Bad girl, Bad cop...
Lorsque son smartphone sonna bruyamment à répétition, Kira se réveilla en sursaut de son lit, le souffle rapide, le cœur battant la chamade tandis que son corps transpirait abondamment, dégoulinante de sueur à la suite de tous ces horribles cauchemars qui hantaient chacune de ses nuits depuis qu’elle était une enfant.
Aux environs de 7 heures du matin, l’aube rougeoyante s’apercevait timidement au loin dans l’horizon de Darkwood City, état de New York. Surnommée « l’empire du mal » suite au taux de criminalité bien trop élevé pour cette ville de 450 000 habitants, un meurtre avait lieu approximativement toutes les deux minutes sans épargner qui que ce soit, sans aucun doute que le diable lui-même qui œuvrait en plein cœur de ces putains de rues.
En cette matinée pourtant radieuse et lumineuse, Kira Ishikawa, inspectrice de police, entendait clairement le doux son du chœur de l’aube des merles noirs qui pullulaient en masse, des klaxons incessants des voitures agglutinées dans les blocs bouchonnées de cette cité industrielle Américaine moyenne, des horreurs qui malheureusement se déroulaient en ville jours après jours sous les yeux des citoyens mécontents qui tentaient difficilement d’endiguer cette marée de violence et d’injustice.

(Darkwood City sous le smog omniprésent)
Après avoir bu son savoureux thé Oolong et avoir balancé au loin le mégot de sa clope depuis le balcon de son appartement qu’elle louait depuis plusieurs années, la jeune policière âgée de la trentaine vint se placer devant le miroir de sa modeste salle de bain, vêtue uniquement d’un simple débardeur qui embrassait les formes de son corps aux courbes délicieusement généreuses sculptées par des années intensives de sport et d’interventions au sein des forces de police. Laissant l’eau froide du robinet couler à flot, Kira dans sa petite petite tenue y plongea sans hésiter sa tête blonde à maintes reprises pour se réveiller et d’être de bon matin avant de partir sous une douche chaude et fumante, moment de détente solennelle avant de se préparer pour le service de nuit de son boulot...
L’eau qui jaillissait du pommeau suivait les courbes arrondies et musclées de Kira en train de savonner son corps, frottant pour bien se décrasser et faire enfin peau neuve. Musclée telle une athlète comme ces filles que l’on voyait souvent sur les réseaux sociaux, se filmant en bikini à faire du soulevé de fonte, forte, galbée et déterminée, voici la silhouette que cette dernière affichait face aux yeux du monde, une femme que rien ne semblait pouvoir stopper dans sa lancée. Avant de s’observer une dernière fois dans le miroir lorsque la douche fut enfin terminée, la policière scrutait de la tête aux pieds toutes les cicatrices présentent dans sa chair sur l’ensemble de son corps. Kira était à elle seule une cicatrice vivante gravée au couteau, marques de son passé tumultueux qui jamais ne parviendrait à s’effacer au fil des ans, gravé dans sa chair comme dans son âme. Transperçant son épiderme s’y trouvaient de nombreux piercings localisés dans ses parties intimes, ainsi que sur son dos en V, un immense tatouage aussi tribal qu’organique s’étendant de la nuque jusqu’au niveau de ses fesses bombées dites « bubble butt », symbolisait une forme totémique primitive aux formes agressives, créant une impression de puissance parfaitement symétrique. Les pointes dépassant de ses trapèzes, de ses hanches, les cicatrices et sans oublier cet aspect fatigué inscrit sur le visage de la jeune trentenaire indiquait clairement que sa vie ne semblait pas être de tout repos...

(Sgt. Kira Ishikawa du SCD)
Une fois parfumée de son Dior et modestement habillée d’un style « urban sexy badass » dans lequel sa séduction était présente et fortement assumée, Kira, au travers de ses yeux vairons comme reflet dans la vitre de sa salle de bain, secoua sa tignasse blonde tombant jusqu’au cou de quelques mouvement de va et vient avant de quitter d’un pas vif son doux foyer situé au sixième étage de son immeuble. Vivant dans la zone périphérique de Darkwood, Ishikawa n’avait que quelques pas à faire pour aller directement à sa voiture garée dans le parking privé de son bâtiment, il s’agissait de la mythique et classique Ford Crown Victoria noire de 2005, banalisée et équipée de tout ce dont cette détective atypique avait besoin lors de ses patrouilles et missions d’intervention.
Une fois confortablement installée, Kira enclencha le contact puis décida de se lancer sur la route pour rejoindre son lieu de travail en ce début de journée, respectant tant bien que mal le code de la route qu’elle imposait aux autres...
Roulant droit devant devant elle pour rejoindre le commissariat central de la police de Darkwood, plus principalement les locaux de la division d’élite de la ville, le S.C.D. (Special Crime Division), une équipe spéciale d’investigation où les affaires impossibles atterrissaient, celles que la police métropolitaine refusait de toucher. Kira y travaillait depuis des années, inspecteur d’élite au grade de sergente parmi les meilleurs enquêteurs de la ville, une équipe dont cette dernière en faisait partie depuis de nombreuses années, la meilleure division d’enquêteurs de la ville. Chaque affaire que Kira résolvait gonflait sa réputation. Le taux d’élucidation de celle-ci écrasait celui de tous ses collègues. Affûtée, concentrée et méchamment dangereuse, Kira Ishikawa était la définition même d’une flic à toute épreuve.
Allumant son poste de radio, la jeune femme Américaine d’origine Japonaise tomba sur les dernières infos en cours de route.
« Vous êtes en direct sur Darkwood Radio 11,9, avec les nouvelles fraîches de Lisa. Bonjour à tous, ravie de vous retrouver pour cette matinale en direct de nos locaux. Depuis le décès du sénateur Thomas Higgins, il y a six mois, son opposant, le second sénateur et maire de Darkwood City, Robert Eversman, approche de la fin de son mandat. Ses récentes prises de position, notamment concernant la hausse du pouvoir d’achat, et son vœu le plus cher de restaurer l’ordre et la sécurité au cœur de la ville suscitent la réflexion chez de nombreux électeurs. Certains se demandent s’il ne serait pas opportun de lui permettre exceptionnellement de se représenter. Le sénateur à déclaré je cite : "Si le poste de sénateur me revient une seconde fois, la criminalité de cet État, et surtout de notre ville bien-aimée, baissera de 15 % en un an. Je m’engage personnellement à éradiquer ce fléau qu’est le trafic d’armes, de drogues et de prostitution qui gangrène notre magnifique cité, malheureusement en proie aux vices et à la dépravation."
C’était Robert Eversman, le maire de Darkwood City visiblement déterminé à redonner espoir à ses concitoyens. Ce sera tout pour l’instant, dès que nous aurons plus d’informations, nous vous tiendrons informés.
Par ailleurs, depuis plusieurs mois, la police métropolitaine et les inspecteurs de l’unité S.C.D. traquent sans relâche un gang responsable de multiples enlèvements. Selon certaines sources, des jeunes mineures nord-coréennes ayant fui le régime totalitaire de Kim Jong-Un, auraient été vendues comme prostituées dans différentes régions du pays. L’un des réseaux aurait opéré à Darkwood City, tristement réputée pour ses repaires de gangs mafieux et sa pègre...»
