Le Sang du Prince

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Summary

Milenko souffre d'étranges symptômes de soif intense et non rassasiable à chaque fois qu'elle se trouve seule avec le prince des elfes, Aignan. Que lui arrive-t-il? Tiraillée par l'envie de le toucher et le dévorer, elle combat une affection grandissante et douloureuse. Pourquoi se sent elle si frustrée en sa présence? Un vampire peut-il boire un sang autre qu'humain? Quels sont les risques de cet amour inévitable? - Aignan... J'ai tellement soif.

Status
Ongoing
Chapters
29
Rating
4.6 18 reviews
Age Rating
18+

Prologue

Le clair de lune traversait le verre de la fenêtre et venait se refléter sur les longs cheveux d’argent d’Aignan. Il était d’une beauté divine, une créature mythologique dont le charme me plongeait dans une transe sans nom. La brise et le parfum de la nuit d’automne se répandaient dans la pièce se mélangeant à son odeur enivrante. Sa peau pâle semblait briller dans l’obscurité de sa chambre, mettant en valeur le bleu clair et profond de ses yeux et ses joues rougis par l’effort et le plaisir. Ses seins nus se soulevaient et se baissaient au rythme saccadé de sa respiration, exposant ses tétons enflés et rougis par mes baisers et mes morsures. Il était allongé sur le dos, les bras de part et d’autre de sa tête et me fixait d’un regard embrumé par le désir. Il était fragile, beau, sublime et il me montrait une partie de lui à laquelle moi seule avait accès.

Tous mes sens se régalaient. J’humais la senteur délicieuse qui s’émanait de nos ébats, tandis que mes yeux contemplaient le chef-d’œuvre qu’il était. Les gémissements et soupirs qu’il ne parvenait pas à contenir résonnaient tel un écho qui se perdait dans les tréfonds de mon âme. Mes mains posées sur ses hanches, caressaient sa peau de soie et provoquaient dangereusement le pli de ses cuisses. Quant à mes lèvres, elles avaient goûté presque l’entièreté de son corps dénudé, laissant des marques ici et là telle une bête sauvage le ferait pour indiquer son territoire.

Le voir ainsi à ma merci me rendait folle. Il tremblait et attendait patiemment que je lui offre à la fois le soulagement ultime et la torture de la langueur. Il voulait le céleste et l’infernal et je pouvais lui donner les deux, alors pourquoi choisir ? A califourchon sur lui, je me suis redressée pour lui embrasser une dernière fois le front avant de ne m’attaquer à la source de ses maux mais j’ai vite été rattrapée par la réalité.

-M-Milenko…

Sa voix avinée me fit perdre le peu de raison et de contrôle que j’avais réussi à maintenir jusque-là.

-Fais-le…

J’étais presque tétanisée, mais il avait raison. Nous devions essayer. Je fixais son cou dégagé et mes crocs ont poussé. Je rêvais de ça depuis des semaines, de les planter dans sa chair et me délecter de son sang comme s’il s’agissait d’un nectar de vie. Je l’ai fait. Brutalement.

-Mmph !

La sensation de déchirure et de chaleur était addictive et bientôt… le rouge se propageait sur mes dents, mon menton, dans ma bouche et ma gorge. Ses doigts se glissèrent dans ma chevelure épaisse alors que les effets de ma salive commençaient à faire effet. Ses muscles se sont détendus, sa peau se réchauffa et il se colla à moi autant qu’il le pouvait. Mon corps fut secoué de spasmes violents tandis que je m’accrochais désespérément à lui. Je fus prise d’un plaisir intense, comme si son sang était un mélange d’ecstasy et d’héroïne, une euphorie sans pareil sur laquelle je n’avais plus le pouvoir.

Je commençai à regretter mon choix. Son sang m’avait rendu folle, obsédée et dépendante en une fois seulement. J’avais envie de hurler et de tout casser, de m’arracher la peau et d’en boire des litres, et des litres, et des litres… Le vider entièrement, me baigner dans cette mer écarlate et y mourir. Je commençai à haleter. Je crois avoir senti Aignan se détacher difficilement de mon emprise. Lorsqu’il vit mon état, j’ai reconnu sur son visage de l’inquiétude, du regret… et de la peur. Je savais que je n’étais pas encore perdue, si j’avais voulu l’emprisonner dans mon étreinte, jamais il n’aurait pu s’en dégager, mais ma volonté, et ma conscience même s’envolaient. Il se rhabilla à la hâte et me fit enfiler une robe puis il quitta la chambre en criant à l’aide.

La seule chose dont je me souviens par la suite, c’est des bras qui tentaient de me calmer tandis que je rugissais et me débattais violemment. Des dizaines. Mais ma force avait été entièrement libérée et seuls mes parents réussirent plus ou moins à m’immobiliser. Tout le monde avait l’air horrifié face à la scène qui s’offrait à eux mais une chose seulement parmi toutes les exclamations et les instructions paniquées de mes géniteurs, retenu réellement mon attention. Ils étaient lointains et étouffés, mais je pouvais les entendre. Les pleurs d’Aignan.

Je trouvais la mort pendant l’acte poétique en un sens. Et si je devais m’éteindre de la sorte, j’étais ravie d’avoir passé mes derniers instants dans les bras de Mon Amour.