Chapitre 1
1 ans plus tôt
« TRAGÉDIE À MONZA : L’étoile montante de la Formule 1 s’éteint en pleine gloire » – La Gazzetta dello Sport
Hier, le monde de la F1 a perdu l’un de ses plus grands espoirs. Théo Moretti, double champion du monde à seulement 24 ans, s’est tué lors d’un accident spectaculaire sur le circuit de Monza. Connu pour son pilotage contrôler, quelque peu immature, mais d’un rare génie. Il laisse derrière lui une carrière fulgurante, une écurie endeuillée et des fans orphelins d’un talent hors norme.
« Le prodige fauché en pleine ascension » – BBC Sport
Deux fois champion du monde, promis à un règne long et glorieux, il rejoint la liste tragique des pilotes disparus trop tôt. Le paddock pleure un génie de la vitesse, que certains comparaient déjà à Senna.
Aujourd’hui
« L’écurie Valden Motorsport au bord du gouffre » – L’Équipe
Depuis la mort de son pilote vedette, il y a deux ans, l’écurie Valden Motorsport n’a cessé de dégringoler. Les remplaçants alignés n’ont jamais été à la hauteur. Zéro victoire, zéro podium. Les sponsors s’impatientent. L’avenir semble sombre.
« L’écurie fantôme : après la gloire, la déchéance » – Auto Hebdo
Adrian L. Torres, le deuxième pilote, multiplie les déclarations froides et assassines : « Je ne suis pas là pour couler avec eux. » Des rumeurs de départ circulent, aggravant la crise. L’image de l’équipe s’effrite à vitesse grand V.
Un bruit sec. Le journal s’écrasa dans la poubelle du café à côté de moi, froissé rageusement.
— Pathétique. Je souffle en levant les yeux au ciel.
L’écran de mon téléphone s’illumina :
Appel entrant – Parrain.
Encore.
Un soupir. Depuis un mois, il me harcelait de messages et d’appels, il ne s’arrêtait pas. Presque comme si depuis un mois son abonnement téléphonique m’était dédié. Je ne décroche jamais… Pas envie. Il n’est pas en danger de mort, juste en réanimation, attendant l’annonce de la mort de son écurie – un peu comme tout le monde –. C’est pas la mort et surtout pas mon problème. Qu’ils comprennent une bonne fois pour toutes : « Je ne suis pas mon frère. »
Je n’ai rien à voir avec son monde aseptisé, ses circuits lustrés, ses sponsors hypocrites qui sourient devant les caméras et poignardent derrière.
Je balance mon portable sur la table de café. Mes trois meilleures amies lèvent la tête de leurs occupations pour me regarder.
— Hou là, ton téléphone ne t’a rien fait ma belle. S’exclame Zoey en récupérant mon téléphone pour s’assurer qu’il n’a rien comme si c’était le sien ou un enfant qui serait tomber.
— Ce téléphone a le numéro de mon parrain ! C’est ça mon problème.
— A la dernière soirée que j’ai animée, il était là et il est venu me parler. Je dirais pas que je suis resté poli mais pas non plus que je ne lui ai pas dis le fond de ma pensée. Rajoute Yuna en sirotant son verre après avoir éteint son téléphone.
Chiara concentrer sur sa tablette en train de dessiner une robe acquiesce les dire de Yuna.
— Depuis la mort de mon frère, tout le monde me voit comme la roue de secours la remplaçante et si je réponds à mon parrain ça va être la porte ouverte a plein d’autres trucs. Genre vous saviez que Théo payais le loyer de la matriarche ?
— Sérieux !? Il est passé où le super héritage de ton père dans lequel tu n’étais pas cité ? Demande Zoey en arrangeant sa coiffure en se regardant dans son téléphone adoré.
— Surement passer dans la liste interminable d’amant à l’âge de ses enfant qu’elle entretenait, ricane Yuna
— Non mais y’ a pire, sa femme elle m’a contacter et a passer une énorme commande et quand elle est venue la récupérer elle m’a fait une crise parce que je lui ai donner le montant et sous prétexte qu’on étais dans la même école et que c’est ta belle soeur elle pensais qu’elle ne payerais pas. Raconte Chiara scandaliser par les évènements qu’elle cite.
— Mais pour qui elle se prend juste parce qu’elle sort avec ton frère elle pense que Chiara vas se dire: Oh parce qu’elle a écarté ses jambes au frère de ma copine faut que je lui fasse crédit ! S’exclame Yuna en imitant la voix de Chiara d’une voix exagérée et suraiguë.