Kira, agacée de ces maudites nouvelles préféra couper net la radio et enclencher son lecteur CD pour laisser la musique engagée de N.W.A « Findum, Fuckum And Flee » l’emporter jusqu’à son lieu de travail et lui faire oublier quelques instant les tracas de la vie.
Policière chevronnée depuis presque 10 ans, Ishikawa commença à l’académie de Darkwood avant d’obtenir son diplôme et d’exercer ses fonctions d’officier de police. Par la suite, Kira fut chaudement recommandée pour le SCD en tant que détective galonnée dans cette division de super policiers qui avaient fermement besoin de ses capacités hors du commun. Après avoir obtenue le grade de sergente il y a près de 3 ans, la jeune femme était aujourd’hui l’un des éléments phare de son unité grâce à ses méthodes et procédés efficaces pour mettre des bâtons dans les roues de la pègre et surtout des malfrats. Pourtant consciente du danger, ayant sa tête sur ses épaules, cette jeune femme métisse Américano-Nipponne savait qu’à tout moment le moindre faux pas pouvait lui être fatal…
Kira entra dans le majestueux bâtiment de la ville, ancien musée converti en service central pour les forces de police de la ville, le commissariat du DCPD, situé en plein cœur de cette mégalopole semblable à New-York, Chigago et Los Angeles. Rejoignant son bureau pour la journée, Kira se devait en tant que policière d’exception de faire appliquer la loi comme il se devait, d’accomplir avec brio les tâches qui lui étaient imposées par sa hiérarchie en plus des enquêtes, et de tout ce dont elle avait la charge, veiller au bien-être de la population en la protégeant d’elle-même. Comptant une vingtaine d’agents surentraînés ayant chacun son rôle à jouer pour œuvrer à faire le bien dans la ville gangrenée par la pègre, le SCD, unité d’élite de la police en étroite collaboration avec le FBI était dirigé par le commandant et Capitaine James Bolton, secondé par le lieutenant Linda Gershon qui dirigeait les équipes ainsi que les policiers en uniformes par moments pour prêter main forte. Épaulée par le FBI lors de certaines opération qui nécessitaient une présence autant qu’un appui fédéral officiel, la division spéciale faisait du résultat en plus de la qualité envers les habitants de Darkwood. Le sénateur et maire Eversman comptait dessus pour lui permettre d’atteindre son objectif électoral, éradiquer la merde de cette foutue ville…
Kira avait son gobelet de café fumant en main, sa clope au bec, son blouson d’aviateur Schott NYC emblématique usé sur les épaules pendant qu’elle rejoignait son bloc où son bureau s’y trouvait. Tombant lourdement sur son siège, la policière avait des revues de presse épinglées sur le mur acclamant ses exploits sur diverses affaires qui avaient fait la une des news de cette mégalopole tentaculaire. Son téléphone à portée de main, cette dernière avait un épais dossier qu’elle feuilletait sur le foutoir qu’était son lieu de travail, une affaire de disparition de jeunes filles venues de Corée du Nord dont elle avait pour mission de retrouver dans un court laps de temps. C’est ainsi que la journée continua, après avoir vaqué à ses obligations professionnelles dans les rues de la ville, la nuit tomba brusquement lorsque les réverbères et flots de lumières mouvantes dans la ville apparurent. Animal nocturne de nature, Kira scrutait la rue à bord de sa voiture banalisée, observant et analysant la foule qui à ses yeux gangrenait cette citée similaire à feu Sodome ou Gomorrhe, violence, dépravation et chaos. S’engageant dans un parking souterrain après un coup de fil reçu quelques minutes auparavant pour indiquer le lieu et heure du rendez-vous, Kira agissait calmement, faisant preuve de sang froid durant ses opérations en sous-marin, là où un échange allait avoir lieu d’ici peu en toute discrétion.
Au loin, un van noir usé avec deux hommes asiatiques était garé dans un coin à l’abri des curieux. Fumant leurs clopes dans l’attente de la venue de Kira, les deux voyous virent la Ford de Ishikawa se garer avant qu’elle ne sorte de son véhicule et ne s’approche d’eux calmement.
- Nihao !!! Lança-t-elle d’un ton jovial.
- Quoi ? Demanda l’un d’entre eux, étonné de cette entrée particulière.
- « Nihao » ça veut dire « ça va les mecs » ?! Alors, ça va les petits mecs ?
- C’est bon, on avait pigé.... Répondit le second comprenant le fait qu’ils avaient affaire à une rigolote.
Kira sortit de sa poche plusieurs cartes de crédit qui semblaient être volées.
- Deux ou trois cartes bancaire que j’ai chouré y a 10 minutes ! Vous en voulez ? Y a de quoi te faire un peu du fric dans les 30 minutes avant oppositions. Un peu de shopping pour vous gonzesses histoire de bouffer de la chatte juteuse ce soir ! non ?!
- Tu crois qu’on a que ça à foutre ? Bon t’as la dope avec toi ou pas ?! Ajouta le meneur de l’échange jetant au loin son mégot.
- Oh oui pardon ! Bien sûr que je l’ai !
La policière sous couverture ouvrit le siège de la banquette arrière de sa voiture et sortit plusieurs sachets de poudre blanche, ce qui semblait être de l’héroïne.
- Et voici pour messieurs, les sachets d’héroïne pure demandés.
- C’est quoi cette connerie ? Demanda le plus petit des deux hommes. On en voulait 25 kilos, pas 25 grammes putain de merde !!! T’essaies de nous entuber ou quoi ?
- EH, relax zébulon, pas de quoi flipper !!! Dit Kira tentant d’apaiser ses clients visiblement à cran. De nos jours, obtenir de la dure à Darkwood, c’est presque mission impossible !!! Toutes les dopes ont été saisies par le SCD. Celle là vient d’Asie genre Laos ou Birmanie ! Ou peut-être même du patelin de votre Mama-san?
Après avoir goûté le contenu, le plus grand et massif des deux acolytes se dressa face à Kira, perdant patience.
- C’est quoi cette merde ?! C’est même pas de la pure !!!!
- Ah ?! Bon ben c’est pas grave, on va pas en chier une pendule ! Prenez les cartes et le fusil Spas-12 sous le siège de ma caisse, y a de quoi en tirer 2000 Dollars facile !
Pris de colère, le petit malfrat haussa tout d’un coup le ton de sa voix.
- CONNASSE !!! J’AI UN PUTAIN D’ARSENAL À 10 000 DOLLARS DANS MON VAN ! SI ON VEUT TON MATOS DE MERDE ON TE LE PIQUE !!! Lui lança-t-il en sortant son revolver chromé de son pantalon.
Gardant son calme, Kira tenta de calmer le jeu du mieux qu’elle pouvait.
- Hola, cool les mecs, vous énervez pas...
- « Nihao », c’est du mandarin salope, c’est insultant pour un Coréen !!! Par ailleurs, on te connaît que depuis deux semaines et t’as tout sauf la gueule d’une dealeuse !!! Tu sais qui on est nous putain ?!
- Ouais, deux tarlouzes de niakwés qui cherchent de la pure avant d’aller de se goinfrer de Bibimbap au kimchi !
