Océanne

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Summary

À dix-neuf ans, Océanne Conti s'apprête à faire sa rentrée universitaire. Son rêve ? Devenir l'esprit cybernétique de la mafia en gérant la sécurité numérique du clan de son père, le redoutable Victor « Le Requin ». Mais alors qu’elle s’imagine déjà infiltrer des bases de données criminelles depuis les amphis, son père lui impose un protocole de sécurité étouffant : l'Opération Dôme de Verre. En arrivant dans son condo, la jeune femme aux yeux bleus et cheveux châtains découvre qu'elle doit cohabiter avec deux agents d'élite qui alternent les quarts toutes les douze heures. Si Florian Samuelson se fond dans la masse universitaire, le cas de Josh Paterson est bien plus complexe. À vingt-sept ans, ce colosse possède une silhouette de char d'assaut moulée dans des sweats universitaires trois fois trop petits. Flirter avec les filles du campus fait partie intégrante de sa couverture, mais il lui suffit d'un simple regard noir pour terrifier le reste des étudiants et ruiner instantanément toute tentative d'approche autour d'Océanne. Forcé de feindre une popularité légère en public tout en maintenant une distance glaciale en privé, Josh dissimule avec de plus en plus de mal une possessivité féroce. Entre le garde du corps inflexible et la hackeuse indomptable, la guerre des nerfs est déclarée, et sous la glace, les fondations du désir commencent déjà à vaciller...

Status
Ongoing
Chapters
8
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapitre 1

Le salon des Conti baignait dans une atmosphère de départ. Entre les valises empilées et les cartons de livres, je vérifiais ma liste pour la dixième fois. Ma mère, Hop, ajustait nerveusement un énième manteau dans un sac de voyage. C’était le grand jour : mon départ pour l’université.

La porte du bureau s’ouvrit sur mon père, Victor Conti. Son pas était lourd, son visage d’un calme de marbre qui masquait mal une tension d’acier. Je sentis un frisson me traverser l’échine. Ce regard-là n’annonçait jamais une simple discussion sur mon budget d’étudiante.

— Océanne. Hop. Asseyez-vous, s’il vous plaît, dit Victor d’une voix basse, dénuée de tout espace de négociation.

Je croisai les bras, immédiatement soupçonneuse.

— Papa, si c’est pour me refaire le discours sur la sécurité de mon nouveau condo, je connais le code du système d’alarme par cœur. Et tu as promis. Pas de baby-sitter.

Victor s’appuya contre le dossier du canapé, me fixant avec cette autorité tranquille du chef de clan.

— J’ai promis, en effet. Mais les promesses ne tiennent que tant que le monde reste prévisible. Ce matin, nos analystes ont intercepté des communications cryptées sur des réseaux hautement sécurisés. La famille Volkov sait.

Le silence tomba d’un coup. Ma mère retint son souffle, posant une main protectrice sur mon bras.

— Ils savent quoi ? demandais-je, le cœur s’emballant malgré moi.

— Ils savent que ma fille aînée quitte le nid pour l’université, reprit Victor. Ils cherchent activement dans quel coin de la ville tu t’installes. Et le problème, ma chérie, c’est que le condo que j’ai acheté pour toi pour aller à cette université se trouve en plein milieu de leur territoire.

— C’est une coïncidence ! lançais-je, tentant de masquer ma panique naissante par de l’aplomb. Je ne vais pas abandonner mes études parce que des Russes en costume font une crise de paranoïa géographique !

— Tu n’abandonneras rien, trancha Victor. Mais tu n’y vivras pas seule.

Avant que je ne puisse protester, mon père fait un léger signe de tête vers le couloir. Un homme entra dans la pièce.

J’enfonçai mes ongles dans la paume de mes mains pour ne pas hurler au scandale, mais les mots se bloquèrent net dans ma gorge. Mon cerveau afficha instantanément une Erreur 404 : fonction linguistique introuvable.

Il s’appelait Josh, 27 ans. Il portait un simple t-shirt noir et un jean, mais l’étoffe semblait supplier pour sa survie face à une carrure athlétique sculptée au millimètre. Grand, doté d’épaules larges qui réduisaient l’espace vital de la pièce, il dégageait la puissance brute d’un prédateur au repos. Il avait ce genre de mâchoire carrée et de regard sombre, perçant, qui se posa sur moi. Une décharge inexplicable me traversa l’échine. C’était trop intense, presque agressif. Une impulsion violente qui me donna instantanément envie de le repousser ou de le défier. Je détestai la réaction de mon corps à la seconde même où elle se produisit.

Pendant trois secondes complètes, je restai totalement sans voix, subjuguée malgré la rage noire qui bouillonnait en moi. Puis, ma fierté reprit le dessus. Je clignai des yeux, outrée par ma propre réaction passive, et le fusillai du regard.

— C’est une blague ? la voix un peu trop aiguë. Papa, tu m’envoies à la fac ou tu me loues un mannequin de calendrier pour réparer ma plomberie ? Je refuse. C’est non. Je ne vais pas cohabiter avec l’équivalent humain d’un tank d’exposition.

Josh ne cilla pas. Ses yeux sombres descendirent lentement le long de ma silhouette, s’arrêtant un quart de seconde sur mes lèvres, avant de remonter ancrer mon regard. Un micro-sourire presque invisible flotta au coin de ses lèvres, teinté d’un défi purement arrogant qui me fit bouillir le sang.

— Tu peux contester le modèle, Océanne, dit Victor d’un ton glacial et d’une sérénité absolue. Tu peux contester la couleur. Mais la décision est prise.

On ne négociait pas avec Victor Conti. On n’argumentait pas avec lui. Quand le chef de famille décrétat une mesure de guerre, la démocratie quittait la pièce.

Ma mère jeta un coup d’œil à Josh, puis à moi, et murmura avec un brin d’ironie :

— Bon… Au moins, s’il doit bloquer les balles, il bloquera aussi la vue des autres garçons. Ça soulagera ton père.

Une heure plus tard, les monumentales grilles en fer forgé du domaine de mon père se dressaient encore devant nous, mais à l’intérieur de l’habitacle, l’air était devenu d’une lourdeur suffocante. Le coffre de ma nouvelle berline allemande, un monstre de technologie flambant neuf que mon père m’avait « généreusement » offert pour sceller ma perte de liberté, venait de se refermer dans un claquement feutré, presque hautain.

Je lissai ma veste, ajustai mes lunettes de soleil d’un geste théâtral et jetai un coup d’œil satisfait au tableau de bord digital avant de me tourner vers mon passager clandestin. Son parfum — un mélange de cèdre et de cuir — envahissait l’espace, m’irritant autant qu’il captait mon attention malgré moi.

— Bon, le colis est sanglé, lançais-je. Je te préviens, Josh : si tes valises égratignent le cuir beige de mon père, c’est toi qui gères sa crise cardiaque. Et crois-moi, il tient plus à ses options de massage intégrées qu’à ma propre santé mentale.

J’enfonçai le bouton de démarrage. Le moteur propagea instantanément un ronronnement digne d’un fauve en cage. Je lâchai le frein et la berline s’élança sur la longue allée pavée qui menait à la sortie du manoir.

À mes côtés, Josh restait assis bien droit, rigide comme un piquet. Son calme olympien m’exaspérait déjà. Mon père m’avait imposé ce type que je connaissais à peine comme colocataire et partenaire d’études. Je sentais la masse de sa présence sur ma droite, lourde, dérangeante, alors même qu’il fixait obstinément le pare-brise.