avait le plus infligé de pareils tourments...


Mira quitta son amie après s'être donné rendez-vous le lendemain pour le départ, celle-ci ayant insisté pour l'accompagner à l'institut de New York.


En chemin vers sa chambre, toute personne qu'il rencontrait soit le regardait bizarrement, soit chuchotait, soit baissait le regard, honteuse, et cela l'agaçait. D'autres, particulièrement cyniques, le saluaient. Poings serrés, contenant sa colère, Mira longea le couloir sans se retourner sur ces soi-disant camarades qui jadis le traitaient comme un ami, un compagnon.


Arrivé à la porte de sa chambre, il découvrit que celle-ci était entrouverte. En position défensive, il entra en trombe, s'apprêtant à attaquer son ennemi, mais découvrit avec colère une vipère allongée sur son lit, un sourire de garce sur les lèvres.


- Aline, que me vaut l'honneur de cette visite ? - demanda-t-il, le sourire cynique.

- Ohhh... dis-moi, Mira, c'est comme cela qu'on accueille une amie ? -


- Ah... - Le visage estomaqué : - Dégage ! - tonna-t-il, énervé au plus haut point.


Comment osait-elle ? Comment osait-elle mettre leur amitié en avant, elle qui l'avait humilié et détruit son intégrité aux yeux de tous !


Son regard lançant des éclairs fit lever précipitamment la brune, sachant bien ce dont il était capable. Tendant la main vers elle, Mira l'attira à lui comme un aimant, son cou se retrouvant entre ses doigts de fer.


- Remercie ton statut de fille de l'une des représentantes de l'Enclave, Aline, car sans ce statut, je t'aurais déjà tuée. Tu me dégoûtes, mais à un point... - D'une force maîtrisée mais néanmoins puissante, il la projeta hors de sa chambre, la faisant atterrir contre le mur du couloir dans un bruit sourd. La brune glissa à terre, une douleur vive la prenant dans le bas du dos.


Sans attendre ses complaintes, Mira referma la porte avec fracas.


Le souffle embué de colère, serrant la mâchoire, il se dirigea vers son armoire, en sortit ses bagages déjà faits, puis sortit en trombe vers le bureau de la directrice. Il entra brutalement, découvrant son amie en petite tenue, en train de se faire délicieusement chevaucher par l'un de ses subordonnés – Matt ou Valentin, il ne s'en souvenait plus...


Lydia chassa son amant du regard, puis se tourna vers son ami qui avait l'air hors de lui.


- Je suis désolé d'entrer ainsi dans ton bureau, mais je viens t'informer de mon départ. -


- Qu... quoi ? -


- Je... - Agrippant férocement la veste qu'il tenait à la main :


- Je ne supporterai plus de respirer le même air qu'elle, Lydia, je ne le pourrai pas ! - hurla-t-il, hors de lui.


- Calme-toi, s'il te plaît -, fit son amie en finissant de s'habiller, posant ses mains sur son torse.


- Mais j'ai déjà prévenu l'institut que nous arriverions demain. Ils ne nous attendent pas aujourd'hui, ce serait irrespectueux de notre part... -


- Ne t'inquiète pas, je resterai chez Magnus pour la nuit. -

- D'accord, je vais prévenir pour qu'on t'ouvre un portail et... -


- Ne t'inquiète pas, je m'en occupe. -

- Très bien, alors tu vas directement chez Magnus, et demain je te rejoins. -


Mira acquiesça, puis se détourna de son amie pour créer un portail.


Il avait hâte de quitter cet endroit une bonne fois pour toutes.


__ New York, 19 heures__


C'était encore une autre soirée, et comme certains jours après leurs missions terminées, le groupe d'élite de chasseurs d'ombres constitué d'Alec, Izzy, Jace, Clary et Simon se regroupait chez le sorcier Magnus pour se détendre et discuter. Ils le faisaient de temps en temps, soit ils se retrouvaient au Taki's, soit au Pandemonium, et parfois, le plus souvent, chez le sorcier qui était toujours ravi de les accueillir. Leur amitié n'avait pas changé même après la rupture de Magnus et Alec. Le sorcier sortait maintenant avec Imasu, un sorcier également, et apparemment filait le parfait amour avec son compagnon, programmant même de se marier.