Violemment, le petit malfrat frappa d’un coup de pied fulgurant bien placé le ventre de Kira qui fut projetée au sol avant de se faire ruer de coup à terre par ces deux-là qui n’y allèrent pas de main morte.
- « Ça va »? SALOPE !!! Jura celui-ci en lui assénant un violent crochet au visage, l’assommant instantanément sur le sol glacé...
Kira fut soulevée, encore dans les vapes avant d’être par la suite plaquée contre le van noir avant de recevoir une fois encore un coup de pied qui la fit tomber de nouveau face contre terre, lui laissant une seconde cruciale pour y placer furtivement sous le pare-choc un émetteur de géolocalisation pour activer le système de triangulation.
- PUTAIN FILE TES CLÉS !!! Vociféra le plus agressif des deux tout en lui dérobant ses clés de voiture avant de lui placer sans état d’âme un dernier coup de savate dans le ventre à la jeune femme prostrée, le visage en sang et recroquevillée. « Nihao » CONNASSE !!!
Kira fut laissée là, gisante sur le béton pendant que les deux loustics prenaient la tangente, dont l’un avec sa bagnole de flic en civile qui disparut au loin sous ses yeux tandis que les véhicules quittèrent rapidement le parking. Sonnée et reprenant difficilement son souffle, la policière blessée se releva sur ses deux jambes flageolantes avant de cracher un mélange de sang et de salive qui forma un long filet visqueux lorsqu’il sortit de sa bouche tuméfiée... La policière titubant en direction de la sortie principale sortit de sa poche arrière de son pantalon cargo son smartphone pour activer le système de triangulation et ainsi trouver le signal de l’émetteur dissimulé secrètement lors de l’altercation.
Lorsque le système parvint enfin à localiser le véhicule ciblé,
Kira marcha sans se presser jusqu’au lieux indiqués tout en fumant clopes sur clopes, scrollant en même temps sur son phone dernière génération.
Déboulant dans une banlieue pavillonnaire déserte en cette soirée tardive, Ishikawa retrouva plus loin sa Ford aux côtés du fourgon noir Chevrolet devant ce qu’il semblait être une maison made in USA quelque peu délabrée, ornée de néons grésillant comme pour attirer son attention au cœur cette rue calme, bien trop calme. Se faufilant discrètement vers son véhicule dérobé, la jeune femme ouvrit une petite trappe à l’arrière de la voiture banalisée dont elle seule connaissait l’existence pour y sortir un gilet pare-balle avec marqué dessus « POLICE », son insigne, ses deux armes à feu réglementaires dont son Glock 26 de cinquième génération dans son holster d’épaule en cuir ainsi que son Glock 43 de secours «back-up » calé à sa cheville en cas de dernier recours. Armée jusqu’aux dents et prête à en découdre, la détective aguerrie referma délicatement sa trappe pour n’émettre aucun son avant de pénétrer discrètement les lieux, l’arme au poing avec la sécurité enlevée et son index sur la gâchette, déterminée à cracher toutes les flammes de l’enfer sur ces mecs, avec ou sans l’aval de sa hiérarchie. Kira pensait aux gamines séquestrées, il fallait donc agir vite.
La policière furtive gravit les marches à pas de louve, déboulant sur le perron de la porte principale tout en inspectant autour d’elle, respectant les procédures de police qu’elle avait acquise tout au long de sa carrière.
Sachant qu’elle devait intervenir tout de suite, Kira leva ses yeux vers le ciel, inspira profondément, puis enfonça brutalement d’un coup sec la porte qui fit sauter les charnières délabrées. La policière tomba nez à nez avec l’un des deux malfrats et appuya sans hésiter sur la détente de son arme à feu, lui expédiant une bastos qui lui éclata la tête instantanément avant de tirer une suivante dans la tête d’un autre homme qui était en train de jouer aux jeux vidéos non loin derrière lui, son casque sur les oreilles sans se rendre compte de l’assaut en cours. Les autres membres présents furent alertés et foncèrent droit au feu, parés à faire un massacre sur celui ou celle qui viendrait les faire chier !
Dans le feu de l’action, Kira aperçut les autres membres du groupe arriver droit sur elle pour l’expédier six pieds sous terre...
Cherchant le contact pour les confronter au corps à corps, Kira tira avec précision en position de tir CAR avant d’enchaîner un terrible coup de pied latéral dans la tête du premier bougre face à elle qui virevolta dans les airs avant de s’écraser sur la table basse en verre, pulvérisée en mille morceaux avec lui dedans. Lorsque le second lascar tenta de la planter avec son cran d’arrêt, Kira le bloqua in extremis à l’aide d’une clé de bras efficace, le saisissant fermement pour directement lui ôter sa lame des mains avant de lui briser l’articulation et de le terminer d’un direct dans les chicots dans l’unique but qu’il s’écroule à terre, complètement out.
Kira reçut sans s’y attendre l’impact détonant d’une cartouche de calibre 12 en plein sur le kevlar de son gilet qui la propulsa violemment contre le mur. Sonnée et peinant à se remettre sur ses jambes, son assaillant voulu tirer une seconde salve mais son fusil à pompe s’enraya au moment du va et vient de sa recharge, offrant sans le vouloir un court laps de temps à Kira pour réagir et se sortir de là. Ishikawa agrippa à deux mains le fusil en une fraction de secondes, le retournant contre lui lorsqu’elle arracha d’un coup sec la cartouche coincée dans le magasin tubulaire pour faire feu une seconde fois. Le coup de feu balancé transforma la tête de son agresseur en une steak haché qui gicla sur elle ainsi que sur le décorum de la baraque transformée en zone de guerre, l’exécutant sur le coup avant même qu’il ne tombe sur la moquette rougie par le sang et les petits éclats de chair et d’os...
La force de pénétration de la cartouche de fusil que Kira avait reçu en plein dans les côtes allait lui laisser un énorme bleu, mais un hématome lui permettrait de rester vivante grâce à la robustesse de l’équipement tactique sur son dos.
Reprenant son arme de service, Kira savait que la maison était nettoyée et qu’il n’y avait plus le moindre danger pour elle. Rengainant son arme dans son étui d’épaule, la jeune trentenaire couverte de sang commença l’inspection des lieux par le biais de son intervention musclée.
Bien avant ça, la flic dure à cuire fut interpellée par les rails de cocaïne pure présents sur le comptoir du bar, décidant sans attendre d’en sniffer un ou deux avant de poursuivre son activité hors du protocole cité dans les manuels de police, et peu importe des conséquences. Inspirant dans sa cavité nasale la substance poudreuse illicite, Ishikawa s’envoya le tout fortement juste avant de se frotter le nez pour enlever les traces blanchâtres présentes sur sa narine, descendant dans la seconde suivante une bouteille de Bourbon entamée, contenant juste un fond, assez pour elle pour l’avaler cul-sec avant de la jeter dans la poubelle. Constatant malgré sa prise de drogue que tout autour l’intérieur de cette maison servait de dépôt d’armes, ces hommes asiatiques et tatoués devaient faire tous partie des Triades Chinoises Sun Yee On, originaire de la ville de Hong Kong.