— Mais je ne parle pas comme ça !
— Mais je suis sur que la voix dans ta tête si !
On explose de rire en trinquant à notre longue amitié d’autodérision, d’amour et de critique. Leur soutien est ma vraie famille.
Un an…
Ca fait seulement une année que j’ai perdu mon frère dans un atroce accident. Je le revis comme si c’était hier que j’ai reçu se coup de fil fatidique. Et maintenant le fils prodigue est mort, tout le poids de ses responsabilités revient au canard boiteux, la jumelle pas désirée.
Je pousse un long soupir que Yuna remarque immédiatement. Elle me lance un regard complice et un petit sourire rare pour la dure à cuire qu’elle renvoie en extérieur. Je souris tristement et lève mon verre pour lui montrer que tout va bien et qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter.
La fraîcheur de la nuit me gifle quand je sors. Mars mord encore la peau, mais je respire mieux dehors. Dans la rue. C’est différent. Pas de projecteurs, pas de caméras. Juste moi, ma machine et l’asphalte frais près a brûlé. C’est à ces heures de la nuit que les crimes les plus dangereux par leur silence sont commis, mais le seul crime que je connais à cette heure est plutôt bruyant et plus rapide que les voitures de police.
Les néons reflétaient l’effet bleuté du noir de ma carrosserie. Le moteur gronde comme une bête en cage, écartant les badauds sur mon passage. Profil bas, pneus slicks usés à force de grip. Chaque pièce, je l’ai choisie. Turbo japonais, suspension italienne, freinage récupéré sur une voiture de rallye. Rien d’usine, rien de luxueux : du bricolage de génie, taillé pour exploser les rues. Je sors de la voiture, salue la foule. Ici, on m’acclamait. Pas parce que j’étais née en portant un nom célèbre, pas parce que j’appartenais à un milieu doré. Ici, on la respectait parce que je gagnais chaque run, chaque défi. Ici, je suis une reine. La reine qu’on m’a toujours empêché d’être, mais que j’ai toujours été au fond.
— Alors, Hellcat, es-tu prête à défendre ton trône ? lança un rival au sourire narquois aux lèvres.
— Je ne défends rien, je reprends juste ce qui m’appartient déjà, je réplique en ajustant mes gants avec un sourire de vainqueur. Pas un sourire agaçant ou supérieur, un sourire de fierté et de faire ce qu’elle aime le plus… Conduire. Le starter lève le bras. Le silence tombe une seconde.
Puis le signal claque.
Les moteurs hurlent. La mienne rugit plus fort que toutes les autres. Je m’élance. L’odeur d’essence brûlée, la morsure du bitume, la vibration du volant entre mes doigts : c’est ma drogue.
Je prends les virages au cordeau, chaque dérapage millimétré, chaque relance déchirant l’air. La foule hurle, les billets passent de main en main. Course après course, je rafle tout. Les cartes grises de mes adversaires remplissent ma poche. Les néons courent sur ma carrosserie comme des éclairs.
Ici, je suis vivante. Ici, je ne suis pas « la sœur de », je suis Hellcat … Juste moi et ça me va bien d’exister comme je suis pour une fois.
Au fur et à mesure de la course, le virage s’enchaine, mon pied s’enfonce dans la pédale d’accélérateur, mes mains change régulièrement de vitesse, ma main se resserre sur le volant, le crissement du cuir de mes gants raisonnen dans mes oreilles. Je ne vis que pour ça. J’adore ses moments où je suis shootée à l’adrénaline, ou j’ai l’impression que ma voiture vole et c’est dans ce genre de moment que ma voiture sait ce qu’elle a à faire et qu’elle me fait gagner la course, nous sommes dans une osmose complète.
Je sors de ma dernière course, sueur au front, cœur au bord de l’explosion. La foule m’acclame, mes mains tremblent encore d’adrénaline.
Et puis je le vois.
Un costume sombre, cheveux bouclés parfaitement disciplinés, Rolex au poignet, mains dans les poches. Un homme qui détonne dans ce monde de sueur, de fumée et de vitesse.
Mon parrain.
Je n’aurais jamais cru qu’il se déplacerait pour moi. C’est le genre d’homme qui ne se déplace pas pour rien et qui préfère parler par téléphone interposé, tout au plus il envoie son homme de mains faire le sale travail à sa place, mais rien de plus.
