Chapter 1 Carrefour
partie 1
La poisse ! Il fallait que ça m’arrive, à moi !
Et aujourd’hui, qui plus est !
Et comme par hasard, dans un bled paumé.
Non, tu y crois, toi ?
Je vais devoir me coltiner un truc dont je n’ai pas le mode d’emploi. Help !
Par quel bout commencer ?
Hé ! Une histoire qui te tombe sur la tronche aussi brutalement, ça n’a pas de bout. C’est comme une bou…se de vache. Bien ronde, bien plate.
Tiens, est-ce de là que vient l’expression « La vache ! » ?
Bon, comment ouvrir cette saleté de capot ? Et pourquoi l’appelle-t-on capot ? Ça a quelque chose à voir avec le préservatif ?
Ça nous préserve des pannes ! Ha, ha !
Et d’ailleurs pourquoi l’ouvrir ? Qu’est-ce que j’y connais, moi ? Cela m’avancerait-il à quoi ? Si c’est pour me salir, et défigurer un ongle ou deux, c’est une idée géniale.
Et tout cela pourquoi ? Dites-moi, vous les rédactrices de magazines ? J’ai suivi votre conseil, et convaincu mon homme que des congés nous feraient du bien.
Et oui, j’aspirais au repos. Trop de travail, un stress continu, et une imagination aux abonnés absents.
La veille, mon mec, adossé au mur de ma chambre, m’observait en train de fermer ma valise avec difficulté. Et quand je me suis redressée, le triomphe dans un sourire aussi large que mes deux oreilles le permettaient, il m’a annoncé tranquillement qu’il ne m’accompagnerait pas.
Il a juste haussé les épaules à ma question : « Quoiiii ?».
Après deux secondes de silence, il m’a appris d’une voix impassible que le moment était mal choisi. Tiens donc ! Cela ne faisait que quelques semaines qu’on en parlait.
Qu’aurais-tu fait à ma place ?
Eh bien, j’ai décidé de les prendre, ces vacances ! De lui aussi, pendant qu’on y était. Et, définitivement !
Depuis un mois qu’on préparait aux petits oignons chaque détail de ce voyage, et tout à coup, eurêka ! Il s’est rappelé que son boulot comptait plus que ma santé et notre couple.
Ben moi, j’ai préféré notre petit rêve, et toute seule, comme une grande. Qu’il aille se faire voir chez les Grecs, il paraît qu’ils s’y connaissent en décapsulage.
Et le pire, c’est qu’il avait décommandé, sans m’avertir. Peux-tu imaginer ma tête quand on m’a appris, à l’agence, qu’il n’y avait plus de réservation ?
C’est pourquoi je me retrouve à rouler sans savoir exactement où atterrir. Façon de parler, la voiture a remplacé l’avion, et Issy-les-Moulineaux les îles Vierges.
Bon, je ne vais pas mentir, ce mec n’était qu’un prétexte sur une bifurcation existentielle. Le draguer me permettait de connaître mon pourcentage d’hétérosexualité, et de m’en inquiéter s’il y avait lieu. Ouais ça craint !
Je n’ai raconté à personne mon voyage en célibataire, surtout pas à Agathe. Elle se serait bidonnée, en m’assénant : « Je te l’avais dit, non ? C’est un tarba, plus amoureux de sa tune que d’une meuf. Sûr qu’il t’aurait accompagnée si tu avais payé les billets. ».
Je la vois venir d’ici. Une meilleure amie comme elle, il n’en faut pas plus d’une pour foutre la pagaille partout. Elle est gentille, ce n’est pas ça. En fait, elle est plus que ça, et elle vous le fait savoir à chaque minute. Et comme je suis une tête de linotte, c’est presque chaque jour que je dois essuyer ses avertissements. Et c’est le sempiternel « Pourquoi tu ne m’écoutes jamais ? ». Moi, je veux bien écouter. Mais si c’est pour entendre dix fois par jour que je suis nase, pardon, je préfère faire la sourde oreille.