Reprenant ses esprit, la jeune femme alla en direction de la chambre à coucher et aperçut à sa grande surprise des caméra sur trépieds, des stimulants sexuels, du poppers, des pilules de MDMA et des gels de lumières aussi denses que colorés, faisant ressembler les lieux à une salle de tournage pour le compte de la pornographie clandestine. Sur le lit se trouvait une bâche plastique couverte de sécrétions séchées ainsi que des menottes aux pieds des barreaux du grabat utilisés de nombreuses fois auparavant. Kira entra et contempla avec horreur l’innommable devant elle.
Les filles kidnappées étaient là, ligotées les unes auprès des autres à même le lino dégueulasse dans cette cave sordide, plusieurs seaux étaient posés là, l’un contenait de l’urine et des excréments, quant à l’autre, il était quasiment rempli à ras bord de vomis mélangé à du sang dont une odeur indicible s’y émanait, une effluve de charogne pendant que leurs corps frêles commençaient l’étape de décomposition… Cela faisait un moment qu’elles avaient été laissées là à pourrir, amaigries, dénudées et tuméfiées. Ces salopards leur avaient fait subir ni plus ni moins que l’enfer sur terre. Kira était arrivée trop tard, contemplant cette horreur, là, juste sous son nez.
Une heure passa après que les mineures Coréennes furent retrouvées mortes, la police, la presse et les secours arrivèrent dans un périmètre encadré qui fut aussitôt bouclé et quadrillé par les forces métropolitaine de la ville. Une Cadillac appartenant au chef Bolton, Commandant de la brigade du SCD arriva sur les lieux tandis que Kira se faisait soigner ses blessures superficielles par l’ambulancier, prête à quitter les lieux aussi vite que possible pour ne pas attirer la foule sur elle, et surtout, ne pas à avoir à faire à son supérieur dont ce dernier la détestait à cause de ses méthodes expéditives en plus de son attitude parfois bravache...
Les policiers en uniformes bloquaient le périmètre de délimitation pour les civils et les journalistes des bandes jaunes « POLICE DO NOT CROSS » afin de laisser les agents forensique travailler pour que les ambulances puissent rapidement emmener les cadavres, truands comme victimes droit vers le légiste...
À l’intérieur du pavillon transformé en zone de tuerie par Kira, la brigade scientifique prenaient toutes les pièces à conviction et quadrillaient l’ensemble de la maison pour une enquête approfondie de l’intervention de la policière infiltré, assise dans l’ambulance, soignée à la suite des coups reçus et de quelques côtes fêlées. Fumant une cigarette bien méritée tout en contemplant la foule dans cette nuit partiellement éclairée par les néons de la rue, des gyrophares des véhicules du DCPD qui balayaient les environs de flots bleus et rouges, sa collègue, mentor et amie, la Lieutenante Linda Gershon, brillant enquêtrice du SCD depuis plus de 15 ans, s’approcha de la jeune Kira, son insigne doré suspendu à son cou sur son tailleur Chanel de grande classe. En plus d’être d’une grande beauté, Linda était une femme de goût malgré la responsabilité qu’exigeait son poste au sein des forces d’élite de la ville.
- Alors mon chaton, finalement, tu as décidée de la jouer solo une fois de plus hein ! Tu sais que Bolton sera furax et pourtant tu fonces dedans quand même... Tu dois être maso Kira !!!
- Écoute Linda, je savais que c’était ces gars là ! Je les pistais depuis deux semaines et je me suis faite passer pour une nouvelle fournisseuse afin de déterminer l’emplacement où ils créchaient. Mais ils étaient à cran depuis hier et j’ai dû donc accélérer les choses sous peine de perdre les filles. Mais j’ai merdé…
- Kira...
- Alors ? Toujours à tirer plus vite qu’à réfléchir, hein Ishikawa ?! Balança Edwin, un des agents qui passa par là, appelés comme beaucoup d’autres pour contenir la horde afin que la scène soit préservée.
- Je t’emmerde trou du cul ! Retourne donc faire ton taf de merde derrière la ligne jaune et fais pas chier ! Lui répondit-elle sans ménagement pendant qu’il regagnait son poste, la fixant de colère.
À peine Kira eu le temps de finir sa phrase que le Capitaine Bolton entra dans les lieux, constatant le carnage perpétré par son agente surentraînée. L’homme en costard cravate avança furieusement droit vers le duo de policières chevronnées.
- Et merde, ça va être encore ma fête... Dit Kira détournant sa tête, évitant de croiser le regard accusateur de son patron moustachu et rondouillard, et sans oublier que Kira faisait deux têtes de plus que lui.
- Fais gaffe mon chaton, Bolton est de super mauvais poil... Apparemment, un gars du service lui a chouré son Nokia à clapet préféré, avec toutes ses photos de pêche à la con... Ajouta l’amie proche d’Ishikawa qui décida de se mettre discrètement en retrait alors que leur boss fonçait droit sur la jeune détective, les yeux injectés de sang...
- Alors ma grande ça va ? Tu passes une bonne soirée ? Ah oui, quatre hommes de plus à graver sur la liste de vos suspects ?! Oups pardon, VICTIMES !!! Épargnez votre salive Ishikawa, je m’en tape de vos excuses à la con ! Lieutenant Gershon, VOUS êtes directement responsable de cette petite chieuse !!! Pourquoi n’étiez-vous pas avec elle aux moment des faits ?
- Capitaine, c’est moi qui ai donné hier l’autorisation à Kira d’intervenir. Je me suis fiée à son jugement si elle devait oui ou non appliquer la procédure durant l’intervention ou faire à sa manière, mais les événements actuels et son jugement lui ont dit de foncer et d’investir rapidement les lieux car un meurtre s’y perpétrait..
- Et ben bravo à toutes les deux, nous avons quatre types sur le carreau et les filles recherchées, mortes ! On peut dire que vous avez fait du bon boulot toutes les filles !!! En plus d’avoir le maire sur mon dos sans cesse concernant ses prochaines élections et au fait que notre unité soit irréprochable sur la manière de procéder face à la criminalité, c’est au tour de la communauté Coréenne de cette putain de ville de venir nous taper dans les couilles ! Grâce à vous Ishikawa... Toute cette saloperie d’affaire aurait pu nous mener à bien plus haut chez les Sun Yee On, mais tout tombe à la flotte à cause de quelques gamines dont tout le monde s’en branle...
- Pas « quelques gamines » Bolton, mais des mineures de 14 ans à peine vendues par le régime Nord-Coréen aux Sun Yee On pour le marché de la pédopornographie ici en Amérique... Pas « gamines » gros lard doublé de nain de jardin !!! VICTIMES !!!!
- CHEF !!! S’interposa Linda entre les deux officiers prêts à en venir aux mains. Laissez tomber... Vous savez comment elle est... Mais Kira est notre meilleur élément dans tout le service. Sans elle, on aurait JAMAIS retrouvé ces filles qu’elles soient vivantes ou mortes... Alors, calmez-vous tous les deux !
- FOUTEZ-MOI LE CAMP ISHIKAWA !!! Mais je veux votre rapport complet sans le moindre petit oubli dès demain matin sur mon bureau à la première heure avant de passer devant les affaires internes pour justifier vos agissements. Rompez, C’EST UN ORDRE !!!