— Qu’est-ce que tu fiches ici ?! Lâchais-je, furieuse. Tu me suis jusque dans mes enfers maintenant ?
Il esquisse un sourire. Mais ses yeux… ses yeux brûlent de détermination.
— J’ai besoin de Hellcat. J’ai besoin de ma filleul. Il sourit en regardant ma voiture -Valkyrie- puis sa montre comme s’il était pressé avant de me regarder enfin dans les yeux. Ça tombe bien c’est la même personne.
Je croise les bras. Défensive.
— Ah tiens donc. Je dis avec un sourire moqueur et amuser. — Je sais… Avoua t-il. Tu ne veux pas être comme ton frère j’entends mais…j’ai quand même fait le chemin jusqu’à toi. Je mérite au moins d’être écouté.
Un instant, mon cœur vacille. Mais mon visage reste de marbre.La nuit vibre encore de moteurs, mais moi je vacille pour la première fois. Je rentre ma mains de la sienne comme s’ il me la brûlait et retire mes gants que je glisse dans ma poche arrière.
— Autour d’un scotch…j’invite.
Je rentre dans le bâtiment désaffecté sans même vérifier si Victor me suit. Je passe entre les corps en mouvement de la piste de danse sans aucun mal parce que cet océan de corps dansant s’écarte devant moi sans que je n’ai rien a dire. J’arrive au bar de ce vieux bâtiment désaffecté qui sentait la bière éventée, l’essence et la sueur. Les néons grésillaient, colorant les murs d’un violet malade. La musique électro hachait l’air en pulsations lourdes, les basses faisaient vibrer le sol et les entrailles.
Je sirote tranquillement le verre de scotch qu’on m’a servi sans que je ne le demande en saluant à chaque reprise les gens qui me saluaient et me félicitaient de mes victoires de la nuit. Face a moi,mon parrain s’assoit enfin et commande la même chose que moi comme une ombre décidée à ne pas bouger.
— Pourquoi tu m’as suivi jusque dans mes enfers ? Je demande en buvant mon verre cul sec.
— Tes enfers ressemblent à des tremplins, répondit-il calmement en regardant le chao autour de lui
Je ricane en secouant la tête. — Ton écurie doit être vraiment proche du cimetière pour que tu viennes me trouver Victor.
— J’ai besoin du talent que tu brûles ici, dans des courses illégales, à rafler de l’argent sale et des applaudissements éphémères. Tu pourrais avoir un vrai volant, un vrai siège, une vraie carrière. Je veux Hellcat…Je veux ma filleule.
Je plante mes yeux dans les siens. — Je n’ai pas envie de servir de palliatif à ton deuil. Ni d’être ton projet de sauvetage. Et j’ai encore moins envie d’avoir ton argent fraîchement imprimé plus hypocrite que ma mère
— Ce n’est pas pour moi, dit-il. C’est pour toi. Et tu le sais.
Silence. La musique martelait autour de nous, mais notre conversation semblait taillée dans une bulle invisible.
— Tu veux quoi, exactement ? Je demande un sourire acide aux lèvres. Que je monte dans une de tes voitures aseptisées, bardées de sponsors, pour être humiliée dès la première ligne droite ?
— Non, dit-il, implacable. Je veux que tu viennes, que tu essayes. Rien de plus. Fais un test. Si tu rates, je ne reviendrai plus jamais.
J’écarquille les yeux, surprise par la simplicité de l’offre.
— Et si je gagne ?
— Alors tu prendras la place. Celle que tu mérites.
Je joue nerveusement avec mon verre, mes ongles tapotent le verre comme un moteur au ralenti. — Je n’ai jamais eu ma chance, tu le sais. Tout était pour lui. Moi, j’étais juste « la petite sœur ».
— Et pourtant, tu es encore debout. Plus rapide. Plus affamée. Tu ne cours pas seulement pour gagner. Tu cours pour survivre. Et c’est exactement ce que je veux dans mon écurie.
Il glissa soudain une enveloppe sur la table.Une adresse griffonnée à l’encre noire.
— Demain, 9 heures. Soit-y… ou ne viens jamais.

![The dark night [Terminée]](https://cdn-gcs.inkitt.com/vertical_storycovers/ipad_d3b58b36c3031823ebbe8130363011f7.jpg)






