Chapitre 1
La salle d’autopsie n°3 sentait la viande froide et le désinfectant industriel. Hélène Vallier poussa la porte d’un coup d’épaule, comme elle le faisait depuis douze ans. Le néon grésilla, projetant une lumière blanche, impitoyable, sur le drap qui recouvrait le corps.
Elle n’avait pas allumé le dictaphone. Pas encore.
Ses gants en nitrile claquèrent quand elle les enfila. Ses mains tremblaient à peine. Juste assez pour qu’elle le remarque.
Le technicien de garde avait laissé un Post-it sur le chariot :
« Homme – 28 ans – Pendaison apparente – 23 h 47 – Pas d’ID formelle. »
Hélène arracha le papier et le froissa dans son poing. Elle connaissait déjà l’identité. Elle l’avait sue à la seconde où le téléphone avait sonné chez elle, à 1 h 12 du matin. La voix du commissaire avait été neutre : « On a besoin de toi, Hélène. C’est… particulier. »
Elle tira le drap d’un geste sec.
Maxence était là.
Nu, livide, la peau marbrée de violet aux épaules et aux fesses. La corde avait laissé un sillon violacé, presque noir, qui lui cisaillait le cou sur presque 360 degrés. La langue, gonflée, dépassait légèrement entre les lèvres bleuâtres, comme une limace obscène. Un filet de sang séché partait de la narine gauche et avait coulé jusqu’à l’oreille, formant une petite croûte brillante sous la lumière crue.