- C’est ça... Je t’apprendrai le sens du mot échec !!! Murmura -t-elle tout en quittant les lieux sous le regard provocateur de son boss qui ne voulait plus d’elle depuis un certain temps au sein de sa division d’inspecteurs d’élite, ne rêvant que de la foutre à la porte. Mais la jeune détective au tempérament explosif était la meilleur flic qu’il pouvait avoir de toute sa carrière et ne pouvait se résoudre à perdre un tel élément…
Il était près de trois heures du matin. Seule dans le bureau silencieux, Kira Ishikawa achevait la rédaction de son rapport sur l’intervention musclée. Chaque détail y figurait, méticuleusement consigné, comme pour prouver qu’elle avait respecté le protocole… ou du moins l’approcher. Pendant ce temps, Bolton continuait de jouer son rôle face aux médias, affichant la figure rassurante du commandant implacable, tandis que Linda supervisait le travail des équipes sur le terrain, s’assurant que rien n’échappe à son regard scrutateur. La photocopieuse continuait de cracher les pages les unes après les autres, et Kira, concentrée, regardait ces feuilles sortir du mécanisme avec une étrange fascination. Mais son esprit n’était pas totalement ici, dérivant, fragmenté, happé par les souvenirs d’une nuit de Noël dix ans plus tôt où tout changé, une nuit qui l’avait brisée et sculptée à jamais. La mémoire de cette horreur, de ce chaos intime, revenait comme une lame froide, une cicatrice invisible gravée au plus profond de son âme. Elle voulait oublier. Elle avait essayé pendant des années mais ces souvenirs la suivaient, sournois et constants, rendant chaque instant de repos impossible. Même en frappant au clavier, même en imprimant les pages de son rapport, le poids de ses choix, de ce qu’elle avait fait et ce qu’elle avait perdu, pesait lourdement sur ses épaules. Kira se savait vivante grâce à ses compétences, sa force, mais elle savait aussi que l’âme n’avait pas de gilet pare-balles. Elle était une survivante, une combattante, mais aussi une âme errante, hantée par son passé, toujours à la frontière du chaos.
Rentrée chez elle aux environs de quatre heures du matin, le corps meurtri et l’esprit à vif, Kira s’affala lourdement sur le canapé de son salon en bordel. L’air de l’appartement dont une odeur de clope froide et saturé de renfermé comme de fatigue accumulée, semblait l’écraser un peu plus. À peine avait‑elle fermé ses yeux qu’une violente nausée la submergea sans prévenir. Elle se redressa brusquement et traversa l’appartement à pas précipités, manquant de trébucher, avant de s’effondrer devant la cuvette des toilettes. Elle dégueula tout, la tension, la colère, l’impuissance, cette frustration qui rongeait ses entrailles sans cesse nuit après nuit, sans jamais lui laisser le moindre répit. Lorsqu’elle se releva enfin toute tremblante, un long filet de bave visqueux collé à ses lèvres, le visage pâle, elle savait déjà que le sommeil serait un luxe inaccessible. Dans à peine deux heures, il faudrait se lever, reprendre le masque pour retourner au combat.
La nuit serait courte. Comme toujours.

Le lendemain matin...
Le sommeil agité, cauchemars sur cauchemars, Kira s’était levé du mauvais pied, s’était préparée à la hâte pour commencer sa nouvelle journée de travail comme à son habitude, mais ce matin-là, la jeune femme métisse avait décidé de faire un détour pour marcher dans le cimetière Stanton, situé dans la zone périphérique de la ville, en amont de la rive Fergusson où un majestueux pont surélevé, prouesse technique bâtie dans les années 90 s’y trouvait depuis. Longeant le chemin tout le long des pierres tombales usées par le temps, la policière vint stopper sa marche devant une des stèles recouverte de poussières et feuilles sèches automnales. Sur la roche on pouvait voir l’épitaphe suivante.
« IRUKA
ISHIKAWA
Oct. 13, 1994
Dec. 25, 2011
Beloved Angel. »
Il s’agissait tout simplement de la sœur jumelle de Kira qui n’était plus de ce monde depuis de nombreuses années, emportée sous les yeux de sa sœur. Venant lui rendre visite dès qu’elle en avait l’occasion dans cet endroit emplit de chagrin autant que de deuil, la jeune femme, sans un mot, alluma sa clope quotidienne, se remémorant de beaux souvenirs passés auprès de tous ceux qu’elle avait perdu, son père, sa mère et sa sœur avant de repartir directement à sa voiture sans se retourner, finalement motivée à charbonner pour sa journée de travail sans oublier d’affronter la fureur de son boss pour le bazar qu’elle avait foutu la nuit précédente...
Regardant les informations du journal télévisé, le capitaine Bolton, rouge de colère en voyant ce que Kira avait provoqué au gang des Sun Yee On ainsi qu’à la réputation du service. Il bouillonnait de rage en voyant les gros titres et son visage sur l’écran tandis que Kira, écroulée sur son bureau, endormie du fait de sa quasi nuit blanche, entendit son téléphone sonner à maintes reprise, la faisant sursauter de son petit somme avant qu’elle ne dise avec nonchalance.
- Bureau d’Ishikawa ! Je vous écoute.
- « Bonjour princesse. Bien dormi j’espère ? » Lui lança la voix au téléphone qui n’était autre que Bolton lui-même, plus loin à quelques mètres, le combiné de son téléphone fixe en mains tout en l’attendant de pied ferme dans son bureau pour lui passer un savon monumental !
- ISHIKAWA, DANS MON BUREAU AU PAS DE COURSE !!! Ordonna-t-il fermement à Kira qui s’exécuta sans broncher, sous les regards moqueurs de ses collègues amusés pendant que Linda Gershon, aussi responsable qu’elle pouvait l’être, passait en revue la nouvelle recrue au sein de la division arrivée fraîchement le jour même, l’inspecteur sortit major de sa promotion au concours, Damian Bryant, 33 ans, originaire de Portland, qui officieusement s’avérait être le futur partenaire de Kira afin qu’elle le forme et commence enfin à être diplomate voire pédagogue, voire même à peut-être la remplacer selon les désirs du capitaine... La raison officielle n’était ni plus ni moins que la fin jusqu’à nouvel ordre des opérations clandestines sous couvertures la concernant.
Fixant l’écran plat de sa smart TV, le commandant Bolton savait que les retombées médiatiques allaient être fulgurantes, qu’il avait dû faire preuve de tact lorsque la veille sur les lieux de la fusillade, une journaliste lui demanda pendant que les caméras des «Breaking News » étaient braquées en permanence sur lui.
« Capitaine Bolton, Susan Cardwell de CNN, le bilan est de quatre malfrats abattus et de six mineures Coréennes séquestrées, violées, torturées puis assassinées. Avez-vous une déclaration à faire à ceux qui nous regardent concernant cette affaire qui depuis des semaines avait pris une tournure nationale ?!
- Susan, mes enquêteurs ont ratissé toute la ville au peigne fin depuis des jours dans le but de retrouver ces filles et ont tout mis en œuvre pour interpeller ces monstres. Mais la situation à contraint notre agente infiltrée à user de la force du fait du danger de la situation dans laquelle elle se trouvait ! Notre policière sous couverture en question a été emmenée à l’hôpital dans la plus grande discrétion pour se remettre de ses blessures, mais je vais vous dire ! Je suis on ne peut plus fier de mon agente malgré la tournure dramatique des événements ! »
Bolton éteignit la télévision avec sa télécommande et exclama droit sur Kira.