Quant au jeune Alec, malgré sa beauté de beau brun aux yeux bleus, il était resté célibataire depuis sa rupture avec Magnus, il y a presque deux ans de cela. Beaucoup pensaient que c'était parce qu'il avait encore des sentiments pour le grand sorcier, mais la réalité était tout autre. Alec n'avait aucun besoin d'être en couple. En fait, pour lui, pour être de nouveau en couple, il fallait qu'il développe des sentiments pour l'autre : de l'amour, de l'affection ou une affinité au lit. Et le jeune chasseur d'ombres de vingt-huit ans n'avait encore trouvé personne envers qui il aurait eu de tels sentiments.


Bien sûr, pendant toute sa période de célibataire endurci, il n'était pas resté sage – ce n'était pas un moine tout de même –, mais ces relations n'avaient été que des aventures d'un soir, des relations sans lendemain qui ne duraient pas, et il s'en contentait. Avec Magnus, cela avait été une découverte vers un nouveau monde, la découverte de son corps et du plaisir qu'il pouvait procurer à l'autre, et avec le temps, il s'y était perfectionné. Il pouvait même s'en vanter : beaucoup de personnes du monde obscur ou de leur clan tueraient pour passer la nuit avec lui, tellement les rumeurs disant qu'il était un maître dans l'art de l'érotisme circulaient...


Mais Alec n'aimait pas trop mélanger le professionnel au plaisir, ce qui faisait qu'il n'avait jamais couché avec personne de son institut, sauf Gabriel, et c'était dans les premiers mois après sa rupture avec Magnus. Après cet épisode, plus jamais cela ne s'était reproduit.


Il soupira, posant son regard sur Magnus. Il avait l'air heureux dans son couple, et cela le rendait heureux aussi. C'était devenu son ami et confident, et c'est pour cela que l'histoire de son filleul l'agaçait. Pourquoi ne lui avait-il rien dit ? Lui qui croyait qu'ils étaient devenus plus proches que lorsqu'ils étaient en couple, eh bien, il s'était trompé. Il eut un sourire cynique, puis avala le reste de son cognac avant de se lever pour s'en resservir. Il s'apprêtait à retourner s'asseoir quand il sentit un bref courant d'air. Tous leurs regards convergèrent vers l'entrée.


Le sorcier leur fit un geste d'attendre, puis se dirigea à grands pas vers l'endroit d'où provenait le courant d'air, mais s'arrêta net, se tournant vers eux avec un sourire rassurant.


- Oh, ne vous en faites pas, je crois savoir qui c'est. Vous pouvez vous relaxer, j'arrive, mes choux... - Puis il disparut dans le couloir.


Magnus avait une vague idée de qui cela pouvait bien être. Il avait senti l'odeur, mais il fallait rester sur ses gardes. En approchant, il vit son filleul se tenant devant un portail magique qui se refermait. Vraiment, il n'arrêtait pas de le surprendre : il savait déjà créer parfaitement les portails tridimensionnels. Avec un sourire, il s'approcha du jeune androgyne.


- Mira ? Que fais-tu là ? -


- J'ai dû quitter l'institut aujourd'hui -, répondit le jeune homme, embarrassé, se frottant l'arrière de la nuque.


Magnus le détailla et jura en apercevant de quoi il était affublé : toujours son éternel blanc et noir, mais cette fois c'était pire. Il était en débardeur blanc et legging noir, sa veste noire à la main et ses bagages dans l'autre.


Magnus roula des yeux en agitant les mains en l'air, se rapprochant de lui pour lui prendre ses bagages.


- Dans tous les cas, cela tombe bien. Je vais te présenter mes amis, dont le directeur de ton nouvel institut. Allez, viens... -


Mira blêmit. Ne voulant rencontrer personne pour le moment, il était épuisé par sa séance d'entraînement et l'ouverture du portail l'avait mis à fleur de peau.