Ceci dit, je l’aime, et je ne voudrais pas d’une autre amie. Dommage qu’elle soit si sage et si attentionnée, c’est d’un insupportable !
Qu’est-ce que je vais faire ? Attendre un bon samaritain qui, comme par hasard, choisirait cette route déserte pour flâner ? À cette heure, il est certainement en train de s’occuper de sa bobonne. Ben oui, on est bon samaritain ou on ne l’est pas, et les bonnes actions, ça commence par les siens.
Pour aujourd’hui, et vu ma déveine, il ne faut pas tabler sur ce genre de mec.
Dans cette steppe, si ce n’est pas un satyre, ce serait obligatoirement un serial killer. Va savoir avec quelle sauce le premier va me déguster, et dans quelle quantité de ketchup, l’autre va me laisser baigner après m’avoir égorgée. À choisir, je préférerais le violeur. Avec un peu de chance, il me laisserait en vie. Espérons qu’après s’être requinqué la braguette, il me dépannerait pour que je garde un bon souvenir de lui. Pourvu aussi qu’il ne schlingue pas, et soit un éjaculateur précoce. Je n’ai pas que ça à faire, moi. J’entame mes vacances, et je refuse qu’elles soient perturbées. Surtout par un narco qui prend son temps sous prétexte que les femmes aiment être dorlotées. Qu’en sait-il lui qui vole du cul aux meufs sans pancarte « self-service » au front ?
Et si je lui dis que je suis lesbienne, passerait-il son chemin ?
Tu peux toujours courir ! Il se prendrait plutôt pour le messie. Il se lécherait les babines comme un saint-bernard, et ferait tout pour guérir ta perversion, quitte à t’imposer le remède de force.
T’as entendu parler de l’homothérapie ? Les savants n’ont rien à faire que donner un nom scientifique à une connerie ? Une conversion tu sais, comme convertir la drachme en euro, ha, ha ! M’avait expliqué mon cousin. Et ça ne vient pas de conversation, parce que ton avis ne compte pas. Il s’agit d’extirper ton homosexualité pour te transformer en une nouvelle version de toi, digne d’être saluée dans la rue et admise à l’église. Amen !
Entre nous, la conversion ne marchera jamais. Comme on ne peut pas obliger un tigre à miauler. Ils torturent la personne avec une psychothérapie à la mords-moi-le-nœud, et comme ça ne donne pas de résultat, l’exorciste entre en scène. Bien sûr, à force, la victime se croit fautive, et elle se calfeutre dans la honte et la culpabilité. Quant à son homosexualité, elle se fait petite, attendant patiemment son heure de glorieux retour à la lumière. Elle n’a pas de raison de disparaître. Comme les fesses du cousin ne doivent pas se préparer à un recyclage, sous prétexte d’obsolescence programmée, ou imposée.
Bon, soyons réaliste. Le pervers, il n’attend que l’occasion de faire briller ses bijoux de famille. Devant un petit lot comme toi, il ne résistera pas. Espérons seulement qu’il s’essoufflera avant de m’attraper.
Ha, ha ! Chérie, il ne porte pas de pancarte, lui non plus. Il s’approchera la bouche en cœur, le cœur soi-disant sur la main « oh ma pauvre petite, vous n’êtes pas toute seule j’espère, parce que l’endroit est infesté de bandits de grand chemin. Heureusement que je passais par-là. Ma défunte mère, que Dieu la garde à sa droite, m’a appris qu’il faut prendre soin de son prochain. Dieu comptabilise nos actions, et le jour du bilan, gare à celui qui a été avare de gentillesse. En vérité, celui qu’on aide est peut-être le prochain patron, ou le futur mari de la sœur. Voire le bienfaiteur qui me sauverait de la faillite. Alors il faut entretenir de bonnes relations avec tout le monde. »
Celui-là, tu lui donnerais le Bon Dieu sans confession.