- « FIER DE MON AGENTE » ?! Hurla-t-il, fou de rage en jetant le papier journal sur son bureau. Je vous pisserai et chierai même pas dessus si vous étiez en flammes misérable petite conne !
- C’est toujours agréable un mot doux le matin. Concernant votre rapport, je l’ai quasiment fini chef !
- Je m’en branle de votre putain rapport !!! Ils disent dans les médias que nous sommes arrivés trop tard et que notre unité s’avère être de plus en plus incompétente dans cette putain de ville de merde, qu’ils menacent de nous remplacer par une antenne du FBI ! Et ça, c’est de votre faute Ishikawa !!! J’ai le maire sur le dos en plus des toxicos, des chiens écrasés et des putains de violeurs, il a fallu que vous veniez en rajouter bordel ! Vous allez vous ressaisir et vous tenir à carreau, sinon je vous jure que votre prochaine affaire sera de récurer le fond des chiottes d’un putain de Wendy’s ! !!! Est ce que je me suis bien fait comprendre ?! Lui demanda-t-il sirotant une gorgée de son café allongé dans sa tasse Snoopy préférée pour calmer ses nerfs.
- Merde, qui a pissé dans votre café ? Questionna-t-elle à son tour, usant de son sarcasme légendaire.
- Écoutez-moi bien putain !!! Si vous me faîtes ne serait-ce qu’ UNE SEULE petite connerie de plus, je vous vire ! Maintenant foutez le camp de mon bureau et allez voir Gershon, elle a du boulot pour vous. Et surtout claquez pas la porte en sortant, compris ?!

(Cdt. James Bolton du SCD)
Kira sortit calmement du bureau du Capitaine Bolton, mais n’ayant que faire de son autorité, lui claqua aussi violemment qu’intentionnellement la porte pour le faire sursauter, renversant son café sur sa chemise de travail Armani. Vociférant des injures à son égard dans son bureau, Kira n’eut cure de ses paroles et alla voir directement Linda dont elle finissait l’entretient avec Damian, son « futur » coéquipier, mais ça pour le moment, il s’agissait d’une chose que cette louve solitaire ignorait.
- Salut beauté, tu voulais me voir ? Lui demanda la jeune policière qui entra dans les locaux de son amie.
- Mon chaton, pile-poil à l’heure, vas-y entre ! Je te présente l’inspecteur Damian Bryant, il rejoint nos rangs dès aujourd’hui ! Kira, Damian ! Damian, Kira ! Dîtes bonjour vous deux !
- Bonjour inspecteur Ishikawa, je suis l’inspecteur Bryant, ravi de vous connaître ! J’ai beaucoup entendu parler de vous et j’ai suivi vos affaires de près ! « Le meurtrier de Church road » ou encore la fusillade à l’hôpital Belmont, j’ai beaucoup d’admiration pour votre travail ! Ajouta tendrement Damian, tendant sa main droite pour saluer celle que ce dernier idéalisait, mais dont Kira ignorait avec une nonchalance méprisable, digne d’elle...
- Ravie... Lança-t-elle d’un ton glacial tout en lui rendant la politesse. Hey, ce connard de bibendum m’a dit que tu avais du taf pour moi ?
- En effet mon chou, tu l’as dans ta main ! Répondit directement Linda continuant de trier ses papiers sur son bureau, rangé au carré.
- Attends, quoi ?!
- Damian et toi vous allez faire équipe à compter d’aujourd’hui et tu vas lui faire découvrir notre jolie ville, lui expliquer nos coutumes bien de chez nous etc.
- C’est ça ouais… Bon allez sérieusement, c’est quoi ce boulot ?
- Je viens de te le dire.
- Heu, j’ignorais que j’avais été mutée au service crèche ?!
- Un problème avec votre nouvelle mission sergente ?!
- Oui et même un putain d’énorme problème !!! Linda, le seul duo que j’acceptais était le notre avant que tu ne m’abandonnes pour ton bureau. Je bosse en solo et tu le sais très bien ! Je ne vais pas me taper un stagiaire, sans vouloir te vexer Danny, pour qu’il reste entre mes pattes…
- Heu, c’est Damian, mais c’est pas grave… Dit-il entre les deux femmes qui débattaient ardemment.
- Kira, t’as pas vraiment le choix ! Bolton ne veut plus te voir sur une seule enquête pour le moment, alors laisse le se calmer et profite en pour connaître un peu plus ton nouvel équipier et lui montrer les combines de son nouveau poste ! De plus avoir un garçon à tes côtés te fera le plus grand bien ma cocotte ! Ce sera tout, prends son dossier et jettes-y un coup d’œil, maintenant filez tous les deux !!!
- Mais Linda, je...
- J’ai dit rompez les rangs sergente ! Où bien tu préfères te retrouver à un carrefour, en uniforme avec un sifflet entre tes jolies lèvres ?!
- Hmmm, c’est pas juste !
- La vie est injuste mon chaton !
- À vos ordres Lieutenant ! Dit Kira effectuant ironiquement le salut militaire. Allez, amène toi Dylan !!!
- Damian...
- Ta gueule c’est pareil ! Amène-toi !
Kira, visiblement désappointée, fonça en tête pour directement rejoindre sa bagnole au parking pendant que Damian regarda une dernière fois Linda pour demander timidement.
- Heu... Lieutenant ?
- Oui Damian ?
- Vous êtes sûre de ce que vous faîtes ? L’inspecteur Ishikawa ne semble pas vraiment vouloir m’avoir auprès d’elle… Je ne suis pas sûr que ce soit vraiment une très bonne idée d’être son partenaire. Et malgré tout le respect que j’ai pour son travail, elle ne semble pas particulièrement sympathique… Je me trompe ?!
- Mon grand… Kira est la fille la plus douce et la plus gentille que tu puisses rencontrer dans ta vie. Oui elle est un peu capricieuse, mais c’est un amour et une excellente flic ! Tu vas beaucoup apprendre auprès d’elle et qui sait, tu arriveras sûrement à calmer son comportement explosif. Je suis confiante !
- Bon si vous le dîtes lieutenant… Je, j’y vais alors…
- Damian, ne te laisse pas intimider par ses propos, c’est juste une façade, au fond d’elle, elle est super tendre comme un ourson en guimauve. Prends la juste par les rênes dès le départ et ne te laisse pas malmener, ça va rouler entre vous deux tu verras ! Allez fonce et sois le bienvenu au SCD inspecteur Bryant !
- À vos ordres chef, merci de m’avoir intégré dans vos rangs !
- De rien, allez vas-y, elle t’attend. Ne la fait pas poireauter !

(Det. Damian Bryant du SCD)
La nouvelle recrue sortit directement du bureau de Linda, profitant pour serrer des mains, celles de ses futurs collègues qui le félicitaient de sa venue parmi eux et surtout du courage qu’il fallait pour avoir Kira comme partenaire. Satisfait mais inquiet toutefois, le « bleu-bite », nommé chaleureusement par celle-ci, son insigne à la ceinture de son costume neuf alla d’un pas assuré droit vers sa vraie première mission au sein du SCD.