- Écoute, parrain, je crois que ce sera pour une autre fois. En plus, je le rencontrerai demain. Je suis à fleur de peau en ce moment et j'ai peur d'être désagréable, voire même impoli. S'il te plaît, pourrais-tu me montrer ma chambre ? - termina-t-il d'un ton suppliant.


Magnus le détailla et s'aperçut de l'état moral de son filleul. Il s'en était toujours voulu de l'avoir laissé seul dans les mains des Branwell et de ne lui avoir pas donné l'attention qu'il méritait et dont il avait besoin.


- Mais bien sûr, mon prince. Ta chambre est celle d'habitude. Viens, suis-moi. -


En longeant le couloir, Mira aperçut des rires joyeux venant du salon, puis Imasu sortit de l'une des chambres, arrangeant le col de sa chemise, toujours aussi extravagant que son parrain.


- Tu es parti te changer ? - Celui-ci releva la tête puis sourit.


- Oui, Izzy m'a jeté son vin à la figure -, annonça l'Hispanique, mi-amusé, mi-mécontent.


Magnus pouffa de rire.


- Je suis sûr que tu lui as dit quelque chose qui a dû la mettre en rogne... Oh, mais qui voilà ! N'est-ce pas le petit bourreau des cœurs ? - taquina Imasu en s'approchant de Mira pour lui faire une accolade.


- Bonsoir, mon oncle -, fit celui-ci en lui rendant son accolade, content de le voir.

- Alors, à ce que j'ai appris, ta beauté légendaire aurait aveuglé tes camarades, te forçant à quitter l'institut pour leur bien ? Que c'est louable de ta part de faire un si noble sacrifice ! - termina l'Hispanique en feignant une petite larme au coin de l'œil.


Mira éclata d'un fou rire suite à ses paroles, se tenant le ventre. Il adorait tellement son oncle pour ses blagues ! Quant à Magnus, il lui donna un coup dans les côtes, ce qui le fit blêmir, arrachant encore un rire à Mira face à ses grimaces.


Après avoir disparu, rassurés, le groupe se rassit.


- Alors, Izzy, Alec, comment se porte votre vie de célibataires endurcis ? - s'enquit Imasu, amusé, puis prenant une mine innocente : - Oh, j'ai presque oublié, Izzy a Simon maintenant. Et toi, Alec, pas d'amour à l'horizon ?

- Oh, la ferme, Imasu ! - souffla Izzy, exaspérée par l'humour d'Imasu.


Celui-ci rit sous cape, accompagné d'Alec. Jace et Izzy le regardèrent, sidérés par la facilité avec laquelle il prenait si bien les choses.


- Je sais qu'il n'y a et n'aura jamais encore un homme aussi merveilleux que Magnus, et cela va de soi, mais il faudrait que tu te mettes en couple, franchement. Ta vie de dragueur de seconde zone ne fait pas bonne impression. Tu vends ce merveilleux don que tu as si gratuitement et à n'importe qui... - Il roula des yeux, l'air déçu.


- Hmmm... quel gâchis ! Cela en reviendrait même à la prostitu... -


- C'est bon, j'en ai marre ! - s'exclama Izzy en venant jeter son verre à la figure de l'Hispanique qui ne broncha pas.


- Cela fait quelque temps que tu ne fais que harceler mon frère de tes blagues à deux balles, mais à force, on croirait que tu lui en veux. Quel est ton problème ? -


Imasu haussa les sourcils, surpris mais pas du tout blessé par les dernières paroles d'Izzy.


- Moi ? Aucun... Désolé si je me suis montré un peu maladroit dans mes propos, mais je dis toujours ce que je pense, et personne, ni toi, ne va m'en empêcher. Si mes paroles ont été un peu rudes, je m'en excuse. Maintenant, excusez-moi, mais je vais aller me changer, je me sens... sale. - Sur ces mots, il se leva pour partir quand il se tourna vers Alec :


- Je suis désolé, Alec, j'espère que je ne t'ai pas froissé... -


L'intéressé, qui s'était tu pendant tout ce temps, ne fit rien que de lui adresser un sourire amusé. Imasu lui rendit son sourire puis disparut.