Et pendant que ta bouche est entrouverte de reconnaissance, il passe en mode cul-jacking.
Malheureuse, surtout ne te prétends pas du jack (la jaquette, pour les garçons). Même un brave bonhomme serait tenté de te prouver l’indispensabilité du pénis. Pour ton bien, il te ferait passer le goût de la vulve.
Bon, ce n’est pas tout ça, il va falloir te bouger le cul, ma belle, même si tu as peur qu’il lui arrive une catastrophe. Les choses ne vont pas s’arranger toutes seules. Ne fais pas comme Dieu qui a bâclé sa semaine. Il a eu l’idée saugrenue de se reposer le dimanche, au lieu de nous peaufiner. L’humanité en est sortie bête, égoïste, et férue de grèves, surtout dans l’hexagone.
Si tu crois encore au Père Noël, aide-toi, le ciel t’aidera. Tiens, il devient gris. Dans peu de temps, il va vouloir rincer le paysage, et bientôt la nuit va s’y mettre aussi, et me gâcher le peu qui reste de potable dans cette sale journée. Et dire que j’attendais qu’elle étrenne des vacances bien méritées.
Ah oui, je ne t’ai pas dit. Ce matin, alors que je quittais mon appartement, ma mère, ma chère maman m’a appelée, geignant à fendre l’âme. J’ai fait un crochet par chez elle, et quatre heures m’ont à peine suffi à la persuader que l’hypocondrie ne nécessite pas d’hospitalisation. Et c’est pourquoi j’entame mon voyage au milieu de cette magnifique journée.
– Tu as raison, avait dit Agathe au téléphone. Tu vas faire des rencontres, tu auras des surprises à chaque coin de rue. Je plains les gens qui millimètrent leurs vacances. Au moindre accroc, ils blâment le serveur pour le plat froid, ou le bagagiste qui a écorché leur beauty-case. Ah ce que j’aimerais t’accompagner. Dommage que je sois enceinte.
Je n’ai pas osé lui conseiller d’avorter. Son mari ne me l’aurait jamais pardonné. Il veut une famille nombreuse pour passer à TF1.
– Tu n’as vraiment aucune idée de ta destination ? admira-t-elle.
– Pas du tout ! Répondis-je, fière de moi. Le plaisir et l’émerveillement me retrouveront où que je sois.
À quel moment, après cette conversation, le destin a-t-il décidé de m’emmerder ? Cette fausse amie n’aurait-elle pas dû me dissuader, au lieu d’encourager ma folle équipée ? À cause d’elle, me voilà dans la panade. Elle aurait pu imaginer une rencontre avec un yeti breton, ou un mec qui vient de trucider sa famille et qui voit en moi un témoin. Pourquoi ne m’a-t-elle pas poussée à louer un bodyguard diplômé en mécanique ?
Tout à coup, je me surprends à rire à gorge déployée. Raconter ma mésaventure à Agathe serait désopilant. Elle n’en croirait pas ses oreilles, même si, à force de les laisser traîner partout, elles ont acquis une intuition infaillible.
– Dès le premier jour ? La deuxième heure ? hurlerait-elle de surprise angoissée.
Et, avec une toute petite voix, elle se féliciterait que je n’aie pas insisté pour l’entraîner avec moi. Enceinte ou pas, elle aurait fait son sac en cinq minutes, et en avant l’aventure.
Je ne lui dirai rien, tiens. Je n’ai pas envie qu’elle soit plus déçue que moi. D’autant plus que c’est son cousin de mécanicien qui m’a fait la vidange et changé les freins. « Maintenant, tu es tranquille pour six mois, d’ici là, on ne se revoit que pour boire un coup ! » qu’il avait dit en empochant mes cinq cents balles. Et qu’insinuait-il avec son coup à boire ? Encore un qui guigne mon bas du dos. Les mecs, je te jure !
