Prologue
Dans une ville où tout semblait bouger sans jamais s’arrêter, même la nuit, les lumières restaient allumées comme si elles refusaient de dormir. Les rues étaient toujours pleines, les bus toujours bondés, et les voix se mélangeaient dans un bruit constant qui donnait à la ville une sorte de respiration permanente. Au centre de tout cela se trouvait un grand lycée public que tout le monde appelait simplement l’école City. C’était là que presque tous les jeunes du quartier passaient, un endroit où les histoires naissaient vite, parfois trop vite.
Dans cet établissement, un groupe de seconde attirait naturellement l’attention. Ils étaient ensemble depuis la 4e, inséparables au point que même les professeurs avaient fini par les considérer comme une seule unité.
Charlotte était la plus intelligente du groupe. Elle corrigeait tout le monde sans même s’en rendre compte, parfois même les professeurs, avec une précision qui mettait les autres dans des situations gênantes, mais jamais méchamment.
Théo, lui, était le plus drôle. Il trouvait toujours un moyen de transformer une situation normale en scène comique, et dès qu’il entendait de la musique, il devenait incapable de rester immobile, comme si son corps avait son propre langage.
Audrey avait ce rôle particulier de “diva” du groupe. Elle se plaignait souvent, soupirait beaucoup, levait les yeux au ciel pour un rien, mais derrière cette façade, elle avait un cœur bien plus tendre qu’elle ne voulait l’admettre.
Ben était le plus discret. Timide, souvent en retrait, il parlait peu, mais avec eux il se sentait étrangement à sa place, comme si le silence n’était plus un problème.
Mason était considéré comme le plus beau du lycée. Beaucoup de filles le regardaient passer, chuchotaient sur lui dans les couloirs, mais il restait simple, sans arrogance, presque détaché de tout ce bruit autour de lui.
Et enfin Evelyn. Douce, attentive, toujours curieuse. Elle posait des questions que personne n’avait pensé à poser, parfois au mauvais moment, mais souvent exactement au bon.
Ce jour-là , ils étaient assis dans la cour de récréation, sous un arbre, profitant d’un moment tranquille au milieu du chaos de l’école. Autour d’eux, les élèves couraient, riaient, criaient, comme dans n’importe quelle journée normale à l’école City.
Théo faisait tourner une bouteille vide sur le sol avec son pied, concentré comme s’il s’agissait d’un défi important.
— Franchement, si je rate ma vie, je deviens danseur professionnel dans les couloirs du lycée, lança-t-il en souriant. C’est un talent sous-estimé.
Audrey soupira immédiatement, sans même le regarder.
— Oui bien sûr… et après tu vas casser quelque chose et on va tous être convoqués parce que monsieur “talent caché” n’a pas su rester calme cinq minutes.
Théo leva les yeux au ciel, faussement choqué.
— Toujours dans la négativité, Audrey. C’est pour ça que tu n’as pas encore gagné un Oscar de la bonne humeur.
Audrey se tourna vers lui avec un regard glacé.
— Et toi, tu n’as pas encore gagné un prix Nobel de silence.
Charlotte, qui lisait quelque chose sur son téléphone, intervint sans lever les yeux.
— D’ailleurs, techniquement, un Oscar récompense le cinéma, pas la bonne humeur.
Théo la regarda comme s’il venait d’être trahi.
— Voilà . Merci, madame Wikipédia.
— C’est Charlotte, pas Wikipédia, répondit-elle calmement.
Ben, assis un peu en arrière, laissa échapper un petit rire discret sans oser s’imposer dans la conversation. Evelyn, elle, le remarqua immédiatement.
— T’as l’air fatigué aujourd’hui, dit-elle doucement.
Ben haussa légèrement les épaules.
— Non… juste tranquille.
Mason, adossé au banc, observait les gens passer sans vraiment y prêter attention. Les regards se posaient sur lui, mais il ne semblait pas les remarquer, ou faire semblant de ne pas les remarquer.
Audrey le regarda avec curiosité.
— Sérieusement, Mason, ça te fait quoi d’être regardé comme une star tout le temps ?
Il répondit sans détourner le regard.
— Honnêtement ? J’y pense même pas.
Théo éclata de rire.
— Mensonge. Il a déjà signé des autographes dans sa tête ce matin.
Mason sourit légèrement.
— Faux. J’ai refusé trois interviews imaginaires.
Audrey secoua la tête, mi-amusée mi-exaspérée.
— Vous êtes tous fatigants.
Evelyn observa le groupe avec un petit sourire.
— J’ai l’impression que cette année va passer trop vite.
Charlotte referma son téléphone.
— Statistiquement, toutes les années passent à la même vitesse.
Audrey poussa un soupir.
— Charlotte, laisse-nous au moins croire qu’on vit des choses importantes.
Théo se redressa soudainement, comme traversé par une idée.
— Question importante. Si on devait survivre à une apocalypse, qui meurt en premier ?
Un silence immédiat s’installa.
Audrey le regarda sans cligner des yeux.
— Toi.
Ben murmura doucement :
— Je pense qu’on devrait éviter de tester ça…
Mason ajouta calmement :
— Je propose déjà de survivre au prochain contrôle de maths avant de parler d’apocalypse.
Charlotte acquiesça.
— Priorité logique.
Théo leva les bras.
— Vous êtes tous contre moi, c’est officiel.
Et malgré les réponses, ils rirent ensemble. C’était simple, naturel, comme toujours. Un groupe solide, presque inséparable, comme si rien ne pouvait vraiment les atteindre.
Pourtant, à l’extérieur de cette cour, dans une autre partie de la ville, quelque chose commençait déjà à se déplacer. Quelque chose d’invisible, encore silencieux, mais qui n’attendait qu’un moment précis pour entrer dans leurs vies.
Et eux, sans le savoir, continuaient de rire comme si le monde allait toujours rester le mĂŞme.









J'ai accroché dès le premier paragraphe. J'aime l'humour qu'il contient. Une dose maîtrisée. Je pensais décrocher au moment des présentations mais j'ai tenue bon avec la promesse de la couverture. C'est un beau chapitre. Toutes mes félicitations