- Mais pourquoi ne dis-tu jamais rien quand il t'envoie ce genre de bêtises en pleine face ? - s'énerva sa sœur, les poings serrés.


Alec regarda sa sœur un moment, cherchant quelque chose à dire, mais ne trouvant rien qui puisse la satisfaire. En réalité, il se fichait éperdument des paroles d'Imasu. Il savait que celui-ci n'était ni jaloux ni foncièrement méchant ; il aimait juste le taquiner ou essayait de le réprimander sur ses actions par son humour noir qui parfois irritait son entourage, surtout Izzy.


- Ça va... - la calma-t-il. - Tu connais Imasu, il ne pensait pas à mal. En plus, il a raison sur un point. -


- Quoi ? Que tu es un prostitué ? - s'enquit un Jace amusé.


Et pour une raison que tous ignoraient, ils éclatèrent de rire. Cela commença par Simon qui pouffa sous cape en crachant son martini.


Ils rirent un bon moment avant de changer de sujet, évoquant la situation que traversait le clan des vampires en ce moment, à la recherche d'un chef après le départ de Raphaël.


Quelques minutes plus tard, leur attention fut attirée par une voix tout aussi chantante que celle de Magnus, mais au lieu d'être dans un ton un peu grave, celle-ci était douce et cristalline.


- Dieu du ciel... je ne sais qui c'est, mais cette voix est magnifique -, souffla Clary, admirative, en se levant de sa place.


- Hé ! Où vas-tu donc ? s'enquit Jace, saisissant sa main au passage, - petite curieuse...


- Voir qui chante ainsi... -


Alec leva les yeux au ciel avec exaspération.


-Arrête, cela ne se fait pas. De plus, je crois qu'ils ne vont pas tarder à revenir ; tu feras sa connaissance alors. -


- Mmh... oui, tu as raison -, concéda Clary en s'apprêtant à se rasseoir.


Mais la voix s'éleva de nouveau, et sans qu'il comprenne pourquoi, Alec sentit un frisson lui traverser le corps comme une décharge électrique.


- Extraordinaire ! - s'exclamèrent-ils en chœur.


   Tour à tour, ils se levèrent et se dirigèrent vers le couloir, à l'exception d'Alec qui demeura assis, pouffant de rire lorsque Jace trébucha sur ses propres genoux en voulant suivre les autres.


- Ha ha ha ! Vas-y, moque-toi -, grogna ce dernier faussement vexé, en se relevant pour poursuivre son chemin.


Alec les observa échanger leurs piques avec un sourire, secouant la tête et se massant l'arête du nez, désespéré par leur puérilité.


Ils revinrent quelques minutes plus tard et reprirent leurs places respectives.


- Quelqu'un l'a-t-il aperçu ? - demanda Jace avec curiosité.


- Moi, non ; Izzy me bouchait la vue -, répondit Simon, quelque peu déçu.


- Je l'ai vu, mais seulement de dos -, précisa Izzy.


- Moi aussi -, renchérit Clary, les yeux brillant d'admiration.


- Et as-tu vu cette chevelure ? Et cette silhouette ? -


- Toi aussi ? Tu penses que c'est une femme ? -


- Mmm... non -, fit Clary en secouant la tête.


- À voir sa corpulence, je dirais plutôt un homme. -


- En es-tu certaine ? - Izzy fronça les sourcils, dubitative.


Clary acquiesça d'un hochement de tête.


- Ce qui est sûr, femme ou homme, il est diablement séduisant -, soupira Izzy avec envie.


- Tout à fait... mais je pense qu'il ne viendra pas par ici. -


   Magnus transportait sa valise vers l'intérieur.


À ces mots, Alec se redressa soudain, sous le regard surpris de ses amis.


- Attends... as-tu dit une valise ? -