Quant à Agathe, dès qu’elle serait au courant de mes déboires, elle s’empresserait de me consoler dans ses bras. Et si je me laisse aller, elle s’enhardirait et tenterait de me rouler un patin, voire une pelle profonde. Avec sa langue si bien pendue, elle chatouillerait mes amygdales, et en profiterait pour me dire qu’elle attendait ce moment depuis la primaire. Comme si j’ignorais qu’elle bavait sur mon arrière-train quand on jouait au basket, et quand elle discutait avec son cousin, derrière mon dos. Ils étaient plus proches à cause de leur attirance commune pour mon fessier que de leur sang.
Au début, je ne comprenais pas pourquoi, elle aimait rester derrière moi, pendant ls matchs. Je surveille tes arrières, répondait-elle, quand je l’exhortais à avancer. J’étais pivot, et je la voulais plus offensive, ce que l’autorisait son rôle d’ailier polyvalent. Mais elle préférait la jouer modeste, du moins avais-je cru pendant longtemps. Je parie qu’elle possède des vidéos de licking, voire de rimming. Tiens, on ne m’a jamais fait ça, est-ce que ça chatouille ?
Une fois ou deux, j’ai eu envie de lui accorder un petit séjour dans mon lit, mais la crainte qu’elle en devienne accro m’a freinée. Lui offrir un petit en-cas, pourquoi pas, mais pas un passe-droit quotidien à la cantine. La casserole, je tiens à en garder le contrôle.
Bon, cesse de bavasser avec ton double qui aurait dû décaniller avant ton adolescence. Tu ne vas jamais la sauter, alors à quoi bon en peser l’éventualité ? C’est toujours la même chose avec toi. Dès que tu as un pépin, tes pensées font la malle et gambadent partout.
Bon, revenons à nos moutons. Ou plutôt à nos boulons dont l’un, desserré, est certainement le responsable de cette galère. Ouvrir le capot ne me servira qu’à me perdre parmi les mille boulons du moteur. Lequel choisir ? Et avec quel ongle, s’il te plaît, vas-tu le serrer, si jamais tu arrives à le distinguer parmi tous les potentiels coupables ?
Pense à quelque chose d’un peu plus accessible, tu veux bien ? Le village le plus proche est-il celui que j’ai dépassé il y a une demi-heure, ou celui devant moi, à Fouillis-les oies ?
Par où commencer ? D’abord, ouvrir le capot. Tiens ! La merveilleuse idée, et pourquoi, dis ? Tu t’y connais depuis quand ? Ah oui, depuis que tu es certaine que c’est la faute au boulon !
Tes neurones paniqués ont-ils téléchargé un tuto mécano ?
Enfin, le pervers, il va me foutre la paix cinq minutes que je me penche sur mon insoluble problème ? Qu’il n’en profite quand même pas. Dans cette position, il n’a qu’à soulever le capot, enfin le couvercle, remonter la jupe, et… Merde ! Involontairement, j’en tire les pans vers le bas.
Heureusement que la voiture a eu la gentillesse de hoqueter deux ou trois fois avant d’expirer. Elle m’a donné le temps de la braquer le plus près possible du bord de la route. Au moins, je ne vais pas gêner la circulation. Quelle circulation ? La dernière demi-heure, j’ai croisé deux tracteurs, cinq ou six gros camions, dont l’un avec un chauffeur hilare qui m’a fait un drôle de signe. J’ai eu peur une seconde qu’il s’arrête et m’explique ce que son doigt insinuait.
Je décapote, examine le moteur, et finis par lui murmurer mon incapacité à lui rendre sa mobilité. La couleur du ventre mystérieux de mon carrosse oscille entre le gris sale et le noir dégueu, et ne ressemble pas à celui de la citrouille, le pépin mis à part.