Atteignant le parking extérieur pour aller jusqu’au véhicule de Kira garé aux côtés des voitures de patrouilles, cette dernière en profita pour jauger ce jeune inspecteur tout beau sur lui et inexpérimenté.
- Je peux savoir ce que tu foutais ? Ça fait une heure que je t’attends à me cailler les miches !
- Pardon sergent, j’en profitais pour dire bonjour aux collègues. C’est bon je suis prêt. Alors, on commence par quoi ?
Kira allait lui faire un court briefing et avant goût du boulot sur le terrain durant cette journée d’initiation pour lui.
La jeune femme sortit de la poche de son blouson rembourré son paquet de Lucky Strike pour s’en griller une avant de lui tendre le paquet entamé.
- Tu fumes ?
- Non, désolé inspecteur...
- OK, après je m’en cogne, ça m’en fera plus pour moi. Monte c’est ouvert !
Kira démarra le moteur de sa Crown Victoria, finir son gobelet de café avant de le jeter par la fenêtre, de démarrer pour quitter le parking du commissariat avant de s’engager dans l’axe principal qui était le nerf central de Darkwood City, similaire à la cinquième avenue de la grosse pomme de Manhattan...
À peine après avoir fait une bonne centaine de mètres sur la route, Kira ne put s’empêcher de mettre les points sur les i à sa grande habitude avec sa douceur et délicatesse incarnée tout en conduisant et en feuilletant feuille après feuille du dossier académique de Damian.
- Alors, inspecteur Bryant ?! Premier au concours d’inspecteur et major de ta promotion à l’école de police ?
- Oui, j’ai pas mal trimé pour avoir tout ça.
- Pourquoi ce boulot ? Pourquoi la police ? Avec ton parcours en sciences politiques et je vois aussi fac de droit d’Atlanta, tu pouvais devenir avocat ou procureur non ?! Se demanda-t-elle, sa cigarette au bec pendant qu’elle conduisait, allumant son lecteur CD où aujourd’hui, la musique en question était « Still D.R.E. » du célèbre rappeur Américain Dr. Dre.
- J’ai toujours voulu faire respecter la loi et assurer service et protection aux concitoyens de la ville où j’exercerai ma profession de policier.
- Mais pourquoi « inspecteur » ? Tu pouvais faire la pervenche ou rester avec les pédés de la patrouille. Mais « inspecteur » c’est du sérieux, là t’es carrément dans la cour des grands mon garçon !
- Je veux mettre en prison les violeurs, les pédophiles et toutes ces ordures qui ne méritent pas d’être libre comme l’air...
- Héhéhé, bon courage pour ça, toute cette putain de ville regorge de tous ce que tu as cité en plus du crime organisé, des tueurs en série et sans oublier aussi nos potes, les flics véreux… Oh et je ne parle pas de la drogue qui inonde nos jolie rues !
- À ce point là la ville va mal ?
- Cette ville va même très très mal et chaque jours, on s’enfonce de plus en plus dans la fange et les gens ne voient rien... Tiens, ouvre ta fenêtre et écoute toute cette merde !!! Tu l’as ressens cette putain de vermine qui fourmille là dehors ?!
- Et vous sergent, vous êtes dans la police depuis longtemps ? C’est avec l’une de vos affaires que vous avez toutes ces… cicatrices ?
- Ça fait trop longtemps, et non, mes balafrent n’ont rien à voir…
- En tout cas, je voulais vous dire que c’est un honneur pour moi d’être votre partenaire !
- Ah ouais ?
- Je ferai tout ce que vous me demanderez !
- Mon larbin !!! Cool, je vais pouvoir te faire faire toute la merde.
« CRRrrrRRR, Ici le central, à toutes les unités, on nous signale une agression sur mineure dans la ruelle Madison entre Jefferson street et Burbank. Je répète, nous avons une... »
- Central, ici Ishikawa du SCD, c’est bon on est dessus, à vous ?!
« Bien reçu Kira ! L’appel a été lancé il y a peu de temps, demande de renforts et d’une intervention immédiate ! Mais hé, molo OK ?! »
- Bien compris central, on prend le relais !!! Affirma la policière reposant le micro à main sur le port de sa CB. Et ben voilà, ton baptême du feu mon poulet !!! Accroche-toi !
Kira enclencha sa sirène et le gyrophare de son véhicule avant d’appuyer sur le champignon pour aller à l’endroit indiqué sans perdre un instant.
Kira roulait à vive allure en slalomant entre les multitudes de voitures qui circulaient dans l’avenue principale de Darkwood, bondée en tout point. La sirène hurlait pendant que le duo n’était plus très loin du point où avait lieu le méfait en question, un viol sur mineure, signalé par un passant qui avait jugé bon de prévenir les forces de l’ordre.
Kira et Damian étaient sur les lieux, et Damian fonça sans attendre sa partenaire.
- Hé, ATTENDS !!!! Lui ordonna Kira pendant que le jeune policier inexpérimenté, son Glock 19 du DCPD en mains apercevait deux hommes en train d’agresser une lycéenne dans cette ruelle sordide jonchées de bennes à ordures aux abords d’un terrain vagues, où des petites frappes assistaient sans pour autant intervenir à ce viol sordide.
- POLICE DE DARKWOOD, ÉCARTEZ-VOUS DE LA FILLE ET METTEZ VOS MAINS DERRIÈRE LA TÊTE !!! Exclama Damian en pointant son flingue vers les deux gugusses qui continuaient de la maintenir à terre pendant qu’elle hurlait et se débattait comme elle pouvait. Mais planqué dernière un des containers à ordures, un des agresseurs attrapa Damian par les épaules en le maintenant sans qu’il puisse se défendre ni faire usage de la force. L’un des acolytes commença à le passer à tabac tandis que le troisième continuait de dévêtir l’adolescente qui criait désespérément à plein poumons sous les yeux impuissants du jeune policier. Damian se faisant rouer de coups par les deux gars clairement sous substances qui n’en avait que faire qu’il soit flic ou non.
Le visage écrasé sur le bitume, le bleu vit une véritable tornade foncer sur les trois hommes sans la moindre pitié. Kira décrocha un puissant crochet au visage de celui qui allait planter Damian encore à terre avec son couteau dissimulé, sa tête se fracassant contre la benne avant de se faire jeter entièrement dans le tas de sacs poubelle immondes. Celui qui maintenait Damian à terre fut éjecté en arrière suite au coup de tatane direct dans la mâchoire qui le mit irrémédiablement KO. Quant au dernier qui restait fixé sur la gamine sans s’être aperçu de l’arrivée de Kira, il ressentit une machine de muscle le soulever comme un rien, avant de se faire balancer comme une merde face contre sol à l’aide d’une spectaculaire projection de judo. Suçant les gravats, il fut aussitôt remit sur ses pieds par la jeune femme qui le pointait de son arme droit entre les deux yeux, une méthode qui ne se trouvait pas dans le manuel…
- Damian, ça roule ? Lui demanda-t-elle continuant de tenir en joue le suspect qui fixait le canon juste sous son nez.