Puis je capote avec regret, et retourne à mon siège. Je mets la radio, avec l’espoir de tomber sur le journal qui me signalerait mon exacte position. Si le mot miracle existe, c’est qu’il correspond à quelque chose, sinon pourquoi créer un mot pour rien ? Remarque, le mot rien définit bien quelque chose qui n’existe pas. Cela veut-il dire que rien et miracle sont synonymes ? Tu as bien mis satyre et serial killer dans la même frayeur. Bon, c’est quoi ces grésillements ? La radio se plaint de quoi ? C’est encore un rien qui se manifeste. Est-ce qu’on va venir m’aider ou dois-je tout faire moi-même encore une fois ? Enfin ! La radio daigne me susurrer une lente balade country.
J’écoute deux minutes, puis lasse de mon inertie, je me donne un coup de pied à l’aimant à phantasmes, et pars à la recherche d’une habitation, une ferme, ou une caserne. Pas ça, malheureuse ! Si tu dois te faire violenter, autant que ce soit artisanal. Une caserne, tu es folle !
Après tout, les tracteurs ne sont pas sortis de la troisième dimension. Je prends mon sac et mon smartphone. Si je ne peux appeler personne, à quoi me sert-il ? Le miracle serait qu’il se mette tout à coup à fonctionner. Son excuse : pas de réseau. Je vais t’en foutre des réseaux, moi. Des réseaux de prostitution, ainsi tu pourrais détourner l’attention des soldats de la caserne qui aimeraient mettre ma fleur au bout de leur fusil. Ou empêcher l’obsédé de s’en prendre à une innocente quidam.
Pourquoi quidam est au masculin ? Ah oui, il a perdu le « e » final. Cela signifie-t-il que monsieur a remplacé dam pour éviter aux Grecs de ne pas confondre ?
Je rebrousse chemin, et dépose téléphone et lunettes. Vivement, un petit village avec des vieux autochtones qui me montrent du doigt le garage. Je les embrasserais bien pour leur aide, mais j’ai peur de leur inoculer des idées qui feraient dérater leur cœur.
Je vais marcher comme ça, combien de temps encore ? Heureusement que le soleil est occupé à cuire un œuf sur le sable du Kalahari. Help, une chaumière, une fermette ! À défaut, un arrêt de bus, il doit bien en avoir dans le coin. Comment ils se déplacent par ici sans Uber-tracteur ?
Il me faut dix minutes de grande solitude pour me rendre compte de l’absurdité de ma démarche. Ce désert squatte même le ciel. Pas un seul oiseau, même égaré. Pourquoi on ne suit pas le conseil d’Alphonse Allais qui préconisait de déplacer les villes à la campagne ? Comme ça, tout le monde profiterait de l’air pur, et il y aurait des garages.
Depuis que ma voiture a rendu l’âme, pas un véhicule n’a vrombi sur cette route, et pas un animal ne l’a traversée. Encore un peu et je me prendrais pour une victime d’un enlèvement extraterrestre. Ils m’ont jetée sur cette planète désolée pour que je puisse la peupler. Et les gars, vous avez commis deux erreurs. Je suis lesbienne, et chez nous les humains, un mâle est requis. Nous ne sommes pas assez évolués pour féconder par parthénogenèse.
L’horizon me nargue. Il s’éloigne au fur et à mesure que j’avance. Encore dix minutes, et s’il refuse de sortir un mirage de son chapeau, je fais demi-tour.
Tiens, il fait nuit ?
Non, pire ! Le ciel s’encombre de nuages noirs menaçants. Deux petites gouttes, encore deux autres. Si je dois les compter, ça fera comme dans la chanson « des trous, encore des trous… ». Quelqu’un a poinçonné les nuages, et ils goûtent, de plus en plus. La poisse se voit en passoire.
Je marche vite, cours un peu, glisse deux fois ; mon collant, pour se décoller de moi, se garnit de trous dans les genoux. La passoire est contagieuse.
Et c’est, dégoulinante, au bord du sanglot que me découvrent deux phares. Je m’arrête, pauvre biche affolée. Contrairement aux traîtres d’en bas, le T-shirt colle à ma poitrine sous le blouson, et trahit l’absence de soutien. Histoire de faire saliver le pillard d’innocence.
À suivre