- Quoi ? Répondit-il en se relevant difficilement, encore sonné des coups qu’il avait encaissé sans chouiner.
- Je t’ai demandé si ça roule ?! Ça va ?
- Ouais… Je m’en sortirai, sergent ! Comme sur des roulettes...
- Et toi saloperie de violeur, qu’est ce que je vais faire de toi ?! Damian, va voir la gamine et assure-toi qu’elle va bien, et fais gaffe aux connards qui nous regardent, contrôle la zone ! Allez réagis !!!
- EH on fait que regarder connasse !! Lança un des passants sur le terrain vague, sa canette de bière à la main en compagnie de ses copains qui tenaient des molosses en laisses, visiblement tous excités....
- FOUTEZ LE CAMPS PUTAIN, CASSEZ-VOUS !!! Ordonna Damian qui approchait de la jeune demoiselle qui remettait sa culotte pendant que ses agresseurs étaient neutralisés.
- Vas-y lève-toi connard ! Allez hop hop hop ! Ordonna-t-elle pendant que le suspect sur relevait en fixant avec une rage indescriptible envers Kira qui demeurait calme, mais tout autant dangereuse. Alors tu kiffes violer des enfants hein ? Ça te fait bander de violer une gamine ?! T’as vu, tes potes réagissent plus, j’ai dû cogner trop fort je crois… Mais toi, je te réserve le meilleur pour la fin ! Alors je fais quoi ? Je te castre, ou je te crève les yeux ? Hmm, allez vas-y dis-moi ! Les yeux ou tes couilles ? Allez garçon réponds !
- Va te faire enculer sale pute de flic !!! Je t’emmerde !
- OK… On la joue comme ça !
Sans se référer à la procédure habituelle, Kira lui désintégra ses valoches avec un coup de genou digne de MMA qui le plia en deux la seconde suivante. S’écroulant sur le sol en serrant le peu qu’il en restait, le suspect fut immobilisé pour un moment pendant que Damian veillait à ce que la jeune fille passe au commissariat pour une déposition et qu’elle puisse porter plainte contre eux, mais Kira n’entendait pas ça de la même manière.
- Allez viens on se casse, ils ont leur compte !
- Quoi ? Mais il nous faut sa déposition inspecteur, et attendre qu’une unité vienne pour les embarquer !
- Oui, elle le fera avec les gars en uniforme, nous, ça nous concerne pas ce genre de merde normalement.
- OK, mais ces gars là sont des criminels, leurs place est en taule ! On peut pas se barrer comme ça, ils seront relâchés si on procède de cette manière.
- De toute façon ils crèveront dans la rue, gangs, drogues, sida, on s’en branle, ces connards là passeront pas l’hiver crois-moi. Allez amène-toi, on a mieux à faire que de s’occuper de ces tocards là ! Quand à la gamine, hey ?! Tu parles ma langue ?
- Si, un petit peu señorita…Gracias por...
- Pourquoi t’es pas à l’école ? Tu connais ces mecs-là ?!
- Non, ils m’ont abordés pour me demander un cigarillo…
- OK je vois le genre, bon… ¡Vamos a la casa chiquita, Ahora ! Lui ordonna la policière polyglotte.
- Mais sergent ?! On peut pas laisser ces gars dans la rue ?! Ils vont recommencer !!
- Damian, ce genre de merde c’est courant ici, tu t’y habitueras, c’est comme couper du chiendent, tu arraches une racine, trois repoussent après… Allez viens !
- Ouais c’est ça, casse-toi saloperie de poulet ! Je te baise ta mère et toi ! Hurla le violeur qui se remettait du coup dans les burnes.
- C’était qu’une enfant, comment tu peux faire ça ?! Demanda Damian au voyou finalement debout sur ses jambes.
- Mais cette pute avait un cul d’enfer et c’est déjà une femme. Ouais, vas-y, c’est ça casse-toi espèce d’enculer !!!
Avec sa CB, Kira annonça au central qu’il n’y avait rien a signaler, que l’annonce s’avérait être bidon, surtout pour éviter que les lascars ne puissent pas témoigner aux policiers de la violence de cette dernière, contraire au règlement appliqué d’ordinaire. La fille était loin donc hors de danger, seul ça importait, pour elle le job était accompli mais il y avait mieux à faire. Damian quant a lui était rongé par la culpabilité d’avoir laissé filé ces mecs, noyé entre admiration et colère vis a vis de Kira.
- Hé, ça va Damian ?
- Pourquoi vous avez laissé ces trous du cul se barrer ? Franchement ça m’échappe…
- Pourquoi tu t’attendais à quoi ?
- Je sais pas inspecteur, à la justice…
- La justice, ça fait longtemps que ça veut plus rien dire en ce monde… Tu veux quoi au final, des lauriers, une médaille ?
- J’ espère faire le bien, sauver ce qu’il y a à sauver et laisser une trace ici dans ce monde sergent.
- La seule trace que tu laisseras sera ton sang sur le bitume comme quand ces mecs te laminaient sur le sol. Alors ta guimauve pour branlotin tu te le gardes OK?!
- Et vous ? Demanda Damian quelque peu vexé. C’est quoi la trace que vous laisserez ici hormis vos mégots et cette attitude de merde ?!
- EH EH EH !!! À QUI TU CROIS PARLER PUTAIN ?! Le jour où tu m’arriveras à la cheville, t’en profiteras pour me faire mes lacets d’accord ?! J’ai élucidé en dix années de services au moins 30 enquêtes, dont 8 toujours en cours d’investigation et 13 en affaires classées, alors j’ai pas à me justifier OK ?! Je suis ce que je suis et j’ai mes raisons... Tu peux en dire pareil ?!
Damian se tut un bref instant, se rappelant sa position et comprit que Kira n’était pas le genre de fille à se laisser faire sans rien dire.
- ...
- Sans commentaires alors. Ajouta-t-elle pour clore cette petite dispute.
- Je vous prie de m’excuser sergent, je ne voulais pas vous...
- C’est bon, ça va, t’inquiètes... Appelle-moi Kira et on sera quittes. En tout cas, t’as été très bon tout à l’heure, très pro.
- Pff, j’ai juste réussi à me prendre une branlée. Si vous n’étiez pas intervenue Kira, je crois que je ne m’en serais pas sorti vivant…
- T’as laissé ton cœur te guider, tu voulais sauver cette fille, mais les enfoirés là dehors eux ne respectent rien, ils n’hésiteront pas à te niquer par derrière même pour un dollar crois-moi.
- Merci de m’avoir tiré de là. Et je suis désolé de vous avoir été imposé comme équipier.
- C’est bon, ça va… Hé, moi j’ai les crocs, ça mérite un petit déj’ ça non ?! T’as faim ? Tu voudrais pas grailler quelque chose ? C’est moi qui offre.
- Oui merci, volontiers ! Dit-il tandis que son visage dessinait un sourire en coin. Kira et son « jeunot » arrivèrent devant un restaurant « Diner » ouvert en continu qui faisait les petits déjeuners et décida de lui offrir son vrai premier gueuleton au frais de cette charmante policière pour son premier jour dans la crème de la crème de la police de Darkwood City.
(Det. Damian Bryant du SCD)